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Vaine croisade d’un prévenu contre des comptes rendus de procès

Aperçu de la jurisprudence fédérale et cantonale rendue entre juillet 2025 et juin 2026 en matière de protection de la personnalité à l’égard des médias et dans l’espace numérique

Louis Wéry[1], MLaw, Fribourg
Jonas Dupraz
[2], MLaw, Fribourg

Zusammenfassung: Die zweite Hälfte des Jahres 2025 und die erste Hälfte des Jahres 2026 haben eine reiche Rechtsprechung zum Persönlichkeitsschutz gegenüber den Medien und im digitalen Raum hervorgebracht. Das Bundesgericht hat entschieden, dass sich die Zulässigkeit einer Gerichtsberichterstattung nach dem Zeitpunkt ihrer Veröffentlichung beurteilt, dass das dauerhafte Belassen des Artikels im Internet diesen massgebenden Zeitpunkt nicht verschiebt und dass sich die Eigenschaft als relative Person der Zeitgeschichte aus der Aussergewöhnlichkeit des berichteten Ereignisses und nicht aus der vorbestehenden Bekanntheit der betroffenen Person ergibt. Es hat die Anforderungen an die auf den Gesamteindruck gestützte Rüge präzisiert und daran erinnert, dass eine Persönlichkeitsverletzung ein Eindringen von einer gewissen Intensität voraussetzt. Die kantonalen Gerichte haben sich zu vorsorglichen Massnahmen gegen Medien wie gegen private Urheber geäussert, zur Wiederholungsgefahr nach Veröffentlichungen in sozialen Netzwerken, zur namentlichen Berichterstattung über Strafprozesse, zur Passivlegitimation innerhalb eines Medienkonzerns sowie zur Gegendarstellung.

Résumé : La seconde moitié de l’année 2025 et la première moitié de l’année 2026 ont donné lieu à une jurisprudence abondante en matière de protection de la personnalité à l’égard des médias et dans l’espace numérique. Le Tribunal fédéral a jugé que la licéité d’un compte rendu judiciaire s’apprécie au jour de sa publication, que le maintien durable de l’article en ligne ne déplace pas ce moment déterminant et que la qualité de personne relative de l’histoire contemporaine se déduit du caractère extraordinaire de l’événement rapporté plutôt que de la notoriété préalable de l’intéressé. Il a précisé les exigences auxquelles est soumis le grief tiré de l’impression générale d’ensemble et rappelé qu’une atteinte suppose une immixtion d’une certaine intensité. Les juridictions cantonales se sont prononcées sur les mesures provisionnelles dirigées contre des médias comme contre des auteurs privés, sur le risque de réitération consécutif à des publications sur les réseaux sociaux, sur la relation nominative de procès pénaux, sur la légitimation passive au sein d’un groupe de presse ainsi que sur le droit de réponse.

 

I. Introduction

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La présente contribution est consacrée à six arrêts du Tribunal fédéral et à onze décisions cantonales rendus en matière de protection de la personnalité[3]. Trois de ces arrêts fédéraux, qui opposent le même demandeur à trois entreprises de médias différentes, font l’objet d’un état de fait et d’un commentaire communs (infra II./A., N 2 ss). Les trois autres arrêts fédéraux sont résumés et commentés séparément (infra II./B. et II./C., N 17 ss). Les décisions cantonales sont regroupées dans cinq catégories (infra III./A.-E., N 56 ss).

 

II. Arrêts fédéraux

A. La campagne d’un prévenu contre la mention de son nom et le moment de l’appréciation de l’atteinte

1. La couverture judiciaire d’un grand procès économique et le temps de l’appréciation (TF 5A_405/2025 du 13 mars 2026, TF 5A_452/2025 et TF 5A_193/2026 du 30 mars 2026)[4]

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A., soit l’entrepreneur genevois Stéphane Barbier-Müller, est l’un des prévenus dans la procédure pénale conduite devant le Tribunal de district de Zurich contre B., Pierin Vinzenz, ancien directeur général de la banque Raiffeisen, et consorts. Dans son acte d’accusation, le Ministère public zurichois a requis contre lui une peine privative de liberté de deux ans avec sursis pour escroquerie et gestion déloyale. Par jugement du 11 avril 2022, le Tribunal de district l’a partiellement reconnu coupable et l’a condamné à une peine pécuniaire avec sursis. Ce jugement n’était pas encore entré en force et le procès Raiffeisen, tenu par les juridictions civiles cantonales pour le procès pénal économique le plus suivi en Suisse depuis l’effondrement de Swissair, demeurait pendant lorsque le Tribunal fédéral a statué sur la cause civile. 

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Trois articles sont à l’origine de trois procédures civiles distinctes que nous résumons ici ensemble. Le 23 janvier 2022, un premier média, soit Ringier SA, a publié, dans son édition dominicale et sur son portail en ligne, un article présentant à la veille de l’ouverture des débats les prévenus, les reproches, les points litigieux, les défenseurs et le juge, ainsi qu’un second article consacré à l’« incroyable double vie » du prévenu principal, reconstituée à partir des procès-verbaux du dossier pénal (TF 5A_405/2025). Le même jour, une deuxième entreprise de médias, éditrice de la Neue Zürcher Zeitung, a publié dans l’édition dominicale de celle-ci un article sur le « chaos » précédant l’ouverture du procès, mentionnant A. par son nom, sa qualité d’entrepreneur immobilier et de collectionneur d’art, et indiquant qu’il était accusé, dans les deux transactions, de complicité d’escroquerie et de gestion déloyale (TF 5A_193/2026). Cet arrêt rejette le recours dirigé contre la décision zurichoise résumée ci-dessous (infra III./D./12., N 120 ss). Le 20 décembre 2022 enfin, une troisième entreprise de médias a publié dans cinq quotidiens régionaux alémaniques et sur dix-sept portails en ligne un article annonçant la prochaine étape du procès (TF 5A_452/2025).

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Dans les trois cas, A. a conclu à la constatation du caractère illicite de l’atteinte et à ce que l’éditrice soit condamnée, sous la menace de la peine de l’art. 292 CP, à supprimer dans les articles et sur tous les canaux de diffusion son nom et les autres indications le concernant. Dans deux des procédures, il a en outre réclamé une indemnité pour tort moral de 5’000 fr. Débouté en première instance puis en appel dans les trois causes, il a saisi le Tribunal fédéral, qui a rejeté les trois recours.

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Le cœur des trois arrêts, développé dans l’arrêt 5A_405/2025 (destiné à la publication) et repris tel quel dans les deux autres, porte sur le moment déterminant pour apprécier la licéité d’un compte rendu judiciaire. Le Tribunal fédéral rappelle que, s’agissant de la diffusion d’un soupçon et du compte rendu d’une procédure pénale pendante, seul importe que le soupçon ait existé au moment de sa diffusion publique et que l’appréciation de la vérité ou de l’exactitude d’une information de presse ne saurait intervenir ex post. Il en va ainsi même lorsque les accusations se révèlent ultérieurement fausses et le fait qu’un média s’abstienne de rendre compte d’un acquittement ou d’un classement ne suffit pas, à lui seul, à lui faire encourir le reproche d’une violation de la présomption d’innocence.

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Le Tribunal fédéral juge que ces principes valent « de la même manière » pour les articles en ligne qui demeurent durablement accessibles alors qu’un acquittement, un classement ou un arrêt d’une instance supérieure a rendu la publication initiale caduque. L’appréciation doit porter sur des contenus concrets tels qu’ils ont été publiés à un moment déterminé, comme un « instantané » (« Momentaufnahme »), ce qui suppose toutefois que la date de publication figure dans l’article et soit suffisamment reconnaissable pour le lecteur moyen. En juger autrement reviendrait à exiger des journalistes et des entreprises de médias qu’ils contrôlent en permanence l’actualité de tout compte rendu resté accessible en ligne et l’adaptent, voire le suppriment, au gré des développements. Le seul fait que les contenus anciens soient aujourd’hui consultables sous forme numérique plutôt que dans des archives papier ne justifie pas de revenir sur cette pratique. Notre Haute-Cour ajoute que le compte rendu d’une procédure pénale en cours n’a pas le même objet qu’un article consacré au jugement rendu dans cette procédure. Un compte rendu exact des reproches formulés ne devient donc pas rétroactivement faux du fait que le prévenu est ensuite acquitté, en tout ou en partie.

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S’agissant de la présomption d’innocence, la Cour suprême argovienne avait relevé que le premier article ne mentionnait le recourant ni dans le titre ni dans les intertitres, qu’il précisait d’emblée que l’accusation ne reflète que les reproches du ministère public et que la présomption d’innocence vaut pour tous, et qu’il réservait constamment l’appréciation du juge pénal. Suivant la doctrine, elle avait par ailleurs écarté l’idée qu’un compte rendu identifiant violerait per se la présomption d’innocence, seul importe de savoir si le compte rendu formule un reproche préjugeant d’un comportement punissable. Le Tribunal fédéral n’y trouve rien à redire et relève que le recourant confond cette question avec celle, distincte, de l’exactitude et du degré de différenciation du compte rendu.

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Sur le caractère identifiable du prévenu, les trois arrêts reprennent la même grille d’analyse. Le compte rendu judiciaire en matière pénale se fait normalement sous forme anonymisée, la mention du nom étant le plus souvent superflue. Il en va autrement lorsque la personne concernée relève de l’histoire contemporaine, notion par laquelle la jurisprudence désigne celles dont l’intérêt public à être informé justifie qu’on les nomme sans leur accord. Certaines le sont durablement, par leur position ou leur notoriété. D’autres ne le sont que de manière relative, c’est-à-dire à raison d’un événement extraordinaire déterminé. On ne peut alors parler de ces dernières que ponctuellement, en lien avec cet événement, et le besoin d’information disparaît avec lui. Le Tribunal fédéral précise que ce qui fonde cette qualité n’est pas le rôle éminent de l’intéressé, mais le caractère extraordinaire de l’événement, ici l’importance particulière du procès pénal économique, pour autant que le rôle de la personne dans cet événement revête lui-même un certain poids. Il ajoute qu’un compte rendu identifiant le prévenu ne suppose pas qu’une condamnation définitive soit déjà intervenue et que le principe de l’anonymat ne vaut pas de manière absolue à l’égard des personnes relatives de l’histoire contemporaine.

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Le grief tiré de l’art. 8 CC est également écarté. Savoir si l’intérêt public à l’information exigeait l’identification du recourant, ou si un compte rendu anonymisé aurait suffi, ne relève pas de la preuve d’un fait, mais de la pesée des intérêts de l’art. 28 al. 2 CC, soit d’une question de droit que le juge applique d’office. Enfin, ni l’anonymisation du jugement pénal, ni les injonctions adressées par le juge pénal aux chroniqueurs judiciaires accrédités, ni une ordonnance de mesures superprovisionnelles genevoise ultérieurement révoquée qui retenait que l’intéressé n’était pas une personne publique, ne lient le juge civil, s’agissant de mesures standard dans une affaire de ce type. Les trois recours sont rejetés.

Commentaire

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Le demandeur de ces trois causes est le même que celui des décisions cantonales résumées ci-après (infra III./D./12., N 120 ss et III./D./13., N 130 ss), de sorte que cinq des décisions recensées cette année procèdent des actions ouvertes par un unique entrepreneur genevois contre la relation médiatique du procès Raiffeisen. La série offre ainsi une vue peu commune sur la manière dont un même demandeur éprouve successivement, devant le Tribunal fédéral comme devant les juridictions zurichoises et genevoises, les limites du compte rendu judiciaire nominatif.

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L’apport de ces arrêts, et singulièrement de l’arrêt 5A_405/2025, tient en une phrase, le maintien d’un article en ligne ne déplaçant pas le moment déterminant de l’appréciation, qui reste celui de la première publication. La règle selon laquelle la licéité d’un compte rendu s’apprécie au jour de sa publication, et non ex post, est acquise depuis le milieu des années 1990. Quant à la portée de l’archivage en ligne, le Tribunal fédéral s’était déjà prononcé en matière de protection de la personnalité, en ce sens que la seule accessibilité durable d’un contenu ne suffit pas à retenir un trouble persistant. Les arrêts commentés confirment cette jurisprudence et en tirent la conséquence pour le moment de l’appréciation. Les principes valent de la même manière pour les articles restés accessibles en ligne, à la condition que la date de publication soit indiquée et reconnaissable pour le lecteur moyen.

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La solution mérite d’être saluée dans son principe. L’alternative aurait consisté à imposer aux entreprises de médias une obligation continue de mise à jour de leurs archives. Une telle obligation serait impraticable, puisqu’elle supposerait de suivre l’issue de chaque procédure évoquée depuis des décennies. Elle serait aussi dangereuse, car une archive corrigée en permanence cesse d’être une archive, ne conservant plus la trace de ce qui a été publié à un moment donné, mais seulement l’état des connaissances du jour. Or c’est cette trace qui fait la valeur des archives de presse, pour la recherche historique comme pour le contrôle du travail des médias eux-mêmes. On relèvera au passage que l’arrêt vient nuancer, sans la citer, la formule de la Cour cantonale zurichoise que nous critiquions l’an dernier, selon laquelle « l’Internet n’oublie pas », la persistance d’un contenu en ligne ne suffisant ni à faire naître une atteinte actuelle, ni à modifier l’appréciation de sa licéité.

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Il faut cependant mesurer la portée exacte de la condition posée. La construction de l’« instantané » ne tient que parce que la date de la publication est indiquée et reconnaissable pour le lecteur moyen. Le Tribunal fédéral en fait une condition explicite, et c’est là, à notre sens, le point le plus opérationnel de l’arrêt. L’horodatage visible d’un contenu archivé n’est plus une simple bonne pratique rédactionnelle. Il détermine le moment auquel l’article sera apprécié, et donc l’état des connaissances au regard duquel sa véracité sera mesurée. Un article en ligne qui ne porte pas de date, ou dont la date a disparu lors d’une refonte du site, ne bénéficierait pas de ce raisonnement. Il serait lu, et donc jugé, tel qu’il se présente aujourd’hui.

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Une observation mérite d’être relevée, qui n’émane pas du Tribunal fédéral mais de la Cour cantonale, et que le Tribunal fédéral reprend sans la discuter. Examinant si la reprise d’un fait déjà connu du public constitue une immixtion dans la vie privée, la Cour cantonale répond par la négative, sous réserve du droit à l’oubli, que le recourant n’avait pas invoqué et qu’elle tenait au demeurant pour non pertinent en l’espèce. Cette réserve désigne le terrain que le recourant aurait dû occuper, et son enseignement pratique nous paraît considérable. Celui qui reproche à un média de maintenir en ligne un compte rendu devenu obsolète ne peut plus espérer obtenir gain de cause en contestant la licéité de la publication initiale, ce terrain lui étant désormais fermé. Il doit fonder son action sur le droit à l’oubli, c’est-à-dire sur la disparition, avec le temps, de l’intérêt public qui justifiait la diffusion. Le fondement est distinct et obéit à ses propres conditions.

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Sur le compte rendu permettant d’identifier un prévenu, les arrêts n’innovent pas mais clarifient deux points souvent confondus dans les écritures. D’une part, la qualité de personne relative de l’histoire contemporaine se déduit de l’extraordinarité de l’événement et du rôle qu’y joue l’intéressé, non de sa notoriété préalable. Le prévenu accessoire d’un procès retentissant peut donc être nommé, quand bien même il serait inconnu du public. D’autre part, la question de savoir si l’intérêt public pouvait être satisfait sans nommer la personne est une question de droit, et non un fait dont le média supporterait le fardeau de la preuve au sens de l’art. 8 CC et le demandeur qui se borne à reprocher au média de n’avoir pas « prouvé » la nécessité de le nommer se trompe de registre. (JD)

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L’arrêt 5A_405/2025 a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 04/26, sous le titre « Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

B. Deux entreprises sous le regard de la presse

2. La presse syndicale dénonçant les agissements d’une entreprise (TF 5A_890/2024 du 27 août 2025)

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Le syndicat B., association vouée à la défense des intérêts des travailleurs et éditeur du journal C., a fait paraître le 4 décembre 2020, sous forme imprimée et en ligne, deux articles intitulés « Zwei Reinigerinnen packen aus » et « Eine Firma sieht rot ». Le premier article relayait les propos de deux anciennes employées de la société A., active dans le nettoyage d’immeubles, lesquelles y dénonçaient une planification chaotique, des heures de travail impayées et un traitement irrespectueux du personnel. Le second article portait sur le comportement de la société à l’occasion de la publication du premier article.

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Après avoir obtenu des mesures provisionnelles, A. a saisi le Tribunal de commerce du canton de Zurich d’une action tendant à l’interdiction de réitérer une série de reproches déterminés, à la constatation du caractère illicite de l’atteinte, à la publication du jugement ainsi qu’à l’allocation de dommages-intérêts et d’une réparation morale. Par jugement du 8 novembre 2024, statuant en instance cantonale unique, le Tribunal de commerce a rejeté l’ensemble des conclusions et mis les frais à la charge de la demanderesse. Cette dernière porte la cause devant le Tribunal fédéral.

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Le Tribunal fédéral admet d’abord la recevabilité du recours et reconnaît à la recourante un intérêt digne de protection à l’égard de chacune de ses conclusions.

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Il examine en particulier la conclusion en constatation du caractère illicite (art. 28a al. 1 ch. 3 CC), à laquelle il consacre un développement distinct. Cette conclusion vise l’atteinte que causeraient encore les deux articles du 4 décembre 2020, tandis que la conclusion en interdiction (art. 28a al. 1 ch. 1 CC) tend à empêcher la publication d’articles futurs. Ces conclusions ne portant pas sur le même acte, elles peuvent être formées ensemble. La conclusion en constatation[5] peut par ailleurs également s’ajouter à celles en rectification (art. 28a al. 2 CC), en dommages-intérêts et en réparation morale (art. 28a al. 3 CC) que demande la recourante (considérant 1.2).

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Puis le Tribunal fédéral se penche sur l’objet principal du recours qui se divise en deux questions. La première est celle de savoir s’il convient de retenir l’existence d’une atteinte à la personnalité en raison de l’impression d’ensemble produite par les articles litigieux (considérant 4). La seconde porte sur les déclarations contenues dans les articles prises individuellement (considérant 5).

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Le Tribunal de commerce avait retenu que le premier article « Zwei Reinigerinnen packen aus » était certes rédigé de manière incisive mais non sensationnaliste. En outre les prises de position de la recourante sur les divers reproches formulés par ses anciens employés était exposé dans le second article intitulé « Eine Firma sieht rot ».

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Le Tribunal fédéral relève que dans son mémoire de recours, la recourante se borne à reprocher en termes généraux au Tribunal de commerce de n’avoir pas procédé à une appréciation globale des deux articles. La recourante aurait dû exposer quels éléments de l’impression d’ensemble laissée par les articles étaient susceptibles de constituer une atteinte illicite à la personnalité autonome et distincte des différents reproches formulés individuellement dans les articles[6] (considérant 4.1 à 4.3).

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Pour ce qui est des déclarations prises isolément, le Tribunal fédéral confirme l’analyse de l’instance cantonale.

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Chacun des reproches formulés dans le premier article qui portaient notamment sur la prolongation du temps d’essai, l’inobservation d’une promesse d’engagement à taux fixe, le traitement irrespectueux du personnel ou encore la planification chaotique des horaires soit n’atteint pas le degré de gravité requis pour constituer une atteinte à la personnalité, ou relève de jugements de valeur, de sorte que la question de leur justification ne se pose pas (considérant 5.2 à 5.5).

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Seul le reproche d’heures de travail impayées franchit le seuil de l’intensité requise, dès lors qu’il impute à la société un comportement illicite et touche son honneur. Pour ce reproche, l’analyse se déplace sur le terrain des motifs justificatifs, l’atteinte n’étant pas illicite parce que la preuve de sa véracité a été rapportée, pour l’essentiel par le témoignage d’une ancienne employée (considérant 5.6).

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La Cour rejette enfin les critiques dirigées contre l’établissement des faits et l’appréciation des preuves, qu’elle tient pour appellatoires. Elle juge en particulier indifférent que la preuve de la vérité n’ait pas été apportée par les personnes anonymisées dans l’article, seuls comptant la teneur des reproches et le fait qu’ils émanaient d’anciennes collaboratrices, la crédibilité d’un témoignage pouvant être appréciée dès lors que l’identité de la personne entendue est connue (considérant 6,7, 8 et 9).

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La répartition des frais cantonaux est également confirmée, l’issue favorable d’un incident procédural demeurant sans incidence sur la succombance au sens de l’art. 106 al. 1 CPC. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité (considérant 10).

Commentaire

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Cette décision s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence du Tribunal fédéral, s’agissant en particulier de la notion d’impression générale, dont les principes sont rappelés au considérant 3.1, et de la qualification juridique appliquée aux faits, aux jugements de valeur et aux jugements de valeur mixtes, exposée au considérant 3.2.

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En outre, la lecture de l’arrêt fait ressortir ce que l’on pourrait qualifier, à première vue, d’incohérence de la part de la recourante. En effet, devant l’instance précédente, les motivations de la recourante étaient concentrées sur les reproches pris individuellement tirés des articles. La Cour cantonale avait considéré qu’aucun d’eux n’était attentatoire sous réserve de celui portant sur les heures de travail impayées, tenu pour licite car sa véracité avait été établie.

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Cette argumentation n’ayant pas porté ses fruits, la recourante s’est ensuite essayée à démontrer devant le Tribunal fédéral une fois de plus que les reproches pris individuellement étaient attentatoires, mais aussi que l’impression générale produite par les articles formait une atteinte à sa personnalité. Le Tribunal fédéral a confirmé l’appréciation de la Cour cantonale sur les reproches pris individuellement, mais ce s’est en substance pas prononcé sur l’impression générale. En effet, faute d’avoir déjà discuté de cette question devant l’instance précédente, la motivation de la recourante sur cet aspect aurait dû exposer quels éléments de l’impression d’ensemble laissée par les articles étaient susceptibles de constituer une atteinte illicite à la personnalité autonome et distincte des différents reproches formulés individuellement. Un reproche général tel qu’elle l’a formulé n’a pas été suffisant.

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A y réfléchir plus longuement, cette incohérence n’en est peut-être pas une. L’impression générale provenait ici du premier comme du second article, tous deux reproduisant le point de vue de la recourante et la donnant ainsi à voir comme critiquable mais en mesure de se défendre. Se concentrer en première instance sur les reproches pris isolément avait dès lors le mérite d’éluder la question de l’impression d’ensemble, laquelle, même approfondie, aurait vraisemblablement conduit à nier toute atteinte à la personnalité au regard de l’effet conjugué des deux articles.

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On relèvera enfin qu’à un niveau plus général, l’arrêt rappelle la fonction assignée à la presse. Ce que la recourante reproche au journal est qu’elle a été présentée sous un jour faux, mais aussi défavorable. Il convient de distinguer ces deux reproches avec minutie. Une présentation défavorable mais véridique demeure couverte par la mission d’information de la presse, tandis qu’une présentation fausse est attentatoire à la personnalité sauf rares exceptions[7]. Or, une fois admise la preuve de la vérité du reproche des heures impayées, seul reproche factuel soumis à cette preuve, il ne subsiste de son grief qu’une présentation défavorable que la presse était en droit de livrer pour autant que la forme de la présentation ne soit pas inutilement blessante. Rien n’interdit en effet à celle-ci de dépeindre ainsi une personne et il relève même de sa mission de rendre compte du comportement contraire au droit d’une entreprise, à plus forte raison lorsque ce comportement vise des employés et qu’il est relaté dans la presse syndicale. (LW)

3. La publication d’une information inexacte et l’impression d’ensemble (TF 5A_732/2024 du 15 janvier 2026)[8]

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La SRG SSR, association qui produit des programmes de radio et de télévision et d’autres contenus journalistiques en vertu de la loi fédérale sur la radio et la télévision et de la concession fédérale, exploite l’unité SWI swissinfo.ch, chargée d’un service en ligne plurilingue destiné à l’étranger. La société A. SA fabrique des produits de chocolaterie, de confiserie et de boulangerie et les distribue en Suisse comme dans plusieurs autres pays.

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Le 25 avril 2021, la SRG SSR a publié sur swissinfo.ch un article en anglais, repris en japonais, en russe et en arabe, critiquant divers aspects de la société A. SA.

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S’estimant atteinte dans sa personnalité, A. SA a ouvert action devant les tribunaux du canton de Glaris. Après l’échec de la procédure de conciliation, elle a déposé en première instance une action tendant à ce que la SSR soit condamnée à supprimer les déclarations contestées de l’article litigieux. En outre, l’entreprise a demandé qu’il soit constaté que la SSR avait, par cet article, porté illicitement atteinte à ses droits de la personnalité et que le dispositif du jugement soit publié. Le Tribunal a entièrement fait droit à sa demande.

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En seconde instance, la Cour suprême du canton de Glaris a rejeté l’appel de la SRG SSR. Cette dernière porte la cause devant le Tribunal fédéral.

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En préambule de l’analyse de la Cour cantonale sur les éléments de l’article attentatoires à la personnalité que le Tribunal fédéral reproduit dans sa décision, il est rappelé que la notion de lecteur moyen se rapporte dans cette affaire à une personne intéressée par la Suisse et vivant à l’étranger, tel un Suisse de l’étranger, dès lors que les articles sont destinés à un public vivant en dehors du pays (considérant 3.1.1).

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Cette considération faite, le Tribunal fédéral reproduit la réflexion de l’instance précédente. Celle-ci avait retenu deux passages litigieux qui étaient une affirmation de fait et un jugement de valeur mixte qu’elle a tous deux jugés inexacts et par conséquent attentatoires à la personnalité de A. SA. (considérant 4.1.1 et 4.1.4).

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Elle a en outre ordonné la suppression de deux passages pourtant véridiques et non attentatoires en eux-mêmes, dont le maintien aurait laissé de A. SA une mention que plus rien dans l’article n’expliquait, propre à la montrer sous un faux jour (considérant 5.1).

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Le Tribunal fédéral ne reprend que partiellement cette appréciation. Il confirme le caractère inexact, attentatoire et illicite de la seule affirmation de fait (considérant 4.4.2). Pour le jugement de valeur mixte, il laisse ouverte la question de son illicéité prise isolément et n’en confirme la suppression qu’au titre de l’impression d’ensemble (considérant 5.4.3), comme il le fait pour les deux passages véridiques (considérant 5.4.1 et 5.4.2).

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La SRG SSR se prévalait par ailleurs d’une information officielle du DFAE, qu’elle tenait pour diffusable indépendamment de sa véracité. Le Tribunal fédéral écarte ce moyen, les passages relatifs à A. SA ne comportant, pour le lecteur moyen, aucun renvoi reconnaissable au DFAE, et la jurisprudence invoquée ne visant que les communiqués officiels rapportés sans commentaire et avec indication de la source. Un média ne saurait au demeurant s’exonérer en reproduisant les propos d’un tiers (considérant 4.4.1).

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La liberté des médias et l’intérêt à la libre circulation d’informations véridiques (art. 16 et 17 Cst. et art. 10 CEDH), également invoqués, ne lui sont d’aucun secours, faute de démontrer un intérêt prépondérant à diffuser des informations qui, isolées, seraient inintelligibles et montreraient A. SA sous un faux jour (considérant 5.4.2).

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Le Tribunal fédéral confirme enfin la publication du dispositif, la constatation cantonale selon laquelle cette mesure n’avait pas été contestée en appel relevant du fait procédural, que la SRG SSR n’établit pas comme arbitraire (considérant 6). (LW)

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L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 02/26, sous le titre « Die Dominanz des „Gesamtzusammenhangs “», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

C. Le seuil de l’atteinte et le propos rapporté

4. L’intensité de l’atteinte et la citation d’un tiers (TF 5A_519/2024 du 4 juillet 2025)[9]

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La recourante est une société anonyme argovienne active comme intermédiaire en assurances, dont le but statutaire englobe les prestations en matière de fiducie, d’informatique, de finances, de marketing, de gestion de fortune et de conseil en assurances. L’intimée a repris par fusion les actifs et passifs de la société qui éditait le magazine mis en cause.

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En décembre 2020, puis en janvier 2021, ce magazine a publié un article intitulé « Mit Fake-Unterschriften zum Kassenwechsel ». L’article reprochait notamment à la recourante de soumettre ses employés à une pression telle que ceux-ci signaient eux-mêmes les documents de la clientèle ou en décalquaient les signatures. Il évoquait également l’exploitation d’un centre d’appels à l’étranger et l’existence d’indices de démarchage à froid, rapportait le propos d’un ancien collaborateur commentant d’un « pure Sklaventreiberei » l’affirmation selon laquelle le propriétaire de l’entreprise et le chef de bureau pressaient les employés de conclure le plus de contrats possible, et mentionnait les liens noués par ce dernier avec une société tierce ainsi que les procédures pénales qui en étaient nées et qui avaient été classées.

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La recourante a ouvert action devant le Tribunal de commerce du canton de Zurich, concluant à la constatation du caractère illicite de l’atteinte et du dénigrement au sens de la LCD, à la suppression de l’article de toutes les bases de données publiquement accessibles, subsidiairement à l’occultation de plusieurs passages, ainsi qu’à la publication du dispositif. Le Tribunal de commerce a rejeté l’action le 31 mai 2024. La société a porté la cause devant le Tribunal fédéral.

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Le Tribunal fédéral rappelle d’abord la méthode en deux temps, l’examen de l’existence d’une atteinte précédant celui d’un motif justificatif, le demandeur supportant le fardeau de la preuve de l’atteinte et de sa gravité, l’auteur celui des faits dont se déduit la justification. Tant les affirmations de fait que les jugements de valeur et les commentaires peuvent porter atteinte à la personnalité. Le Tribunal fédéral ajoute que, pour l’activité d’information des médias comme pour toute atteinte, le comportement doit atteindre une certaine intensité, de sorte qu’existe une véritable intrusion. L’appréciation se fait d’après la réception du texte par le lecteur moyen, dont l’impression et la compréhension ne relèvent pas de la constatation des faits mais du droit, ou d’une déduction tirée de l’expérience générale de la vie. L’atteinte peut résulter d’affirmations isolées, du contexte de la présentation ou encore de la combinaison de plusieurs publications. Surtout, le caractère exact, inexact, incomplet ou imprécis de la présentation demeure sans pertinence à ce stade, la véracité ne jouant de rôle qu’au titre de la justification (considérant 4.1.1).

50

Sur ce dernier point, la diffusion de faits véridiques est en principe couverte par la mission d’information de la presse, sous réserve des faits relevant du secret ou de la sphère privée et de la forme inutilement blessante. Le Tribunal fédéral précise que toute incorrection journalistique, toute imprécision, toute généralisation ou tout raccourci ne rend pas le compte rendu inexact dans son ensemble. Une présentation ne devient globalement inexacte et attentatoire que si elle est erronée sur des points essentiels et montre la personne visée sous un faux jour, ou en donne une image sensiblement faussée, au point que son crédit apparaisse notablement diminué par rapport à l’état de fait réel (considérant 4.1.2).

51

Après ce rappel théorique, le Tribunal fédéral examine le sort des différents griefs. À propos du démarchage à froid et du centre d’appels, la recourante soutenait ne s’être jamais livrée à cette pratique. Le Tribunal fédéral juge l’argument hors de propos, puisqu’il met en jeu la véracité du fait, alors que seule importe, au stade de l’atteinte, la perception du lecteur moyen. La recourante ne prétendait au demeurant pas que la collaboration avec le centre d’appels, non contestée, ni la mention d’une pratique alors encore licite, présentée comme démentie par l’entreprise, auraient été de nature la rabaisser de manière sensible dans la considération de ses semblables (considérant 4.3.3).

52

Le passage relatif aux conditions de travail conduit le Tribunal fédéral à corriger l’instance précédente sur un point de principe. Une entreprise de médias ne saurait se soustraire à sa responsabilité en objectant qu’elle a fidèlement rapporté les propos d’un tiers, de sorte que le caractère de citation littérale n’exclut pas à lui seul l’atteinte. L’arrêt cantonal est néanmoins confirmé dans son résultat. La recourante ne parvient pas à renverser l’appréciation selon laquelle les conditions décrites, en particulier la pression exercée pour multiplier les conclusions de contrats, n’ont rien d’inhabituel dans le secteur du courtage en assurances et sont notoires, de sorte que le lecteur moyen ne voit pas dans l’expression litigieuse un abaissement inutile de l’honneur commercial de la recourante. Le Tribunal fédéral relève encore que celle-ci a construit toute son argumentation autour de l’expression « pure Sklaverei », qui ne figure nulle part dans l’article, sans dire un mot de l’expression « pure Sklaventreiberei » effectivement employée, et que le point d’application de cette dernière réside dans le verbe qui désigne ceux qui pressent les travailleurs, et non dans l’état de dépendance lui-même (considérant 4.4.3).

53

La recourante invoquait enfin un droit à l’oubli au sujet des procédures pénales classées visant un cadre de l’entreprise. Le Tribunal fédéral écarte le moyen, la recourante n’exposant pas en quoi ses propres droits de la personnalité lui permettraient de s’opposer à l’évocation d’une histoire concernant des tiers. Il en va de même de la critique adressée au ministère public par le magazine (considérant 4.5.3). Le grief tiré de la LCD subit le même sort, la réalisation du dénigrement qualifié de l’art. 3 al. 1 let. a LCD s’appréciant pour l’essentiel selon les critères applicables à l’atteinte à la personnalité (considérant 5). Le recours est rejeté. (LW)

Commentaire

54

L’intérêt de l’arrêt tient moins à son issue qu’à la rigueur avec laquelle le Tribunal fédéral maintient la séparation entre l’atteinte et sa justification. La recourante a répété devant chaque instance qu’elle ne pratiquait pas le démarchage à froid et que la preuve de la vérité faisait défaut, sans percevoir que ces objections ne portent pas sur l’existence de l’atteinte. Le rappel de l’exigence d’intensité, la présentation devant constituer une véritable intrusion, et celui du seuil au-delà duquel une présentation approximative devient globalement inexacte fixent un standard exigeant pour le demandeur, ce dont les médias tirent avantage. La correction apportée quant à la citation d’un tiers mérite d’être relevée, car elle rappelle que le média répond des propos qu’il rapporte, tout en montrant que cette responsabilité ne se confond pas avec le constat d’une atteinte, laquelle demeure subordonnée à l’effet produit sur le lecteur moyen.

55

L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 09/25, sous le titre « Pure Sklaventreiberei – zulässiges Zitat eines Dritten », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

 

III. Arrêts cantonaux

A. Les mesures provisionnelles à l’encontre des médias

5. L’enquête journalistique en cours qui ne se laisse pas interdire (Cour de justice de Genève, décision du 23 septembre 2025, ACJC/1279/2025)

56

A., médecin titulaire d’un diplôme FMH de chirurgie générale, s’est vu temporairement suspendre son autorisation de pratiquer à Genève à l’issue d’une procédure disciplinaire qu’il a contestée. Le retrait est mentionné dans le registre fédéral des professions médicales (MedReg), accessible au public sur internet. Au printemps 2025, un journaliste rattaché à la cellule « enquête » d’un groupe de presse romand a contacté plusieurs de ses patients. A l’un d’eux, il a indiqué que le médecin était suspendu. A. a déposé le 25 juin 2025 une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant à interdire au journaliste, à l’éditrice et à la société mère de prendre contact avec ses patients et de publier tout article le concernant, sur la base des art. 2 et 9 LCD ainsi que 30 al. 2 let. c et 32 al. 2 LPD. A titre liminaire, il convient de rappeler à nos lecteurs que ces deux lois ouvrent des voies parallèles à celle de l’art. 28 CC, la LCD permettant à celui qui subit une atteinte dans sa clientèle ou sa réputation professionnelle du fait d’un comportement contraire à la bonne foi influant sur les rapports de marché d’en demander l’interdiction ou la cessation (art. 2 et 9 LCD), et la LPD qualifiant d’atteinte à la personnalité la communication de données sensibles à des tiers, catégorie dont relèvent les sanctions administratives, tout en permettant d’en requérir l’interdiction (art. 30 al. 2 let. c et 32 al. 2 LPD).

57

Statuant en instance cantonale unique (art. 5 al. 1 let. d et al. 2 CPC), la Cour rappelle que l’art. 266 CPC soumet à des conditions particulièrement strictes le prononcé de mesures provisionnelles contre un média à caractère périodique, afin d’éviter que le juge civil n’exerce indirectement une forme de censure, et que ces conditions doivent être appliquées avec une particulière réserve[10]. Elle précise qu’un intérêt public à l’information a notamment été reconnu s’agissant de la manière dont un médecin-chef d’un établissement hospitalier public exerce sa profession et dont les patients d’un home médicalisé sont pris en charge[11].

58

En l’espèce, le requérant ne rend pas vraisemblable que le journaliste et les sociétés d’édition seraient susceptibles de publier des faits faux, et l’objet vraisemblable de l’article, soit le fait qu’un ou plusieurs médecins privés de leur autorisation continuent d’exercer, présente un intérêt public indéniable. Il est en outre douteux que les informations figurant au registre public MedReg[12] relèvent de la sphère secrète ou privée du requérant (c. 2.2.1). S’il est vraisemblable qu’un article paraîtra à terme, il ne l’est pas qu’il traitera du cas particulier du requérant ni que son nom sera cité. À supposer que son cas soit mentionné anonymement à titre d’exemple, seule une minorité de lecteurs procéderait au recoupement avec le registre public, et parmi ceux-ci les patients potentiels ne représenteraient qu’« une minorité de cette minorité ». Le requérant soutenait être aussi aisément identifiable qu’un confrère évoqué dans deux articles produits par les parties adverses. Il expliquait avoir retrouvé l’identité de ce médecin en interrogeant le registre public à partir des seules indications données par ces articles, soit la profession, la spécialité, le sexe, la nationalité et le canton d’octroi. La Cour lui oppose qu’il n’a pas refait la même recherche avec les données le concernant et n’a donc pas rendu vraisemblable qu’il serait identifiable aussi facilement, le cas invoqué portant du reste sur un autre canton et une autre spécialité médicale (c. 2.2.2).

59

Sous l’angle de la LCD (c. 2.2.3), le requérant n’invoquait aucun comportement spécifique mais la seule clause générale de l’art. 2 LCD, sans expliquer en quoi le comportement du journaliste serait trompeur ou contraire à la bonne foi. Celui-ci mentionnait au contraire sa qualité de journaliste dès la première prise de contact. La Cour retient surtout que le requérant ne peut se prévaloir de l’ignorance de patients auxquels il avait lui-même tu sa suspension, information pourtant essentielle pour leur permettre de décider librement de recourir à ses services, afin de reprocher au journaliste de la leur avoir apprise.

60

Sous l’angle de la LPD enfin (c. 2.2.4), la sanction disciplinaire constitue vraisemblablement une donnée personnelle et le fait d’en informer les patients une communication au sens de l’art. 5 let. e LPD. Toutefois, même à supposer une atteinte au sens de l’art. 30 al. 2 let. c LPD, celle-ci n’est pas nécessairement illicite, la communication litigieuse répondant vraisemblablement à un intérêt public dès lors que le registre MedReg vise précisément à informer les patients. La Cour rappelle au passage que le privilège journalistique de l’art. 31 al. 2 let. d LPD ne couvre que la phase antérieure à la publication, les art. 28 ss CC prenant ensuite le relais. La requête est rejetée.

6. Le refus d’interdire un article avant sa parution et l’exigence de motivation en appel (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 17 octobre 2025, LF250096)

61

Le 10 octobre 2025, A. et la société B. Sàrl, dont il est l’associé gérant, ont requis du juge unique du Tribunal de district de Zurich, statuant en procédure sommaire, qu’il interdise à titre provisionnel et superprovisionnel à la société éditrice C1. SA de publier un article rédigé par l’une de ses journalistes. Le juge unique a rejeté la requête le jour même. Il a retenu, en se référant à la jurisprudence fédérale, qu’un article de presse inexact n’est globalement faux et ne viole les droits de la personnalité que s’il ne correspond pas à la réalité sur des points essentiels et montre la personne concernée sous un angle si erroné ou en présente une image si faussée qu’elle s’en trouve rabaissée de manière sensible dans la considération de ses semblables. Or les requérants s’étaient bornés à opposer leur propre version des faits aux affirmations qu’ils tenaient pour inexactes, sans exposer en quoi celles-ci les rabaisseraient dans la considération du lectorat. L’atteinte n’étant pas rendue vraisemblable, la prétention au fond exigée par l’art. 261 al. 1 let. a CPC faisait déjà défaut.

62

Saisie d’un appel déposé le 17 octobre 2025, la Cour cantonale statue le jour même et constate que les appelants ne discutent pas cette motivation (c. 2.3). Ceux-ci se bornent à alléguer des faits nouveaux, l’article ayant entre-temps paru et la publication d’un article de suite étant annoncée, ainsi qu’à soutenir que la publication révèle des secrets de fonction et d’affaires cantonaux, argument qu’ils reconnaissent eux-mêmes n’avoir pas présenté devant la première instance alors qu’ils auraient pu le faire en usant de la diligence commandée par les circonstances (art. 317 CPC). L’appel est déclaré irrecevable faute de discussion suffisante de la décision attaquée. Les appelants avaient par ailleurs élargi leurs conclusions en seconde instance, en demandant qu’il soit également fait interdiction de publier tout article reposant sur les mêmes documents, en particulier l’article de suite en préparation. La Cour précise sur ce point que si les appelants entendaient former de la sorte une nouvelle requête de mesures provisionnelles visant cet autre article, celle-ci devait être déposée devant la première instance.

7. L’information obtenue illicitement et la protection de la personnalité (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 11 novembre 2025, LF250103)

63

Les mêmes requérants reviennent devant la même chambre trois semaines plus tard, cette fois pour obtenir le retrait de l’article dont ils avaient vainement tenté d’empêcher la parution. Publié en octobre 2025 dans le quotidien de la société éditrice, celui-ci portait sur des irrégularités budgétaires affectant des projets culturels subventionnés. Des honoraires avaient été budgétés pour des intervenants qui ne s’étaient finalement pas produits, plusieurs honoraires avaient été surévalués par rapport aux montants effectivement versés, et divers postes tels que la publicité et la stratégie de podcast étaient très généreusement dotés. L’article mentionnait nommément l’associé gérant et sa société, et rappelait que le premier aurait perçu quelque 1,2 million de francs de fonds publics en dix ans. Par requête du 23 octobre 2025 fondée sur les art. 261 et 266 CPC en relation avec les art. 28 et 28a CC, l’associé gérant et sa société ont demandé le retrait de l’article, le blocage des accès en ligne et aux archives ainsi que la mise en sûreté des documents confidentiels ayant servi de base à la publication, subsidiairement que la cause soit traitée comme une action au fond. Le juge unique a rejeté la requête le 27 octobre 2025 et a déclaré irrecevable la conclusion subsidiaire. Statuant sur appel du 30 octobre 2025, la Cour cantonale écarte d’emblée les conclusions nouvelles prises devant elle, notamment en constatation, en rectification, en droit de réponse et en dommages-intérêts, ainsi que les pièces nouvelles, faute d’explication sur l’impossibilité de les produire en première instance (art. 317 al. 1 CPC).

64

La Cour rappelle les conditions de l’art. 261 al. 1 CPC, la vraisemblance de la prétention et celle du préjudice difficilement réparable appelant respectivement un pronostic sur le fond et un pronostic sur le dommage, et précise que, selon la jurisprudence fédérale récente, il n’y a en principe pas lieu de procéder à une pesée des intérêts à ce stade[13]. Elle rappelle également les exigences accrues et cumulatives de l’art. 266 CPC, dont le but est de protéger les médias de la censure. La Cour confirme en outre que la loi zurichoise sur la procédure administrative et la loi zurichoise sur l’information et la protection des données ne lient que les autorités, respectivement les organes publics, et non une société d’édition privée qui n’est pas chargée d’une tâche publique (c. III.3.2). 

65

Elle pose ensuite la considération la plus notable de la décision, soit que l’obtention illicite d’informations ne relève pas de la protection de la personnalité de l’art. 28 CC, la Cour ne discernant aucune autre base légale qui conférerait aux appelants un droit civil, fût-il provisionnel, à la suppression de l’article en cas de collecte illicite par l’éditrice[14]. Cela ne signifie pas pour autant, précise la Cour, que l’obtention illicite d’informations reste dépourvue de toute conséquence juridique (c. III.3.4). Elle ajoute que ni la dénonciation pénale déposée le 16 octobre 2025 ni l’ouverture d’une instruction, dirigée au demeurant contre une ancienne collaboratrice de l’administration et contre la journaliste, ne permettent de conclure à une violation du droit par l’éditrice, aucun jugement entré en force ne qualifiant d’illicite la collecte des informations (c. III.3.5).

66

Sur l’atteinte elle-même, la Cour rappelle que la protection de l’honneur couvre tant la réputation d’être une personne honorable que la considération professionnelle et sociale, que les personnes morales en bénéficient également, qu’une intensité minimale est requise et que l’appréciation s’opère selon le critère objectif du lecteur moyen[15]. Or les appelants n’ont, ni en première instance ni en appel, indiqué quelles affirmations précises de l’article seraient illicites ni en quoi leur considération s’en trouverait atteinte, alors même que leur propre présentation des faits recoupe largement celle du journal, de sorte que leur devoir de motivation n’est pas satisfait sur ce point (c. III.3.10). Sous l’angle de l’art. 266 let. b CPC, la Cour observe qu’il existe un intérêt légitime de la collectivité à être informée de la répartition de subventions publiques provenant de l’impôt, de sorte que l’absence manifeste de motif justificatif n’est pas établie (c. III.3.11). Elle rappelle enfin que seul celui qui se sent atteint dans sa propre personnalité a qualité pour agir, la personne indirectement touchée n’étant pas légitimée activement, ce dont les appelants ne sauraient tirer argument pour se plaindre de la mention nominative de tiers dans l’article (c. III.3.12). L’appel est rejeté dans la mesure de sa recevabilité.

67

Le Tribunal fédéral n’est pas entré en matière sur le recours en matière civile formé contre cette décision[16]. S’agissant de mesures provisionnelles, seule la violation de droits constitutionnels peut être invoquée (art. 98 LTF), avec les exigences de motivation accrues de l’art. 106 al. 2 LTF. Or, le mémoire de trente pages demeurait « durchwegs appellatorisch », y compris sur la question de l’impression du lecteur moyen.

Commentaire commun des décisions nos 5 à 7

68

Les trois décisions se laissent lire comme une même leçon de méthode. Dans les trois cas, la requête échoue très en amont des conditions qualifiées de l’art. 266 CPC. Ce n’est pas la pesée des intérêts entre liberté de la presse et protection de la personnalité qui fait défaut au requérant, c’est la démonstration de l’atteinte elle-même.

69

Le constat mérite d’être souligné à la lumière de l’arrêt 5A_274/2024, résumé l’an dernier dans ces colonnes[17], où le Tribunal fédéral a rappelé que le degré de preuve exigé sous l’angle de l’art. 266 CPC est plus strict que la simple vraisemblance de l’art. 261 al. 1 CPC et « comparable à la quasi-certitude ». Aucune des trois décisions commentées n’a eu besoin d’atteindre ce seuil renforcé. La requête a été écartée parce que le requérant n’avait pas désigné les passages litigieux, ni expliqué, passage par passage, en quoi ceux-ci le rabaissaient aux yeux du lecteur moyen. Opposer sa propre version des faits à celle du média ne suffit pas ; la jurisprudence fédérale l’exige depuis longtemps, mais la pratique montre que le message n’est pas toujours reçu.

70

L’arrêt genevois retient en outre l’attention en ce qu’il refuse d’interdire non pas une publication, mais une enquête. Lorsque la requête tend à empêcher un journaliste de prendre contact avec des tiers, l’objet de la mesure n’est plus la diffusion d’un contenu mais la collecte de l’information. Or, à ce stade, il n’existe encore aucune déclaration dont on pourrait apprécier le caractère attentatoire, ce qui rend la démonstration de l’atteinte pratiquement impossible. La solution est justifiée, mais elle laisse ouverte la question des méthodes d’enquête elles-mêmes, qui pourraient, dans des circonstances plus caractérisées, relever de l’art. 28 CC indépendamment de toute publication. On relèvera encore la variante intéressante du registre public comme source journalistique. Le MedReg n’a pas seulement pour effet de faire tomber le caractère secret de l’information, dès lors que sa finalité légale, à savoir informer le public et protéger les patients, nourrit directement le motif justificatif de l’intérêt public, tant sous l’angle de l’art. 28 al. 2 CC que de l’art. 31 al. 1 LPD.

71

C’est le pendant de cette question que traite la Cour zurichoise, avec sa considération selon laquelle l’obtention illicite d’informations « ne relève pas de la protection de la personnalité de l’art. 28 CC ». La formule est nouvelle et utile ; elle nous paraît toutefois mériter d’être maniée avec précaution. Elle est exacte quant à l’objet de la prétention : le droit civil ne connaît pas d’action tendant au retrait d’un article au seul motif que les documents qui le fondent auraient fuité. Elle ne saurait en revanche signifier que l’origine illicite de l’information soit sans pertinence pour l’appréciation de l’atteinte, le mode d’obtention de l’information et la diligence rédactionnelle étant des éléments que le Tribunal fédéral intègre à la pesée des intérêts de l’art. 28 al. 2 CC. On se souvient d’ailleurs que la Cour zurichoise elle-même, dans l’affaire de l’enregistrement clandestin d’une juge commentée l’an dernier, avait tiré des conséquences directes du caractère illicite de la captation. La distinction tient sans doute au fait que, dans cette dernière affaire, c’est la diffusion de l’enregistrement qui constituait l’atteinte, alors qu’ici l’illicéité alléguée se situait en amont et concernait des tiers. Cette distinction mérite d’être explicitée, sous peine de laisser croire que la provenance d’un document est indifférente au juge civil.

72

Un dernier point, plus technique : les deux cours ne formulent pas de la même manière le rôle de la pesée des intérêts au stade de l’art. 261 CPC. La Chambre civile genevoise reprend, dans les deux arrêts commentés, la formule selon laquelle « le juge doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables », en renvoyant à l’ATF 138 III 378[18]. Or, ce considérant a été rendu à propos de l’effet suspensif de l’art. 315 al. 5 CPC, et le Tribunal fédéral a jugé, en matière de mesures provisionnelles proprement dites, qu’il n’y a précisément pas à opposer les préjudices auxquels les parties sont exposées[19] — ce que la Cour zurichoise rappelle correctement. La formule genevoise, reprise de décision en décision, nous paraît donc imprécise, même si elle est demeurée sans influence sur l’issue des deux causes. Cela ne signifie évidemment pas que toute pondération soit exclue : elle a bien sa place, mais ailleurs, à savoir au stade du motif justificatif de l’art. 28 al. 2 CC, respectivement des let. b et c de l’art. 266 CPC[20]. La nuance n’est pas purement académique : elle détermine ce que le requérant doit alléguer, et à quel endroit de son écriture. (JD)

B. La cessation de l’atteinte et le risque de réitération

8. La personnalité atteinte par des publications sur des réseaux sociaux (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068)

73

Les parties à la présente affaire ont entretenu une relation de couple et occupé ensemble une maison individuelle qu’elles louaient par moitié, avant de se brouiller. Le 31 décembre 2024, B., ci-après l’intimée, a saisi le juge unique du Bezirksgericht de Hinwil, statuant en procédure sommaire, d’une requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles fondée sur une atteinte à la personnalité. Elle concluait à ce qu’il fût fait interdiction à A. de diffuser sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram et X, une série d’affirmations la concernant. Ces affirmations portaient en substance sur une maladie psychique à l’origine de nombreuses situations pénibles, sur une consommation d’alcool, une manie des achats et des accès d’agressivité qui détruiraient sa vie, sur un train de vie au-dessus de ses moyens, sur des actes de violence psychique ou physique, sur des troubles maniaco-dépressifs ou narcissiques, sur des mensonges permanents, sur des créanciers laissés impayés ainsi que sur la commission de vols, d’extorsions, de manipulations et d’escroqueries.

74

Le premier juge a fait droit aux mesures superprovisionnelles le 3 janvier 2025, puis, par jugement du 20 juin 2025, a interdit à A., sous la menace de l’art. 292 CP, de publier textuellement ou en substance les affirmations litigieuses, tout en rejetant la conclusion tendant à ce qu’elle fût astreinte à publier la décision sur ses comptes. Il a imparti à l’intimée un délai de trois mois pour introduire l’action au fond. A. a formé appel le 12 juillet 2025, concluant à l’annulation du jugement et au rejet de la requête, ainsi qu’à ce que l’intimée fût condamnée à retirer l’ensemble de ses plaintes pénales.

75

La Cour cantonale rappelle d’abord que le prononcé de mesures provisionnelles au sens de l’art. 261 CPC suppose que la partie requérante rende vraisemblables l’existence d’un droit et sa violation actuelle ou imminente, un préjudice difficilement réparable, l’urgence ainsi que la proportionnalité (consid. IV.1).

76

Bien que l’appelante ait déclaré avoir effacé la publication litigieuse, la Cour retient un risque de récidive. L’appelante n’a pas pris ses distances de manière crédible avec ses propos, dont elle continue de contester l’illicéité. Conformément à la jurisprudence fédérale, un tel risque peut être admis alors même que l’auteur a cessé le comportement incriminé mais persiste à le tenir pour licite (consid. IV.3).

77

L’existence d’une atteinte à la personnalité est ensuite confirmée. Examinant chacune des affirmations, la Cour retient qu’elles sont toutes propres à porter atteinte à l’honneur de l’intimée, les allégations de fait inexactes présentant la personne visée sous un jour négatif étant toujours attentatoires à l’honneur. Pour celles qui reposent sur des faits ou sur un noyau factuel, l’appelante n’en a pas rendu la vérité vraisemblable. Elle produit à cet égard des novas pour l’essentiel irrecevables, faute d’exposer pourquoi elle ne pouvait les invoquer déjà en première instance, ses offres de témoignages se heurtant en outre à la règle de la procédure sommaire selon laquelle la preuve se rapporte en principe par titres (art. 254 al. 1 CPC). La vérité des affirmations n’ayant pas été rendue vraisemblable, la Cour approuve le premier juge d’avoir renoncé à examiner plus avant le motif justificatif tiré d’un intérêt privé ou public prépondérant (consid. IV.4.12).

78

Le préjudice difficilement réparable est admis sans difficulté, l’atteinte au crédit personnel et professionnel de l’intimée par des propos diffusés sur les réseaux sociaux ne pouvant guère être réparée après coup, la pratique se montrant au demeurant généreuse dans l’admission du préjudice lorsque des droits absolus sont en cause (art. 261 al. 1 let. b CPC, consid. IV.5). L’urgence est de même retenue (consid. IV.6.1). La Cour renonce enfin à toute pesée des intérêts, celle-ci n’étant en principe pas requise lorsque la vraisemblance de l’atteinte au droit et du préjudice est établie, les intérêts de la partie citée pouvant le cas échéant être sauvegardés par la fourniture de sûretés (art. 261 al. 1 let. a et b et art. 264 al. 1 CPC, ATF 139 III 86 consid. 5, consid. IV.6.2).

79

L’appel est ainsi rejeté dans la mesure de sa recevabilité, le jugement de première instance étant confirmé et les frais mis à la charge de l’appelante (consid. V).

9. Le partage commenté d’articles de presse sur les réseaux sociaux (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12)

80

Au début du mois de mai 2021, peu avant l’élection du Comité de la fédération H., la défenderesse a diffusé sur LinkedIn, Facebook et Twitter/X trois publications. Ces publications étaient des partages d’articles de presse accompagnés de commentaires de la défendresse. Le litige porte sur les commentaires de la défenderesse et non sur les articles de presse.

81

Les deux premières publications reprochaient nommément aux candidats au Comité et au président sortant de faire fi de la charte éthique et d’acheter des voix, en appelant à un changement complet de direction, tandis que la troisième, plus allusive, visait le seul président sortant par la formule « No more words… ».

82

Les demandeurs, soit les cinq candidats au comité, le président alors en fonction et la fédération, ont obtenu le 10 mai 2021 des mesures superprovisionnelles ordonnant l’effacement des trois publications et interdisant des propos analogues. Ces mesures ont été confirmées le 1er juillet 2021. Le Tribunal d’appel a partiellement réformé ce dernier prononcé le 20 décembre 2021, en ce sens que l’obligation d’effacer a été levée, les trois contributions ayant déjà été supprimées lorsque le Tribunal civil a statué.

83

Agissant ensuite au fond, les demandeurs ont conclu à la constatation du caractère attentatoire des trois publications et à l’interdiction de leur réitération. Par décision du 5 mars 2024, le Tribunal civil de Bâle-ville a refusé d’entrer en matière sur la constatation, faute d’intérêt, mais a prononcé l’interdiction requise, tout en répartissant les frais par moitié. La défenderesse a fait appel de l’interdiction, les demandeurs formant un appel joint dirigé contre le refus d’entrer en matière et contre la répartition des frais. C’est cette décision sur appel qui est l’objet du présent résumé.

84

Dans sa décision, le Tribunal entre en matière sur l’appel de la défenderesse bien que cette dernière se soit bornée à conclure à l’annulation de l’interdiction sans formuler de conclusion réformatoire. La juridiction bâloise considère que l’interprétation de son mémoire selon les règles de la bonne foi révèle qu’elle en sollicite l’annulation pure et simple, de sorte que l’exigence de conclusions réformatoires cède devant l’interdiction du formalisme excessif garantie par l’art. 29 al. 1 Cst. (consid. 1.2).

85

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que le caractère attentatoire de chaque publication s’examine séparément et selon un critère objectif, la question étant de savoir si le crédit de la personne visée apparaît compromis aux yeux du lecteur moyen, compte tenu des circonstances concrètes et notamment du cadre dans lequel les propos ont été tenus (consid. 3.3.3).

86

Elle confirme l’atteinte pour les deux premières publications, en relevant à titre principal que l’appel ne discute aucune des considérations de première instance sur ce point et ne satisfait donc pas à l’exigence de motivation, puis, à titre subsidiaire, que les reproches d’achat de voix et de mépris de la charte éthique excèdent largement ce que contenait l’article auquel les publications renvoyaient (consid. 3.2.2).

87

La Cour écarte en revanche toute atteinte concernant la troisième publication. D’un contenu plus léger, celle-ci se limite à désigner implicitement le président sortant et à renvoyer à un article dont le caractère non attentatoire n’est pas contesté, de sorte que sa seule parution concomitante aux deux autres ne suffit pas, aux yeux du lecteur moyen, à porter atteinte au crédit des demandeurs. La Cour relève au surplus que le premier juge s’est fondé de manière déterminante sur le jugement pénal, lequel ne portait pas sur cette publication (consid. 3.3.3).

88

Sur l’illicéité, la Cour rappelle que la publication de faits inexacts est en soi illicite et qu’un intérêt suffisant à la diffusion d’une contrevérité ne se conçoit que dans de rares cas particuliers, la diffusion de faits vrais étant en revanche justifiée en principe, et que le fardeau de la preuve du motif justificatif incombe à l’auteur de l’atteinte. La véracité des reproches d’achat de voix et de violation de la charte éthique n’ayant pas été prouvée, les allégations doivent être tenues pour inexactes, aucun cas exceptionnel n’étant allégué ni discernable, de sorte que le premier juge a nié à bon droit l’existence d’un motif justificatif (consid. 4.2).

89

Sur la conclusion en constatation, l’appel joint est rejeté. Le demandeur doit démontrer que la publication continue de déployer un effet perturbateur, la seule circonstance que la source de l’atteinte demeure accessible ne suffisant pas à fonder l’intérêt à la constatation, hormis lorsque la diffusion perdure, un renvoi général à des techniques d’archivage non autrement identifiées étant en particulier insuffisant. Les demandeurs s’étant bornés à décrire leur notoriété respective sans rien alléguer de circonstancié quant à la persistance du trouble, alors que les publications étaient effacées, le refus d’entrer en matière est confirmé (consid. 5.2 et 5.3).

90

Sur la conclusion en interdiction, la Cour confirme le risque de récidive. Elle expose que le Tribunal fédéral a repris pour l’action de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC la pratique développée en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale, selon laquelle un tel risque peut régulièrement être admis lorsque l’auteur conteste l’illicéité de son comportement, puisqu’il est alors à présumer qu’il le poursuivra dans la confiance en sa licéité. Elle écarte l’argument de la défenderesse selon lequel cette pratique aurait été relativisée et selon lequel il serait contraire à l’État de droit et à l’art. 6 ch. 3 let. c CEDH de faire dépendre le risque de l’invocation de motifs justificatifs, en relevant que le Tribunal fédéral a au contraire confirmé cette pratique et jugé que les efforts déployés par l’auteur pour défendre ses propos peuvent être pris en considération dans l’appréciation du risque de réitération (consid. 6.2).

91

La présomption ne peut être renversée que si l’auteur établit des circonstances excluant une réitération ou la rendant improbable, les exigences étant strictes, la cessation de l’atteinte n’y suffisant pas plus que la simple déclaration de s’abstenir à l’avenir si elle ne s’accompagne pas de la reconnaissance du droit du demandeur. La défenderesse, qui persiste à contester l’illicéité et présente ses propos comme un acte de résistance dans un conflit ancien, n’établit pas de telles circonstances, la seule fin de la campagne électorale n’y suffisant pas (consid. 6.3).

92

Sa déclaration d’abstention du 26 mai 2025, novum irrecevable au sens de l’art. 317 al. 1 CPC, demeurerait de toute manière impropre à renverser la présomption faute de reconnaissance concomitante du droit des demandeurs (consid. 6.4).

93

Sur les frais enfin, la Cour juge que le premier juge a omis de tenir compte du poids de la question de principe que constituait l’existence d’une atteinte, poids qu’elle mesure à l’ampleur de la motivation consacrée à chacun des thèmes litigieux, et redistribue les frais de première instance à raison de deux tiers à la charge de la défenderesse (consid. 7.2 et 7.3).

94

L’appel est ainsi partiellement admis, la troisième publication n’étant pas jugée attentatoire. L’appel joint est rejeté quant à la constatation et partiellement admis quant à la répartition des frais de première instance (consid. 8.1).

Commentaire commun des décisions nos 8 et 9

95

Le risque d’une nouvelle atteinte est retenu, dans les deux affaires, à partir du refus de l’auteur de reconnaître l’illicéité de ses propos. La cour zurichoise ajoute toutefois un second motif, tiré de l’absence de distanciation crédible, l’appelante ayant elle-même admis qu’une distanciation n’était que partiellement envisageable (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068, consid. 3.2). Il s’agit ici de l’expression d’une jurisprudence établie de longue date du Tribunal fédéral[21]. Cette jurisprudence ne fait pas de la contestation un indice parmi d’autresmais elle en tire une présomption. L’auteur peut la renverser en établissant des circonstances qui excluent la répétition ou la font apparaître comme improbable, des exigences strictes étant posées à cette démonstration[22]. La Cour d’appel bâloise reprend ce principe et l’expose expressément (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3).

96

L’ancienneté de cette jurisprudence ne nous dispense pas pour autant de la critiquer. Encore faut-il délimiter la portée exacte de la critique. Le grief le plus immédiat consiste à dire que le défendeur est enfermé dans une alternative sans issue. Soit il conteste l’illicéité et fournit par là même l’élément dont dépend l’admission de la prétention dirigée contre lui. Soit il renonce à contester et succombe sur le fond. Ce grief nous paraît en réalité inexact, pour deux raisons.

97

La première tient à l’ordre d’examen suivi par les juridictions. Le risque de réitération ne devient une question opératoire qu’une fois l’atteinte et son illicéité retenues. Le Tribunal civil bâlois a d’abord constaté l’atteinte, puis écarté les motifs justificatifs, avant d’examiner seulement la conclusion en cessation et la réitération (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.1). Le défendeur qui conteste l’illicéité et convainc le juge n’est donc jamais confronté à la présomption, puisque l’action échoue en amont. Quant à celui qui conteste sans convaincre, sa contestation est certes retenue contre lui, mais elle ne lui coûte que l’interdiction prononcée en plus d’une condamnation qu’il a déjà subie sur l’atteinte. La seconde branche de l’alternative ne fait ainsi qu’ajouter une conséquence à une défaite déjà acquise. L’alternative n’est pas symétrique.

98

La seconde raison tient aux éléments sur lesquels les juges se sont effectivement fondés. Le Tribunal civil bâlois n’a pas raisonné à partir du seul fait que la défenderesse avait nié l’illicéité dans ses écritures. Il s’est appuyé sur le jugement pénal du 1er juin 2023, dont il ressortait que la défenderesse restait convaincue de la véracité de ses propos. Il a également retenu le litige ancien opposant les parties, ainsi que sa plaidoirie, dans laquelle elle présentait ses publications comme un acte héroïque de résistance (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3). Ces éléments ne se confondent pas avec la contestation juridique elle-même. Ils portent sur la conviction personnelle de l’auteur et sur le contexte durable du différend. Ainsi comprise, la présomption n’atteint pas les droits de la défense. Elle sert à établir une disposition durable de l’auteur, ce qui correspond bien au pronostic que le Tribunal fédéral exige du juge, lequel ne peut être porté sans une connaissance précise du cas d’espèce[23].

99

Cela dit, la critique conserve trois points d’appui, qu’il convient d’exposer séparément.

100

Le premier concerne la qualification procédurale du risque de réitération. La Cour d’appel bâloise rappelle que l’intérêt actuel de la partie qui agit en cessation constitue une condition de recevabilité examinée d’office au sens de l’art. 60 en lien avec l’art. 59 al. 2 let. a CPC (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3)[24]. Elle conclut ensuite que le risque de réitération fonde l’intérêt digne de protection des demandeurs (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.5). Il va de soi que cet intérêt procède du comportement du défendeur, puisque la menace qui justifie l’action en cessation ne peut émaner que de lui. La difficulté ne tient donc pas à la source de l’intérêt, mais à la nature des comportements admis pour l’établir. La jurisprudence fédérale permet en effet que la condition soit alimentée par la position que le défendeur adopte dans la procédure même dont la recevabilité est en cause. La défense y devient un élément de la recevabilité de l’action qu’elle combat. Cette configuration est renforcée par deux caractéristiques du régime. L’intérêt digne de protection doit d’abord exister encore au moment du jugement[25], de sorte que l’attitude maintenue par le défendeur jusqu’aux débats entre dans l’appréciation. Il doit ensuite être examiné d’office, si bien que le juge doit prendre en compte cette attitude sans même que le demandeur l’invoque. Il en résulte, à notre sens, une raison supplémentaire d’exiger que la contestation ne constitue pas l’unique fondement du pronostic.

101

Le deuxième point concerne la transposition elle-même. L’origine de la règle ne constitue pas en soi un vice. Le Tribunal fédéral a en effet expressément assumé la reprise, pour l’action en cessation de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC, d’une pratique développée en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale[26]. La Cour d’appel bâloise le relève d’ailleurs (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.2). La difficulté se situe ailleurs. En droit de la personnalité, l’illicéité résulte d’une pesée d’intérêts au sens de l’art. 28 al. 2 CC. Elle suppose en outre une qualification préalable des propos comme allégations de fait ou comme jugements de valeur, ainsi que le rappelle l’arrêt zurichois (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068, consid. 4.2). L’illicéité est donc contingente à un degré que ne connaît pas l’usage d’un signe distinctif protégé, tel qu’il se présentait dans les précédents en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale sur lesquels cette règle a été édifiée[27]. Il s’ensuit que la contestation de bonne foi y est à la fois plus légitime et plus fréquente. Or le raisonnement du Tribunal fédéral se déroule en deux temps. Il conclut d’abord de la contestation à la conviction de l’auteur que son comportement est licite. Il conclut ensuite de cette conviction à la probabilité qu’il le poursuive. Chacun de ces deux pas perd de sa force lorsque l’illicéité dépend d’une pesée d’intérêts. Nous estimons que la présomption a été importée d’un domaine où l’illicéité se constate vers un domaine où elle se pèse.

102

Le troisième point nous paraît le plus décisif. Il concerne la possibilité, pour le défendeur, de faire disparaître le risque de réitération sans reconnaître l’illicéité de ses propos. La défenderesse bâloise avait produit une déclaration par laquelle elle s’engageait à ne plus reprendre publiquement les propos litigieux, ni dans leur teneur ni dans leur substance. Elle précisait que cet engagement valait sans réserve, indépendamment de l’issue de la procédure d’appel. Elle ajoutait toutefois qu’elle le prenait sans reconnaître y être juridiquement tenue, c’est-à-dire sans admettre que les demandeurs disposaient d’une prétention à son abstention. Elle soutenait qu’une telle reconnaissance, pas plus qu’une peine conventionnelle, n’était nécessaire pour renverser la présomption. La Cour d’appel a écarté cette pièce comme novum tardif au sens de l’art. 317 al. 1 CPC. Elle a ajouté, à titre subsidiaire, qu’une simple déclaration d’abstention ne suffit pas à renverser la présomption lorsque la prétention du demandeur n’est pas simultanément reconnue (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.4), en s’appuyant sur une jurisprudence fédérale constante[28]. C’est ici que la critique porte véritablement. Un engagement inconditionnel et vérifiable atteint le but pratique de l’action en cessation. Il devrait, à notre sens, faire disparaître l’intérêt à agir, indépendamment de toute reconnaissance de l’illicéité. L’exigence d’une reconnaissance simultanée revient à conditionner la sortie du procès à une capitulation. Elle excède ce que la fonction préventive de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC commande.

103

Ces trois réserves n’aboutissent pas à condamner la jurisprudence fédérale dans son principe. Elles en circonscrivent le domaine d’application légitime. La présomption demeure défendable comme règle de pronostic, lorsqu’elle s’appuie sur des indices de persistance qui dépassent la seule contestation juridique. Elle devient en revanche discutable lorsqu’elle sert seule à fonder une condition de recevabilité et lorsqu’elle prive d’effet un engagement d’abstention pourtant complet. (LW)

C. Les mesures provisionnelles à l’encontre d’auteurs privés

10. La dénonciation obstinée d’une prétendue fraude scientifique (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-Ville, décision du 25 septembre 2025, ZK.2025.3)

104

La première requérante, domiciliée à Bâle, est membre du conseil d’administration de la seconde requérante, société bâloise active dans la recherche, le développement et la distribution de produits et technologies de diagnostic. Cette dernière développe une plate-forme de diagnostic reposant sur une application de la microscopie à force atomique (IT-AFM) à l’analyse des tissus mous, en particulier cancéreux. L’intimé, chercheur domicilié au Royaume-Uni, a été collaborateur scientifique, soit doctorant puis post-doctorant à l’Université de Bâle de 1997 à 2009, avant d’être chargé de cours dans une université étrangère jusqu’au 20 août 2025.

105

Depuis 2017, il reproche à la première requérante d’avoir plagié ses travaux et falsifié des données dans trois publications parues entre 2010 et 2012. Ses griefs ont été examinés et écartés par les délégués successifs à l’intégrité scientifique de l’Université de Bâle ainsi que par les éditeurs de deux revues scientifiques, entre 2017 et 2018. À partir d’avril 2024, il les reprend et les durcit, en élargissant continuellement le cercle des destinataires : universités, Institut fédéral de la propriété intellectuelle, revue Nature, Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, Fonds national suisse (FNS), Committee on Publication Ethics (COPE), quotidiens alémaniques, puis publication sur LinkedIn. Il compare notamment la première requérante à Elizabeth Holmes, fondatrice et ancienne directrice de Theranos, société de laboratoires depuis lors liquidée, condamnée aux États-Unis en 2022 pour des actes frauduleux.

106

Le 2 juillet 2025, ayant vu l’annonce de la participation de la seconde requérante au congrès de l’European Society of Biomechanics, dont elle est sponsor, il écrit aux organisateurs en réitérant ses accusations, avec copie au FNS, à Nature et au COPE. Les requérantes déposent le 7 juillet 2025 une requête de mesures provisionnelles devant le Tribunal civil de Bâle-Ville, qui la transmet à l’Appellationsgericht. Elles concluent à l’interdiction de onze affirmations précisément désignées, sous la menace de la peine de l’art. 292 CP et d’une amende d’ordre de 500 fr. par jour. Le président de l’Appellationsgericht ordonne ces mesures à titre superprovisionnel le 8 juillet 2025, tout en rejetant la conclusion générale visant toute autre déclaration dénigrante non énumérée. Un échange d’écritures nourri s’ensuit, l’intimé agissant sans avocat après le refus de l’assistance judiciaire et demandant en substance que la cause soit portée d’emblée en procédure ordinaire. Statuant comme instance cantonale unique le 25 septembre 2025, l’Appellationsgericht confirme les mesures ordonnées à titre superprovisionnel et impartit aux requérantes un délai de soixante jours pour introduire l’action au fond sous peine de caducité des mesures.

107

Dans l’action au fond, la Cour retient s’agissant de la compétence (c. 1) un état de fait international : les prétentions étant fondées sur l’art. 3 al. 1 let. a LCD et sur l’art. 28 CC, le lieu de résultat se situe au domicile et au siège des requérantes (art. 10 let. a en lien avec l’art. 129 LDIP). Le droit suisse est applicable, les interventions de l’intéressé déployant leurs effets sur le marché suisse (art. 136 al. 1 LDIP) et l’Appellationsgericht est compétent comme instance cantonale unique en raison de l’attraction de compétence exercée par la LCD (art. 5 al. 1 let. d et al. 2 CPC).

108

Sur le fond, la Cour écarte l’argumentation de l’ancien collaborateur, qui se présentait comme lanceur d’alerte et invoquait sa liberté d’expression et sa liberté scientifique (art. 16 Cst.). Elle relève que ses griefs ont bel et bien été examinés au fond par les organes matériellement compétents en 2017 et 2018. S’il entendait contester leurs conclusions, il pouvait requérir de l’Université une décision constatatoire ou ouvrir action contre les personnes qu’il tenait pour responsables, et qu’après un tel examen, la diffusion des mêmes reproches à un cercle de destinataires toujours plus large ne peut plus être qualifiée de justifiée, ce d’autant qu’il ne produit aucune pièce en dehors de ses propres écritures. Ses affirmations selon lesquelles l’affaire n’aurait jamais été instruite sont qualifiées d’inexactes et de trompeuses. La reprise, en 2024 et 2025, d’une diffusion aggravée de ces reproches ne relève dès lors plus de l’exercice légitime de la liberté d’expression scientifique ni du rôle de lanceur d’alerte (c. 2.4).

109

La Cour tient ainsi pour rendues vraisemblables une violation de l’art. 3 al. 1 let. a LCD (dénigrement d’autrui ou de ses affaires par des allégations inexactes, fallacieuses ou inutilement blessantes) ainsi qu’une atteinte illicite à la personnalité au sens de l’art. 28 CC, les requérantes s’étant vu imputer à tort un comportement illégal, immoral et déloyal. Le risque de réitération est également vraisemblable, l’intimé ayant continué à écrire à divers destinataires après la notification de l’ordonnance superprovisionnelle, et le préjudice difficilement réparable tient au risque que partenaires, bailleurs de fonds et investisseurs potentiels soient dissuadés de collaborer. Sous l’angle de la proportionnalité, aucun intérêt digne de protection ne subsiste à répéter devant de nouveaux destinataires des reproches déjà examinés, la mesure ne préjuge pas du fond et demeure réversible, et il reste loisible à l’intimé de faire valoir ses prétentions par la voie judiciaire. Celui-ci objectait que l’interdiction le frappait alors qu’il perdait son poste et produisait à cet effet, comme fait nouveau, la lettre de licenciement immédiat que l’université qui l’employait lui avait adressée le 20 août 2025. La Cour retourne la pièce contre lui, le licenciement étant motivé par des allégations informelles, fréquentes, répétées et non étayées contre des collègues[29], dont beaucoup avaient déjà été instruites sans être confirmées. Ces motifs confirment l’impression tirée des écritures, à savoir que l’intimé reprend avec une intensité croissante un conflit déjà traité en 2017 et 2018, sans se laisser arrêter ni par les enquêtes ni par une décision de justice. Les mesures sont confirmées, assorties de la menace de la peine de l’art. 292 CP et d’une amende journalière de 500 fr. (art. 343 al. 1 let. c CPC).

11. Le dénigrement par site interposé et la question de la participation (Cour de justice du Canton de Genève, décision du 17 décembre 2025, ACJC/9/2026)

110

A. SA, société genevoise active dans le négoce de matières premières, et B. Corp., société américaine du même secteur, ont conclu le 5 septembre 2023 un contrat portant sur 31’000 tonnes métriques de farine de soja destinées à un acheteur final iranien. Le défaut de paiement de ce dernier a entraîné une longue série de démarches, à savoir mise en demeure, commandement de payer, procédure arbitrale, cession de créance puis accords de règlement successifs, l’acheteur final s’acquittant finalement du prix mais non des intérêts.

111

Le 11 juin 2025, un « article » signé d’un nom ne correspondant à aucune personne vivante a paru sur un site internet appartenant à une société américaine tierce. Il accusait notamment A. SA de vol, indiquait qu’elle pourrait être redevable de 52 millions de dollars et comportait des liens vers des documents originaux relatifs à la transaction. Un second article a paru le 25 juin 2025 sur le même site. Selon A. SA, elle y était de nouveau visée par des imputations calomnieuses, par la réitération du terme « vol » et par l’usage du terme « escroquer ». Selon A. SA, il s’agissait d’un site de « pink slime », propageant sous une apparence de sérieux des informations partiales, voire trompeuses, à la demande de lobbies ou d’intérêts privés, et B. Corp. avait fait publier, respectivement sollicité la publication de ces articles. A. SA a saisi la Cour de justice les 20 juin et 1er juillet 2025 de requêtes fondées sur les art. 2 et 3 al. 1 let. a et b LCD ainsi que sur l’art. 28 CC, tendant au retrait des articles et à l’interdiction de toute communication publique lui imputant un vol ou une escroquerie.

112

Sur le droit d’être entendu (c. 1.5), la Cour constate que la requête n’a pas pu être formellement notifiée à la partie adverse, dès lors que les envois sont revenus avec les mentions « destinataire absent », respectivement « adressee unknown », sans que les motifs de cette impossibilité soient connus et sans qu’il puisse être retenu qu’elle a délibérément fait obstacle à la notification. Elle statue néanmoins, l’issue du litige ne lui étant pas défavorable, tout en précisant que l’absence de réponse ne signifie pas qu’il sera fait droit aux conclusions de la requérante sans autre examen.

113

Sur le fond (c. 2.2), la Cour retient que la requérante n’a allégué aucun élément ni produit aucune pièce susceptible de rendre vraisemblable que la société américaine serait l’instigatrice des articles, qu’elle les aurait sollicités ou qu’elle aurait pris part de quelque manière à leur publication. La requérante n’allègue au demeurant aucun lien entre celle-ci et le site litigieux, ni qu’elle en serait titulaire. Ses propres conclusions tendent d’ailleurs à ce que la société américaine en sollicite le retrait auprès de la société exploitante, sans qu’il soit expliqué sur quelle base la Cour pourrait imposer, fût-ce indirectement, un tel retrait à une société qui n’est pas partie à la procédure et n’a pas pu exercer son droit d’être entendue.

114

La Cour écarte encore, par deux motifs indépendants du précédent, les autres conditions de l’art. 261 al. 1 CPC. Le préjudice difficilement réparable n’est pas vraisemblable, d’abord parce que la requérante soutient elle-même que le site diffuse des « pink slime », ce qui réduit d’autant la crédibilité des articles, ensuite parce que le second article vise un tiers et ne la mentionne qu’incidemment. L’urgence fait pareillement défaut, le fait de requérir en Suisse des mesures provisionnelles contre une société ayant son siège aux États-Unis « tendant à faire douter de l’urgence de la situation », puisque les délais de notification à l’étranger et la nécessité vraisemblable d’une procédure de reconnaissance outre-Atlantique différeraient les effets de la mesure d’une manière difficilement compatible avec la célérité recherchée. Les requêtes sont rejetées.

Commentaire commun des décisions nos 10 et 11

115

Ces deux décisions présentent la même structure et aboutissent à des solutions opposées. Dans les deux cas, une société se plaint d’attaques réputationnelles cumulant l’art. 3 al. 1 let. a LCD et l’art. 28 CC, devant une instance cantonale unique saisie en raison de l’attraction de compétence de la LCD, dans un contexte international réglé par les art. 10, 129 et 136 LDIP. La différence ne tient ni au standard juridique ni au degré de preuve, mais à l’imputabilité du comportement. A Bâle, l’auteur des propos litigieux était identifié, ses écrits étaient documentés et il ne contestait pas les avoir rédigés. À Genève, rien ne reliait la société mise en cause au site incriminé.

116

Le raisonnement genevois s’inscrit à cet égard dans la ligne de l’ATF 141 III 513, qui, tout en conservant une conception large de la participation au sens de l’art. 28 al. 1 CC, est visée toute personne dont le comportement cause, rend possible ou favorise l’atteinte, même sans faute, insiste sur le fait que la participation suppose un comportement propre de la personne recherchée et un lien de causalité[30]. La Cour de justice ne restreint donc pas la notion de participation. Elle constate qu’aucun comportement n’était même allégué. La nuance mérite d’être faite avec l’affaire FIFA c. Google commentée l’an dernier[31], dans laquelle le Tribunal de commerce zurichois avait nié la participation d’un acteur dont le comportement était pourtant établi, mais jugé trop indirect. Ici, l’échec est probatoire, non conceptuel et il rappelle une évidence pratique, soit lorsque la chaîne de publication ne peut être documentée, mieux vaut agir contre l’exploitant du site, que l’art. 28 al. 1 CC permet précisément de rechercher, plutôt que contre celui que l’on soupçonne d’en avoir tiré les ficelles.

117

a deuxième considération genevoise est plus originale, et nous paraît devoir être maniée avec prudence. En retenant que la qualification de « pink slime » avancée par la requérante réduit la crédibilité des articles et donc la vraisemblance d’un préjudice difficilement réparable, la Cour transforme l’argument de la victime en argument contre elle. L’effet de boomerang est réel et l’avertissement mérite d’être entendu par les plaideurs. Le raisonnement repose toutefois sur une prémisse discutable, la crédibilité d’une source ne se mesure pas au jugement que porte sur elle la personne visée, mais à l’effet qu’elle produit sur ses destinataires. Or, la requérante alléguait précisément que des banques avaient bloqué des paiements et qu’un prêteur avait refusé d’exécuter une prestation de vingt millions de dollars en invoquant l’article litigieux. La leçon pratique est double : ne pas fournir soi-même l’argument qui affaiblit sa position, et documenter l’effet concret de la publication sur les tiers plutôt que la médiocrité de son auteur.

118

La troisième considération, à savoir le doute sur l’urgence lorsque la mesure est requise en Suisse contre une société étrangère appelle une réserve plus nette. L’urgence se rapporte au risque que court le requérant si la mesure n’est pas ordonnée et non à la facilité avec laquelle la mesure pourra ensuite être exécutée. Raisonner autrement reviendrait à priver de protection provisionnelle les victimes d’atteintes commises depuis l’étranger, c’est-à-dire précisément les situations pour lesquelles le for du lieu de résultat a été conçu[32]. Les difficultés d’exécution relèvent à notre sens de la proportionnalité, voire de l’intérêt au prononcé de la mesure, et devraient être examinées comme telles. Une interdiction assortie de la menace de l’art. 292 CP conserve par exemple une portée réelle à l’égard d’une partie qui plaide en Suisse. La question n’était toutefois pas décisive en l’espèce, la Cour l’abordant « pour le surplus ».

119

La décision bâloise, quant à elle, ne bouleverse pas la jurisprudence sur le fond : imputer à autrui, sans fondement, un comportement illégal, immoral ou déloyal porte atteinte à son honneur professionnel. (JD)

D. Deux comptes rendus de procès pénaux dans la presse

12. Le collectionneur d’art (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 8 janvier 2026, LB250027-O/U)

120

En janvier 2022, la défenderesse, éditrice de la Neue Zürcher Zeitung, a publié dans la version imprimée de celle-ci et sur son site un article consacré à un procès pénal à venir, soit le procès Raiffeisen conduit contre l’ancien directeur général Vinzenz et consorts, dans lequel le demandeur était mentionné. Ce dernier, qui n’est autre que l’entrepreneur genevois Stéphane Barbier-Müller, déjà demandeur dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss), était présenté comme un entrepreneur et un collectionneur accusé de complicité d’escroquerie et de gestion déloyale. Le demandeur y a vu une atteinte illicite à sa personnalité et a ouvert action.

121

Après l’échec de la conciliation, il a saisi le Tribunal d’arrondissement de Zurich d’une action tendant à la constatation du caractère illicite de l’atteinte, à la suppression de toute information permettant de l’identifier ainsi que de l’affirmation selon laquelle il était accusé dans le procès et, enfin, au versement d’une réparation morale de 5000 fr. Par jugement du 7 avril 2025, le Tribunal a rejeté l’action. Le demandeur a fait appel.

122

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que la diffusion de faits véridiques est en principe couverte par la mission d’information de la presse, à moins qu’il ne s’agisse de faits secrets ou privés ou que la personne visée ne soit rabaissée de manière inutilement blessante.

123

Par ailleurs, le Tribunal souligne que lorsque seul un soupçon d’infraction est en cause, n’est licite qu’une formulation faisant suffisamment apparaître chez le lecteur moyen qu’il s’agit d’un soupçon. De plus, la possibilité d’identifier une personne de l’histoire contemporaine relative dans un article de presse peut se justifier même en présence d’un simple soupçon.

124

Ainsi, concernant les propos litigieux qui reprennent le contenu de l’acte d’accusation, ces derniers constituent une présentation de faits dont la licéité dépend de leur véracité (consid. II.3.2).

125

Reprenant à son compte l’analyse du premier juge, la Cour relève que le procès à venir est relaté sans en anticiper l’issue. La présomption d’innocence du demandeur est respectée dès lors qu’elle est même expressément rappelée dans l’article. Cette reprise du contenu de l’acte d’accusation est donc licite dès lors que n’est pas créée l’impression d’une condamnation. La diffusion d’une expression de soupçon émanant d’une autorité ne porte ainsi en principe pas atteinte à la présomption d’innocence et, à plus forte raison lorsqu’elle provient d’un acte d’accusation, qui suppose des soupçons suffisants au sens du code de procédure pénale.

126

L’article contenait une imprécision quant aux distinctions opérées entre les différentes infractions reprochées au demandeur dans le cadre du procès. La Cour juge que cette imprécision ne rend pas l’article inexact dans son ensemble ni ne montre le demandeur sous un faux jour. Le lecteur moyen, peu au fait de ces distinctions, ne retient du texte que l’existence de charges pour des infractions économiques d’une certaine importance (consid. II.4.1 et II.4.2).

127

Enfin, sur le contenu de l’article encore, le demandeur soulignait qu’il avait été partiellement acquitté en première instance pénale. La Cour relève que la diffusion persistante de l’article ne modifie pas le moment historique auquel celui-ci se rapportait et continue de se rapporter, de sorte que la question de savoir si l’état de trouble allégué subsiste se résout d’après les circonstances existant au jour de la première publication. Elle ne cite à l’appui de cette proposition aucune jurisprudence fédérale et écarte les autorités invoquées par le demandeur, l’une portant sur l’art. 236 CPC, norme procédurale sans portée sur les fondements matériels de l’appréciation, l’autre sur l’intérêt à la constatation au sens de l’art. 28a CC en cas d’atteinte dont les effets perturbateurs perdurent. Elle ajoute que le demandeur n’a pas été acquitté des chefs d’accusation relatés et que la procédure pénale demeure pendante, circonstances qui commandent au demeurant de ne pas apprécier différemment la publication (consid. II.4.2).

128

Sur la mention du nom et des activités du demandeur, la Cour relève que le procès, événement de l’histoire contemporaine, ne saurait donner lieu à un débat public si ses principaux protagonistes demeurent anonymes. Bien qu’il ne comptât pas parmi les principaux accusés, le demandeur s’est vu attribuer, pour deux des transactions litigieuses, le rôle d’un acteur essentiel et autonome, de sorte qu’il figure néanmoins au nombre de ces protagonistes. Sa notoriété relative, acquise indépendamment du procès, et le fait que la relation portait sur son activité d’entrepreneur et non sur sa sphère privée conduisent à faire céder son intérêt à l’anonymat devant la mission d’information des médias (consid. II.5.2 et II.5.3).

129

L’atteinte n’étant pas illicite, la Cour rejette l’action et confirme le jugement de première instance (consid. II.6). Le recours formé contre cette décision a été rejeté par le Tribunal fédéral (TF 5A_193/2026 du 30 mars 2026, résumé supra II./A./1., N 2 ss).

13. L’entrepreneur genevois (Cour de justice de Genève, décision du 31 mars 2026, ACJC/593/2026)

130

L’appelant, Stéphane Barbier-Müller, entrepreneur genevois actif notamment dans l’immobilier, est le même demandeur que dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss) et que dans la décision zurichoise qui précède. Il avait été mis en cause, puis condamné en première instance, dans le procès Raiffeisen dirigé contre l’ancien directeur général Pierin Vinzenz et consorts, affaire pénale ayant connu un fort retentissement médiatique.

131

En mars 2023, les intimés, soit l’éditrice du journal D. et l’un de ses journalistes, ont publié un article sur cette affaire. L’article litigieux le nommait, contenait sa photographie et était divisé en deux parties. La première partie retraçait les démarches qu’il avait entreprises pour empêcher la presse de citer son nom en lien avec cette affaire et la seconde résumait le procès et sa condamnation de première instance, en précisant qu’il avait fait appel et bénéficiait de la présomption d’innocence.

132

Suite à la publication de cet article, l’entrepreneur a ouvert action devant le Tribunal de première instance tendant à la constatation d’une atteinte illicite à sa personnalité, au retrait de l’article, à la publication du jugement et à l’interdiction de toute nouvelle mention de son nom, de sa photographie ou de tout élément permettant son identification. Débouté de son action, il fait appel de la décision.

133

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que la diffusion de faits véridiques par la presse demeure couverte par sa mission d’information, sous réserve des faits secrets ou privés et des formes inutilement blessantes, et que la relation nominative d’une procédure pénale peut se justifier lorsqu’elle vise une personne de l’histoire contemporaine, fût-elle seulement relative, pourvu que la présomption d’innocence soit respectée. La licéité de l’atteinte procède d’une pesée des intérêts, au terme de laquelle le besoin d’information du public doit l’emporter sur la protection de la sphère privée.

134

Le point central du litige tenait à la qualité de personnalité publique de l’appelant, qu’il contestait en soutenant que sa notoriété ne découlait que de son patronyme. La Cour confirme qu’il constitue une figure importante du tissu économique genevois, dont la reconnaissance sociale, attestée par des publications régulières au cours des vingt dernières années et par sa propre description devant le juge pénal comme personnalité reconnue en Suisse romande, ne se réduit pas à son nom de famille. L’affaire pénale, largement médiatisée, a encore accru cette notoriété, et plusieurs juridictions, y compris alémaniques, au nombre desquelles celle dont la décision est résumée ci-dessus (supra 11., N 110 ss), avaient déjà rejeté des actions analogues de l’appelant en le tenant pour une personne faisant l’objet d’un intérêt public.

135

L’appelant se prévalait d’un sondage démoscopique qu’il avait commandé, dont il déduisait son absence de notoriété. Appliquant par analogie les critères dégagés en droit des marques pour apprécier la valeur probante d’une enquête d’opinion, la Cour admet que l’étude paraissait méthodologiquement sérieuse, mais retient qu’elle ne constitue qu’un élément d’appréciation parmi d’autres. Ses résultats, indiquant que 17 pour cent des personnes interrogées en Suisse romande et 9 pour cent en Suisse alémanique déclaraient le connaître, ne permettent pas d’exclure une reconnaissance publique, une telle proportion, rapportée à la population concernée, représentant plus d’un million de personnes, soit bien davantage qu’un citoyen ordinaire dépourvu de toute exposition médiatique. La Cour écarte de même l’argument tiré de ce que le Tribunal fédéral n’avait pas mentionné le nom de l’appelant dans son arrêt, l’anonymisation des décisions étant la règle et ne permettant aucune déduction quant au degré de notoriété des parties.

136

La qualité de personnalité publique une fois admise, la Cour observe qu’une telle personne doit tolérer un seuil d’atteinte plus élevé, sans être pour autant tenue d’accepter davantage que ce qu’un besoin légitime d’information justifie. Le résumé de la procédure pénale, composé de faits vrais étrangers à la sphère privée et rapporté dans le respect de la présomption d’innocence, n’excède pas ce cadre. La mention de l’arrestation et d’une brève détention avant jugement demeure factuelle et dépourvue de caractère inutilement blessant. Quant aux formules imagées reprochant à l’appelant de museler la presse, elles constituent des jugements de valeur reposant sur une base factuelle solide, à savoir les nombreuses démarches judiciaires et extrajudiciaires qu’il ne conteste pas, et n’outrepassent pas les limites de la liberté des médias, laquelle tolère une certaine dose d’exagération.

137

Le besoin d’information du public l’emportant sur l’intérêt de l’appelant à la protection de sa sphère privée, la Cour rejette l’appel et confirme le jugement de première instance.

Commentaire commun des décisions nos 12 et 13

138

La parenté de ces deux arrêts est structurelle. Tous deux portent sur la relation nominative d’une procédure pénale visant un entrepreneur d’une notoriété seulement relative, en l’occurrence le même demandeur que dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss), et tous deux déroulent la même chaîne de raisonnement, allant de la licéité de principe de la diffusion de faits véridiques, sous réserve des faits secrets ou privés et des formes inutilement blessantes, au respect de la présomption d’innocence, puis à la qualification de personne de l’histoire contemporaine et à la pesée des intérêts. Leur intérêt comparatif tient à ce qu’ils saisissent le même problème à deux moments distincts du procès pénal relaté, l’annonce d’un procès à venir et la reprise de l’acte d’accusation dans le premier cas, le compte rendu d’une condamnation de première instance frappée d’appel dans le second. Dans les deux hypothèses, la licéité est subordonnée à ce que le lecteur moyen perçoive qu’il s’agit d’un soupçon, exigence que la Cour zurichoise tient pour satisfaite du seul fait que l’article relate le procès sans en anticiper l’issue et rappelle expressément la présomption d’innocence, et que la Cour genevoise vérifie de la même manière.

139

Le rapprochement fait apparaître la stabilité du moment déterminant de l’appréciation. La Cour zurichoise juge que l’acquittement partiel prononcé postérieurement à la parution ne rejaillit pas sur la licéité de l’article, la véracité comme le trouble prétendument persistant devant s’apprécier au jour de la première publication. La règle prive de portée l’évolution ultérieure de la procédure pénale, ce qui se justifie par la fonction d’actualité de la presse, mais laisse ouverte, à notre sens, la question de savoir si le maintien en ligne d’un compte rendu devenu inexact appelle une appréciation autonome, question que ni l’un ni l’autre arrêt n’avait à trancher.

140

Le second axe du commentaire porte sur la preuve de la notoriété. L’arrêt genevois est ici le plus riche, qui applique par analogie les critères dégagés en droit des marques pour apprécier la valeur probante d’un sondage démoscopique, admet le sérieux méthodologique de l’étude produite, mais n’y voit qu’un élément d’appréciation parmi d’autres et relève que les proportions constatées représentent plus d’un million de personnes. La Cour zurichoise ne recourt à aucun instrument de ce type et déduit la qualité de protagoniste du rôle d’acteur essentiel et autonome attribué au demandeur pour deux des transactions litigieuses, alors même qu’il ne comptait pas parmi les principaux accusés. Les deux décisions convergent ainsi vers une conception fonctionnelle plutôt que quantitative de la personne de l’histoire contemporaine relative, le critère décisif résidant dans le lien entre l’activité publique de l’intéressé et l’objet du compte rendu, et non dans un seuil de reconnaissance. La motivation zurichoise l’exprime avec netteté en observant qu’un procès ne saurait donner lieu à un débat public si ses principaux protagonistes demeurent anonymes.

141

Les deux arrêts se complètent enfin sur la qualification des propos. Le litige zurichois ne portait que sur des affirmations de fait, soumises comme telles à la preuve de la vérité, l’imprécision affectant la distinction entre les infractions reprochées étant tenue pour indifférente au regard de ce que le lecteur moyen retient effectivement du texte. Le litige genevois y ajoute l’examen de jugements de valeur mixtes, les formules imagées reprochant à l’appelant de museler la presse étant jugées licites en raison de la solidité de leur base factuelle et de la tolérance reconnue à une certaine dose d’exagération. Lus ensemble, les deux arrêts illustrent que le seuil de tolérance accru imposé à la personne de l’histoire contemporaine n’opère pas de la même manière selon la nature du propos, la véracité gouvernant les allégations de fait, tandis que le contrôle des jugements de valeur se déplace vers l’existence d’un substrat factuel suffisant et vers le caractère inutilement blessant de la forme. (LW)

E. L’intérêt public et le droit de réponse

14. Les soupçons concernant le gestionnaire d’une caisse de pension (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 29 janvier 2026, LB240019)

142

Le demandeur, entrepreneur actif dans les domaines de la prévoyance, de l’immobilier et de la finance, avait fondé la caisse de pension K. et l’avait dirigée de 2012 à 2014. En 2019, la défenderesse, société de médias éditrice des titres D. et E. et société mère d’un groupe de presse, a publié un article consacré à cette caisse de pension et au rôle du demandeur, repris mot pour mot, avec les mêmes titres et photographies, par les titres G., H., I. et J. édités par ses filiales. L’article faisait état du soupçon que des opérations avec des personnes proches avaient été menées au moyen d’une société-écran, d’une confusion entre les intérêts du demandeur et ceux des assurés, ainsi que de l’ouverture d’une procédure pénale contre lui.

143

Le demandeur a vu dans cette publication une atteinte illicite à sa personnalité ainsi qu’un dénigrement au sens de la loi contre la concurrence déloyale (LCD). Il a saisi le tribunal d’arrondissement de Zurich d’une action tendant à la constatation de l’atteinte, à la suppression de l’article des bases de données et à la publication d’une rectification. Par jugement du 1er mars 2024, le tribunal a rejeté l’action. Le demandeur a fait appel.

144

L’intérêt de la décision réside d’abord dans la question de la légitimation passive de la défenderesse pour les titres édités par ses filiales, que le premier juge avait niée au nom de l’indépendance juridique de chaque société du groupe.

145

Rappelant que la notion de participation à l’atteinte au sens de l’art. 28 al. 1 CC doit recevoir l’acception la plus large et englobe le simple fait de tolérer celle-ci, la Cour retient que la défenderesse, société mère de l’ensemble des éditrices concernées et unie à elles par d’étroits liens personnels, a à tout le moins toléré la reprise littérale de l’article, dont seul son propre service juridique avait vérifié la conformité au droit et sur lequel les filiales devaient s’en remettre. La défenderesse a ainsi participé à l’atteinte au sens de cette disposition, sa légitimation passive devant être admise pour tous les titres en cause.

146

Sur le fond, la Cour confirme que l’article, en imputant au demandeur une gestion opaque et irresponsable au détriment des assurés, portait atteinte à son honneur. Elle juge toutefois que le compte rendu de ces soupçons respectait les règles applicables et ne heurtait pas la présomption d’innocence. Les reproches de violation des règles de transparence et d’un éventuel comportement pénalement répréhensible étaient en effet formulés, par le choix des termes et le recours à des questions, de manière à faire apparaître au lecteur moyen qu’il ne s’agissait que de soupçons.

147

Selon la jurisprudence que la Cour rappelle, le compte rendu de simples soupçons n’exige pas que leur auteur en prouve le bien-fondé. En l’espèce, le journaliste s’était fondé sur des documents et non sur des sources anonymes et avait confronté le demandeur au résultat de ses recherches avant la publication. La Cour en déduit que les exigences du compte rendu de soupçons étaient satisfaites.

148

La Cour distingue toutefois les affirmations que le lecteur moyen devait comprendre comme des faits établis, et non comme de simples soupçons, dont la licéité suppose la preuve de la vérité. Elle retient que cette preuve a été rapportée pour l’essentiel, tant pour la propriété de la société-écran par le demandeur que pour l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre, la véracité de l’article s’appréciant au jour de sa première publication.

149

Au terme de la pesée des intérêts, la Cour fait prévaloir le besoin d’information du public. Elle retient à cet égard que la gestion de la fortune de prévoyance d’une caisse de pension, soumise à une surveillance publique et destinée à assurer la prévoyance vieillesse, répond à un besoin d’information et de transparence considérable, et que le demandeur, exerçant à ce titre une activité d’intérêt public, devait tolérer un examen critique de sa gestion. L’intérêt public l’emportant nettement sur ses intérêts privés, la Cour écarte de même toute violation de la loi contre la concurrence déloyale.

150

Bien qu’elle corrige le jugement entrepris sur la légitimation passive, la Cour rejette l’appel et confirme le rejet de l’action, l’atteinte demeurant justifiée par un intérêt public prépondérant. (LW)

15. Vingt-quatre demandes pour une seule réponse (Tribunal de commerce de Zurich, décision du 4 juin 2026, HG260010-O)[33]

151

Les requérantes sont Palantir Technologies Inc., société américaine dont le siège se trouve dans l’État du Colorado, et Palantir Technologies Switzerland GmbH, société à responsabilité limitée sise à Zurich, dont le but consiste à fournir des prestations informatiques et de marketing à l’appui des services et des produits des autres sociétés du groupe. L’intimée, Republik AG, société anonyme de droit suisse sise à Zurich, édite le magazine numérique Republik et exploite le site republik.ch.

152

Les 8 et 9 décembre 2025, l’intimée a publié deux articles consacrés aux démarches menées par les requérantes auprès des autorités fédérales, puis aux risques que leur implantation présenterait pour la Suisse. Par deux courriers du 29 décembre 2025, les requérantes ont demandé la publication de réponses visant onze passages du premier article et douze passages du second. L’intimée a refusé une première fois le 30 décembre 2025, puis derechef le 6 janvier 2026, en motivant son refus passage par passage. Les requérantes ont saisi le Tribunal de commerce le 19 janvier 2026.

153

Le Tribunal détermine d’abord le droit applicable. Le droit de réponse à l’égard des médias à caractère périodique est régi exclusivement par le droit de l’État dans lequel la publication a paru (art. 139 al. 2 LDIP). Pour les publications diffusées sur Internet, le lieu de parution est celui du fournisseur qui assume la responsabilité rédactionnelle du contenu litigieux, et non le lieu d’implantation du serveur. L’intimée assumant cette responsabilité depuis son siège zurichois, le droit suisse s’applique (consid. 1.3).

154

Les délais de l’art. 28i CC sont observés. Le Tribunal rappelle qu’il s’agit de délais de péremption, insusceptibles d’interruption ou de prolongation, dont le respect est examiné d’office, et que le refus opposé par l’entreprise de médias ouvre un délai de vingt jours pour agir en justice, à défaut de quoi l’intéressé est présumé avoir perdu tout intérêt digne de protection à la publication (consid. 2.2.1 et 2.2.2).

155

La question du texte déterminant retient davantage l’attention. Les requérantes n’ont pas soumis au juge le texte exact présenté à l’entreprise de médias. Le Tribunal rappelle la règle selon laquelle le texte dont la publication est réclamée en justice doit avoir été préalablement soumis au média, afin que celui-ci puisse en apprécier l’admissibilité et faire valoir ses objections. L’assouplissement admis par le Tribunal fédéral, qui autorise l’introduction directe d’une version modifiée lorsque le média conteste le principe même du droit de réponse, suppose une contestation générale et non un refus circonstancié. Le refus ayant ici porté sur l’admissibilité de chaque passage, l’exception ne trouve pas application et seules des modifications absolument insignifiantes demeurent recevables. Le Tribunal admet néanmoins les trois modifications litigieuses, dont deux affectaient le résumé du texte initial et non le texte de la réponse lui-même, la troisième consistant en l’abandon d’un passage, qui ne saurait affecter la recevabilité de la requête dans son ensemble (consid. 2.3.1 et 2.3.2).

156

Le caractère périodique du média ne fait pas difficulté. Le Tribunal retient que les sites Internet actualisés régulièrement, fût-ce partiellement, constituent des médias à caractère périodique au sens de l’art. 28g al. 1 CC, quand bien même ils ne se présenteraient pas comme des périodiques (consid. 2.4).

157

Sur les conditions matérielles, le Tribunal rappelle que la réponse ne peut viser qu’une présentation des faits, à l’exclusion des jugements de valeur, et que, lorsque la qualification est incertaine, il convient de rechercher si le caractère factuel ou le caractère appréciatif l’emporte, du point de vue du public moyen. La personne doit en outre être directement touchée dans sa personnalité, une atteinte n’étant pas exigée, une aptitude à faire naître dans le public une image défavorable suffisant, pour autant que l’effet soit direct et non simplement médiat ou réflexe. Le texte doit enfin se limiter à l’objet de la présentation contestée, être concis, et n’être ni manifestement inexact ni contraire au droit ou aux mœurs (consid. 2.5.1).

158

Vingt-trois des vingt-quatre passages sont écartés. Le Tribunal juge inaccessibles à la réponse les qualifications appréciatives et les conclusions tirées de faits non contestés, telles que la désignation du logiciel comme technologie de surveillance ou la présentation de l’entreprise comme réputée très fermée, de même que les affirmations dirigées contre un tiers, en l’occurrence l’autorité américaine de l’immigration, dont l’effet sur les requérantes demeure indirect, et les conjectures signalées comme telles par le texte. Il retient également le défaut récurrent de motivation de l’atteinte directe, les requérantes se bornant à des allégations générales sans distinguer la situation de chacune d’elles. Quant au contenu, le Tribunal censure les textes qui répètent ce que l’article énonçait déjà, ceux qui introduisent des éléments étrangers à la présentation contestée, ceux qui se bornent à corriger l’impression prêtée au lecteur et ceux qui, sous couvert de rectification, versent dans la présentation avantageuse de soi, en méconnaissance de la règle du fait opposé au fait (consid. 2.5.3 et 2.5.4).

159

Un seul passage est admis. L’article affirmait que le logiciel Foundry avait été initialement développé pour les États-Unis aux fins de la lutte contre l’insurrection en Afghanistan et en Irak. Le Tribunal y voit une présentation des faits vérifiable, portant sur la destination originelle d’un produit déterminé, et retient l’atteinte directe, une telle assignation étant propre à influencer sensiblement la perception publique des requérantes. La réponse, qui oppose à cette affirmation le développement du logiciel comme produit polyvalent destiné à une clientèle commerciale, reste dans l’objet du texte contesté. L’intimée échoue enfin à établir son inexactitude manifeste, le qualificatif battle-tested invoqué demeurant équivoque et ne renseignant pas sur la finalité initiale du développement, de simples doutes, fussent-ils sérieux, ne suffisant pas (consid. 2.5.4.9).

160

Le Tribunal ordonne la publication de cette réponse au bas de l’article, dans la même taille de caractères que le texte d’origine, dans les cinq jours ouvrables suivant la réception du jugement et pour la même durée que la publication initiale, mais trente jours au moins, la réponse devant demeurer accessible aux archives aussi longtemps que le texte d’origine. Il refuse en revanche la remarque liminaire générale reprochant à l’article des inexactitudes, une critique aussi indéterminée excédant le contenu admissible d’une réponse. La publication est gratuite (art. 28k al. 3 CC) et assortie de la menace de la peine de l’art. 292 CP à l’endroit des organes de l’intimée (consid. 3 et 4). Les frais, arrêtés à 9000 fr., sont répartis à raison de quatre-vingt-quinze pour cent à la charge des requérantes (consid. 5). (LW)

161

La décision a fait l’objet d’une analyse détaillée par Dr. iur. Matthias Schwaibold dans medialex 06/26, sous le titre « Ein Schuss in den Ofen», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.


 

Notes de bas de page

  1. Doctorant à l’Université de Fribourg.

  2. Avocat-stagiaire à Fribourg.

  3. L’arrêt rendu le 19 juin 2026 par le Tribunal cantonal de Zoug dans la cause opposant Jolanda Spiess-Hegglin à Ringier SA n’est volontairement ni résumé ni commenté dans la présente contribution. Il fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born, qui paraît dans la newsletter à laquelle appartient la présente contribution. Nous renvoyons le lecteur à cette contribution. Nous reviendrons sur cette affaire dans l’aperçu consacré à l’année 2026, lorsque sera connue son issue définitive.

  4. L’arrêt 5A_405/2025 a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 04/26, sous le titre « Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/05/11/erhellendes-zur-unschuldsvermutung-und-zur-relativen-person-der-zeitgeschichte/

  5. Sur l’intérêt à la constatation en général : ATF 127 III 481, consid. 1.

  6. Cf. à ce sujet notamment ATF 147 III 185 consid. 4.2.3 ; arrêt du TF 5A_1050/2021 du 6 octobre 2022 consid. 4.4.

  7. Exceptionnellement, la diffusion d’une information factuellement inexacte peut néanmoins être justifiée par un intérêt public ou privé prépondérant au sens de l’art. 28 al. 2 CC, notamment lorsqu’un média reproduit sans commentaire, en indiquant sa source, un communiqué officiel d’une autorité de police (ATF 126 III 209 consid. 3a; TF 5A_562/2018 du 22 juillet 2019 consid. 4.1.1, ainsi que le dernier arrêt en date : TF 5A_732/2024 du 15 janvier 2026 consid. 4.3.1 et 4.4.1 résumé et commenté dans la présente revue de jurisprudence (infra 3.).

  8. L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 02/26, sous le titre « Die Dominanz des „ Gesamtzusammenhangs ” », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/03/10/die-dominanz-des-gesamtzusammenhangs/

  9. L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 09/25, sous le titre « Pure Sklaventreiberei – zulässiges Zitat eines Dritten », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2025/11/05/pure-sklaventreiberei-zulaessiges-zitat-eines-dritten/

  10. TF 5A_641/2011 du 23 février 2012, c. 7.1 et 7.5.

  11. ATF 132 III 641, c. 6.1 ; TF 5C.31/2002 du 15 mai 2002, c. 3b/cc.

  12. Ordonnance du 5 avril 2017 concernant le registre des professions médicales universitaires (RS 811.117.3), art. 2 et 7 al. 1 let. m.

  13. ATF 139 III 86, c. 5 ; TF 4A_427/2021 du 20 décembre 2021, c. 5.1.

  14. « Das widerrechtliche Erlangen von Informationen fällt nicht unter den Persönlichkeitsschutz gemäss Art. 28 ZGB. Es ist auch keine andere Rechtsgrundlage ersichtlich, die den Berufungsklägern bei einer allfälligen unrechtmässigen Beschaffung von Informationen durch die Berufungsbeklagte einen (vorsorglichen) zivilrechtlichen Beseitigungsanspruch verschaffen würde » (« l’obtention illicite d’informations ne relève pas de la protection de la personnalité au sens de l’art. 28 CC ; on ne discerne pas non plus d’autre base légale qui conférerait aux appelants, en cas d’obtention éventuellement illicite d’informations par l’intimée, un droit civil (provisionnel) à la suppression » ; traduction libre).

  15. ATF 135 III 145, c. 5.2 ; 129 III 49, c. 2.2 ; 127 III 481, c. 2b/aa. Pour les personnes morales : art. 53 CC ; ATF 138 III 337, c. 6.1 ; TF 5A_354/2012 du 26 juin 2014, c. 3.

  16. TF 5A_1006/2025 du 24 novembre 2025 (décision présidentielle rendue en procédure simplifiée, art. 108 al. 1 let. b LTF).

  17. Papaux van Delden, Mesures provisionnelles à l’encontre d’un média à caractère périodique : du rôle de « chien de garde » de la presse, medialex 03/25 ; TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024, c. 4.1.2.

  18. ATF 138 III 378, c. 6.3, rendu à propos de l’effet suspensif de l’art. 315 al. 5 CPC.

  19. ATF 139 III 86, c. 5 : « […] il n’y a pas à opposer les préjudices auxquels les parties sont exposées pour décider s’il y a lieu d’interdire ou non la commercialisation d’un produit par voie de mesures provisionnelles […]. Il suffit que la partie requérante risque un préjudice difficilement réparable […] ; il n’est pas nécessaire que ce préjudice soit plus important ou plus vraisemblable que celui qu’encourrait la partie adverse ». Des sûretés peuvent le cas échéant être ordonnées en faveur de la partie adverse (art. 264 CPC).

  20.  ATF 147 III 185, c. 4.3.3 ; TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024, c. 4.3.1.1.

  21. L’arrêt zurichois s’appuie sur un commentaire de l’art. 261 CPC (consid. 3.1), puis sur une jurisprudence rendue en droit des marques (ATF 128 III 96 consid. 2e, cité au consid. 3.2). L’arrêt bâlois expose de manière plus systématique la jurisprudence récente du Tribunal fédéral (arrêts du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1, 5A_218/2022 du 4 octobre 2022 consid. 3.4.1 et 5A_419/2024 du 29 avril 2025 consid. 6.4), tout en rattachant lui aussi la pratique à ses origines en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale.

  22. Arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.3.

  23. Arrêt du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1, avec renvoi à l’arrêt du TF 5A_309/2013 du 4 novembre 2013 consid. 5.3.2, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.2.

  24. La cour reprend ici l’arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, lui-même renvoyant à l’ATF 146 III 416 consid. 7.4.

  25. ATF 124 III 72 consid. 2a et ATF 109 II 338 consid. 3, ainsi que l’arrêt du TF 4A_197/2022 du 25 novembre 2022 consid. 2.4.1, cités dans l’arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.3.

  26. Arrêt du TF 5A_419/2024 du 29 avril 2025 consid. 6.4, avec renvoi aux arrêts du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1 et 5A_218/2022 du 4 octobre 2022 consid. 3.4.1.

  27. ATF 128 III 96 consid. 2e en droit des marques et ATF 124 III 72 consid. 2a rendu sur l’art. 9 al. 1 let. a LCD, cités dans l’arrêt du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1 et repris dans l’arrêt bâlois, consid. 6.2. On relèvera que ce dernier désigne ailleurs le précédent rendu en droit de la concurrence déloyale comme l’ATF 124 III 73.

  28. ATF 116 II 357 consid. 2b, ainsi que les arrêts du TF 4A_529/2008 du 9 mars 2009 consid. 4.1, 4A_379/2019 du 4 décembre 2019 consid. 9.3.1 et 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1.

  29. Traduction libre de « frequent informal, repeated, and unevidenced allegations against colleagues », la lettre de licenciement du 20 août 2025 étant rédigée en anglais et citée en original dans la décision, cf. c. 2.4.

  30. ATF 141 III 513, c. 5.3.1 : « Ein wie auch immer geartetes Verhalten des Urhebers selbst setzt das Mitwirken aber schon voraus: Eine Haftung für fremdes Verhalten lässt sich aus Art. 28 Abs. 1 ZGB nicht herleiten » (« la participation suppose en tout état un comportement propre de celui qui est recherché : l’art. 28 al. 1 CC ne permet pas de fonder une responsabilité pour le comportement d’autrui » ; traduction libre) ; TF 5A_792/2011 du 14 janvier 2013, c. 6.2.

  31. Tribunal de commerce du canton de Zurich, arrêt du 21 août 2024, HG220030, résumé et commenté dans notre précédente chronique (cf. Wéry/Dupraz, Soupçon bien étayé commence par intérêt public, medialex 07/25, 4 septembre 2025).

  32. Art. 129 al. 1 LDIP, respectivement art. 10 let. a LDIP pour les mesures provisoires.

  33. La décision a fait l’objet d’une analyse détaillée par Dr. iur. Matthias Schwaibold dans medialex 06/26, sous le titre « Ein Schuss in den Ofen», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/07/02/ein-schuss-in-den-ofen/




Paradigmenwechsel beim Vielfaltsgebot

Rechtsprechungsübersicht 2025 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI

Pierre Rieder, Dr. iur., Bern

Résumé: En admettant la plainte contre la non-couverture de la radio télévision suisse alémanique SRF sur les procès-verbaux de la cellule de crise Corona de l’Institut allemand Robert Koch (RKI), l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a élargi et renforcé sa pratique en matière du principe de pluralité. Selon cette décision, le fait qu’un diffuseur bénéficiant d’une concession n’ait pas rendu compte, au cours de la période considérée, d’un événement pertinent tel que la publication des procès-verbaux du RKI constitue une violation de l’art. 4, al. 4 LRTV. Les nombreux cas relatifs au principe de présentation fidèle des événements ont en outre permis à l’AIEP de préciser davantage sa jurisprudence, déjà très riche, concernant cette disposition centrale du droit des programmes. Elle a ainsi constaté que le principe de présentation fidèle des événements n’implique pas un droit d’autorisation pour les personnes interviewées quant aux déclarations diffusées.

Zusammenfassung: Mit der Gutheissung der Beschwerde gegen die fehlende Berichterstattung über die Protokolle des Krisenstabs des Robert Koch-Instituts (RKI-Protokolle) bei SRF hat die UBI ihre Praxis zum Vielfaltsgebot ausgeweitet und verschärft.  Wenn ein konzessionierter Veranstalter im zu beurteilenden Zeitraum nicht über ein relevantes Ereignis wie die Veröffentlichung der RKI-Protokolle informiert, stellt dies gemäss diesem Entscheid eine Verletzung von Art. 4 Abs. 4 RTVG dar. Die vielen das Sachgerechtigkeitsgebot betreffenden Fälle ermöglichten der UBI zudem, ihre schon bisher reichhaltige Rechtsprechung zu dieser zentralen Bestimmung des Programmrechts weiter zu verdeutlichen. So stellte sie fest, dass das Sachgerechtigkeitsgebot kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen hinsichtlich der ausgestrahlten Aussagen beinhaltet.

Inhaltsverzeichnis:

I. Überblick  Rn. 1

II. Sachgerechtigkeitsgebot
    1. Anwaltschaftlicher Journalismus     2     
    2. Stellungnahme zu Vorwürfen     3
    3. Gesamteindruck     5
    4. Kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen     6
    5. Spezielle Formate     7
    6. Nahostkonflikt     10
    7. Weitere Entscheide     11 
    8. Fazit      13

III. Vielfaltsgebot
      1. Änderung der Rechtsprechung     14
      2. Zeitraumbeschwerde zur Berichterstattung über den Nahostkonflikt     17
      3. Beiträge zu Volksabstimmungen     18

IV. Übrige Programmbestimmungen     19

V. Nicht veröffentlichte Online-Kommentare – Meinungsäusserungsfreiheit     22

VI. Verfahren     24


 

I. Überblick

1

Bei der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen (UBI) setzte sich die steigende Tendenz an eingehenden Beschwerden 2025 fort. Sie eröffnete 53 neue Beschwerdeverfahren. Diese richteten sich in der grossen Mehrheit gegen Publikationen der Schweizerischen Radio- und Fernsehgesellschaft (SRG) mit Informationsgehalt. Im Zentrum der UBI-Rechtsprechung standen denn auch die rundfunkrechtlichen Informationsgrundsätze mit dem Sachgerechtigkeitsgebot (Art. 4 Abs. 2 RTVG) und dem Vielfaltsgebot (Art. 4 Abs. 4 RTVG). Einen nicht unerheblichen Aufwand verursachten der UBI wie im Vorjahr Beschwerden gegen nicht veröffentlichte Kommentare in SRF-Foren.

II. Sachgerechtigkeitsgebot

1. Anwaltschaftlicher Journalismus

2

Ein beträchtliches Echo löste ein längerer Beitrag des Politmagazins «Rundschau» von Fernsehen SRF über eine mit Videoaufnahmen dokumentierte Prügelattacke von vier Männern gegen eine Frau in Schaffhausen aus. Im Fokus der Publikation standen die Ermittlungen der Schaffhauser Strafverfolgungsbehörden zu diesem Vorfall, die kritisch beleuchtet wurden. Ein Strafrechtsexperte äusserte sich dazu betont negativ («Job nicht gemacht», «nicht state of the art»). Aufgrund der Reaktionen auf den Beitrag mit namentlich einer Solidaritätskundgebung für die betroffene Frau strahlte die «Rundschau» eine Woche später einen weiteren Bericht aus. Anhand dieses Schaffhauser Falls wurde darin die Problematik geschlechterspezifischer Gewalt thematisiert. Gegen beide «Rundschau»-Beiträge erhob der Kanton Schaffhausen eine Betroffenenbeschwerde bei der UBI. Diese musste jeweils beurteilen, ob die Redaktion die bei anwaltschaftlichem Journalismus praxisgemäss geltenden erhöhten Sorgfaltspflichten eingehalten hat. Beim ersten Beitrag stellte die UBI mehrere Mängel fest, die bei einer Gesamtwürdigung eine freie Meinungsbildung des Publikums zu den vermittelten Informationen verunmöglichten. Zu verweisen ist namentlich auf die Darstellung zu einem möglichen Eingriff in die sexuelle Integrität der Frau, bei welcher bestehende entlastende Argumente der Männer unerwähnt blieben. Drei der vier Männer wurden zudem von der Redaktion nicht mit den gegen sie erhobenen Vorwürfen konfrontiert. Die Staatsanwaltschaft ihrerseits hatte zwar Gelegenheit, zu den einzelnen thematisierten Kritikpunkten gegen ihre Ermittlungen Stellung zu nehmen. Die Redaktion unterliess es aber, die Tätigkeit der Strafverfolgungsbehörden umfassend darzustellen und bekannte entlastende Elemente aufzuzeigen. Diese Mängel des Beitrags betrafen nicht nur Nebenpunkte, sondern waren geeignet, die Meinungsbildung des Publikums zum Beitrag insgesamt in rechtserheblicher Weise zu beeinflussen. Die UBI hat aus diesen Gründen eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots bejaht und die Beschwerde deshalb gutgeheissen. Anders beurteilte sie die Beschwerde zum zweiten Beitrag. Zwar stellte die UBI auch diesbezüglich Unvollkommenheiten fest, soweit darin der Schaffhauser Fall thematisiert wurde. Dieser diente aber primär dazu, die Problematik von geschlechterspezifischer Gewalt und der strafrechtlichen Aufarbeitung aus Sicht eines Opfers in allgemeiner Weise aufzuzeigen. Dieser Fokus des Beitrags war für das Publikum ebenso erkennbar wie die anwaltschaftliche Position der Redaktion. Die festgestellten Unvollkommenheiten begründeten daher keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots. Die Beschlüsse zu beiden Beiträgen erfolgten jeweils mit fünf zu drei Stimmen, zum ersten gutgeheissenen Beitrag verfassten die drei unterlegenen Mitglieder eine abweichende Meinung (b. 1013).

2. Stellungnahme zu Vorwürfen

3

Ebenfalls Gegenstand einer Betroffenenbeschwerde bildete ein Nachrichtenbeitrag von Fernsehen RTS über das «Théâtre du Jura» in Delsberg und dessen Suche nach einem neuen Direktor. Darin ging es um den schon designierten neuen Leiter, der aufgrund des Vorwurfs von sexueller Belästigung die Stelle nicht antreten durfte. Die schriftliche Stellungnahme des namentlich erwähnten Leiters wurde von der Redaktion im Filmbericht in verkürzter meinungsverfälschender Weise zusammengefasst und wiedergegeben. Die UBI erachtete aus diesem Grund das Sachgerechtigkeitsgebot als verletzt und hat die Beschwerde mit sechs zu zwei Stimmen gutgeheissen (b. 1033).

4

Anders entschied sie im Zusammenhang mit einer Beschwerde gegen einen kritischen Beitrag des Konsumentenmagazins «A Bon Entendeur» von Fernsehen RTS über eine «boîte à miracles». Zum Vorwurf, der Erfinder sei der zu einer längeren Gefängnisstrafe verurteilte Chef einer russischen Sekte, konnte weder dieser noch das betroffene Unternehmen Stellung beziehen. Da sich aber der Vertreter des Unternehmens angemessen zu allen Kritikpunkten am präsentierten Produkt äussern konnte, verunmöglichte der erwähnte Mangel nicht die freie Meinungsbildung des Publikums zum Beitrag (b. 1045).

3. Gesamteindruck

5

Wiederholt betont die UBI in ihren Erwägungen, dass für die Beurteilung einer Publikation im Lichte von Art. 4 Abs. 2 RTVG letztlich die Gesamtwürdigung entscheidend ist. Einzelne Fehler, Mängel oder Unvollkommenheiten begründen alleine nicht schon eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots. So wies die UBI Popularbeschwerden gegen zwei Publikationen von SRF über die Zulassung eines neuen Wirkstoffs gegen den RS-Virus trotz mehreren missverständlichen Formulierungen ab, weil die wesentlichen Fakten korrekt vermittelt wurden (b. 1023). Ebenfalls abgewiesen hat die UBI eine Popularbeschwerde gegen einen Beitrag des Gesundheitsmagazins «Puls» von Fernsehen SRF zu mehreren gängigen Vorsorgeuntersuchungen (b. 1027). Gerügt wurde einzig der Beitragsteil über die Mammografie. Dieser enthielt tatsächlich einen Mangel, indem es die Redaktion unterlassen hat, auf die Empfehlungen von verschiedenen Behörden zu dieser Brustkrebsvorsorge und damit auf die herrschende Meinung hinzuweisen. Im Rahmen einer Gesamtwürdigung des kritischen Beitrags zu Vorsorgeuntersuchungen betraf dieser Mangel aber einen Nebenpunkt. Auch eine unzutreffende Aussage im Rahmen eines mehr als 50 Minuten dauernden «DOK»-Films von Fernsehen SRF mit dem Titel «Alles für die Füchse – ein Wildtier, geliebt und gejagt» beeinflusste den Gesamteindruck nicht (b. 1025). Eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots hätte ohnehin nicht vorgelegen, weil sich die «DOK»-Redaktion bei der nicht korrekten Information auf eine behördliche Auskunft verlassen durfte. Art. 4 Abs. 2 RTVG ist erst dann verletzt, wenn die Missachtung von journalistischen Sorgfaltspflichten die freie Meinungsbildung des Publikums verunmöglicht.

4. Kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen

6

Eine im Rahmen eines längeren Radiobeitrags von SRF über Friedhöfe interviewte Person rügte in einer Betroffenenbeschwerde, dass sie die von ihr ausgestrahlten Aussagen vorgängig nicht kontrollieren konnte. In ihren Erwägungen weist die UBI aber darauf hin, dass aus dem Programmrecht kein entsprechendes Autorisierungsrecht abgeleitet werden kann. Die UBI hat zu beurteilen, ob die ausgestrahlte Sendung die Mindestanforderungen an den Programminhalt (Art. 4, 5 und 5a RTVG) eingehalten hat. Die interviewte Person hat denn auch keinen generellen Anspruch darauf, dass ihr der ganze Beitrag oder Teile davon vorab zur Autorisierung präsentiert werden. Hat die interviewte Person mit der Redaktion vereinbart, dass ihr die sie betreffenden Aussagen vor der Ausstrahlung noch vorgelegt werden, oder verlangt sie dies ausdrücklich, gebieten die journalistischen Sorgfaltspflichten zwar ein entsprechendes Vorgehen. Doch auch in einem solchen Fall bleibt die Redaktion bei der Auswahl der ausgestrahlten Aussagen aufgrund der den Veranstaltern gewährleisteten Programmautonomie (Art. 6 Abs. 2 RTVG) grundsätzlich frei. Die betroffene Person hätte aber die Möglichkeit, ihre Aussagen bzw. ihre Mitwirkung an der Sendung zu widerrufen. Eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots lag in casu auch deshalb nicht vor, weil die beiden Aussagen, welche die beschwerdeführende Person bei einer Möglichkeit zur Autorisierung berichtigt hätte, offensichtlich Nebenpunkte betrafen, welche die Meinungsbildung des Publikums zur Sendung insgesamt nicht rechtserheblich beeinflussen konnten (b. 1036). 

5. Spezielle Formate

7

Eine Beschwerde richtete sich gegen die Sendung «Wort zum Sonntag» von Fernsehen SRF, die einen christlichen Kommentar zum Zeitgeschehen beinhaltet. Der Theologe kritisierte in der beanstandeten Ausgabe Sparvorhaben des Bundesrats und des Parlaments bei der Entwicklungszusammenarbeit. Der Beschwerdeführer machte geltend, die Sendung sei für politische Zwecke instrumentalisiert worden. Die UBI weist in ihrer Würdigung aber darauf hin, dass der Theologe die Vorhaben von Bundesrat und Parlament korrekt zusammengefasst und auch die Argumente der Sparbefürworter erwähnt habe. Mit einem Bibelzitat aus dem Markus-Evangelium begründete er seine Kritik aus christlicher Sicht. Da der Kommentar als solcher erkennbar war (Art. 4 Abs. 2 Satz 2 RTVG), eine christliche fundierte Perspektive aufwies, die Fakten darin korrekt und transparent vermittelt wurden, lag keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots vor. Die UBI bemerkt im Entscheid, dass eine strikte Trennung von Religion und Politik, wie vom Beschwerdeführer gefordert, ohnehin kaum möglich sei. Problematisch wäre ein Kommentar mit politischem Inhalt in der Sendung aus programmrechtlicher Sicht dann, wenn er sich auf einen bevorstehenden Urnengang beziehen würde (b. 1032).

8

Das neue Faktencheck-Format «Vraiment» von RTS, das sich an ein jüngeres Publikum richtet, provozierte Beschwerden gegen zwei Ausgaben. Es ging in beiden Publikationen um Ärzte, deren Positionen zu Gesundheitsfragen bzw. angewendeten Praktiken umstritten sind. Da die Betroffenen aber Gelegenheit erhielten, sich zu den Kritikpunkten angemessen und mit ihren besten Argumenten zu äussern, und aufgrund der transparenten und nachvollziehbaren Umsetzung der Faktenchecks wies die UBI alle Beschwerden ab (b. 1009/1010/1011/1012/1016 und b. 1028).

9

Unbegründet war ebenfalls eine Popularbeschwerde gegen einen Online-Artikel von SRF mit zehn Bildern zur Amtseinführung von Donald Trump. Gerügt wurde der Text zu einem Bild mit einer Armbewegung von Elon Musk (««Manche erkennen einen Hitlergruss. Oder ist es der Start einer Rakete?»). Entgegen den Behauptungen in der Beschwerde bestanden tatsächlich unterschiedliche Interpretationen zu der strittigen Armbewegung und es stand nicht zweifelsfrei fest, dass es sich dabei um den Hitlergruss gehandelt hat. Die UBI führte zudem aus, dass es sich beim beanstandeten Artikel offensichtlich um keine tiefgründige politische Analyse gehandelt hat, sondern um Bilder mit optischen Auffälligkeiten von dieser Amtseinführung. Das Sachgerechtigkeitsgebot wurde daher nicht verletzt (b. 1042).

6. Nahostkonflikt

10

Ein thematischer Schwerpunkt bei den behandelten Beschwerden bildete einmal mehr der Nahostkonflikt. Eine Popularbeschwerde gegen den Online-Artikel «Waffenruheabkommen für Gaza – Ein bitterer Deal nach 471 Tagen der Hölle» enthielt gleich 296 Unterschriften. Die in der Beschwerde gerügten Aussagen und verwendeten Begriffe (z.B. «Geiseln» und «Häftlinge») stufte die UBI aber als sachgerecht ein. Auch der monierte Umstand, dass SRF darauf verzichtet habe, Israel als «Apartheid»-Staat zu bezeichnen, erachtete die UBI als nachvollziehbar, da bei solchen Zuschreibungen aus journalistischer Sicht Vorsicht geboten sei. Die UBI wies in ihren Erwägungen schliesslich auch auf das grosse Vorwissen des Publikums über den Nahostkonflikt hin (b. 1040). Beschwerden gegen mehrere Online-Publikationen von RTS im Zusammenhang mit Vorgängen im Nahen Osten hat die UBI ebenfalls abgewiesen. Darin wurde insbesondere gerügt, dass jeweils die Position der israelischen Regierung bzw. Armee zu stark hervorgehoben werde und Gegenargumente nicht oder nicht ausreichend erwähnt worden seien. Aufgrund der jeweils korrekten und transparenten Vermittlung der Informationen befand die UBI aber alle Beiträge als sachgerecht (b. 1039). Mit der gleichen Argumentation hat sie eine Beschwerde gegen einen Beitrag der Nachrichtensendung von Fernsehen RTS über die Auswirkungen des Nahostkonflikts in der Schweiz und insbesondere den zunehmenden Antisemitismus abgewiesen (b. 1035). Bemerkenswert ist, dass in den Beschwerden zu Nahostbeiträgen von SRF und RTS im Berichtsjahr überwiegend gerügt wurde, die offizielle Sicht Israels werde bevorzugt. Lange Zeit, insbesondere bis zum Terrorangriff der Hamas auf Israel im Oktober 2023, wurde in entsprechenden Beschwerden gegen SRF-Publikationen praktisch ausschliesslich eine tendenziöse Berichterstattung zu Lasten Israels geltend gemacht.

7. Weitere Entscheide

11

Sachgerecht befand die UBI einen Beitrag der Sendung «Schweiz Aktuell» von Fernsehen SRF über den Entscheid der Bündner Kantonsregierung, dem Whistleblower Adam Quadroni keine Entschädigung zu entrichten. Die Fakten und auch kritische Meinungen dazu seien korrekt und transparent vermittelt worden. Hervorgehoben hat die UBI zudem die weiterführenden Ausführungen der Korrespondentin am Ende des Beitrags, welche dem Publikum einen umfassenden Überblick über die verschiedenen abgeschlossenen und noch hängigen Verfahren zum Fall Quadroni verschafft habe (b. 1044).

12

Keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots stellte die UBI schliesslich auch bei einem «Rundschau»-Beitrag über Kinder mit Sonderschulbedarf fest. Es ging darin um den Umstand, dass schulpflichtige Kinder mit Sonderschulbedarf in gewissen Kantonen in Privatschulen statt, wie eigentlich vorgesehen, in speziellen Klassen unterrichtet werden. Anhand von mehreren Beispielen stellte die Redaktion den Sachverhalt zutreffend dar. Dabei kam auch die Sichtweise von zahlreichen Beteiligten zum Ausdruck, was dem Publikum eine freie Meinungsbildung ermöglichte (b. 1049).

8. Fazit

13

Auch 2025 betraf die grosse Mehrheit der von der UBI materiell behandelten Beschwerdefälle das Sachgerechtigkeitsgebot. Die UBI stützte sich dabei auf ihre bereits reichhaltige und etablierte Rechtsprechung zu dieser zentralen Bestimmung des Programmrechts. Änderungen vollzog sie keine, verdeutlichte aber in einigen Bereichen ihre Praxis. Das betrifft namentlich das fehlende Autorisierungsrecht für interviewte Personen im Entscheid b. 1036 oder die grundsätzliche Zulässigkeit von politischen Kommentaren in der Sendung «Wort zum Sonntag» (b. 1032). Die vorgestellten Entscheide sind mit zwei Ausnahmen, die abgewiesene Beschwerden gegen RTS-Beiträge betreffen (b. 1028 und b. 1045), in Rechtskraft getreten.

III. Vielfaltsgebot

1. Änderung der Rechtsprechung

14

Das Vielfaltsgebot von Art. 4 Abs. 4 RTVG galt lange Zeit, abgesehen von Publikationen mit Bezug zu Urnengängen (Abstimmungen und Wahlen), als nur bedingt justiziabel. Eine entsprechende Rechtsverletzung lag erst vor,  wenn in einem konzessionierten Radio- oder Fernsehprogramm ohne sachlichen Grund in qualifizierter Weise einseitig über ein Thema oder Ereignis berichtet wurde. Bereits 2024 hat die UBI aber mit der Gutheissung einer Zeitraumbeschwerde gegen die Berichterstattung von SRF über die Proteste an amerikanischen und schweizerischen Universitäten im Zusammenhang mit dem Gaza-Konflikt ihre Rechtsprechung bezüglich der Anforderungen an die Ausgewogenheit erheblich verschärft (b. 1002).

15

Mit dem vielbeachteten Entscheid zur Popularbeschwerde gegen die Nichtberichterstattung von SRF über die Protokolle des Krisenstabs des Robert Koch-Instituts (RKI-Protokolle) während der Corona-Pandemie setzte die UBI den Paradigmenwechsel beim Vielfaltsgebot nun fort (b. 1014). Beschwerden gegen die Nichtausstrahlung von Ereignissen oder Themen behandelte die UBI bis vor kurzem ausschliesslich als Beschwerden gegen den verweigerten Zugang zum Programm (Zugangsbeschwerde). Im Gegensatz dazu betraf das eigentliche Programmrecht (Art. 4 und 5 RTVG) mit dem Vielfaltsgebot ausschliesslich Beschwerden gegen Inhalte von veröffentlichen Publikationen. Die Beurteilung der fehlenden Berichterstattung von SRF über die RKI-Protokolle als Zugangsbeschwerde war allerdings nicht möglich, da diese nur Betroffenen offensteht. Im Grundsatzentscheid b. 1014 führt die UBI nun aus, dass das Ausbleiben von Informationen über wichtige Ereignisse oder Themen eine Verletzung von Art. 4 Abs. 4 RTVG begründen kann, indem im Sinne des Gesetzestextes «die Vielfalt der Ereignisse und Ansichten nicht angemessen zum Ausdruck» kommt. Die freie Themenwahl, welche die Programmautonomie von Art. 6 Abs. 2 RTVG gewährleistet, gilt demnach nicht unbeschränkt. Das Vielfaltsgebot beinhaltet laut diesem Entscheid auch positive Verpflichtungen für konzessionierte Veranstalter bei für eine funktionierende Demokratie relevanten Ereignissen, Themen oder Ansichten. Die UBI behandelte die Beschwerde deshalb als Programmbeschwerde und prüfte im Rahmen des Vielfaltsgebots, ob es sich bei der Veröffentlichung der RKI-Protokolle um ein relevantes Ereignis gehandelt hat, über welches SRF im fraglichen Zeitraum zwingend hätte berichten müssen. Sie bejahte dies aufgrund des «News-Werts» dieser Dokumente (Einschränkung der Unabhängigkeit der Wissenschaft durch die Politik) und ist zum Schluss gekommen, dass die daraus gewonnenen Erkenntnisse auch für ein Schweizer Publikum im Rahmen der Aufarbeitung der Corona-Pandemie von Relevanz waren. Grosse Tageszeitungen wie Neue Zürcher Zeitung, Tagesanzeiger, Weltwoche und 20 Minuten hätten alle, teilweise mehrfach, Artikel über die RKI-Protokolle veröffentlicht. Da eine entsprechende Information bei Radio und Fernsehen SRF im zu beurteilenden Zeitraum jedoch gänzlich ausblieb, erachtete die UBI mit fünf zu drei Stimmen das Vielfaltsgebot als verletzt und hat die Beschwerde deshalb gutgeheissen.

16

Wie der Entscheid b. 1002 i.S. Berichterstattung über die Proteste an Universitäten im Zusammenhang mit dem Gaza-Konflikt ist aber auch derjenige i.S. Nichtberichterstattung über RKI-Protokolle noch nicht rechtskräftig. Beide Entscheide sind vor Bundesgericht hängig, nachdem die SRG dagegen Beschwerde in öffentlich-rechtlichen Angelegenheiten erhoben hat. Die bundesgerichtlichen Urteile dürften für die zukünftige Anwendung und Tragweite des Vielfaltsgebots bei Zeitraumbeschwerden gegen das gesamte Programm eines konzessionierten Veranstalters wegweisend sein.

2. Zeitraumbeschwerde zur Berichterstattung über den Nahostkonflikt

17

Gegenstand von Beschwerden bilden seit Jahren regelmässig einzelne Beiträge zum Nahostkonflikt. Eine Zeitraumbeschwerde ermöglichte nun zum ersten Mal der UBI, die entsprechende Berichterstattung von SRF im Rahmen der maximal möglichen Periode von drei Monaten gesamthaft auf ihre Ausgewogenheit im Sinne des Vielfaltsgebots zu prüfen. In der Beschwerde wurde moniert, SRF berichte einseitig zu Gunsten der israelischen Seite über den Konflikt. Eine rechtserhebliche Einseitigkeit stellte die UBI aber weder anhand der fünf in der Beschwerde explizit genannten Sendungen noch anhand der weiteren im fraglichen Zeitraum ausgestrahlten Beiträge fest. Sie verweist in den Erwägungen insbesondere auf mehrere israelkritische Informationen und Ansichten, welche Radio und Fernsehen SRF verbreitet haben, sowie auf die transparente Darstellung der verwendeten Quellen. Die umfangreiche Berichterstattung von SRF zum Nahostkonflikt im relevanten Zeitraum hat deshalb das Vielfaltsgebot nicht verletzt (b. 1020).

3. Beiträge zu Volksabstimmungen

18

Die aus dem Vielfaltsgebot abgeleiteten erhöhten Anforderungen an Sendungen mit einem Bezug zu einer bevorstehenden Volksabstimmung in der sensiblen Periode vor dem Urnengang standen im Zentrum einer Beschwerde gegen einen dreiteiligen Beitrag einer Nachrichtensendung von Fernsehen RTS zur Volksinitiative “Für Freiheit und körperliche Unversehrtheit”. Die UBI ist zum Schluss gekommen, dass der Beitrag, der zwei Wochen vor der Abstimmung ausgestrahlt wurde, diese Anforderungen nicht eingehalten hat. Der Initiant sei zwar vorgestellt worden, allerdings in einem persönlich gehaltenen Porträt und ohne eigentliche Vorstellung der Argumente der Befürworter. Zudem habe RTS den Inhalt der Initiative unvollständig präsentiert. Im Gegensatz dazu sei der Gegnerschaft der Initiative unverhältnismässig viel Platz eingeräumt worden, um ihren Standpunkt darzulegen. Die UBI hat daher die Beschwerde wegen der Verletzung des Vielfaltsgebots mit sechs zu drei Stimmen gutgeheissen (b. 1007). Der Entscheid stellt eine logische Fortsetzung der strengen UBI-Rechtsprechung in diesem Bereich dar, die zum Ziel hat, dass die Sichtweise und Argumente der sich gegenüberstehenden Lager in entsprechenden Beiträgen gleichwertig präsentiert werden, um die Chancengleichheit vor Volksabstimmungen zu gewährleisten.

IV. Übrige Programmbestimmungen

19

Weit weniger als das Sachgerechtigkeits- und das Vielfaltsgebot kamen die übrigen Programmbestimmungen in der Rechtsprechung zur Anwendung. Die Beachtung der Grundrechte mit u.a. dem Diskriminierungsverbot und der Achtung der Menschenwürde (Art. 4 Abs. 1 RTVG) oder der Schutz Minderjähriger (Art. 5 RTVG) wurden zwar in mehreren Beschwerden zusätzlich zum Sachgerechtigkeitsgebot erwähnt, spielten aber bei der Beurteilung der einzelnen Fälle eine untergeordnete Rolle.

20

Im bereits erwähnten Schaffhauser Fall b. 1013 prüfte die UBI die beiden Beiträge auch auf die Einhaltung des Schutzes der Menschenwürde (Art. 4 Abs. 1 RTVG). Im Vordergrund stand dabei die Darstellung der geprügelten Frau, welche im Gegensatz zu den Männern nicht unkenntlich gemacht wurde und im ersten Beitrag persönliche intime Erfahrungen preisgab. Die ausdrückliche Zustimmung der Frau zu den Aufnahmen stellte laut dem UBI-Entscheid zwar keine generelle Rechtfertigung dar, weil beim Schutz der Menschenwürde ein objektiver Massstab anzuwenden ist. Da es aber bei den Beiträgen nicht um ein Blossstellen von Menschen, sondern um das Veranschaulichen einer aktuellen politischen und gesellschaftlichen Debatte ging, erachtete die UBI die Achtung der Menschenwürde als gewahrt.

21

Eine Popularbeschwerde richtete sich gegen drei SRF-Publikationen zu den «Schmuddel-Songs» am Eurovision Song Contest (ESC), in welchen Präsentationen mit sexuellen Inhalten humoristisch aufgearbeitet wurden. Die Beiträge mit vielen doppeldeutigen Wortspielen verletzten aber offenkundig weder Bestimmungen von Art. 4 Abs. 1 RTVG wie das Diskriminierungsverbot, die Sittlichkeit oder die gebotene Achtung der Menschenwürde noch den rundfunkrechtlichen Schutz Minderjähriger gemäss Art. 5 RTVG. Fragen des Stils und des Geschmacks von Rundfunkbeiträgen fallen nicht in die Zuständigkeit der UBI (b. 1052).

V. Nicht veröffentlichte Online-Kommentare – Meinungsäusserungsfreiheit

22

Wie bereits in den beiden Vorjahren stellten auch 2025 Beschwerden gegen die Löschung bzw. Nichtaufschaltung von Online-Kommentaren bei SRF einen signifikanten Teil der behandelten Verfahren dar. Die UBI prüft bei entsprechenden Beschwerden jeweils, ob die Voraussetzungen für die mit der Nichtveröffentlichung eines Online-Kommentars verbundene Einschränkung der Meinungsäusserungsfreiheit im Sinne von Art. 36 BV vorliegen. Sie muss dabei im Rahmen von Art. 36 Abs. 1 BV (gesetzliche Grundlage) auch die Einhaltung bzw. die Verletzung von Bestimmungen prüfen, die nicht Teil des Programmrechts bilden, wie beispielsweise Art. 28 ZGB. Bei der Beurteilung der konkreten Fälle stellte sich für die UBI regelmässig die Grundsatzfrage, ob die Veranstalterin alle Kommentare aufzuschalten hat, die nicht rechtswidrig sind, oder ob die Programmautonomie (Art. 6 Abs. 2 RTVG) der Redaktion die Möglichkeit einräumt, ebenfalls die Veröffentlichung von Kommentaren abzulehnen, die nicht einer konstruktiven, sach- und zielorientierten Debattenkultur im Sinne der SRF-Netiquette entsprechen. Beispielhaft kann auf einen nicht veröffentlichten Kommentar zum Online-Artikel «Broschüren für den Ernstfall – Schweden bereitet seine Bevölkerung auf Ernstfall vor» hingewiesen werden, welcher sich nicht auf den Textinhalt bezog, sondern die Moderation der Spalte kritisierte («Weiss jemand, wer heute auf Augenhöhe den öffentlichen Diskurs moderiert?»). Die Beschwerdegegnerin hatte die Aufschaltung des Kommentars abgelehnt, weil es sich um einen persönlichen Angriff gehandelt und der Kommentar keinen Bezug zum Thema des Online-Artikels aufgewiesen habe. Nach Ansicht der UBI bestanden aber keine relevanten Gründe im Sinne von Art. 36 BV für eine Ablehnung. Sie hiess die Beschwerde deshalb mit sechs zu zwei Stimmen gut (b. 1026).

23

Die seit BGE 149 I 2 eingegangenen Beschwerden im Zusammenhang mit der Handhabung von Kommentarspalten bei SRF stammen alle von zwei Nutzern, die beide schon seit mehreren Jahren unabhängig voneinander mit der Community-Redaktion von SRF im Streit sind. Vermittlungsbemühungen zwischen diesen beiden regelmässigen Kommentarschreibern und der Veranstalterin auf Stufe Ombudsstelle scheiterten in beiden Fällen. Allerdings könnte sich diese für die Ombudsstelle und die UBI aufgrund des unverhältnismässigen Arbeitsaufwands unbefriedigende Situation durch eine von SRF getroffene einschneidende Massnahme entspannen. SRF hat nämlich am 7. Juli 2025 die Kommentarspalten zu Online-Beiträgen zu Gunsten der mehrsprachigen «dialog»-Plattform von SRG eingestellt.

VI. Verfahren

24

Auf mehrere Beschwerden ist die UBI nicht eingetreten. Der Grund lag bei drei Verfahren in der fehlenden Beschwerdelegitimation. Den Personen, die fälschlicherweise annahmen, sie seien zu einer Betroffenenbeschwerde (Art. 94 Abs. 1 RTVG) befugt, räumte die UBI zwar jeweils eine Nachbesserungsfrist ein, um die notwendigen 20 Unterschriften für eine Popularbeschwerde (Art. 94 Abs. 2 und 3 RTVG) beizubringen. Soweit aber keine entsprechende Reaktion erfolgte, trat die UBI auch mangels eines öffentlichen Interesses an einem Entscheid auf diese Beschwerden nicht ein (b. 1046, b. 1053, b. 1068).

25

Eine fehlende hinreichende Begründung (Art. 95 Abs. 3 RTVG) bei einigen Beschwerden gegen die Nichtaufschaltung von Kommentaren bewirkte weitere Nichteintretensentscheide. Die UBI führte an, dass den beschwerdeführenden Personen Mitwirkungspflichten im Sinne von Art. 13 VwVG obliegen. In den Erwägungen listet sie im Detail alle Sachverhaltselemente auf, welche entsprechende Beschwerdeschriften enthalten müssen. Dazu gehören beispielsweise auch relevante Kontextinformationen, wie beispielsweise Kopien veröffentlichter Kommentare von anderen Nutzerinnen und Nutzern, auf welche im nicht frei geschalteten Kommentar Bezug genommen wird (b. 1018/1019, b. 1048).

26

Im Verfahren i.S. Nichtberichterstattung über RKI-Protokolle stellte der Beschwerdeführer den Antrag, die Veranstalterin sei zu verpflichten, nach der festgestellten Rechtsverletzung Sendungen mit bestimmten Inhalten auszustrahlen, um den Mangel zu beheben. Die UBI ist jedoch nicht darauf eingetreten, weil eine solche Massnahme im Verfahren gemäss Art. 89 Abs. 1 RTVG nach einer festgestellten Rechtsverletzung bei Programmbeschwerden im Gegensatz zu Zugangsbeschwerden nicht möglich ist (b. 1014).

27

Im Fall i.S. Sendung «Wort zum Sonntag» erachtete sich die beschwerdeführende Person zur Betroffenenbeschwerde gemäss Art. 94 Abs. 1 RTVG befugt. Sie wies darauf hin, dass sie im Nationalrat den Kürzungsbeschlüssen bei der Entwicklungszusammenarbeit zugestimmt habe. Für die UBI genügte dies aber nicht für die Annahme einer Betroffenenbeschwerde, weil keine Namensnennung in der Sendung erfolgte und das Publikum die thematisierten Sparbeschlüsse bei der Entwicklungszusammenarbeit auch nicht mit dem betreffenden Mitglied des Nationalrats verband. Da dieses aber die Voraussetzungen für eine Popularbeschwerde erfüllte, konnte die UBI gleichwohl auf die Eingabe eintreten (b. 1032).

28

Den wichtigsten Entscheid zum Beschwerdeverfahren fällte das Bundesgericht in einem Urteil vom 3. Dezember 2025 i.S. Parteientschädigung (2C_127/2023; BGE-Publikation vorgesehen). Entgegen der Auffassung der UBI ist es zum Schluss gekommen, dass Art. 64 VwVG, wonach die Beschwerdeinstanz der obsiegenden Partei eine Parteientschädigung zusprechen kann, auf das Beschwerdeverfahren vor der UBI Anwendung findet. Es begründet dies damit, dass Art. 98 RTVG (Kostenlosigkeit des Verfahrens) keine genügende spezialgesetzliche Grundlage für das generelle Ausschliessen von Parteientschädigungen darstellt. Deshalb kommt das VwVG gemäss Art. 86 Abs. 3 RTVG subsidiär zur Anwendung. In seinen Erwägungen trägt das Bundesgericht aber den Besonderheiten des Beschwerdeverfahrens vor der UBI Rechnung, welches «so wenig wie möglich durch Kostenrisiken beschränkt werden» soll (E. 7.3). In der Regel dürfte es laut Bundesgericht nicht notwendig sein, eine Parteientschädigung im Verfahren vor der UBI zuzusprechen. Ausnahmen bestehen bei komplexen Sach- und Rechtsfragen, bei welchen eine Rechtsvertretung unerlässlich erscheint. Im zu beurteilenden Fall, in welchem es um den Beschwerdeweg bei der Löschung eines Kommentars auf Instagram ging (BGE 149 I 2), erachtete das Bundesgericht eine rechtliche Vertretung aber als notwendig und damit das Zusprechen einer Parteientschädigung im Sinne von Art. 64 VwVG als gerechtfertigt.


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Protection des sources journalistiques et liberté de la presse et des médias comme fait justificatif au sens de l’art. 14 CP

Morceaux choisis de jurisprudence pénale rendue durant l’année 2025 en lien avec les médias

Miriam Mazou, avocate, spécauliste FSA droit pénal, Lausanne
Marie Besse, avocate, Lausanne

Zusammenfassung: Im Jahr 2025 fällte das Bundesgericht wichtige Urteile zur Tätigkeit der Presse und deren Schnittstellen zum Strafrecht. Zunächst entschied es, dass ein potenzieller Verstoss gegen das Amtsgeheimnis kein Abweichen vom Quellenschutz rechtfertige, der im Übrigen sehr weit auszulegen sei. Es stellte zudem fest, dass sich Medienschaffende zur Rechtfertigung eines an sich gesetzeswidrigen Verhaltens in Anwendung von Art. 14 StGB auf die ihnen gemäss Art. 10 EMRK (Presse- und Medienfreiheit) zustehende berufliche Pflicht berufen können. Darüber hinaus entschied das Bundesgericht, dass „Scheinkinderpornografie“ („Deep Fakes“ mit kinderpornografischem Charakter) unter das Strafrecht falle. Gleiches gelte für die Verbindung der LGBTQIA+-Flagge mit dem Hakenkreuz, was einen Aufruf zu Hass darstelle. Sodann hat Lausanne die Verurteilung von Demonstranten bestätigt, die ein Transparent mit dem Slogan „KILL ERDOGAN with his own weapons“ getragen hatten. Schliesslich bestätigte das Bundesgericht die Verurteilung eines Paares wegen diffamierender Facebook-Beiträge, die sich gegen einen Anwalt und einen Beamten gerichtete hatten.
Auf kantonaler Ebene befand die Berufungs- und Revisionskammer des Kantons Genf, dass es zum Schutz der Pressefreiheit gerechtfertigt sei, wenn der Staat die Verteidigungskosten freigesprochener Journalisten übernehme. Dieselbe Behörde bestätigte die Verurteilung eines Journalisten wegen eines diffamierenden YouTube-Videos. Schliesslich erkannte das Kantonsgericht Waadt, dass das durch die Medienberichterstattung über einen Fall verursachte seelische Leid durch den Freispruch wiedergutgemacht worden sei, da der Name der freigesprochenen Person in der Presse nicht veröffentlicht worden war
.

Résumé : Durant l’année 2025, le Tribunal fédéral a été amené à rendre des arrêts importants en lien avec l’activité de la presse et ses intersections avec la loi pénale. En premier lieu, le Tribunal fédéral a jugé qu’une potentielle violation du secret de fonction ne permettait pas de déroger à la protection des sources, et que cette protection s’entendait très largement. Le Tribunal fédéral a également retenu que les journalistes pouvaient invoquer, pour tenter de justifier un comportement dans le cadre de l’application de l’art. 14 CP, le devoir afférent à sa profession tel qu’il leur est reconnu en vertu de l’art. 10 CEDH (liberté de la presse et des médias). En outre, notre Haute cour a jugé que la « Scheinkinderpornografie » (« deep fakes » à caractère pédopornographique) tombait sous le coup de la loi pénale. Il en va de même du fait d’associer le drapeau LGBTQIA+ à la croix gammée, qui constitue une incitation à la haine. Par ailleurs, le Tribunal fédéral a confirmé la condamnation pour provocation publique au crime de manifestants ayant arboré une banderole comprenant le slogan suivant : « KILL ERDOGAN with his own weapons ». Enfin, notre Haute Cour a confirmé la condamnation d’un couple pour des posts sur Facebook à caractère diffamatoire visant un avocat et un fonctionnaire.
Au niveau cantonal, la Chambre d’appel et de révision de la République et canton de Genève a considéré qu’il se justifiait que l’Etat prenne à sa charge les frais de défense de journalistes acquittés, afin de protéger la liberté de la presse. Cette même autorité a confirmé la condamnation d’un journaliste pour une vidéo YouTube diffamatoire. Enfin, la Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a considéré que souffrance morale causée par la médiatisation d’une affaire avait été réparée par la reddition du verdict d’acquittement, alors que le nom de la personne acquittée n’avait pas été divulgué dans la presse.

I. Introduction

1

La présente chronique a pour vocation de présenter – sans prétendre à l’exhaustivité – une sélection d’arrêts rendus au cours de l’année écoulée en matière de droit pénal des médias et de procédure pénale en lien avec les médias. Les arrêts mentionnés dans la présente chronique, rendus en 2025, émanent principalement du Tribunal fédéral, mais également de Tribunaux cantonaux. Les noms des parties ont été indiqués dans la mesure où ils ne sont pas anonymisés par le Tribunal fédéral.

II. Arrêts

1. Protection des sources journalistiques : une éventuelle violation du secret de fonction ne permet pas d’y déroger

2

ATF 151 IV 153, TF 7B_733/2024 du 31 janvier 2025 : Dans le cadre de l’enquête sur les fuites liées à la gestion de la pandémie de Covid-19 (« Coronaleaks »), le Ministère public de la Confédération (MPC) soupçonne Peter Lauener, alors chef de la communication du Département fédéral de l’intérieur, d’avoir transmis des informations confidentielles à Marc Walder, CEO du groupe de presse Ringier AG. Des perquisitions sont menées aux domiciles et lieux de travail de ces derniers, ainsi qu’au siège de Ringier. De nombreux appareils électroniques (ordinateurs, téléphones, clés USB) et des données sont saisis. Les personnes concernées demandent immédiatement la mise sous scellés de ces objets. Le MPC dépose une demande de levée des scellés auprès du Tribunal des mesures de contrainte (TMC) du canton de Berne. Le TMC rejette la demande, estimant que les données visées sont protégées par le secret des sources journalistiques (art. 172 CPP). Le MPC recourt alors au Tribunal fédéral.

3

Le Tribunal fédéral est amené à clarifier l’étendue et les limites de la protection des sources journalistiques.

4

Le MPC soutenait que la protection des sources devait être levée en raison de la gravité de l’atteinte au bon fonctionnement des institutions. Le Tribunal fédéral balaie cet argument. Il rappelle que le législateur, en introduisant l’art. 172 CPP (Protection des sources des professionnels des médias), a délibérément opté pour un système de catalogue d’exceptions exhaustif. Cette norme, de même que l’art. 28a CP, garantit une protection absolue des sources journalistiques, sous réserve des infractions listées à l’al. 2 qui permettent d’envisager une levée du secret. La violation du secret de fonction (art. 320 CP) ne figurant pas dans cette liste, la protection des sources est absolue. Il n’y a pas lieu de procéder à une pesée des intérêts (consid. 2).

5

Le MPC contestait la qualité de « professionnel des médias » de Marc Walder, en tant que CEO du groupe de presse Ringier. Le Tribunal fédéral adopte une interprétation large des notions de « personnes qui se consacrent à la publication » et d’« auxiliaires » (art. 172 al. 1 CPP). Pour être efficace, la protection doit couvrir toute personne qui, au sein d’une entreprise de médias, pourrait avoir connaissance de l’identité d’une source, quelle que soit sa position hiérarchique. Cela inclut donc les éditeurs, les membres de la direction et les propriétaires (consid. 3.4).

6

Le MPC demandait la levée des scellés sur les appareils de Peter Lauener, l’informateur présumé. Or le Tribunal fédéral retient que les objets et documents contenant des contacts entre l’informateur et une personne bénéficiant de la protection des sources ne peuvent être séquestrés, indépendamment du lieu où ils se trouvent. Si les communications avec un journaliste pouvaient être saisies chez l’informateur, ce dernier serait dissuadé de contacter la presse, ce qui viderait la protection de sa substance. Le secret protège donc non seulement les appareils du journaliste, mais aussi ceux de l’informateur pour tout ce qui concerne leurs échanges (consid. 3.5).

7

Enfin, le MPC soutenait que l’objectif poursuivi par l’informateur n’était pas de révéler des dysfonctionnements mais d’influencer le Conseil fédéral, de sorte qu’il commettait un abus de droit. Le Tribunal fédéral, se référant à la jurisprudence de la CourEDH, juge que les motivations de l’informateur ne sont pas un critère pertinent pour décider dérogation à la protection des sources. La protection est accordée pour garantir le flux d’information vers la presse, indépendamment des intentions de la source (consid. 4).

8

Le recours du MPC est donc rejeté.

2. Arme imprimée en 3D : la liberté des médias et de la presse comme fait justificatif au sens de l’art. 14 CP

9

ATF 151 IV 135, TF 6B_650/2022, 6B_664/2022 du 12.12.2024 : En 2019, une journaliste de la RTS, inspirée par un reportage français, décide d’enquêter sur la facilité avec laquelle on peut se procurer une arme à feu via une imprimante 3D. Son projet, validé par sa rédaction, vise à sensibiliser le public à ce danger. Après avoir été informée par le service juridique de la RTS de la nécessité d’une autorisation, elle télécharge les plans du pistolet « B. », commande les pièces à un imprimeur 3D en ligne et assemble l’arme dans les locaux de la RTS, sans toutefois y insérer le percuteur pour la rendre inopérante. Elle contacte la police genevoise pour une interview et une séance de tir, mais sa demande est déclinée. Elle se tourne alors vers un expert de l’École des sciences criminelles de Lausanne. Le 1er avril 2019, elle transporte l’arme non fonctionnelle en train de Genève à Lausanne pour l’interview, sans être titulaire d’un permis de port d’arme. Elle demande une autorisation exceptionnelle à la police, mais trop tardivement pour l’obtenir à temps. L’arme est ensuite remise à la police. Le reportage est diffusé le 7 avril 2019.

10

Poursuivie pour infraction à la loi sur les armes (LArm), la journaliste est condamnée en appel à une amende de 1’500 francs pour le transport de l’arme. Un recours est formé tant par la prévenue que par le Ministère public.

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En premier lieu, Le Tribunal fédéral commence par confirmer que les éléments constitutifs de l’infraction à l’art. 33 al. 1 let. a LArm sont réalisés. La journaliste a acquis, possédé et transporté une arme à feu sans autorisation, et ce intentionnellement, à tout le moins par dol éventuel (consid. 3).

12

La question centrale consiste à déterminer si le comportement en cause peut être considéré comme « autorisé par la loi », au sens de l’art. 14 CP. Le Tribunal fédéral est ainsi appelé à examiner si un droit fondamental — en l’espèce la liberté de la presse et des médias garantie par la CEDH — est susceptible de justifier une infraction à la LArm. Notre Haute Cour a retenu que des normes de rang constitutionnel ou conventionnel pouvaient dans certaines circonstances également être qualifiées de « lois » au sens de l’art. 14 CP et, partant, fonder des « actes autorisés ». Tel est notamment le cas lorsque, eu égard au statut personnel spécifique de l’auteur ou à la nature particulière des faits qui lui sont reprochés, celui-ci est en mesure de déduire d’une norme conventionnelle un fait justificatif dont les contours ressortent avec une clarté suffisante de la jurisprudence, en particulier de celle de la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH). Le Tribunal fédéral constate que la jurisprudence de la CourEDH reconnaît un rôle essentiel de « chien de garde » aux journalistes et protège la collecte d’informations comme une étape essentielle de leur travail. En définitive, notre Haute cour admet qu’un journaliste puisse invoquer l’art. 10 CEDH comme fait justificatif (consid. 4).

13

Le Tribunal fédéral examine si l’ingérence (soit la condamnation pénale) constitue une mesure nécessaire dans une société démocratique. Celle-ci doit reposer sur une base légale, poursuivre un intérêt public et être proportionnée. En l’espèce, la base légale (LArm) et l’intérêt public (sécurité) sont donnés. Cela étant, le Tribunal fédéral juge que la condamnation ne répond pas à un « besoin social impérieux », pour plusieurs raisons. En premier lieu, Les actes de la journaliste (commande, montage, transport) étaient strictement nécessaires à la réalisation de son enquête. Une simple demande de devis n’aurait pas eu la même force démonstrative. Par ailleurs, la mise en danger de la sécurité publique a été particulièrement abstraite et limitée, voire quasi insignifiante. L’arme était non fonctionnelle, conservée sous clé, puis transportée avec précaution. En outre, bien que la journaliste ait agi sans autorisation, une demande préalable aurait mis en péril son enquête en alertant les autorités. Enfin, le reportage a servi l’intérêt public en mettant en lumière les dangers des armes 3D et les failles de la législation (consid. 4).

14

En définitive, le Tribunal fédéral conclut que la condamnation pénale de la journaliste ne répond pas à un besoin social impérieux et constitue une mesure disproportionnée. D’autres mesures, comme un simple rappel à l’ordre, auraient été suffisantes. Les actes de la journaliste sont donc jugés licites et cette dernière est acquittée de l’infraction qui lui est reprochée (consid. 4).

15

Ce verdict a éte analysé par Célian Hirsch und Sebastien Picard dans l’article «Die Pressefreiheit im Lichte des Waffengesetzes», medialex 05/25.

3. La « Scheinkinderpornografie » (« deep fakes » à caractère pédopornographique) tombe sous le coup de la loi pénale

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TF 6B_122/2024 du 20 novembre 2025* : Dans le cas ayant donné lieu à cet arrêt destiné à publication, un prévenu est condamné en première instance, puis en appel par le Tribunal supérieur du canton de Zurich, notamment pour pornographie (art. 197 al. 4 CP). Il lui est reproché d’avoir envoyé, via son compte Instagram, une vidéo montrant une jeune fille d’apparence prépubère pratiquant une fellation sur un homme adulte. En réalité, la personne filmée est une actrice pornographique majeure, mais son apparence avait été modifiée à l’aide d’un filtre numérique de rajeunissement. Le prévenu est également condamné pour acquisition de représentations de violence (art. 135 CP) pour avoir reçu des vidéos violentes dans un groupe de discussion sur l’application Telegram, lesquelles ont été automatiquement sauvegardées sur son appareil.

17

Devant le Tribunal fédéral, le recourant conteste sa condamnation pour pornographie. Il soutient que la « Scheinkinderpornografie » (« deep fakes » à caractère pédopornographique) ne tomberait pas sous le coup de la loi, car il s’agirait d’actes sexuels réels avec des adultes, et non d’actes sexuels « non effectifs » avec des mineurs. Une condamnation violerait donc le principe de la légalité (nulla poena sine lege, art. 1 CP). Il conteste également l’élément intentionnel s’agissant de l’infraction de représentation de la violence (art. 135 CP), affirmant ne pas avoir eu conscience de la sauvegarde automatique des images incriminées sur son appareil.

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Notre Haute Cour est ainsi amenée à se trancher la question de savoir si la « Scheinkinderpornografie », soit des contenus pornographiques mettant en scène des personnes majeures, mais qui, pour un observateur objectif, semblent mineures (notamment en raison de l’utilisation d’un filtre numérique de rajeunissement), peut être considéré comme des actes d’ordre sexuel « non effectifs avec des mineurs » en vertu de l’art. 197 al. 4 CP. Cette question n’avait en effet jamais été tranchée.

19

Le Tribunal fédéral procède à une analyse détaillée de l’art. 197 al. 4 CP. S’agissant de l’interprétation littérale, le texte de l’art. 197 al. 4 CP réprime les « actes d’ordre sexuel non effectifs avec des mineurs. Cette formulation ne permet pas, en soi, de trancher la question (consid. 1.3.4).

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S’agissant de l’interprétation historique, il ressort des travaux préparatoires que la norme a été introduite pour réprimer également les contenus fictifs, ne mettant pas en scène de vrais enfants (films d’animation, comics, etc). En définitive, l’interprétation historique ne permet pas de considérer que le législateur a souhaité exclure la « Scheinkinderpornografie » du champ d’application de l’art. 197 al. 4 CP (consid. 1.3.5).

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Le Tribunal fédéral procède enfin à l’interprétation téléologique de la norme. Cette disposition a pour but de protéger le développement harmonieux des mineurs, mais également de protéger les adultes contre l’effet corrupteur de la consommation de tels images. Le législateur part du principe que la consommation de telles images peut augmenter le risque de passage à l’acte. De plus, la consommation de produits pédopornographiques stimulerait la demande pour la fabrication de tels produits et contribuerait ainsi indirectement à l’abus sexuel des enfants exposés dans ces productions. Après avoir rappelé les contestations doctrinales en lien avec ces points, le Tribunal fédéral rappelle que la norme vise à faciliter la lutte contre la pornographie infantile. Le législateur craignait que l’on ne puisse pas toujours distinguer une image réelle d’une image virtuelle, ce qui compliquerait la poursuite de la pédopornographie réelle. Ces difficultés de preuves sont d’autant plus marquées dans le cas de la pornographie enfantine crée au moyen du rajeunissement numérique (« de-aging »). En outre, si l’on accepte la prémisse de l’effet corrupteur, un tel effet risque d’être d’autant plus présent lorsque l’acteur donnant l’impression d’être mineur est une personne réelle (adulte) et non un simple dessin, relevant également de l’art. 197 al. 4 CP. Il ne saurait en être autrement au regard de l’effet potentiel sur le marché. En conséquence, la « Scheinkinderpornografie » tombe sous le coup de l’art. 197 al. 4 et al. 5 CP. La condamnation ne viole donc pas le principe de la légalité (art. 1 CP) (consid. 1.3.6-1.3.6.4).

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S’agissant de l’infraction de représentation de la violence au sens de l’art. 135 aCP, le Tribunal fédéral retient que le raisonnement de la Cour cantonale n’est pas arbitraire. L’instance précédente avait considéré qu’avant de recevoir les vidéos incriminées, le recourant avait partagé sur son profil Instagram le fichier pédopornographique évoqué ci-dessus. Cela démontrait qu’il savait que les vidéos reçues via Telegram étaient automatiquement enregistrées sur son appareil et qu’il serait possible d’y accéder ultérieurement. En ne les supprimant pas, l’auteur a manifesté son intention de les conserver, de sorte que sa condamnation devait être confirmée (consid. 2.3-2.3.4).

23

Le recours est donc rejeté et la condamnation du recourant est confirmée.

4. Associer le drapeau LGBTQIA+ à la croix gammée constitue une incitation à la haine

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TF 6B_1008/2024 du 8 mai 2025 : Les faits ayant donné lieu à cet arrêt sont les suivants. En juin 2023, à Fribourg, un homme colle dans l’espace public et distribue à des passants des autocollants représentant quatre drapeaux LGBTQIA+ disposés de manière à former une croix gammée. Condamné en première instance puis en appel pour discrimination et incitation à la haine (art. 261bis CP), l’intéressé recourt au Tribunal fédéral. Il soutient que son action visait non pas à s’en prendre à l’orientation sexuelle des personnes, mais à critiquer, dans le cadre du débat public, les « méthodes fascistes » employées par le lobby LGBTQIA+ pour imposer sa vision de la sexualité. Il invoque la liberté d’expression.

25

Le Tribunal fédéral analyse les conditions de l’art. 261bis al. 1 CP. En premier lieu, l’auteur doit avoir agi publiquement. Tel est le cas en l’espèce, puisque les autocollants ont été distribués dans l’espace public (consid. 3.3.1).

26

En second lieu, le message doit s’en prendre à une ou plusieurs personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse ou de leur orientation sexuelle. Tel est également le cas en l’espèce, puisque pour un destinataire moyen, le drapeau arc-en-ciel symbolise sans équivoque la communauté LGBTQIA+. Il importe peu, à cet égard, que sa modification représente désormais également d’autres minorités que les seules communautés homosexuelles et lesbienne (consid. 3.3.2).

27

Troisièmement, le message doit inciter à la haine ou à la discrimination en raison de l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse des personnes visées ou de leur orientation sexuelle. Pour tout destinataire non prévenu, la croix gammée reste l’emblème du national-socialisme. En l’associant au drapeau LGBTQIA+, le recourant visait à éveiller un sentiment de haine à l’égard de cette communauté. Le message perçu est une assimilation pure et simple de la communauté LGBTQIA+ au nazisme, ce qui constitue une atteinte grave à la dignité humaine (consid. 3.3.3).

28

Quatrièmement, le message doit être directement lié à l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse ou à l’orientation sexuelle. Le Tribunal fédéral écarte l’argumentation du recourant, qui soutient que l’autocollant ne viserait pas toute la communauté LGBTQIA+ dans son ensemble, mais ses méthodes. Le dessin ne permet nullement de comprendre qu’il s’agirait d’une critique ciblée de certaines « méthodes » (consid. 3.3.4).

29

Le Tribunal fédéral analyse enfin la conformité de la condamnation du recourant avec la liberté d’expression (art. 16 Cst. et 10 CEDH). Le Tribunal fédéral juge qu’elle ne protège pas de tels propos. En assimilant la communauté LGBTQIA+ au régime nazi, le recourant a dépassé les limites admissibles dans un débat politique et a porté directement atteinte à la dignité humaine de cette communauté. La restriction à sa liberté d’expression est donc justifiée et proportionnée (consid. 4). Le recours est rejeté.

5. Banderole « KILL ERDOGAN with his own weapons » : le Tribunal fédéral confirme la condamnation pour provocation publique au crime

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TF 6B_924/2023, 6B_207/2024, 6B_217/2024, 6B_218/2024, 6B_219/2024 et 6B_222/2024 du 26 août 2025 : Les faits ayant donné lieu à cet arrêt sont les suivants. En mars 2017, lors d’un cortège non autorisé à Berne, des manifestants transportent une banderole montrant le portrait du président turc Recep Tayyip Erdoğan avec un pistolet sur la tempe et l’inscription « KILL ERDOGAN with his own weapons ! ».

31

Poursuivis pour provocation publique au crime (art. 259 aCP), les manifestants sont d’abord acquittés en première instance par le Tribunal régional de Berne-Mittelland. Sur appel du Ministère public, la Cour suprême du canton de Berne renverse ce verdict et condamne les prévenus. Ces derniers, ainsi que le Ministère public pour une question de frais, recourent au Tribunal fédéral.

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Le Tribunal fédéral examine successivement plusieurs griefs. En premier lieu, les recourants soutiennent qu’ils n’étaient que des participants à la diffusion de la banderole et devraient ainsi bénéficier du privilège des médias, au sens de l’art. 28 CP. Le Tribunal fédéral écarte cet argument. Il rappelle qu’en vertu de cette disposition, seul l’auteur est en règle générale punissable lorsqu’une infraction est commise par la publication dans un média et qu’elle se limite à cette publication. En l’espèce, par leur comportement, les recourant ont permis au public de remarquer la banderole, ont établi un lien particulier avec celle-ci, et ont agi en toute connaissance de cause et de leur plein gré. En ce sens, les recourants se sont identifiés à son message. Ils sont ainsi apparus aux yeux du public comme les auteurs de la publication, au sens de l’art. 28 CP, et ne sauraient donc se prévaloir du privilège des médias (consid. 3.4-3.5).

33

Les recourants soutiennent que la banderole en cause ne constituerait pas une provocation publique au crime au sens de l’art. 259 al. 1 aCP. Ils plaident pour une lecture métaphorique, soutenant qu’ils n’appelaient pas au meurtre mais à la fin du régime d’Erdoğan. Le Tribunal fédéral rejette cette interprétation. Ce faisant, il se fonde sur un critère objectif, à savoir l’impression que le message suscite chez un spectateur impartial moyen. Au vu du texte explicite (« KILL »), de l’image violente (pistolet sur la tempe) et de la typographie, la banderole constitue un appel sans équivoque à l’assassinat du président turc. Ce grief est donc rejeté (consid. 4-4.2.7).

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Les recourants invoquent leur liberté d’expression (art. 16 Cst. et 10 CEDH), estimant que la critique virulente d’un politicien doit être tolérée. Tout en reconnaissant l’importance de pouvoir choquer dans un débat politique, notre Haute Cour juge que la banderole incriminée va au-delà d’une déclaration provocatrice et choquante, respectivement d’une critique virulente. En effet, la banderole incriminée incite au meurtre et menace ainsi directement la paix publique en Suisse. Citant la jurisprudence de la CourEDH, le Tribunal fédéral rappelle que la liberté d’expression ne protège pas les discours qui incitent à la violence. En conséquence, ce grief est également rejeté (consid. 4.3-4.3.3).

35

Selon les recourants, l’art. 259 aCP ne s’appliquerait pas en l’espèce, car la paix publique en Suisse ne serait pas menacée par un éventuel crime commis en Turquie. Le Tribunal fédéral rejette ce grief. Il confirme que le bien juridique protégé par l’art. 259 aCP est la paix publique en Suisse. Or, un appel public à commettre un crime, même à l’étranger, trouble la paix publique sur le territoire helvétique. Le Tribunal fédéral rappelle que la provocation publique au crime est une forme d’instigation (art. 24 CP), et que selon la jurisprudence, une tentative d’incitation en Suisse à commettre l’acte principal hors de nos frontières reste punissable en Suisse (consid. 4.4-4.4.4).

36

Enfin, le Tribunal fédéral rappelle que la provocation publique au crime est une infraction intentionnelle. Il convient de distinguer l’intention quant à la provocation à commettre ce crime et celle relative à la commission effective de celui-ci. En l’occurrence, le comportement des recourants doit être interprété en ces sens qu’ils avaient conscience de l’appel au meurtre représenté sur la banderole, sans qu’il soit pour autant établi qu’ils nourrissaient l’intention directe d’assassiner le Président turc (consid. 5-5.5).

37

En définitive, les recours des manifestants sont donc rejetés.

6. Condamnation confirmée pour des posts sur Facebook à caractère diffamatoire visant un avocat et un fonctionnaire

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TF 7B_735/2023, 7B_1040/2023 du 18 décembre 2025 : Les faits ayant donné lieu à cet arrêt sont les suivants. Un couple mène une campagne virulente contre deux personnes : un avocat et un fonctionnaire du Service de l’enfance et de la jeunesse (SEJ). Sur un groupe Facebook public, l’épouse publie des vidéos où elle qualifie l’avocat de « spécimen » qui « essaie de détruire [son] mari » et de « mauvais ». Elle affirme également que le fonctionnaire a « dépassé les limites du raisonnable, du respectable » et qu’il est le « début des emmerdes ». De son côté, l’époux « like » la vidéo de sa femme, adresse un courriel à l’ensemble de la Députation fribourgeoise accusant le fonctionnaire d’avoir faussement alerté la police sur de prétendues intentions suicidaires, et publie une vidéo sur Facebook où il le traite d’« incompétent », de « peu scrupuleux » et de « menteur ».

39

Condamnés en première instance puis en appel pour diffamation et, pour l’époux, également pour calomnie, les deux prévenus recourent au Tribunal fédéral.

40

L’époux soutenait que la plainte de l’avocat à son encontre n’était pas valable, car elle était formulée de manière conditionnelle (« Si vous estimez qu’avec de tels agissements il doit être englobé dans la plainte pénale, je vous laisse l’y intégrer »). Le Tribunal fédéral confirme le raisonnement de l’instance précédente, qui avait qualifié la formulation de « maladroite », mais estimé que la lecture globale de la plainte, qui mentionnait « les présentes plaintes » et demandait que « des ordonnances de condamnation soient rendues », manifestait une volonté claire et inconditionnelle de poursuivre l’époux également. La plainte est donc valable (consid. 4).

41

Par ailleurs, notre Haute Cour confirme que les propos tenus dépassent largement la critique admissible de l’activité professionnelle ou politique. En effet, qualifier un avocat de « spécimen » qui « essaie de détruire » autrui, dans un contexte conflictuel et sur une plateforme publique, jette sur lui un soupçon de conduite contraire à l’honneur en tant qu’être humain. Pour ce qui est de l’époux, Le fait de partager et de « liker » cette vidéo tombe également sous le coup de la loi pénale. Le Tribunal fédéral juge en outre que les recourants ne pouvaient se prévaloir de la preuve libératoire. En effet, même en admettant que la qualité du travail de l’avocat « laissait à désirer », respectivement que « sa manière de procéder » aurait provoqué un « ras le bol » chez la recourante, qu’elle voulait exprimer en le criant “haut et fort”, ces considérations ne constitueraient pas des motifs suffisants (d’intérêt public ou privé) permettant de justifier les reproches – qui allaient bien au-delà de ce qui était nécessaire -, respectivement la bonne foi des intéressés quant à ceux-ci (consid. 9.3).

42

Par ailleurs, affirmer qu’un fonctionnaire a « dépassé les limites du raisonnable, du respectable » est également de nature à le faire passer pour une personne méprisable et tombe sous le coup de la loi pénale. Là encore, la recourante ne pouvait pas se prévaloir de sa bonne foi, étant entendu qu’elle avait recouru à des formules inutilement virulentes et blessantes, sans justification aucune, respectivement qu’elle avait agi dans le dessein de dire du mal d’autrui (consid. 9.4).

43

Les recours sont donc rejetés dans la mesure de leur recevabilité.

7. Frais de défense de journalistes acquittés : l’État doit payer pour protéger la liberté de la presse

44

Cour de Justice (Cour pénale), Chambre d’appel et de révision de la République et canton de Genève, AARP/217/2025 du 13 juin 2025 : Deux journalistes publient une série d’articles sur les théories du complot durant la pandémie de Covid-19. Une personne s’estimant visée dépose une plainte pour diffamation. Après une ordonnance de non-entrée en matière annulée sur recours de la plaignante, les journalistes sont renvoyés en jugement. Le Tribunal de police les acquitte, jugeant qu’ils ont apporté la preuve de leur bonne foi. Conformément à la loi, il met les frais de procédure et les indemnités de défense des prévenus (plus de 22’000 CHF au total) à la charge de la partie plaignante. Les journalistes font appel, non pas sur le fond, mais sur la question des indemnités. Ils soutiennent que la plaignante est insolvable et qu’ils ne pourront jamais recouvrer leurs frais de défense. Ils demandent que ces frais soient mis à la charge de l’État, arguant que la situation actuelle crée un « effet dissuasif » qui menace la liberté de la presse.

45

La Chambre pénale d’appel et de révision (CPAR) rappelle que l’art. 432 al. 2 CPP lui confère un large pouvoir d’appréciation pour décider de la répartition des indemnités, en statuant selon les règles du droit et de l’équité. Elle souligne qu’une partie de la doctrine préconise de limiter l’application de l’art. 432 al. 2 CPP (indemnisation par la partie plaignante des dépenses raisonnables occasionnée par l’exercice raisonnable des droits de procédure du prévenu) aux cas où il existe une possibilité effective, pour le prévenu, d’obtenir le paiement de ses frais d’avocat par le plaignant (consid. 2.1).

46

En l’occurrence, la CPAR constate que les journalistes ont été contraints d’engager des frais de défense importants, notamment en raison d’une décision de justice (l’arrêt de la Chambre de recours qui a ordonné l’ouverture de l’instruction). Elle considère en outre que les conditions pour mettre les frais et indemnités de procédure à la charge de la partie plaignante sont réalisées. Cela étant, la question est plus délicate s’agissant des indemnités allouées au prévenu. A cet égard, la CPAR retient que la partie plaignante est très probablement insolvable, rendant les créances des journalistes illusoires (consid. 2.5).

47

En outre, la Cour décide d’exercer son pouvoir d’appréciation à la lumière des droits fondamentaux, en particulier la liberté de la presse (art. 17 Cst. et 10 CEDH). Elle relève que le fait de faire supporter aux journalistes (ou à leur employeur) des frais de défense de plusieurs milliers de francs, même temporairement, est de nature à les décourager de publier des articles d’intérêt public à l’avenir. Cela est d’autant plus vrai que les institutions de la presse suisse connaissent actuellement des difficultés financières. Cet effet dissuasif (« chilling effect »), reconnu par la jurisprudence de la CourEDH, constitue une atteinte indirecte à la liberté de la presse. Dans cette « constellation particulière », une interprétation de la loi conforme à la Constitution commande de faire une exception et de mettre les indemnités de défense à la charge de l’État et d’admettre les appels des journalistes (consid. 2.5).

48

Cela étant, la CPAR retient que l’admission de l’appel ne doit pas conduire à un « appauvrissement complet de la collectivité ». Faisant usage de l’art. 420 CPP, qui permet à l’État d’intenter une action récursoire contre la personne qui a provoqué l’ouverture de la procédure, la Cour condamne la partie plaignante à rembourser à l’État de Genève l’intégralité des indemnités versées aux journalistes pour la procédure de première instance (consid. 3).

49

Ce verdict a éte analysé par  Matthias Schwaibold dans l’article «Kostenrisiko für freigesprochene Journalisten verstösst gegen Meinungsfreiheit», medialex 08/25.

8. Confirmation de la condamnation d’un journaliste pour une vidéo YouTube diffamatoire

50

Cour de Justice (Cour pénale), Chambre d’appel et de révision de la République et canton de Genève, arrêt AARP/120/2025 (P/23388/2020) du 21 mars 2025 : En novembre 2020, A, se présentant comme journaliste, publie sur YouTube une vidéo, dans laquelle il y interviewe une mère (D) en conflit avec son mari (B) pour la garde de leur fille. Dans cette vidéo, A accuse B d’avoir commis une « action intentionnelle bien planifiée et sale visant l’enlèvement de l’enfant ». La vidéo, diffusée en langue turque mais sous-titrée en anglais, donne de nombreux détails permettant d’identifier le père (profession, nationalité, détails du conflit conjugal, date d’une audience à venir). Elle est vue plus de 400 fois en deux jours et partagée par A sur son propre compte Facebook. Le père, B, dépose plainte. Plusieurs autres vidéos avaient été ajoutées depuis sa plainte, dans lesquelles A et D y maintenaient qu’il aurait prétendument kidnappé sa fille. B explique subir un préjudice important, ayant été interpellé dans la rue à Genève au sujet du prétendu kidnapping. Il précise n’avoir jamais enlevé sa fille et avoir obtenu sa garde provisoire.

51

Condamné en première instance à 30 jours-amende avec sursis pour diffamation, A fait appel. Il soutient ne pas être responsable de la diffusion, n’avoir fait qu’émettre un jugement de valeur et, subsidiairement, avoir été de bonne foi, convaincu par le récit de la mère.

52

La Chambre pénale d’appel et de révision (CPAR) examine et rejette les arguments de l’appelant. En particulier, la Cour cantonale confirme que tous les éléments de la diffamation sont réunis.

53

En premier lieu, A a participé à la diffusion des images incriminées, puisqu’il l’a remise à la propriétaire de la chaine YouTube, qui est sa compagne, et qu’il l’a lui-même partagée la vidéo sur son compte Facebook et sur son blog (consid. 2.2.1). Le film a été publié sur internet, via différents réseaux sociaux, à l’attention d’un nombre indéterminé de tiers (consid. 2.2.2).

54

En outre, accuser quelqu’un d’avoir « enlevé » ou « kidnappé » son enfant n’est pas un simple jugement de valeur, mais l’imputation d’un comportement concret et pénalement répréhensible, soit l’enlèvement de mineur au sens de l’art. 220 CP. Une telle accusation est objectivement propre à rendre la personne visée méprisable (consid. 2.2.3). Par ailleurs, bien que le nom du père ne soit pas cité, les nombreux détails fournis dans la vidéo (profession, nationalité, nom de l’épouse, date et lieu de naissance de l’enfant, etc.) permettaient à des tiers de l’identifier, ce qui a d’ailleurs été le cas (consid. 2.2.4). Enfin, l’appelant ne pouvait ignorer que de telles accusations étaient attentatoires à l’honneur, étant rappelé qu’il qualifiait lui-même ce comportement de « sale » (consid. 2.5.5).

55

La CPAR admet que l’appelant peut être admis à la preuve libératoire, car il n’a pas agi principalement dans le but de nuire, mais plutôt pour soutenir la mère et dénoncer une situation qu’il jugeait injuste. Cependant, pour bénéficier de la preuve de la bonne foi, l’auteur doit démontrer qu’il avait des raisons sérieuses de croire à la véracité de ses allégations. Cela implique un devoir de prudence et de vérification, d’autant plus strict lorsque les propos sont largement diffusés par un média. Or, en l’espèce, l’appelant a failli à ce devoir. Il a admis n’avoir effectué aucune vérification et s’être fié aveuglément aux dires de la mère. La Cour juge qu’il n’a donc pas fait « consciencieusement tout ce que l’on pouvait attendre de lui pour s’assurer de l’exactitude du propos ». Sans preuve de ce qu’il alléguait, il devait s’abstenir (consid. 2.2.8, 2.2.9 et 2.2.10). L’appel est donc rejeté et la condamnation pour diffamation confirmée.

9. La souffrance morale causée par la médiatisation de l’affaire est réparée par la reddition du verdict d’acquittement, lorsque le nom de la personne acquittée n’est pas divulgué dans la presse

56

Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal vaudois (CAPE) du 5 mars 2025/47 : Amenée à juger les prétentions en réparation du tort moral subi par une personne acquittée de l’infraction d’actes d’ordre sexuel sur personne incapable de discernement ou de résistance, la Cour cantonale a retenu qu’aucune indemnité ne se justifiait en l’espèce. L’intéressé avait été condamné en première instance, puis acquitté en deuxième instance. A l’appui de son raisonnement, le Tribunal cantonal a retenu que même si la couverture médiatique de la condamnation de l’appelant avait pu causer des répercussions sociales et professionnelles, l’on ne se trouvait pas dans un cas d’exposition importante justifiant une réparation de la part de l’état puisque le nom de ce dernier n’avait pas été cité. Par ailleurs, l’arrêt rendu par la CAPE prononçant l’acquittement de l’appelant, dont il pouvait se prévaloir auprès de ses proches, de ses connaissances mais également des médias, suffisait à réparer l’atteinte subie (consid. 6.3).


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Rechtschaffene Autoimporteure, Politiker mit Heugabel, Goldstandards der Wissenschaft und andere Episoden

Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats der Jahre 2024 und 2025

Michael Schweizer, Dr. iur., Rechtsanwalt[1]
Matthias Hofer, MLaw, Rechtsanwalt

Résumé: En 2024 et 2025, le Conseil de la presse a reçu 130, respectivement 178 plaintes. Ainsi, après une baisse passagère, le nombre de plaintes a retrouvé le niveau record atteint pendant la pandémie de coronavirus. Les prises de position du Conseil de la presse sont ainsi très sollicitées. Dans ce contexte, le Parlement a décidé d’une révision partielle de la LRTV qui permet de financer le Conseil de la presse via une partie de la redevance radio-télévision.
Le rapport couvrant les années 2024 et 2025 met en lumière la révision des directives du Conseil de la presse concernant la publication de sondages d’opinion ainsi que celles qui portent sur la séparation entre partie rédactionnelle et publicité. De même, dans son règlement interne, le Conseil de la presse a procédé à des adaptations des conditions-cadres de dépôt de plainte (délais, frais, requêtes non fondées). Le principal objectif est d’améliorer la qualité des plaintes. Durant les années sous revue, le Conseil de la presse a également développé une pratique riche et diversifiée en matière de recherche de la vérité et d’obligation de rectification, de séparation entre faits et commentaires, d’audition lors de reproches graves, de discrimination ainsi que de protection de la vie privée.

Zusammenfassung: 2024 und 2025 gingen beim Presserat 130 bzw. 178 Beschwerden ein. Damit ist die Beschwerdezahl nach kurzem Rückgang wieder beim Allzeithoch aus den Corona-Jahren angelangt. Beurteilungen des Presserats sind also gefragt. Passend dazu hat der Gesetzgeber eine Teilrevision des RTVG beschlossen, die neu eine Finanzierung des Presserats mit einem Anteil aus der Abgabe für Radio und Fernsehen ermöglicht.
In die Berichtsjahre fällt die Revision der Presseratsrichtlinien zur Publikation von Meinungsumfragen sowie zur Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung. Ebenso hat der Presserat im Geschäftsreglement Anpassungen der Rahmenbedingungen für Beschwerdeverfahren vorgenommen (Fristen, Gebühren, unsachliche Eingaben). Die Anpassungen verfolgen mehrheitlich den Zweck, die Qualität der Beschwerden zu erhöhen. Darüber hinaus erfolgte in den Berichtsjahren eine reichhaltige und vielfältige Praxis des Presserats insbesondere zu den Themen Wahrheitssuche und Berichtigungspflicht, Trennung von Fakten und Kommentar, Anhörung bei schweren Vorwürfen, Diskriminierung und Schutz der Privatsphäre.

Inhaltsübersicht:

I. Einleitung: Meist gefragter, mal übergangener Presserat Rn. 1
II. Anpassungen von Journalistenkodex und Verfahren 8
III. Zuständigkeitsbereich des Presserats 18
IV. Berufsethische Rechte und Pflichten 23
V. Vom Umgang mit Sperrfristen   80
VI. Privatsphäre und identifizierende Berichterstattung   84
VII. Diskriminierung   94
VIII. Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung 102


 

I. Einleitung: Meist gefragter, mal übergangener Presserat

1. Zunahme der Beschwerden

1

Nach den Corona-Rekordjahren sank die Zahl der Beschwerden im 2022 kurzzeitig auf den langjährigen Durchschnitt vor den Pandemiejahren. Im 2023 stieg die Anzahl eingereichter Beschwerden wieder um rund 20 Prozent. Im Berichtsjahr 2024 erfolgte ein weiterer Anstieg um 25 Prozent gegenüber über dem Vorjahr (130 Beschwerden). Im Berichtsjahr 2025 gingen beim Presserat 178 neue Beschwerden ein. Der Anstieg ist bemerkenswert; die Anzahl Beschwerden erreicht praktisch den Höchstwert aus dem Pandemie-Jahr 2020 (181 Beschwerden).[2] Im 2025 erledigte der Presserat 126 hängige Beschwerdeverfahren. Knapp 30% wurden erledigt infolge Verfahrensvereinigung, Rückzug oder verpasster Nachbesserungsfrist. 32 Beschwerden nahm der Presserat nicht an die Hand. Insgesamt verabschiedete der Presserat 48 Stellungnahmen. Auf drei Beschwerden trat er nicht ein. 20 Beschwerden hiess er ganz oder teilweise gut und 25 wies er ab.[3] Damit waren über 40 Prozent der vom Presserat materiell behandelten Beschwerden ganz oder teilweise erfolgreich.

2. Parlament ebnet Weg für zusätzliche Finanzierung des Presserats

2

Der Presserat muss regelmässig um die angemessene Finanzierung seiner Leistungen kämpfen, während die obenstehenden Zahlen erneut das hohe Interesse an einer medienethischen Beurteilung belegen und damit die Bedeutung des Presserats.[4] Beschwerdeführende sind nicht nur Personen, die von Berichten betroffen sind; es handle sich ebenso um «Herr Hinz und Frau Kunz» wie die Präsidentin des Presserats erklärte.[5] Das hat auch die Politik erkannt. Mittlerweile hat das Parlament mit der Umsetzung der parlamentarischen Initiative 22.417 Chassot «Fördermassnahmen zugunsten der elektronischen Medien» beschlossen, allgemeine Massnahmen zur Medienförderung in das Radio- und Fernsehgesetz (RTVG) aufzunehmen. Gemäss dem neu eingefügten Art. 76a RTVG kann das BAKOM auch Branchenorganisationen mit Mitteln aus der Abgabe für Radio und Fernsehen unterstützen, die Regeln für die journalistische Praxis entwickeln und deren Einhaltung beaufsichtigen. Der Presserat ist eine solche Institution. Das Inkrafttreten der RTVG-Änderung ist nach aktuellem Planungsstand auf den 1. Januar 2027 vorgesehen. Es ist zu wünschen, dass dies zu einem längerfristig tragfähigen Finanzierungsmodell beiträgt. Die Unterstützung von Stiftungen, die in den letzten Jahren die Finanzierung durch die Trägerorganisationen ergänzte, verfolgte primär das Ziel, ein nachhaltiges Finanzierungsmodell zu entwickeln und hierfür einen professionellen Transformationsprozess zu durchlaufen.

3. Die kalte Schulter der Berner Politik

3

Trotz seiner etablierten Stellung sieht sich der Presserat bisweilen übergangen. In den Berichtsjahren zu reden gab, dass die Berner Kantonsregierung einen öffentlichen medienethischen Diskurs ohne den Presserat führen wollte.

4

Auslöser war ein real beobachteter Polizeieinsatz von öffentlichem Interesse im Jahr 2021 – so viel war unbestritten. Die Polizeiverantwortlichen kritisierten, die «Berner Zeitung»/«Der Bund» hätten den Einsatz unvollständig, dramatisierend und letztlich vorverurteilend dargestellt, namentlich auch mit der Bezugnahme auf den Fall George Floyd; die Fälle seien nicht vergleichbar. Als erstinstanzlich einer der Polizisten freigesprochen wurde, übte der zuständige Berner Regierungsrat scharfe Kritik an den genannten Medien. Es kam zu politischen Vorstössen im Kantonsparlament mit dem Ziel, die Integrität der Polizei- und Kantonsangestellten und den «vorverurteilten» Kantonspolizisten zu schützen sowie das «medial widerfahrene Unrecht» zu klären und wiedergutzumachen. Der Grosse Rat überwies dem Berner Regierungsrat den Auftrag, die Medienberichterstattung aufzuarbeiten. Im 2025 veröffentlichte der Regierungsrat seinen Bericht. Die Abklärung umfasste ein externes Gutachten zur Frage der Einhaltung rechtlicher und medienethischer Pflichten. Auf dieser Basis rügte der Regierungsrat die genannten Medien und u.a. deshalb, weil sie mit der Berichterstattung gegen den Journalistenkodex[6] verstossen hätten.

5

Zu einer Beurteilung durch den Presserat kam es nie. Er bedauerte, dass ihm der Fall nie vorgelegt worden sei. Eine allfällige Verletzung des Berufskodex könne nur im Verfahren des Presserats festgestellt werden. Das politische Vorgehen wurde in der Medienbranche zwar stark kritisiert. Es war aber auch reichlich durchschaubar. Dass die Regierung eine Beurteilung durch den Presserat scheute, ist Ausdruck seines Bedürfnisses, die Richtung der öffentlichen Diskussion über Medienethik zu steuern. Die Regierung argumentierte, sie habe während der ordentlichen Beanstandungsfrist keine Beschwerde an den Presserat eingereicht, um den Anschein der Beeinflussung des Strafverfahrens zu vermeiden. Das Argument überzeugt schon deshalb nicht, weil das Verfahren gegen den zweiten Polizisten noch nicht abgeschlossen war; der Regierungsrat klammerte diesen Sachverhalt auch nicht von seinem Gutachtensauftrag aus. So oder anders ist es kein Argument für die Exekutive, infolge einer verpassten Beschwerdefrist in der Kommunikation faktisch die Rolle eines Gerichts oder des Presserats einzunehmen. Darin ist indes keine grundsätzliche Infragestellung des Presserats zu sehen. Wenn Parteien Rechtsgutachten erstellen lassen, hat das Prozessrecht dafür einen Namen: Parteigutachten. Es ist nicht mehr, aber auch nicht weniger, als eine Unterstützung der Argumentation einer Partei. Auch wenn das Manöver durchschaubar ist: Problematisch bleibt, dass die Kantonsregierung ihre Schlussfolgerungen zur Einhaltung medienrechtlicher und medienethischer Standards verbreitet und dabei in der Wahrnehmung weiter Teile des Publikums vom quasi-amtlichen Stempel profitiert.

4. Zum Inhalt des vorliegenden Beitrags

6

Medienberichterstattung bildet die gesellschaftliche Vielfalt ab. Der Berufskodex bezieht sich mit seinen Bestimmungen auf das ganze Spektrum der journalistischen Arbeit. Entsprechend vielfältig sind die Beschwerden, sei es in Bezug auf das Thema des Medienbeitrags oder in Bezug auf die medienethischen Fragestellungen. Die nachfolgende Übersicht erhebt denn auch keinen Anspruch auf Vollständigkeit; sie will diese Vielfalt beispielhaft greifbar machen.

7

Vorab erläutert der Beitrag wesentliche Anpassungen von Berufskodex und Bestimmungen für das Verfahren vor dem Presserat (II) sowie den Stand der Überlegungen des Presserats zu seinem Zuständigkeitsbereich (III). Darauf folgt eine Auswahl von Stellungnahmen zu den nachfolgenden berufsethischen Pflichten, die in den Berichtsjahren in den Beschwerden im Vordergrund standen (IV):

  • Wahrheitssuche (siehe Rn. 23 ff.)
  • Trennung von Fakten und Kommentar (siehe Rn. 34 ff.)
  • Berichtigungspflicht (siehe Rn. 46 ff.)
  • Anhörung bei schweren Vorwürfen (siehe Rn. 59 ff.)
  • Schutz der Privatsphäre und identifizierende Berichterstattung (siehe Rn. 84 ff.)
  • Diskriminierungsverbot (siehe Rn. 94 ff.)
  • Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung (siehe Rn. 102 ff.)

II. Anpassungen von Journalistenkodex und Verfahren

1. Revision von Richtlinien

8

In die Berichtsjahre fallen Revisionen von zwei Bestimmungen in den Richtlinien.

A. Meinungsumfragen (Richtlinie 3.7)

9

Seit 1. Januar 2025 müssen Medien bei Meinungsumfragen neu mindestens offenlegen, wie viele Personen befragt wurden, ob die Umfrage repräsentativ ist und – falls ja – wie gross der mögliche Fehlerbereich; ausserdem sind die wichtigsten Fragen der Umfrage verständlich zu beschreiben.

10

Die Kriterien sind nicht neu, der Kriterienkatalog ist aber zwingender formuliert. Es handelt sich um die Umsetzung einer früheren Klarstellung des Presserats. In Verfahren verteidigten sich Medien gegen Kritik an Umfrageberichten mit dem Hinweis, der Praxis des Presserats fordere keine strikte Einhaltung des Kriterienkatalogs. Im 2023 stellte der Presserat fest: die bisherige Praxis wird den heutigen Transparenzanforderungen nicht mehr gerecht; der Minimalkatalog sei zwingend einzuhalten (siehe zu dieser Feststellung Michael Schweizer, Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats des Jahres 2023, medialex 04/24, Rn. 45 ff.).

B. Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung (Richtlinie 10.1)

11

Ab 1. Januar 2025 verlangt der Presserat neu: Kommerzielle oder durch Dritte zur Verfügung gestellte Inhalte, die im Umfeld redaktioneller Beiträge erscheinen, müssen optisch/akustisch eindeutig als solche erkennbar sein und zusätzlich explizit als Werbung deklariert werden. Bislang verlangte der Presserat nur ein entweder/oder.

12

Auch hierbei handelt es sich um die Umsetzung einer angekündigten Änderung. Der Presserat schliesst sich dem Standard an, den die Lauterkeitskommission bereits aus dem Blickwinkel fairer Werbung anwendet (siehe dazu Übersicht 2023, Rz. 70).

2. Anpassungen der Rahmenbedingungen der Beschwerdeverfahren

13

Das Geschäftsreglement des Presserats enthält Rahmenbedingungen für das Beschwerdeverfahren. Der Presserat hat mit Inkrafttreten auf 1. Januar 2026 mehrere Anpassungen beschlossen. Hintergrund ist die Finanzierung des Aufwands, den die stetig steigende Beschwerdezahl mit sich bringt; ebenso der Aufwand, den überlange oder unsachliche Beschwerden verursachen. Der Presserat zielt mit den Anpassungen auf eine Erhöhung der Qualität der Beschwerden ab.

A. Beanstandungsfrist (Art. 11 Abs. 1 Geschäftsreglement)

14

Früher galt für alle Beschwerdeführenden eine Frist von drei Monaten ab Publikation. Neu sind es 20 Tage. Nur Beschwerdeführenden, die von einer Publikation persönlich betroffen sind, stehen weiterhin drei Monate für das Einreichen der Beschwerde zur Verfügung.

B. Mangelhafte und unsachliche Eingaben (Art. 9a Geschäftsreglement)

15

Mit der Anpassung von Art. 9a wurden die zuvor auf zwei Absätze verteilten Anwendungsfälle mangelhafter Eingaben im ersten Absatz konsolidiert. Die Anpassung ist nicht bloss redaktioneller Natur; sie beinhaltet materielle Verschärfungen. So gilt eine Eingabe nunmehr als weitschweifig, wenn sie 10 statt zuvor 20 Seiten überschreitet. Zudem werden mangelhaft begründete Eingaben ausdrücklich erfasst.

16

Mangelhafte Eingaben sind unter Ansetzung einer Nachfrist zu verbessern, widrigenfalls sie als nicht erfolgt gelten. Diese Folge tritt bei den neu eigens geregelten unsachlichen Eingaben direkt und ohne Nachfrist ein. Sie werden wie die querulatorischen oder gegen den Anstand verstossenden Eingaben «ohne Weiteres zurückgeschickt».

C. Gebühr für Bearbeitung der Beschwerde (Art. 20 Geschäftsreglement)

17

Bisher waren Beschwerden von Privatpersonen ab der dritten Beschwerde pro Kalenderjahr gebührenpflichtig. Der Presserat verlangt bei Privatpersonen neu ab der ersten Beschwerde eine Bearbeitungsgebühr von CHF 100. Die Gebühr steigt mit der zweiten (CHF 200) und dritten Beschwerde (CHF 500). Ab der vierten Beschwerde gilt eine Gebühr von CHF 1000 (Art. 20 Abs. 1). Unverändert bleibt die Gebühr von CHF 1000 für anwaltschaftlich vertretene Beschwerdeführende sowie Beschwerden von Organisationen, Unternehmen und Institutionen. Die Gebühr ist vorzuschiessen (Art. 20 Abs. 2).

III. Zum Zuständigkeitsbereich des Presserats

18

Welche Medien fallen in den Zuständigkeitsbereich des Presserats? Warum die Antwort auf diese Frage nicht auf der Hand liegt, erklärt die Präsidentin des Presserats im Jahrheft 2024 gleich selbst (Editorial, S. 4 f.). Die Definition in Art. 2 des Geschäftsreglements des Presserats lasse viel Interpretationsspielraum: «Die Zuständigkeit des Schweizer Presserats erstreckt sich – ungeachtet der Verbreitungsart – auf den redaktionellen Teil der öffentlichen, auf die Aktualität bezogenen Medien sowie auf die journalistischen Inhalte, die individuell publiziert werden».

19

Fraglich ist, ob diese Definition tatsächlich auch «super libertäre» Interpretationsvarianten deckt, wie sie die Präsidentin als Auslegungsoption skizziert (YouTube-Hobbyjournalist, Bloggerin, Influencer, Online-Sites, welche breit anerkannte wissenschaftliche Fakten ausblenden oder Komplotte und das Wirken finsterer Mächte propagieren; KI-generierte Pseudonews). Tatsächlich ist der Titel Journalist/Journalistin nicht geschützt. Traditionell wird der Begriff mit klassischer redaktioneller Arbeit verbunden; gesetzliche Privilegien für Medienschaffende knüpfen an dieses Verständnis an. Redaktionelle Arbeit kann freilich auch von einer Einzelperson geleistet werden. Die Arbeit eines Influencers ist aber nicht mit redaktionellen Aktivitäten vergleichbar. Der Presserat sollte das Verständnis journalistischer Arbeit nicht von sich aus verwässern.

20

Von der Definition ausgeschlossen sind gemäss Presseratspraxis Publikationen von politischen Parteien, Wirtschaftsorganisationen, Vereinen und Verbänden, «wenn der strittige Inhalt militante oder ideologische Anliegen ohne Rücksicht auf Unabhängigkeit oder Pluralismus wiederspiegelt». Mit Verweis auf diese Praxis (siehe dazu Stellungnahme 1/2019) trat der Presserat in der Stellungnahme 30/2024 mangels Zuständigkeit nicht auf eine Beschwerde des Schweizerischen Apothekerverbands Pharmasuisse ein gegen einen Beitrag in «infosantésuisse» – das offizielle Publikationsorgan des Verbandes der Krankenversicherer Santésuisse. Der Presserat erinnerte daran, dass «interessengebundene Inhalte insbesondere von Verbänden oder Parteien nicht in die Zuständigkeit des Presserats fallen, wenn sie primär eine bestimmte Sichtweise herausstreichen, wenn also Anliegen vertreten werden ohne erkennbares Bemühen um eine sachgerechte journalistische Darstellung, welche beispielsweise auch Gegenpositionen mitberücksichtigt». Eine klare, scharfe Trennlinie zwischen Journalismus und PR-Arbeit könne nicht gezogen werden, was sich mit der zunehmenden Verbreitung «neuer Medien» zunehmend akzentuiere.

21

Auch wenn «infosantésuisse» Abonnemente verkaufe, aktuelle Themen aufgreife und sechsmal pro Jahr erscheine: Die Publikation sei gemäss Statuten von Santésuisse ein Public Relation-Organ, das interessengebundene Inhalte vertrete und nicht unabhängig werte. Sie werde primär vom Verband finanziert, die Auflage sei gering, richte sich vor allem an die Krankenkassen und deren Mitarbeitende, nicht aber an eine breitere Öffentlichkeit. Es existiere weder eine Redaktion, noch ein Impressum oder Redaktionsstatut. Angesichts dieser Feststellung überrascht die zurückhaltende Schlussfolgerung des Presserats, die PR-Publikation sei also «nicht primär journalistisch»; sie ist offensichtlich nicht journalistisch.

22

Für den Presserat offensichtlich journalistisch – weil keine Prüfung der Eintretensvoraussetzungen wert – ist das «Migros Magazin» des Schweizer Detailhandelskonzerns Migros. Zum Magazin werfen Beschwerdeführende eher Fragen betreffend die Trennung von redaktionellem Teil und Werbung auf (so schon Stellungnahme 41/2020; sowie in den Berichtsjahren Stellungnahme 24/2024). Ebenfalls im Zuständigkeitsbereich des Presserats liegt «zeitpunkt.ch». Das Online-Portal bzw. die Zeitschrift «Zeitpunkt» richtet sich nach eigenen Angaben an «intelligente Optimisten und konstruktive Skeptiker» und wird von freien Beiträgen der Lesenden sowie durch Werbung getragen. Nach Auffassung des Presserats verfüge die Publikation über ein Impressum und veröffentliche mit gewisser Regelmässigkeit journalistische Inhalte (Stellungnahme 25/2024). Soweit der Presserat das Vorhandensein eines Impressums berücksichtigt, dürfte dies die oben in Rn. 19 erwähnten Auslegungsoptionen zum Begriff journalistische Inhalte weiter – und zu Recht – einschränken. Ohne Weiteres im Zuständigkeitsbereich liegt nach Auffassung des Presserats ein Podcast, der auf der Website «bazonline.ch» im üblichen redaktionellen Layout erscheint (Stellungnahme 4/2025).

IV. Berufsethische Rechte und Pflichten

1. Wahrheitssuche

23

Medienschaffende halten sich an die Wahrheit und lassen sich vom Recht der Öffentlichkeit leiten, die Wahrheit zu erfahren (Erklärung Ziff. 1). Die Wahrheitssuche stellt den Ausgangspunkt der Informationstätigkeit dar. Sie setzt die Beachtung verfügbarer und zugänglicher Daten, die Überprüfung und die allfällige Berichtigung voraus (Richtlinie 1.1). Entscheidend ist der Gesamteindruck, den die Veröffentlichung auf das Publikum macht. Andere Bestimmungen des Berufskodex gehen Hand in Hand mit der Pflicht zur Wahrheitssuche, wie zum Beispiel die Pflicht, keine wichtigen Elemente von Informationen zu unterschlagen oder Tatsachen, Dokumente, Bild- und Tonmaterial sowie Drittmeinungen zu entstellen (Erklärung Ziff. 3).

a) Verwendung der Begriffe «Umgehen» und «Tricks»
24

Gegenstand von Stellungnahme 2/2024 war der Bericht eines audiovisuellen Mediums, nach welchem Schweizer Autoimporteure mithilfe eines «Tricks» CO₂-Strafgebühren für emissionsstarke Fahrzeuge umgingen. So importiere z.B. Tesla Elektroautos und nehme auf dem Papier zusätzlich fremde, teils stark emittierende Fahrzeuge in seine Importflotte auf. Dadurch sinke der durchschnittliche CO₂-Wert der Flotte, womit Strafzahlungen vermieden würden. Laut Beitrag entgingen dem Bund dadurch jährlich über 100 Millionen Franken.

25

Ein Beschwerdeführer rügte beim Presserat, der Beitrag verletze die journalistische Wahrheitspflicht. Das dargestellte Vorgehen sei kein Trick und keine Umgehung, sondern eine gesetzlich ausdrücklich vorgesehene Möglichkeit. Das Medium hielt dagegen, der Beitrag stütze sich auf die Untersuchung der Eidgenössischen Finanzkontrolle und habe die Branche zu Wort kommen lassen.

26

Der Presserat kritisierte die Begriffe «umgehen» und «Trick». Sie vermittelten dem Publikum den Eindruck, Autoimporteure nutzten eine unerwünschte Gesetzeslücke aus und handelten zwar legal, aber gegen Sinn und Zweck des Gesetzes. Dieser Eindruck sei falsch. Das beschriebene Vorgehen sei vom Gesetz ausdrücklich vorgesehen und damit gesetzgeberisch gewollt.

27

Weiter habe die EFK nicht behauptet, dem Staat seien durch einen «Trick» über 100 Millionen Franken entgangen. Ihre Kritik habe sich primär gegen die gesetzliche Ausgestaltung und die dadurch gesetzten Anreize gerichtet, nicht gegen ein unlauteres Verhalten der Autoimporteure. Aus Sicht des Presserats verletzte der Beitrag die Wahrheitspflicht, weil dieser die systemische Kritik der EFK in einen unberechtigten Vorwurf gegen die Autoimporteure umdeutete (Stellungnahme 2/2024).

b) Beurteilung der Wahrheit wissenschaftlicher Aussagen
28

In Stellungnahme 52/2024 beschäftigte sich der Presserat mit einem Zeitungsartikel. Dieser warf dem Schweizer Fernsehen vor, seit 35 Jahren «Klimapanik» zu schüren, oft ohne ausreichende wissenschaftliche Grundlage und teils vor Wahlen. Kritisiert wurde namentlich die Berichterstattung zu Themen wie Klimawandel, Extremereignisse oder Weltklimarat (IPCC).

29

Ein Beschwerdeführer beanstandete vor allem den Satz: «Die Wissenschaft sieht noch heute keine Trends zu mehr Extremereignissen». Dieser unterschlage den Stand des IPCC, wonach die Häufigkeit gewisser Extremereignisse zugenommen habe.

30

Der Presserat bestätigte, dass er nicht die Wahrheit wissenschaftlicher Aussagen zum Klimawandel beurteile. Er prüfe die Einhaltung journalistischer Pflichten.

31

Den Satz «Die Wissenschaft sieht noch heute keine Trends zu mehr Extremereignissen» beurteilte der Presserat als problematisch. Klimawandel sei politisch hoch relevant, weshalb besondere Sorgfalt gelte. Der Autor liefere für diese Aussage keine Belege. Zudem könne der IPCC nicht einfach als eine Meinung unter vielen behandelt werden. Er gelte als Synthese des Forschungsstands und als «Goldstandard» der Klimaforschung. Der Presserat hielt grundsätzlich fest: Medienschaffende dürfen den anerkannten Forschungsstand kritisch hinterfragen. Widersprechen sie ihm, müssen sie aber Belege liefern oder klar machen, dass es sich um eine Minderheitenposition handelt. Der umstrittene Satz sei für das Publikum missverständlich und irreführend; er genüge den Anforderungen an die Wahrheitssuche nicht und unterschlage wichtige Elemente von Informationen im Sinne von Erklärung Ziff. 3.

c) Verwendung des Begriffs «Faschist» für einen Politiker
32

Stellungnahme 10/2025 drehte sich um einen Artikel zur kontrovers geführten Debatte, ob die deutsche AfD zu verbieten sei. Darin wurde der deutsche Politiker Björn Höcke einleitend als «Faschist» bezeichnet. Ein Beschwerdeführer rügte beim Presserat, die Bezeichnung als «Faschist» sei unzulässig, solange sie nicht näher erklärt, relativiert oder gerichtlich endgültig bestätigt sei. Es hätten auch abweichende Einschätzungen erwähnt werden müssen.

33

Der Presserat verneinte einen Verstoss gegen die Wahrheitspflicht. Die zitierte Stellungnahme des Presserats zum Antisemitismusvorwurf gegen die BDS-Bewegung sei nicht vergleichbar (Stellungnahme 44/2021). Im vorliegenden Fall würden keine falschen historischen Parallelen gezogen. Entscheidend sei auch nicht, ob bereits ein rechtskräftiges Urteil vorliege. Für den Presserat dürfen journalistische Charakterisierungen nicht allein davon abhängen, ob ein Gericht sie abschliessend bestätigt hat. In der öffentlichen Debatte herrsche Einigkeit über die Charakterisierung des AfD-Politikers und seines «Flügels». Die einzigen Exponenten, welche dies in Frage stellten, gehörten selber der AfD an. Björn Höcke, ein ausgebildeter Historiker, habe unter anderem zum Skandieren verbotener Nazi-Parolen wie «Alles für Deutschland» aufgerufen. Ob dies strafrechtlich endgültig verurteilt werde, sei für die journalistische Einordnung nicht allein ausschlaggebend.

2. Trennung von Fakten und Kommentar

34

Gemäss Richtlinie 2.3 achten Medienschaffende darauf, dass das Publikum zwischen Fakten und kommentierenden, kritisierenden Einschätzungen differenzieren kann. Betroffene hinterfragen oft schon das Recht von Medienschaffenden, einen als solchen erkennbaren Kommentar abzugeben.[7] Regelmässig provozieren (echte oder vermeintliche) subjektive Elemente von Medienschaffenden in Tatsachenberichten negative Reaktionen des Publikums und der Betroffenen. Es verbirgt sich dahinter ein Verständnis von «gutem» Journalismus, der auf jegliche subjektiven Elemente zu verzichten habe. Der Presserat verteidigt indes in ständiger Praxis die Kommentarfreiheit, die in Erklärung Ziff. 2 explizit kodifiziert ist. Demnach gibt es keine medienethische Pflicht zur rein objektiven Berichterstattung. Auch einseitige, parteiergreifende und fragmentarische Standpunkte können berufsethisch zulässig sein, solange Wertung und zugrunde liegende Fakten für das Publikum erkennbar sind und die Wertung auf genügender Grundlage beruht (siehe schon Stellungnahme 37/2007).

a) Umgang mit juristischen Begriffen
35

Vom Umgang mit rechtlichen Begriffen in einem erkennbaren Kommentar handelte Stellungnahme 20/2025. Ein Online-Medium veröffentlichte einen Kommentar zum Rücktritt des Präsidenten von Wallis Tourismus. Die Autorin bezeichnete ihn unter anderem als «zweifach verurteilten Sexualstraftäter», «Wiederholungssexualstraftäter» und «Wiederholungstäter».

36

Ein Beschwerdeführer rügte, der frühere Politiker sei zwar wegen sexueller Belästigung verurteilt worden, die weitere Verurteilung wegen Nötigung sei aber kein Sexualdelikt. Die Bezeichnungen der Autorin seien deshalb sachlich falsch.

37

Der Presserat betonte vorab den Grundsatz: Auch Kommentare dürfen polemisch und hart formuliert sein; sie müssen aber die Fakten respektieren. Das Publikum muss jederzeit zwischen Tatsache und kommentierender Bewertung unterscheiden können.

38

Bei juristischen Begriffen ist nach Auffassung des Presserats Vorsicht geboten – auch in Kommentaren. Der Spielraum für Interpretation sei begrenzt. Der Presserat erkannte im konkreten Fall aber keine Verletzung des Berufskodex. Die Autorin habe mit Begriffen wie «Wiederholungssexualstraftäter» die Grenze zur Falschdarstellung zwar stark ausgereizt. Entscheidend sei aber, dass der Kommentar den juristischen Sachverhalt an zentraler Stelle korrekt genannt habe: der Zurückgetretene wurde einmal wegen Nötigung und einmal wegen sexueller Belästigung verurteilt. Für das Publikum sei damit erkennbar: die Begriffe würden nicht streng juristisch, sondern umgangssprachlich und polemisch verwendet, zumal die Nötigung im Kontext einer Liebesbeziehung begangen worden sei (Anm.: Gemäss Strafbefehl soll der Zurückgetretene seiner Ex-Geliebten wochenlang täglich bis zu 50 Textnachrichten geschickt haben).

b) Fliessende Grenzen
39

Die Grenzen zwischen Fakten und Kommentar sind trotz formaler Trennung bisweilen fliessend, wie die Stellungnahme 40/2024 zeigte. Es ging um einen Zeitungsartikel über den geplanten Umzug eines Feuerwehr-Stützpunkts von Moutier nach Tramelan. Der Artikel legte dar, dass die Feuerwehr von Tramelan den Ort Elay nicht innerhalb der vorgeschriebenen Frist erreichen könne. Daneben erschien ein separater Kommentar des Autors des Artikels. Ein Beschwerdeführer rügte, der Artikel sei tendenziös und verschweige wesentliche Informationen zur lokalen Feuerwehrorganisation. Dabei würden Fakten und persönliche Wertungen vermischt.

40

Für den Presserat war zentral: der Autor hat seine Meinung in einem Text geäussert, der vom Artikel getrennt und als Kommentar gekennzeichnet war. Das erfülle die Anforderung an die Trennung von Faktenbericht und persönliche Wertung.

41

Gleichzeitig kritisierte der Presserat gewisse Formulierungen und die Tonalität im Tatsachenbericht, welche die Haltung bzw. die Voreingenommenheit des Autors deutlich hätten erkennen lassen. Es ging um Formulierungen wie, es sei «erstaunlich», dass die Betroffenen nicht reagierten; oder die Frage, ob es kein grundsätzliches Problem sei, eine Gemeinde «derart im Stich gelassen» zu sehen. Nach Auffassung des Presserats hätte sich der Autor im Tatsachenbericht stärker zurückhalten sollen. Eine Verletzung von Ziff. 2 des Berufskodex liege aber nicht vor.

c) Kein Verbot kommentierender Elemente in Tatsachenberichten
42

Tatsächlich ist die Pflicht zur Trennung von Fakten und Kommentar nach Praxis des Presserats nicht dahingehend zu verstehen, dass ein Tatsachenbericht per se kein kommentierendes Element enthalten dürfe. Es besteht keine Pflicht zur formalen Trennung. Das Publikum muss aber jederzeit in der Lage sein, zwischen Informationen und Wertungen zu unterscheiden (siehe etwa Stellungnahme 29/2007).

43

Das Prinzip beachtete der Presserat in Stellungnahme 3/2024. Eine Zeitung berichtete über eine Ärztin, die wegen sexueller Nötigung eines ehemaligen Patienten verurteilt worden war und ein Tätigkeitsverbot (Anm.: für einen anderen Kanton) erhalten hatte. Trotzdem arbeitete sie weiterhin als Assistenzärztin bei den Universitären Psychiatrischen Diensten Bern (UPD). Der Artikel stellte kritisch dar, dass die UPD und das Gesundheitsamt darin kein Problem sähen.

44

Die UPD beschwerten sich beim Presserat. Sie rügten unter anderem, der Artikel verschweige wichtige rechtliche Details zum Tätigkeitsverbot und vermische Fakten mit Kommentar. Kritisiert wurde namentlich die Passage: Es sei «noch schwerer vorstellbar», wenn die Ärztin ein Mann und der ehemalige Patient eine Frau wäre; zusammen mit dem Hinweis, dass ein solches Tätigkeitsverbot rechtlich inzwischen nicht mehr für zehn Jahre, sondern lebenslänglich gelte. Das Medium wies darauf hin, dass es sich um Aussagen der Patientenschützerin handle.

45

Die beanstandete Passage war nach Ansicht des Presserats unklar formuliert. Rein optisch sei für die Leserschaft nicht eindeutig erkennbar, ob es sich um eine Aussage der Patientenschützerin oder um einen Kommentar des Autors handle. Das sei das eigentliche Problem. Der Presserat erkannte deshalb keine Verletzung der Pflicht zur Trennung von Fakten und Kommentar. Er hielt aber fest: Zitate und kommentierende Einschätzungen seien klarer kenntlich zu machen, um solche Missverständnisse zu vermeiden. Der Hinweis auf die verschärfte Gesetzeslage sei dagegen im sachlichen Kontext relevant und somit zulässig.

3. Berichtigungspflicht

46

Wichtige Auswirkung der Wahrheitspflicht ist die Pflicht von Medienschaffenden, falsche Meldungen von sich aus und unverzüglich zu berichtigen (Richtlinie 5.1). Voraussetzungen und Modalitäten de Berichtigung bilden regelmässig Gegenstand von Beschwerden.

a) Transparenz der Berichtigung
47

In Stellungnahme 7/2024 erinnerte der Presserat an das Prinzip: eine Berichtigung muss unverzüglich, transparent und direkt beim Artikel erfolgen. Insbesondere bei schwerwiegenden Fehlern muss das Publikum erkennen können, was falsch war; eine kommentarlose Änderung im Text genügt nicht.

48

Die Redaktion hatte eingeräumt, zwei Personen verwechselt und damit den unzutreffenden Vorwurf erhoben zu haben, jemand sei unter unklaren Umständen aus einer bischöflichen Kommission ausgeschieden. Das Online-Medium korrigierte den Fehler noch am Erscheinungstag und publizierte später eine Gegendarstellung und Entschuldigung. In seiner Stellungnahme beurteilte der Presserat die ursprüngliche Berichtigung indes als ungenügend. Das Medium habe nur eine Passage gelöscht und den Vermerk «geändert» mit Datum/Zeit angefügt. Das Publikum habe nicht erkennen können, welche Aussage falsch gewesen sei und warum; auch nicht, was neu als richtig gelte. Zudem sei zeitweise ein falscher Zwischentitel stehen geblieben, weshalb der Presserat eine Verletzung der Berichtigungspflicht feststellte.

b) Verhältnismässigkeit der Berichtigung
49

In Stellungnahme 18/2025 befasste sich der Presserat mit dem Prinzip der Verhältnismässigkeit: Nicht jede Ungenauigkeit oder Unschärfe erfordert eine Berichtigung. Der Fehler muss ein gewisses Gewicht haben.

50

Hintergrund: Ein audiovisuelles Medium berichtete über die rechtskräftige Verurteilung des Genfer SVP-Präsidenten und Grossrats nach einer Auseinandersetzung mit einem Spaziergänger. Der Beitrag gab dem Politiker ausführlich Gelegenheit, seine Sicht des Vorfalls darzulegen. Der Spaziergänger, der durch den Stiel einer Heugabel verletzt worden war, wurde nicht befragt.

51

Dass der TV-Beitrag nur einen Standpunkt wiedergab, beurteilte der Presserat als Verletzung der Pflicht zur Wahrheitssuche. Zu der vom Beschwerdeführer geforderten Berichtigung hielt er indes fest. Die publizierten Informationen würden keine eigentlichen Tatsachenfehler enthalten. Als problematisch erwiesen sich einzelne Aussagen des Politikers, die nicht überprüfbar oder übertrieben seien. Dazu gehöre die Aussage, der Spaziergänger sei ein «Koloss von 2,10 Metern»; tatsächlich sei er nach eigenen Angaben 1,88 Meter gross. Das sei zwar eine Übertreibung und Ungenauigkeit, aber kein Fehler von solchem Gewicht, dass er zwingend eine Berichtigung erfordere.

c) Tatsachendarstellungen mit Fragezeichen
52

Die Frage der Berichtigung stellt sich ebenso, wenn Tatsachenbehauptungen in einer Frage formuliert sind. Das war Thema der Stellungnahme 19/2025. Ein audiovisuelles Medium berichtete über eine Aktion der studentischen Koordination für Palästina vor der Universität Genf. In einer Frage an die Sprecherin erwähnte der Journalist die Eidgenössische Technische Hochschule (EPFL) und äusserte sinngemäss, diese arbeite «vielleicht» im Unterschied zur Universität Genf auf sehr präzisen militärischen Themen mit israelischen Institutionen zusammen.

53

Die EPFL beschwerte sich beim Presserat. Die Aussage zur Zusammenarbeit sei unbelegt und falsch. Die Redaktion habe eine Berichtigung verweigert. Nach Ansicht der Redaktion handle es sich nicht um eine Tatsachenbehauptung, sondern um eine Frage; zudem relativiere das Wort «vielleicht» die Aussage.

54

In seiner Beurteilung hielt der Presserat grundsätzlich fest: Auch eine Frage kann Tatsachenbehauptungen enthalten. Vorliegend habe das Publikum aus der Formulierung mitgenommen, die EPFL arbeite auf sehr konkreten militärischen Gebieten mit israelischen Stellen zusammen. Das Wort «vielleicht» habe diesen Teil der Aussage nicht genügend relativiert. Damit habe der TV-Beitrag die Wahrheitspflicht verletzt.

55

Nach Auffassung des Presserats wies der Fehler das nötige Gewicht auf für eine Berichtigung. Im Kontext des Gaza-Konflikts sei die Aussage nicht nebensächlich, sondern reputationsrelevant. Zudem habe das Medium im Verfahren keine Belege beigebracht, welche die Aussage stützen. Folglich hätte das Medium berichtigen müssen. Dass die problematische Aussage in eine Frage eingebettet gewesen sei, ändere nichts.

d) Berichtigung von Online-Publikumskommentaren
56

Gegenstand der Stellungnahme 16/2024 war die Anwendung der Berichtigungspflicht auf Online-Publikumskommentare. Eine Wochenzeitschrift publizierte einen Artikel über den Kolumnisten Réda El Arbi und nicht rechtskräftige Schuldsprüche im Kontext von dessen Äusserungen, die nach Auffassung des Autors jede Person verunglimpfen, die nicht in El Arbis Denkschema passe. Unter dem Online-Artikel erschienen anonyme Kommentare mit abwertenden Aussagen und zahlreichen Behauptungen über El Arbis Privat- und Familienleben.

57

Nach Auffassung des Presserats waren mehrere in den Kommentaren behauptete Tatsachen unwahr. Die Beschwerdeführerin und Schwester habe zum Beispiel glaubhaft gemacht, dass Aussagen über angebliche Alkoholexzesse und Todesumstände enger Angehöriger falsch seien. Der Presserat erwog grundsätzlich: Die Redaktion bleibt für Online-Kommentare verantwortlich, selbst wenn sie die Kontrolle an eine externe Stelle delegiert. Werden falsche, ehrverletzende oder persönlichkeitsverletzende Kommentare publiziert, muss die Redaktion rasch und transparent reagieren. Vorliegend sei die Redaktion auf die Kommentare hingewiesen worden und habe sie nach vier Tagen gelöscht – zu spät für den Presserat; und zudem ohne Hinweis auf die Korrektur.

58

Der Fall zeigt nebenbei: Es ist im Interesse der Medienunternehmen, die Möglichkeit der Stellungnahme gegenüber dem Presserat wahrzunehmen. Da die Redaktion dazu nicht Stellung genommen hatte, stellte der Presserat teilweise direkt auf die Darstellungen der Beschwerdeführerin ab. Er hatte keine Anhaltspunkte, daran zu zweifeln.

4. Anhörung bei schweren Vorwürfen (Richtlinie 3.8 f.)

59

Medienschaffenden obliegt die Pflicht, Betroffene vor der Publikation schwerer Vorwürfe anzuhören (Richtlinie 3.8). Die Anhörung ist ein zentraler Gehalt des Fairnessprinzips. In den Berichtsjahren hatte der Presserat wiederum reichlich Gelegenheit, sich mit dieser Pflicht auseinanderzusetzen. Dabei rückte die revidierte Fassung allmählich ins Zentrum der Spruchpraxis. Im Jahr 2024 erging noch die Mehrheit der Stellungnahmen unter der alten Fassung; die Minderheit berücksichtigte die per 1. Mai 2023 revidierte Richtlinie. Im Jahr 2025 gelangte die neue Fassung ausnahmslos zur An wendung. Die geltende Richtlinie weicht materiell von der alten Fassung ab (dazu unten Rn. 61 zu Stellungnahme 1/2025). Die Kasuistik unter Bst. B und C wird folglich nach neuer und alter Richtlinie aufgegliedert.

A. Erste Praxis zur revidierten Richtlinie 3.8

60

Zum ersten Mal befasste sich der Presserat mit der revidierten Richtlinie 3.8 in der Stellungnahme 1/2025 (wobei die Nummerierung der Stellungnahme nicht zwingend mit der Reihenfolge der zeitlichen Behandlung durch den Presserat übereinstimmt). Aufgrund der erstmaligen Anwendung des neuen Rechts hatte die 1. Kammer des Presserats beschlossen, die Beschwerde dem Plenum vorzulegen. Das Vorgehen ist reglementarisch zwar nicht ausdrücklich vorgesehen, dürfte jedoch vom Bestreben nach Sorgfalt getragen sein. Zudem wurde dem Beschwerdeführer ausnahmsweise in einem fortgeschrittenen Verfahrensstadium Gelegenheit gegeben, seine Eingabe zu präzisieren. Die Beschwerde war nach Ansicht des Presserats aufgrund der Neuregelung, «die nun eine präzise Bezeichnung der ‹schweren Vorwürfe› und der entsprechenden Textstellen» erfordere, zu allgemein gefasst (siehe zur Stellungnahme unten Rn. 67).

61

Materiell ergiebiger als Stellungnahme 1/2025 war indes die Stellungnahme 31/2024. Im Zentrum der Erwägungen stand das neue Verständnis zum Begriff des schweren Vorwurfs. Die alte Fassung konkretisierte nicht, was unter einem schweren Vorwurf zu verstehen sei. Das Erfordernis eines Vorwurfs illegalen oder damit vergleichbaren Handelns bildete sich erst in langjähriger Praxis heraus. Neu definiert die revidierte Richtlinie: «Vorwürfe gelten als schwer, wenn sie gravierendes Fehlverhalten beschreiben oder sonstwie geeignet sind, jemandes Ruf schwerwiegend zu schädigen.»

62

Den neuen Wortlaut nahm der Presserat zum Anlass, um eine Praxis zur Gewichtung von Vorwürfen zu entwickeln, die im politischen Kontext geäussert werden (vorliegend verschiedene Vorwürfe eines Kantonsrats, mit denen er den Austritt aus seiner Partei begründete; erforderlicher Schweregrad verneint; siehe dazu unten Rn. 74). Mit dieser Einzelfallwürdigung wurde ein erster Grundstein zur Graduierung der Vorwurfsschwere gelegt. Die Konturen der revidierten Richtlinie 3.8 sind freilich – auch ausserhalb des politischen Kontextes – weiter zu schärfen.

B. Zum Verhältnis zwischen Anhörungspflicht und Regeln zur Gerichtsberichterstattung

63

Ausgangspunkt der Stellungnahme 16/2024 war die Kritik, ein Autor hätte zum Vorwurf angehört werden müssen, er sei von einem Gericht fünfmal wegen Verbreitung von Hass verurteilt worden. Der Presserat klärte dabei prinzipiell das Verhältnis zwischen der Anhörungspflicht und den besonderen Regeln der Gerichtsberichterstattung: Die Prüfung der Anhörungspflicht im Kontext von Gerichtsurteilen erfolgt nicht nach Richtlinie 3.8, sondern gestützt auf Richtlinie 7.4., namentlich das Prinzip der Unschuldsvermutung.

64

Diese Differenzierung durch den Presserat heisst nicht, dass Richtlinie 3.8 f. zur Anhörungspflicht im Bereich der Gerichtsberichterstattung keine eigenständige Bedeutung hat. So sieht Richtlinie 3.9 als Ausnahme von der Anhörungspflicht vor: Urteile dürfen ohne vorgängige Anhörung der beschuldigten Person wiedergegeben werden. Im konkreten Fall musste der Presserat diese Ausnahme aber nicht berücksichtigen; die Urteile waren nicht rechtskräftig, was in der ersten Version des Beitrags nicht erwähnt worden war. Folglich habe der ursprüngliche Beitrag die Unschuldsvermutung und damit Richtlinie 7.4 zur Gerichtsberichterstattung verletzt (siehe zu Stellungnahme 16/2024 auch oben, Rn. 56).

C. Schwere Vorwürfe

a) Schwere Vorwürfe nach revidierter Richtlinie 3.8
65
  • Der Vorwurf, eine Organisation sei «eine Plattform für Fundamentalisten und Terrorsympathisanten» (vom Presserat nur nebenbei geäussert, da keine Verletzung der Richtlinie 3.8 geltend gemacht wurde, Stellungnahme 28/2025).
66
  • Der Vorwurf, israelische Behörden hätten palästinensischen Leichen Organe entnommen und damit gehandelt. Zwar gilt gemäss Presserat das Prinzip: Nicht jeder Bericht über einen Konflikt muss jeden schweren Vorwurf zwingend mit einer Gegenposition versehen, insbesondere dann, wenn die jeweiligen Positionen allgemein bekannt sind. Vorliegend gehe es jedoch um neue, schwere Vorwürfe, zu denen die israelische Haltung fehlte – ob seitens der Regierung oder anderer Quellen. Eine Verletzung der Richtlinie 3.8 bejahte der Presserat nur hinsichtlich eines von zwei Medien, das zum Thema einen eigenständigen redaktionellen Beitrag veröffentlichte. Demgegenüber hatte das andere Medium lediglich eine Agenturmeldung übernommen (Stellungnahme 15/2025; siehe zur Bedeutung der Agenturmeldung im vorliegenden Fall unten, Rn. 73).
67
  • Der Vorwurf, ein Nationalrat hetze gegen den Gender-Tag an einer Schule. Ob der Ausdruck «hetzen» für sich genommen bereits ein gravierendes Fehlverhalten impliziere, liess der Presserat zwar offen. Unter den gegebenen Umständen (Aufforderung «Schulleitung entlassen», «etwas unternehmen», Einbezug der Telefonnummer einer Beteiligten) erscheine der Ausdruck «hetzen» indes als Charakterisierung, die ein gravierendes Fehlverhalten beinhalte. Dies auch deshalb, weil der Ausdruck in einem Titel und zweimal prominent im Text verwendet werde (Stellungnahme 1/2025).
68
  • Der Vorwurf, der Vorsteher eines Bauamtes sei kein Baufachmann, und es werde in der Gemeinde im «engen Familienkreis» ein 30-Millionen-Bauprojekt geplant. Der Presserat begründete die Schwere des Vorwurfs damit, dass er im Zusammenhang mit der beruflichen Tätigkeit des Vorstehers auf diesem Gebiet (Bauwesen) erhoben und zugleich in den Kontext der Planung eines Bauprojekts im «engen Familienkreis» gestellt worden sei. Der Vorwurf sei daher im Sinne von Richtlinie 3.8 geeignet, jemandes Ruf nachhaltig zu schädigen (Stellungnahme 41/2024). In der Stellungnahme fällt auf: Die Richtlinie spricht nicht von einer «nachhaltigen», sondern von einer «schwerwiegenden» Rufschädigung. Während «nachhaltig» auf die Persistenz abstellt, bezieht sich «schwerwiegend» auf die Intensität der Rufschädigung. Die Wortwahl des Presserats mag zufällig sein. Es widerspricht jedenfalls dem Grundgedanken der Anhörungspflicht bei schweren Vorwürfen, diese auf Fälle von leichten Vorwürfen auszudehnen, nur weil sich diese nachhaltig auswirken. Gefordert ist ein schwerer Vorwurf, unabhängig davon, wie sich dieser in zeitlicher Hinsicht auswirkt. Überhaupt muss ein Beschwerdeführer keine konkreten Auswirkungen eines schweren Vorwurfs geltend machen, um sich auf Richtlinie 3.8 zu berufen (siehe zu diesem Fall unten Rn. 90).
b) Schwere Vorwürfe nach alter Fassung von Richtlinie 3.8
69
  • Der Vorwurf eines aggressiven Managementstils und konfliktbehafteter Situationen an die Adresse der nicht namentlich genannten Generalsekretärin eines kantonalen Departements; dies zusammen mit dem Hinweis, Mitarbeitende hätten sich deshalb an die Vertrauensstelle gewandt und es seien der Generalsekretärin Dossiers entzogen worden. Der Presserat bestätigte und konkretisierte seine bisherige Anhörungspraxis bei individualisierten schweren Vorwürfen (Recht auf persönliche Anhörung von identifizierbaren Personen innerhalb eines Betriebs, siehe Stellungnahme 12/2014; Stellungnahme 26/2025). Er hielt für den konkreten Fall sodann fest: die betroffene Person sei stets dann persönlich anzuhören, wenn die Berichterstattung «des faits sérieux concernant un département de l’État» betreffe und sich «la personne au coeur de l’affaire» leicht identifizieren lasse. Dies gelte ungeachtet anderslautender kantonaler Gepflogenheiten und selbst dann, wenn die Anfrage ohnehin an die Medienstelle verwiesen worden wäre. Dem genüge die erfolgte Anhörung des departementalen Mediensprechers ebenso wenig wie die zusätzliche Anhörung der vorgesetzten Person der Generalsekretärin (Stellungnahme 39/2024).
70
  • Der Rassismusvorwurf mit Bezug auf die Äusserung eines TV-Moderators, deren Entfernung er nach Durchsicht des Rohschnitts einer Doku-Serie verlangt haben soll. Eine Verletzung der Richtlinie 3.8 verneinte der Presserat, da die Anhörung richtlinienkonform erfolgt sei: Der Arbeitgeber des Moderators sei vorgängig ausdrücklich mit dem Rassismusvorwurf konfrontiert worden. Dass die Anfrage an die Medienstelle und nicht direkt an den Moderator gerichtet worden sei, erwies sich nach Auffassung des Presserats als unschädlich, zumal ein solches Vorgehen der journalistischen Praxis entspreche (Stellungnahme 29/2024). Die Beurteilung erscheint nicht abschliessend abgegrenzt von der Praxis, welche der Presserat der soeben erwähnten Stellungnahme 39/2024 zu Grunde legt. Der Rassismusvorwurf richtet sich an die Adresse des Moderators – ein schwerer individualisierter Vorwurf. Der Moderator ist identifiziert; die strittige Äusserung erfolgte im Rahmen der Produktion und wurde nicht publiziert. Wieso genügt im Falle von Vorwürfen an einen TV-Exponenten die Anfrage an die Medienstelle ohne Weiteres, während die Anfrage an die Medienstelle im Falle von Vorwürfen an die Exponentin eines Departements sicher nicht genügt? Der Leitgedanke des Presserats hinter dieser Unterscheidung erschliesst sich nicht.
71
  • Der Vorwurf «une sale manoeuvre de certaines régies» an die Adresse einer Liegenschaftsverwaltung, indem sie durch künstlich tief angesetzte Nebenkosten Einsprachen gegen überhöhte Anfangsmietzinse erschwere. Beschwerde abgewiesen mit Blick auf die betreffende Verwaltung, da eine Anhörung erfolgt war; ebenso gegenüber dem beschwerdeführenden Immobiliendachverband mangels eines schweren Vorwurfs bzw. aufgrund fehlender Erwähnung des Verbands im Beitrag (Stellungnahme 4/2024; siehe zum Dachverband auch unten, Rn. 79).

D. Keine schweren Vorwürfe

a) Keine schweren Vorwürfe nach revidierter Richtlinie 3.8
72
  • Die Darstellung einer Person als respektlos und bedrohlich. Nach Ansicht des Presserats handle es sich zwar um einen schweren Vorwurf. Allerdings sei die Person im Bericht nicht namentlich genannt, sondern werde als «un grand Finlandais, promeneur de chien, de la région de Satigny (GE)» beschrieben. Für Dritte ausserhalb des sozialen oder beruflichen Umfelds sei dieser nicht identifizierbar (Richtlinie 7.2). Damit stehe für den Spaziergänger weder eine schwerwiegende Rufschädigung auf dem Spiel, noch sei er eines gravierenden Fehlverhaltens bezichtigt worden (Stellungnahme 18/2025).
73
  • Der aus einer Agenturmeldung übernommene Vorwurf, israelische Behörden hätten palästinensischen Leichen Organe entnommen (siehe dazu oben, Rn. 66 zu Stellungnahme 15/2025). Der Presserat verwies auf seine konstante Praxis: ein Medium darf auf die Vorarbeit einer anerkannten Nachrichtenagentur vertrauen. Allfällige Defizite bei der Anhörung seien daher der Agentur, nicht dem übernehmenden Medium zuzurechnen. Verlasse ein Medium hingegen die Sphäre der blossen Agenturübernahme und verantworte es den Beitrag eigenständig redaktionell, lebe die Anhörungspflicht wieder auf. Entsprechend sei Richtlinie 3.8 nur dort verletzt, wo der Beitrag nicht als Agenturübernahme erkennbar sei, sondern eigenständig redaktionell verantwortet.
74
  • Die Vorwürfe eines Kantonsrats, mit denen er seinen Austritt aus der Partei begründete. Ausgehend davon, dass an den Hintergründen zum Parteiaustritt eines gewählten Politikers ein erhebliches öffentliches Interesse bestehe, nahm der Presserat auf dem Wege einer abgestuften Einzelfallwürdigung eine differenzierte Gewichtung der einzelnen Vorwürfe vor (Stellungnahme 31/2024). Das Ergebnis:
    • Vorwürfe «geringer Schwere» seien Aussagen, wonach innerhalb der Partei keine Diskussion zu den Waffenlieferungen in die Ukraine stattgefunden habe und Parteikolleginnen und -kollegen auf Erzählungen des Kantonsrats von seiner Ukraine-Reise empathielos reagiert hätten. Die Vorwürfe stützen sich gemäss Presserat auf persönliche Einschätzungen und Wahrnehmungen des Kantonsrats und beinhalteten daher kein gravierendes Fehlverhalten. Ebenso zielten die Vorwürfe nicht auf eine Einzelperson.
    • Ein Vorwurf «mittlerer Schwere» sei die Bemerkung, dass Links-Grün bei den Fussballchaoten eine Täter-Opfer-Umkehr betreibe und die Gewalt an Polizistinnen und Polizisten relativiere. Gemäss Presserat wiege dieser Vorwurf schwerer, richte sich aber an ein politisches Lager und ziele nicht darauf ab, bestimmte Personen zu diffamieren. Die Anhörungspflicht sei bei einer solchen unbestimmten und breit gefassten Aussage nicht gegeben.
    • Ein Vorwurf «erheblicher, jedoch nicht qualifizierter Schwere» sei die Äusserung, nach der die Partei an den Gräueltaten im Ukrainekrieg mitschuldig sei – für den Presserat der schwerwiegendste Vorwurf. Anhörungspflicht trotzdem verneint: Aus dem Kontext der Äusserung werde klar, dass der Kantonsrat nicht allein seiner Partei, sondern generell all jenen eine Mitschuld für die Gräueltaten zuschreibe, die sich gegen Waffenlieferungen stellten.
75
  • Der Vorwurf, wonach eine «bestimmte Bevölkerungsgruppe» bei der mutmasslich zunehmenden Gewalt in deutschen Freibädern sichtbar überrepräsentiert sei. Es fehle bei dahingehenden Formulierungen an der Spezifizierung des Adressaten des Vorwurfs. Ebenso fehle eine zuständige Stelle, die hiergegen Stellung nehmen könnte (Stellungnahme 17/2024).
76
  • Die Erwähnung, dass eine beschuldigte Person CHF 219 Mio. Schadenersatz fordere, nachdem sie in einem 17 Jahre dauernden Strafverfahren schliesslich freigesprochen wurde (Stellungnahme 14/2024).
b) Keine schweren Vorwürfe nach alter Fassung von Richtlinie 3.8
77
  • Der im Rahmen eines Porträts über eine Schriftstellerin erhobene Vorwurf, sie sei eine Verschwörungstheoretikerin. Der Presserat verneinte das Vorliegen eines schweren Vorwurfs, weil die Bezeichnung als Verschwörungstheoretikerin nach seiner bisherigen Praxis kein illegales oder vergleichbares Verhalten darstelle (vgl. Stellungnahme 27/2018). Der Presserat liess durchblicken: der Fall wäre nach revidierter Richtlinie «gegebenenfalls anders zu beurteilen». Weiter hielt er nebenbei fest, dass unter Zugrundelegung der revidierten Fassung der Anhörungspflicht nicht genügt worden wäre. Die Konfrontation der Schriftstellerin mit der Einschätzung des Redaktors, wonach deren Aussagen «alles Unfug» seien, stelle keine Anhörung dar. Die Schriftstellerin sei zum Zeitpunkt des Gesprächs von einem zu autorisierenden Interview ausgegangen. Aufgrund der Konfrontation durch den Redaktor habe sie nicht davon ausgehen müssen, dieser würde sie als Verschwörungstheoretikerin bezeichnen. Vielmehr habe sie darauf vertrauen dürfen, dass beim Interview das gesprochene Wort gelte. Richtlinie 3.8 verlange jedoch, dass die zur Publikation vorgesehenen Kritikpunkte präzis zu benennen seien. Das sei hier nicht der Fall gewesen (Stellungnahme 50/2024).
78
  • Der von einem anderen Medium übernommene schwere Vorwurf gegen die Generalsekretärin eines kantonalen Departements. Die Schwere wurde verneint, da das übernehmende Medium den Konjunktiv verwendet und mit einer gewissen Zurückhaltung berichtet hatte (siehe bereits Rn. 70 zu Stellungnahme 39/2024).
79
  • Keine Anhörungspflicht gegenüber dem Immobiliendachverband, der im Medienbeitrag mit Vorwürfen an eine Immobilienverwaltung unerwähnt blieb (dazu oben, Rn. 71 zu Stellungnahme 4/2024). Der Presserat hielt grundsätzlich fest: die Anhörungspflicht besteht nur gegenüber jenen Personen oder Institutionen, denen ein schwerer Vorwurf hinreichend konkret zugeschrieben wird. Dies sei vorliegend hinsichtlich der betroffenen Immobilienverwaltung der Fall gewesen. Keine Anhörungspflicht bestand beim nicht genannten Dachverband. Eine bloss mittelbare oder verallgemeinernde Betroffenheit genüge nicht.

5. Vom Umgang mit Sperrfristen

80

Neue Praxis zur Bedeutung von Sperrfristen brachte die Stellungnahme 27/2024. Die Stadt Luzern stellte Medien Unterlagen zu einer Leistungsvereinbarung mit der Caritas Luzern unter Sperrfrist zu. Ein Online-Medium recherchierte vor Ablauf der Sperrfrist bei der Caritas, die direkt betroffen und bereits informiert war. Die Stadt warf der Redaktion vor, die Sperrfrist unterlaufen zu haben: Vor Ablauf dürften Medien keine Dritten, Betroffenen, Parteien oder Experten kontaktieren. Das Online-Medium wandte sich an den Presserat und bat um Klärung.

81

Die Zuständigkeit des Presserats gemäss Art. 2 des Geschäftsreglements erstreckt sich auf den redaktionellen Teil der öffentlichen, auf die Aktualität bezogenen Medien sowie auf die journalistischen Inhalte, die individuell publiziert werden. Beschwerden an den Presserat richten sich deshalb in der Regel gegen eine oder mehrere Medienredaktionen. Der Presserat stützte seine Kompetenz vorliegend auf seine bisherige Praxis: Sofern ein unmittelbarer Bezug zwischen dem Beschwerdegegenstand und der publizistischen Tätigkeit der Medienschaffenden besteht, kann der Presserat ausnahmsweise auf Beschwerden eintreten, die das Verhalten von Verlagen (Stellungnahme 16/2004) oder Behörden (Stellungnahme 60/2002) zur Diskussion stellen. Vorliegend sei dieser Zusammenhang gegeben (Stellungnahme 52/2010).

82

Der Presserat hielt grundsätzlich fest: Sperrfristen sind im Journalismus ausnahmsweise und bei sachlicher Rechtfertigung zulässig. Sie regeln, wann eine Information veröffentlicht werden darf. Eine Sperrfrist ist jedoch keine Recherchesperre. Sie hindert Medien nicht daran, vor Ablauf der Frist zu einem Thema zu recherchieren, Betroffene zu kontaktieren oder Fachleute anzufragen.

83

Ein eigentliches Rechercheverbot sei mit der verfassungsrechtlich geschützten Informationsfreiheit nicht vereinbar. Medien dürften sich aus allgemein zugänglichen Quellen informieren und journalistisch arbeiten. Dass sie mit gesperrten Informationen sorgfältig umgehen müssten, verstehe sich dabei von selbst. Auch das Ziel der Stadt Luzern, ihre Informationshoheit zu wahren und Medien gleich zu behandeln, rechtfertige kein Rechercheverbot. Eine Sperrfrist betreffe immer nur den Publikationszeitpunkt.

6. Privatsphäre und identifizierende Berichterstattung

a) Berichte über einen 40 Jahre zurückliegenden Kriminalfall
84

Berichte über einen alten Kriminalfall behandelte die Stellungnahme 42/2025, die gleich mehrere Richtlinienbestimmungen zum Privatsphärenschutz betraf. Zeitungen berichteten ausführlich über den vor rund 40 Jahren im Amazonasgebiet getöteten Schweizer A. und den mutmasslichen Täter T. Beide Artikel nannten den vollen Namen des Opfers und zeigten Bilder mit seinen sterblichen Überresten, insbesondere Schädel, Gebeine und Fundstücke.

85

Eine Schwägerin des Opfers beschwerte sich beim Presserat. Sie rügte u.a., die Abbildungen des Schädels und der Gebeine sowie die volle Namensnennung verletzten die Privatsphäre der Familie, die Totenruhe des Opfers und die Menschenwürde. Die Angehörigen würden durch die erneute Veröffentlichung stark belastet. Einige Angehörige hätten sich solche Bilder nie angesehen. Auch Name und Wohnort des Opfers hätten nicht genannt werden dürfen.

86

Nach Verständnis des Presserats schütze die Erklärung Ziff. 7 primär die Privatsphäre der im Artikel beschriebenen Person. Zwar könne die Berichterstattung Angehörige auch Jahrzehnte später belasten. Das bedeute aber nicht automatisch ein Eindringen in deren Privatsphäre. Der Presserat sah keinen Anwendungsbereich der Richtlinie 7.1, weil der Artikel nicht in das Privatleben der Angehörigen eindringe. Auch Richtlinie 7.5 zum Recht auf Vergessen kam nicht zur Anwendung; sie beziehe sich primär auf verurteilte Personen und deren Resozialisierung.

87

Zur Totenruhe (Richtlinie 7.8) hielt der Presserat fest: Die Überreste seien damals beerdigt worden. Die heutige Abbildung der damaligen Fund- und Zeremoniesituation störe die Totenruhe nicht. Ein ungebührlicher Umgang mit Leichnam oder Grabstätte stehe nicht zur Debatte.

88

Die Namensnennung des Opfers beurteilte der Presserat nicht als Verletzung der Privatsphäre. Das Opfer werde nicht negativ dargestellt, der Fall sei bereits vor Jahrzehnten öffentlich geworden, und es bestehe ein dokumentarisches Interesse an der Aufarbeitung.

89

Immerhin anerkannte der Presserat im Kontext der Menschenwürde (Erklärung Ziff. 8), dass Bilder von Schädel und Gebeinen für Angehörige belastend sein können. Im konkreten Fall wäre die Geschichte auch ohne diese Bilder inhaltlich verständlich geblieben. Es habe also kein erhebliches öffentliches Interesse an der Publikation der Bilder bestanden. Allerdings zielten die einschlägigen Richtlinien zu Opferschutz und Bildern von Verbrechen gemäss Presserat auf aktuelle Tragödien, Unglücksfälle, Kriege oder Gewaltverbrechen und auf Darstellungen von Sterbenden, Leidenden oder Leichen mit identifizierbaren Zügen. Im konkreten Fall liege das Geschehen rund 40 Jahre zurück. Angehörige seien zudem vor der Berichterstattung kontaktiert worden und hätten teilweise bei der Recherche geholfen.

b) Identifizierung eines Gemeindemitarbeiters
90

Grundlage der Stellungnahme 41/2024 bildete der Zeitungsbericht über Pläne einer Gemeinde, trotz früherem Volksentscheid eine Schulsportanlage auf der «Heimatwiese» zu bauen. Im Artikel wurde ein anonymes Flugblatt zitiert. Es kritisierte, in der zuständigen Baukommission sässen drei Personen mit Familiennamen H.: «Vater, Sohn, Freund»; alle seien «keine Baufachleute».

91

Einer der Genannten, Sohn des Gemeindepräsidenten und Gemeindemitarbeiter im Bereich Bau und Umwelt, beschwerte sich beim Presserat. Er sei sehr wohl Baufachmann; die Zeitung habe den Vorwurf ungeprüft übernommen und er hätte angehört werden müssen (siehe zur Anhörungspflicht oben, Rn. 59 ff.). Weiter habe er nicht namentlich genannt werden dürfen; er sei keine gewählte öffentliche Person.

92

Nach Auffassung des Presserats hätte die Redaktion den Wahrheitsgehalt im Flugblatt überprüfen müssen, gerade weil es sich um eine anonyme Quelle gehandelt habe. Das Unterlassen verletze die Wahrheitspflicht. Als zulässig beurteilte der Presserat die Namensnennung. Richtlinie 7.2 (Identifizierung) erlaubt die identifizierende Berichterstattung, «wenn die betroffene Person (…) eine staatlich (…) leitende Funktion wahrnimmt und der Medienbericht damit im Zusammenhang steht». Der Presserat stellte im konkreten Fall fest: Der Beschwerdeführer sei als Bauverwalter und Mitglied der Baukommission direkt in den zur Diskussion stehenden Sachverhalt involviert. Er sei Gemeinderatsschreiber, leite das Bausekretariat, sei zuständig für die Orts- und Zonenplanung, die Bauberatung, Baurechtsermittlungen, das Baubewilligungsverfahren, den baulichen Zivilschutz und er habe im Gemeinderat ein Antragsrecht. Es stand für den Presserat ausser Frage, dass er angesichts des 30-Millionen-Bauprojekts eine Person mit einer staatlich leitenden Funktion sei, die mit dem Medienbericht im Zusammenhang stehe und entsprechend mit Namen genannt werden dürfe.

c) Die Identifizierung einer Ärztin
93

Kein Grund für die Identifikation sah der Presserat in Stellungnahme 3/2024. Es ging um einen Bericht mit dem Titel «Verurteilte Ärztin arbeitet trotz Verbot». Im Lead stand: «Universitäre Psychiatrische Dienste Bern. Weil sie einen ehemaligen Patienten sexuell genötigt hat, bekommt eine Psychiatrieärztin ein Tätigkeitsverbot. Die UPD haben sie trotzdem angestellt.» Nach Auffassung des Presserats war die Ärztin für die Öffentlichkeit identifizierbar, ohne dass hierfür ein öffentliches Interesse bestand.

7. Diskriminierung

94

Gemäss Richtlinie 8.2 kann die Nennung der ethnischen oder nationalen Zugehörigkeit, der Herkunft, der Religion, der sexuellen Orientierung und/oder der Hautfarbe diskriminierend wirken, insbesondere wenn sie negative Werturteile verallgemeinert und damit Vorurteile gegenüber Minderheiten verstärkt. Medienschaffende müssen deshalb den Informationswert gegen die Gefahr einer Diskriminierung abwägen und die Verhältnismässigkeit wahren.

a) Autoposer mit Migrationshintergrund
95

Gegenstand von Stellungnahme 05/2024 war ein Medienbericht über sog. Autoposer. Er zitierte den ehemaligen Präsidenten der betreffenden Stadt mit der Äusserung: «Fragt man anhand der Kontrollschilder die Fahrzeughalter ab, fällt auf, dass man die allermeisten Namen kaum aussprechen kann». Der Presserat erkannte darin keine Diskriminierung. Seiner Ansicht nach müsse Kritik an einer klar definierten Gruppe zulässig sein, solange damit nicht negative Werturteile gegen die gesamte Ethnie verstärkt würden. Die negativen Werturteile würden im vorliegenden Fall nicht die Ethnie als solche betreffen, sondern eine spezifische Gruppe, die primär durch ihren bewusst verursachten Lärm mit umgebauten Autos gekennzeichnet sei. «Sonst wäre (…) eine Kritik an den Machenschaften der sizilianischen Mafia nicht zulässig, weil sie riskiert, negative Werturteile gegen SizilianerInnen zu verallgemeinern».

b) Vorwurf des Hinterlassens von Exkrementen
96

Gemäss Stellungnahme 20/2024 berichtete ein Medium, die Stadtreinigung müsse beim Werk eines berühmten Künstlers in der Basler Innenstadt täglich Exkremente wegputzen. Der Titel lautete: «Nicht mehr nur ein Pissoir: Roma hinterlassen Exkremente bei der Serra-Plastik». Dieser Titel verletzte nach Auffassung des Presserats das Diskriminierungsverbot, weil er Vorurteile bediene und unverhältnismässig sei. Diese Feststellung erfolgte indes verknüpft mit der Verletzung der Wahrheitspflicht. Dem Presserat genügte die vom Medium offenbarte Quellenlage nicht, um die Exkremente den Roma zuzuordnen. Es brauche mindestens zwei voneinander unabhängige, verlässliche Quellen, um unbestätigte Informationen verbreiten zu dürfen, die geeignet seien, das Ansehen der Angeschuldigten stark negativ zu beeinträchtigen. Wäre dies hinreichend belegt, läge kein Verstoss gegen das Diskriminierungsverbot vor. Ohne nachvollziehbare Belege, wer die Verursacher des Problems seien, entfalle dagegen der Informationswert.

c) Kritik an kosovo-albanischer Kultur
97

Keine Diskriminierung erkannte der Presserat in Stellungnahme 43/2025. Ein Magazin veröffentlichte den Essay «Liebe Kosovarinnen, wir müssen uns wehren!» einer Schweizer und kosovo-albanischen Autorin. Sie kritisierte Frauenfeindlichkeit, Sexismus und patriarchale Strukturen in der albanischen bzw. kosovo-albanischen Gesellschaft und Diaspora. Zwei Beschwerdeführerinnen rügten beim Presserat, der Text diskriminiere die albanische Kultur, indem er ihr pauschal Frauenunterdrückung, Sexismus und destruktive Leitideen zuschreibe.

98

Der Presserat beurteilte den Informationswert als hoch, weil der Essay gerade frauenfeindliche Machtstrukturen in der kosovo-albanischen Gesellschaft thematisiere. Kritik an einer Minderheit müsse möglich sein, auch scharf. Entscheidend für den Presserat war: die Autorin schreibe aus dem Inneren der betroffenen Gemeinschaft, schliesse sich selbst in die Debatte ein und verurteile nicht sämtliche Kosovo-Albanerinnen und Kosovo-Albaner pauschal. Sie kritisiere vielmehr ein Wertesystem und Traditionen.

d) Formulierungen im Zusammenhang mit dem Asylwesen
99

Dagegen stellte der Presserat in Stellungnahme 4/2025 eine pauschalisierende Herabsetzung einer Personengruppe fest. Thema eines Podcast war die Praxisänderung der Basler Polizei. Bei Ladendiebstählen unter 300 Franken rücke die Polizei nicht mehr aus; neu gelte dies auch für Asylsuchende. Im Podcast wurde mehrfach gesagt, vor allem Asylsuchende bzw. Personen aus dem nordafrikanischen Raum würden diese Situation ausnutzen. Dabei fielen Formulierungen wie «Asylanten», «Hang zur Aggression», «oft betrunken oder auf Drogen» und «sie sind eine Gefahr».

100

In seiner Beurteilung betonte der Presserat prinzipiell: Medien dürfen gesellschaftliche Probleme kritisch aufgreifen. Bei emotionalen und heiklen Themen wie Kriminalität und Asyl gilt aber besondere Sorgfalt im Umgang mit Fakten, Quellen und Pauschalisierungen. Zum Begriff «Asylant» hielt er fest, dieser sei heute eher negativ konnotiert. Der Presserat verstehe sich aber nicht als «Sprachpolizei». Er empfahl immerhin, den sachlicheren Begriff «Asylsuchende» zu verwenden.

101

Klar pauschalisierend waren nach Auffassung des Presserats die Aussagen, Asylsuchende in Kleinbasel hätten einen «Hang zur Aggression», seien oft betrunken oder auf Drogen und eine Gefahr. Solche Aussagen bedienten Stereotype und hätten besonders differenziert belegt werden müssen. Das sei nicht der Fall gewesen. Auch die Aussagen über Personen aus Maghreb-Ländern seien problematisch, weil sie pauschale Schuldzuweisungen nahelegen und Vorurteile verstärken können. Auch wenn Statistiken existierten, seien diese korrekt einzuordnen.

8. Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung

102

Die Glaubwürdigkeit ist höchstes Gut des Journalismus. Sie wird unweigerlich untergraben, wenn es dem Publikum nicht gelingt, einen kommerziellen Beitrag einwandfrei von einem redaktionellen zu unterscheiden. Dem tragen die Erklärung Ziff. 10 und Richtlinie 10.1. Rechnung. Die Rede ist von der Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung.

103

Per 1. Januar 2025 trat die revidierte Fassung der Richtlinie in Kraft (vgl. Stellungnahmen 3, 25 und 33/2025)[8]. Der Presserat verschärfte damit die Anforderungen an die Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung und stellt sich nunmehr auf eine Linie mit der Schweizerischen Lauterkeitskommission.

104

Nicht-redaktionelle Beiträge, die im Umfeld von redaktionellen Beiträgen erscheinen (z.B. Native Ads), müssen neuerdings «als solche erkennbar sein und explizit als Werbung deklariert werden» (Richtlinie 10.1 Satz 3). An die Stelle des vormaligen Entweder-oder-Regimes, das eindeutige Erkennbarkeit oder explizite Deklaration alternativ genügen liess, tritt das Erfordernis der kumulativen Erfüllung beider Voraussetzungen.

a) Fehlende Sichtbarkeit der Abgrenzung zu Verlagsbeilage
105

In der Stellungnahme 42/2024 beanstandete der Presserat eine gesponserte Schulprojekt-Sonderseite. Zwar hätten ein abweichender Seitenkopf, ein Hinweistext und Sponsorenlogos auf deren Sondercharakter verwiesen. Im Übrigen habe die Sonderseite jedoch in Gestaltung und Aufmachung regulären redaktionellen Seiten geglichen. Für bezahlte bzw. gesponserte Verlagsbeilagen verlange Richtlinie 10.1 eine klar sichtbare gestalterische Abgrenzung sowie ein separates Impressum (vgl. Stellungnahmen 5/1992 und 26/2001). Zwar erwog der Presserat auch eine Qualifikation der Sonderseite als redaktionellen Inhalt. Diesfalls hätte jedoch wegen übermässiger Sponsoren-Nennungen Richtlinie 10.3 gegriffen. Beide Betrachtungsweisen führten mithin zu einer Richtlinienverletzung. Auch die Betreuung durch einen befristet angestellten «Projektredaktor» minderte die redaktionelle Verantwortung nicht. Gerade medienpädagogische Projekte bedürften besonderer professioneller und kritischer Begleitung.

b) Unkritisches Frontseiteninterview
106

Stellungnahme 56/2024 veranschaulichte besonders deutlich die Reichweite des alten Entweder-oder-Regimes von Richtlinie 10.1. Der Presserat beanstandete zunächst ein unkritisches Frontseiteninterview zu einem Automodell, das trotz werbendem Inhalt, bereitgestelltem Bildmaterial und Verweis auf die Markenwebsite wie ein gewöhnlicher redaktioneller Aufmacher erschien. Hinzu kamen ein Inserat und eine Publireportage desselben Werbekunden. Der Beitrag hätte daher entweder als Werbung gekennzeichnet oder gestalterisch klar vom redaktionellen Teil abgehoben werden müssen. Auch ein Beitrag über ein privates Bildungsinstitut verletzte Richtlinie 10.1, weil er in unmittelbarer Nähe zu einem Inserat desselben Anbieters erschienen war und als gefälliger Dienstleistungsbericht die Vermischung von Redaktion und Werbung nahegelegt habe. Demgegenüber genügte bei einer als «Publireportage» bezeichneten Versicherungsbeilage (in Anwendung der alten Richtlinie) die explizite Kennzeichnung, obwohl eine gestalterische Abgrenzung fehlte.

c) Transparenz bei der Finanzierung von Ferienreisen
107

Stellungnahme 2/2025 betraf Richtlinie 10.1 nur mittelbar. Gegenstand war ein ausführlich bebilderter Ferienbericht über eine vollständig finanzierte Luxusreise im Wert von deutlich über CHF 30’000. Zwar rügte der Beschwerdeführer die fehlende Trennung von redaktionellem Teil und Werbung. Der Presserat stellte jedoch auf Richtlinie 10.2 als speziellere Regel für Sponsoring und Pressereisen ab. Entscheidend war daher nicht die optische oder begriffliche Abgrenzung als Werbung, sondern die unzureichende Transparenz über die Kostenübernahme. Der Hinweis, die Reise sei «unterstützt» worden, verharmlose die vollständige Finanzierung und lasse die Tragweite wie die Herkunft des Geschenks erst bei genauer Lektüre erkennen. Richtlinien 9.1 und 10.1 seien damit nicht direkt betroffen; verletzt sei allein Richtlinie 10.2.

d) Sonderseiten zu kantonalen Wahlen
108

In Stellungnahme 25/2025 stellte der Presserat klar: für die Anwendbarkeit der revidierten Richtlinie 10.1 ist auf den Zeitpunkt der Publikation abzustellen. Zu beurteilen waren zwölf im Oktober 2024 publizierte Sonderseiten zu kantonalen Wahlen. Darin erschienen redaktionell anmutende Kandidierendenporträts, Wahlkreisanalysen und Parteiinserate nebeneinander. Die Herausgeberin qualifizierte die beanstandeten Kurzporträts als bezahlte Konzeptinserate. Gerade deren Werbecharakter war nach Meinung des Presserats für das Publikum optisch nicht hinreichend erkennbar. Damit fehle es bereits nach altem Recht an der von Richtlinie 10.1 verlangten klaren Trennung zwischen redaktionellem Teil und Werbung. Der Presserat beurteilte den Fall ausdrücklich noch nach der im Publikationszeitpunkt geltenden Fassung, wies aber zugleich auf die seit dem 1. Januar 2025 geltende strengere Neuregelung hin.

e) Abstimmungsbeitrag auf Online-Plattform und News-Bildschirmen im öV
109

Stellungnahme 33/2025 betraf einen Abstimmungsbeitrag, der auf der Online-Plattform und auf News-Bildschirmen im öffentlichen Verkehr als «Sponsored Content» verbreitet wurde. Der Presserat beschränkte sich auf Richtlinie 10.1 und unterschied zwischen den einzelnen Erscheinungsformen: Auf den News-Bildschirmen sowie im Teaser auf der Startseite sei der Werbecharakter noch erkennbar. In der Online-Version selbst erscheine der Hinweis auf «Sponsored Content» hingegen nur im Pfad zum Text; er verschwinde beim Scrollen. Im Übrigen unterscheide sich der Beitrag weder gestalterisch noch durch eine hinreichend klare Kennzeichnung von redaktionellen Beiträgen. Damit war die Trennung von redaktionellem Teil und Werbung bereits nach altem Recht verletzt.


 

Fussnoten:

  1. Dr. Michael Schweizer ist Rechtsanwalt in Bern und spezialisiert auf Fragen des Medien- und Kommunikationsrechts sowie der Medienethik. Er arbeitet mit Matthias Hofer in derselben Kanzlei.

  2. Eine Darstellung der Zahlen in den Corona-Jahren findet sich bei Michael Schweizer, Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats der Jahre 2021 und 2022, medialex 02/23, 12. März 2023.

  3. Angaben auf Basis vorläufiger Zahlen des Presserats. Die offiziellen Zahlen erscheinen im Jahrheft des Presserats 2025.

  4. Zum hohen Interesse an einer medienethischen Beurteilung durch den Presserat siehe schon Michael Schweizer, Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats der Jahre 2021 und 2022, medialex 02/23, 12. März 2023.

  5. Vgl. persoenlich.com vom 17. Dezember 2024 «Ich will kritischen Journalismus fördern», abrufbar unter: https://www.persoenlich.com/medien/ich-will-kritischen-journalismus-fordern

  6. Der Presserat stützt seine Entscheidungen auf den «Journalistenkodex» (nachfolgend: Berufskodex) bestehend aus der «Erklärung der Pflichten und Rechte der Journalistinnen und Journalisten» (nachfolgend: Erklärung), auf die vom Presserat erlassenen Richtlinien (nachfolgend: Richtlinien) und auf die Praxis des Presserats.

  7. Siehe zur Kommentarfreiheit der Medienschaffenden Michael Schweizer, Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats der Jahre 2021 und 2022, medialex 02/23, 12. März 2023, Rz. 30 ff.

  8. Vgl. Schweizer Presserat, Revidierte Richtlinie «Trennung zwischen redaktionellem Inhalt und Werbung» tritt am 1. Januar in Kraft, abrufbar unter Revidierte Richtlinie «Trennung zwischen redaktionellem Inhalt und Werbung» tritt am 1. Januar in Kraft – Schweizer Presserat. Vgl. persoenlich.com vom 17. Dezember 2024 «Ich will kritischen Journalismus fördern» abrufbar unter:


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Ein Jahr der Konsolidierung und der klaren Grenzen

Überblick über praxisrelevante Entscheide des Jahres 2025 zum Öffentlichkeitsgesetz (BGÖ)

Daniel Ladanie-Kämpfer*, MLaw, Rechtsberater/Öffentlichkeitsberater im Eidgenössischen Departement für auswärtige Angelegenheiten EDA, Bern

Résumé: En 2025, la jurisprudence a renforcé davantage le principe de transparence et en a précisé les contours de manière rigoureuse. Ainsi, les juridictions fédérales ont notamment confirmé leur jurisprudence stricte concernant les prétendues dispositions spéciales qui primeraient sur la LTrans. À cet égard, le Tribunal fédéral s’est montré encore plus strict et est même intervenu de manière corrective à l’encontre du Tribunal administratif fédéral. Ce dernier s’est ensuite aligné, dans sa jurisprudence ultérieure, sur la position du Tribunal fédéral.
Il convient de saluer l’adhésion rigoureuse du Tribunal fédéral au concept normatif des dispositions d’exception. Ainsi, il a notamment corrigé un arrêt du Tribunal administratif fédéral en écartant certains éléments d’une pesée des intérêts effectuée par celui-ci, au motif que la disposition d’exception en cause ne prévoyait pas une pesée des intérêts, mais (uniquement) un examen du risque de dommage.
Enfin, dans l’examen d’un prétendu accord de confidentialité, le Tribunal administratif fédéral a souligné que les tiers souhaitant transmettre volontairement des informations à l’administration devraient faire preuve de prudence et de retenue, compte tenu des exigences formelles élevées auxquelles sont soumis de tels accords de confidentialité.

Zusammenfassung: Im Jahr 2025 stärkte die Rechtsprechung das Öffentlichkeitsprinzip weiter und setzte klare Leitplanken. So bestätigten die eidgenössischen Gerichte etwa ihre strenge Rechtsprechung im Hinblick auf vermeintliche Spezialbestimmungen, die dem BGÖ vorgehen. Dabei zeigte sich das BGer noch strenger und griff gegenüber dem BVGer gar korrigierend ein. Dieses schwenkte sodann in seiner weiteren Rechtsprechung auf die Linie des BGer ein.
Zu begrüssen ist die strikte Orientierung des BGer am Regelungskonzept der Ausnahmebestimmungen. So korrigierte es etwa ein Urteil des BVGer und liess Elemente einer erfolgten Interessenabwägung nicht zu, weil anlässlich der zu prüfenden Ausnahmebestimmung nicht eine Interessenabwägung sondern (nur) eine Schadenrisikoprüfung zu erfolgen hatte.
Schliesslich strich das BVGer bei der Prüfung einer vermeintlichen Vertraulichkeitsabrede hervor, dass Private, welche auf freiwilliger Basis Informationen an die Verwaltung herantragen wollen, aufgrund der hohen formalen Hürden ebensolcher Vertraulichkeitsabreden Vorsicht und Zurückhaltung walten lassen sollten.

I. Einleitung

1

Der vorliegende Beitrag liefert einen Überblick über praxisrelevante Entscheide des Bundesverwaltungsgerichts (BVGer) und des Bundesgerichts (BGer) aus dem vergangenen Jahr zum BGÖ. Wie in den Vorjahren werden die Urteile anhand der geprüften Bestimmungen des BGÖ gruppiert und gegebenenfalls kurz kommentiert, weshalb einzelne Entscheide mehrmals erwähnt werden. Thematische Schwergewichte bildeten – einmal mehr – vermeintliche Spezialbestimmungen, die dem BGÖ möglicherweise vorgehen, sowie der Schutz der zielkonformen Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen.

II. Persönlicher Geltungsbereich des Gesetzes (Art. 2 BGÖ)

a) Dokumente der Bundeskanzlei BK und des Bundesamtes für Landwirtschaft BLW zum Weinkeller des Bundesrates
(TAF A-313/2025 du 7 août 2025)

2

Ein Journalist ersuchte die BK um Zugang zu vier Dokumenten im Zusammenhang mit dem Weinkeller des Bundesrates. Konkret wünschte er Einsicht in die Liste der sich im Weinkeller befindlichen Weine, die Aufstellung des Budgets für den Weineinkauf der vergangenen fünf Jahre, die Richtlinien für die Nutzung des Weinkellers sowie die Auswahlkriterien für Weine des bundesrätlichen Weinkellers.

3

Die BK lehnte das Gesuch mit der Begründung ab, dass die verlangten Informationen der «Sphäre des Bundesrates» zuzurechnen und daher gemäss Art. 2 Abs. 1 Bst. a BGÖ e contrario nicht vom persönlichen Geltungsbereich des BGÖ erfasst seien. Zudem würden zwei der verlangten vier Dokumente vom BLW stammen, weshalb die BK nicht zuständig sei. Nachdem der EDÖB in seiner Empfehlung die BK angehalten hatte, den Zugang zu den vier Dokumenten zu gewähren, wies diese das Gesuch mit derselben Begründung mittels Verfügung erneut ab.

4

Das BVGer folgte der Einschätzung der BK, wonach die verlangten Informationen der «Sphäre des Bundesrates» zuzurechnen und damit dem persönlichen Geltungsbereich des BGÖ entzogen seien, nicht. Es befasste sich eingehend mit der angerufenen «Sphärentheorie» und stellt klar, dass bei Informationen im Zusammenhang mit dem Bundesrat – insbesondere mit Blick auf die Tätigkeiten der BK als dessen Stabsstelle – konsequent zwischen Regierungs- und Verwaltungstätigkeit zu unterscheiden sei. So seien etwa die Bereiche der kollegialen Entscheidfindung, der politischen Willensbildung sowie der repräsentativen Aufgaben des Bundesrates der eigentlichen Regierungstätigkeit zuzuordnen, welche vom persönlichen Geltungsbereich des BGÖ ausgeschlossen sei. Hingegen seien rein administrative Vollzugsaufgaben der BK oder des BLW, wie technische und organisatorische Abläufe, Budgetfragen sowie Zuständigkeiten und Prozesse innerhalb der Verwaltung, nicht der «Sphäre des Bundesrates», sondern jener der Verwaltung zuzuordnen und damit als klassische Verwaltungstätigkeit zu qualifizieren, welche dem BGÖ unterstehe. So sei es der BK nicht gelungen, im vorliegenden Fall zu belegen, dass ihre Tätigkeit im Zusammenhang mit dem Weinkeller des Bundesrates in ihrer Stabsfunktion erfolgt sei. Im Ergebnis seien alle vier verlangten Dokumente, unabhängig davon, ob sie von der BK oder vom BLW stammten, vom persönlichen Geltungsbereich des BGÖ erfasst und demnach zugänglich zu machen.

5

Kommentar: Nach der hier vertretenen Auffassung wirft das Urteil die grundsätzliche Frage auf, ob das BVGer den persönlichen Geltungsbereich des Gesetzes in Bezug auf den Bundesrat und insbesondere die im Urteil thematisierte «Sphärentheorie» nicht zu eng auslegt. Es sei daran erinnert, dass der Gesetzgeber nicht nur den politischen Kern der Regierungstätigkeit (i.S.d. bundesrätlichen „Entscheidens“ – unterteilt in das schriftliche Mitberichtsverfahren und die mündliche Bundesratssitzung) vom Anwendungsbereich des BGÖ ausnehmen wollte. Ansonsten wäre Artikel 8 Absatz 1 BGÖ (Ausschluss des Zugangs zu amtlichen Dokumenten des Mitberichtsverfahrens) ausreichend gewesen. Vielmehr hat der Gesetzgeber die geschützte Regierungstätigkeit im BGÖ weiter gefasst als das „blosse“ Entscheiden, indem er den Bundesrat als Ganzes vom persönlichen Geltungsbereich des BGÖ ausgeschlossen hat (Art. 2 Abs. 1 Bst. a BGÖ e contrario).

6

Eine zu enge Auslegung der sog. «Sphärentheorie» birgt die Gefahr einer funktionalen Aushöhlung der Einschränkung des persönlichen Geltungsbereichs in Bezug auf den Bundesrat, indem der geschützte Bereich auf einen (zu) kleinen Kern beschränkt wird. Dies steht in einem gewissen Widerspruch zum gesetzgeberischen Regelungskonzept. Darüber hinaus könnten sämtliche Informationen und Unterlagen im Zusammenhang mit dem Weinkeller durchaus dem Bereich der Repräsentationsaufgaben des Bundesrates zugeordnet werden, für welchen das BVGer den Ausschluss vom BGÖ bejaht. Auch rein administrative Unterstützungsleistungen der Verwaltung können Teil der politischen Funktionsfähigkeit des Bundesrates bilden. Eine Unterstellung sämtlicher rein administrativer Tätigkeiten der BK bzw. der übrigen Bundesverwaltung für den Bundesrat würde den Willen des Gesetzgebers, den Bundesrat als Ganzes vom persönlichen Geltungsbereich des Gesetzes auszuschliessen, untergraben und die sog. «Sphärentheorie» insgesamt obsolet machen.

b) Dokumente der Aufsichtsbehörde über die Bundesanwaltschaft AB-BA mit externen Dienstleistern im Kommunikationsbereich
(BVGer A-2443/2024 vom 27. November 2025)

7

Ein Journalist ersuchte bei der AB-BA um Zugang zu Vereinbarungen, Verträgen, Abrechnungen und Korrespondenz mit externen Dienstleistern im Kommunikationsbereich und bei juristischen Fragen (Hilfspersonen, ausserordentliche Staatsanwälte und Bundesanwälte) seit 2021. Nach einer ersten Ablehnung des Gesuches vereinbarten die Parteien anlässlich einer Schlichtungsverhandlung vor dem EDÖB, dass die AB-BA den Zugang zu 1. vertraglichen Vereinbarungen mit Beratungsdienstleistern zu Kommunikationsberatung (ohne Gutachten) seit 2021 und 2. einer Liste der von der AB-BA eingesetzten ausserordentlichen Staatsanwältinnen und -Staatsanwälten unter Einschluss der von diesen beigezogenen juristischen Hilfspersonen prüfe.

8

Nach erneuter Ablehnung auch dieses präzisierten Gesuches empfahl der EDÖB in seiner Empfehlung, die AB-BA solle den Zugang zu den ersuchten Dokumenten nach erfolgter Anhörung der betroffenen Dritten gewähren. Daraufhin erliess die AB-BA eine Verfügung, in welcher sie das Gesuch abermals ablehnte. Zur Begründung stellte sie sich auf den Standpunkt, es bestehe lediglich ein Anspruch auf Zugang zu amtlichen Dokumenten aus ihrer Kerntätigkeit, der Aufsicht über die Bundesanwaltschaft, namentlich zu Inspektionsberichten, Empfehlungen oder Weisungen. Die vom Gesuchsteller verlangten Dokumente würden nicht in diesen Bereich gehören und selbst bei einer Anwendung des BGÖ würde kein Anspruch auf Zugang bestehen, da die verlangten Dokumente im Zusammenhang mit Strafverfahren stehen würden. Gegen diese Verfügung gelangte der Gesuchsteller mit Beschwerde an das BVGer.

9

Das BVGer hielt einleitend fest, dass die Zuständigkeit für die Wahl ausserordentlicher Bundesanwältinnen und Bundesanwälte gemäss Art. 17 Abs. 3 ParlG[1] ausschliesslich bei der Bundesversammlung liege, weshalb die AB-BA hierfür nicht zuständig sei und nach ihren eigenen Angaben in diesem Zusammenhang über keinerlei amtliche Dokumente verfüge. Deshalb erweise sich die Beschwerde in diesem Punkt als unbegründet und sei abzuweisen.

10

Indes wies das BVGer darauf hin, dass das StBOG[2] keine spezialgesetzlichen Regelungen über die Transparenz des Handelns der AB-BA enthalte. Im Ergebnis handle es sich bei der AB-BA um eine ausserhalb der Bundesverwaltung stehende Behörde, die im Rahmen ihrer Aufsichtstätigkeit funktional einer dezentralen Verwaltungseinheit i.S.v. Art. 2 Abs. 1 Bst. a BGÖ gleichzustellen sei. Gerade weil ausserordentliche Staatsanwältinnen und Staatsanwälte, anders als Bundesanwältinnen und Bundesanwälte und deren Stellvertretungen, nicht von der Bundesversammlung gewählt und damit keiner unmittelbaren demokratischen Kontrolle unterliegen würden, komme dem Öffentlichkeitsprinzip in diesem Bereich eine zentrale rechtsstaatliche Kontrollfunktion zu. Dementsprechend unterstehe die AB-BA dem persönlichen Geltungsbereich des Gesetzes gemäss Art. 2 Abs. 1 Bst. a BGÖ.

11

Kommentar: Dieses Urteil bringt eine wichtige Klarstellung sowie Rechtssicherheit im Bereich der Strafverfolgungsaufsicht auf Bundesebene mit sich. Die Mandatierung ausserordentlicher Staatsanwältinnen und Staatsanwälte war und ist politisch und rechtlich schon länger umstritten. Das Urteil stärkt die demokratische Kontrolle entsprechender Vorgänge, indem es das BGÖ auch in diesem Bereich grundsätzlich für anwendbar erklärt.

III. Sachlicher Geltungsbereich des Gesetzes (Art. 3 BGÖ)

Dokumente der Aufsichtsbehörde über die Bundesanwaltschaft AB-BA mit externen Dienstleistern im Kommunikationsbereich
(BVGer A-2443/2024 vom 27. November 2025)

12

Im soeben besprochenen Urteil betreffend vertragliche Vereinbarungen der AB-BA mit Beratungsdienstleistern zu Kommunikationsberatung (ohne Gutachten) seit 2021 und einer Liste der von ihr eingesetzten ausserordentlichen Staatsanwältinnen und -Staatsanwälten unter Einschluss der von diesen beigezogenen juristischen Hilfspersonen wurde der Zugang u.a. auch mit der Begründung verweigert, dass diese Unterlagen in direktem Zusammenhang mit geführten Strafverfahren stehen würden und demnach gemäss Art. 3 Abs. 1 Bst. a Ziff. 2 BGÖ dem sachlichen Geltungsbereich des Gesetzes entzogen seien.

13

Das BVGer wies unter Bezugnahme auf die bundesgerichtliche Rechtsprechung zu Art. 3 Abs. 1 Bst. a Ziff. 2 BGÖ darauf hin, dass bei Verfahrensakten zwischen Dokumenten zu unterscheiden ist, die ausdrücklich im Rahmen eines Strafverfahrens oder explizit im Hinblick auf ein solches Verfahren erstellt worden sind (Strafakten im engeren Sinne), und solchen, die blosse Beweismittel (Strafakten im weiteren Sinne) darstellen. Nur erstere seien vom Anwendungsbereich des BGÖ ausgenommen, wohingegen rein administrative Unterlagen oder verwaltungsrechtliche Verträge grundsätzlich keinen verfahrensbezogenen Charakter im Hinblick auf ein konkretes Strafverfahren aufweisen würden. Für die streitgegenständlichen Dokumente würde ein pauschaler Verweis auf die Einschränkung des sachlichen Geltungsbereichs des BGÖ für Strafakten demnach nicht genügen. Dementsprechend hob das BVGer die Verfügung der AB-BA auf und wies die Sache zum neuen Entscheid an diese zurück. Dabei habe die AB-BA im Einzelnen zu prüfen, ob und welche Dokumente tatsächlich Strafakten im engeren Sinne darstellen würden. Zudem habe sie die streitgegenständlichen Dokumente auf die Anwendbarkeit von Ausnahmebestimmungen zu prüfen.

14

Kommentar: Einmal mehr bestätigt das BVGer die restriktive Auslegung des Ausschlusses von Strafakten aus dem sachlichen Geltungsbereich des BGÖ. Demnach reicht es nicht, dass die fraglichen Unterlagen bloss im Zusammenhang mit einem Strafverfahren stehen. Vielmehr müssen sie eng mit dem Streitgegenstand des Strafverfahrens verbunden und von den Gerichts- oder Strafverfolgungsbehörden ausgehen oder durch diese angeordnet worden sein.

IV. Spezialbestimmungen anderer Bundesgesetze (Art. 4 BGÖ)

a) Auszug aus dem Betriebs- und Unternehmungsregister (BUR) des Bundesamtes für Statistik BFS
(BVGer A-4618/2024 vom 6. August 2025)

15

Eine Privatperson ersuchte das BFS um eine vollständige Liste sämtlicher in der Schweiz registrierter Firmennamen, ihrer entsprechenden Unternehmens-Identifikationsnummer (UID) und ihrem entsprechenden NOGA[3]-Code. Nach einem Schlichtungsverfahren vor dem EDÖB, welches zu keiner Einigung geführt hatte, verfügte das BFS eine vollständig Zugangsverweigerung zur anbegehrten Liste. Diese begründete es u.a. mit der Anwendbarkeit von Art. 10 Abs. 3 (Betriebs- und Unternehmensregister) und Art. 14 Abs. 1 BStatG[4] (Datenschutz und Amtsgeheimnis, sog. Statistikgeheimnis) sowie Art. 10 Abs. 3 BURV[5] (Weitergabe der Daten zu anderen Zwecken) als vermeintliche Spezialbestimmungen i. S. v. Art. 4 BGÖ. So sei ein Zugang zu diesen Daten für alle anderen als statistische Zwecke ausgeschlossen und damit auch der Zugang gestützt auf das BGÖ zu verneinen. Zwar statuiere Art. 10 Abs. 3 BStatG eine Ausnahme vom Statistikgeheimnis, indem der Bundesrat bestimmte Angaben auch zur Verwendung für personenbezogene Zwecke vorsehen könne. Diese Ausnahme vom Statistikgeheimnis sei jedoch auf Verwendungszwecke im öffentlichen Interesse beschränkt. Art. 10 Abs. 3 BURV sehe sodann vor, dass die Bearbeitung der Daten nach den Bestimmungen des DSG zu erfolgen habe, weshalb die Bearbeitung der verlangten Daten durch Private von einer Einwilligung der Betroffenen, einem überwiegenden privaten oder öffentlichen Interesse oder vom Gesetz abgedeckt sein müsse. Soweit die BUR-Daten zu personenbezogenen Zwecken ausserhalb jeglichen öffentlichen Interesses verwendet werden sollten, würden sie demnach unter das Statistikgeheimnis gemäss Art. 14 Abs. 1 BStatG fallen und könnten nicht gemäss BGÖ allgemein zugänglich gemacht werden.

16

Das BVGer folgte dieser Argumentation bereits in seinem diesbezüglichen Urteil A-4708/2022 vom 29. Februar 2024[6] nicht. Es hielt fest, dass das Statistikgeheimnis dazu diene, für statistische Zwecke erhobene Daten einzig hierfür zuzulassen und nicht für andere Interessen zweckzuentfremden. Für Daten, die bei der Verwaltungstätigkeit anfallen und zusätzlich statistisch genutzt werden, um diese Verwaltungstätigkeit selbst zu verbessern, müsse demgegenüber der Zweck des BGÖ vorgehen, der gerade darin bestehe, Transparenz über die Verwaltungstätigkeit als solcher zu schaffen. Sodann sei die Tragweite einer vermeintlichen Spezialbestimmung durch Auslegung zu ermitteln. Das Ergebnis dieser Auslegung ergebe, dass der Wortlaut von Art. 14 BStatG nicht klar sei. Die historische, die systematische sowie die teleologische Auslegung würden i.V.m. Art. 10 Abs. 3 BStatG gegen eine Abstützung auf Art. 14 BStatG als Spezialbestimmung i.S.v. Art. 4 Bst. a und Bst. b BGÖ für die fragliche Liste sprechen. Die Regelung auf Verordnungsstufe im BURV reichte für eine Spezialbestimmung ohnehin nicht aus. Somit liege zumindest für die verlangte Liste keine dem BGÖ vorgehende Spezialbestimmung vor und das BGÖ finde Anwendung. Das BVGer hob die Verfügung der Vorinstanz auf und wies die Sache zur Neubeurteilung an diese zurück

17

In der Folge verfügte das BFS erneut und hielt wiederum fest, dass das BGÖ aufgrund von Spezialbestimmungen im Sinne von Art. 4 Bst. a und b BGÖ keine Anwendung finde. Weiter hielt es fest, dass keine vollständige Liste aller Unternehmen existiere, welche bekanntgegeben werden könne. Schliesslich ziele die vorliegende Anfrage auf die Bekanntgabe des ganzen Registers ab, was dem Verhältnismässigkeitsprinzip widerspreche. Zwar sei ein Zugang zu den verlangten Daten nach den Bestimmungen des BstatG und der BURV möglich, jedoch gemäss Art. 13 BURV gebührenpflichtig. Der Gesuchsteller könne die Daten via Schnittstelle erhalten. Gegen diese Verfügung gelangte der Gesuchsteller abermals mit Beschwerde an das BVGer.

18

In seinem neuerlichen Urteil prüfte das BVGer insbesondere, in welchen Punkten sein vorangehendes Urteil in derselben Sache bereits eine Bindungswirkung zu entfalten vermochte. Es rief in Erinnerung, dass für die verlangte Liste keine dem BGÖ vorgehende Spezialbestimmung vorliege. Da das BFS in seiner erneuten Verfügung im Wesentlichen wiederum nur (sinngemäss) das Vorhandensein eines amtlichen Dokuments anzweifle und sich abermals zu vermeintlichen Spezialbestimmungen zum BGÖ geäussert habe, sei es den verbindlichen Anordnungen des BVGer aus dessen vorangegangenem Urteil nicht gefolgt, was eine materielle Rechtsverweigerung darstelle und die Aufhebung der bundesrechtswidrigen Verfügung zur Folge habe. Da mit Blick auf allenfalls entgegenstehende Interessen der betroffenen Unternehmen noch keine abschliessende Klärung durch das BFS vorlag, wies es die Angelegenheit erneut zur weiteren Prüfung und zum neuen Entscheid an das BFS zurück.

b) Kriterien und Gewichtung Evaluation Air2030 neues Kampfflugzeug des Bundesamtes für Rüstung armasuisse
(BGer 1C_214/2023 vom 5. März 2025)

19

Ein Medienschaffender verlangte bei armasuisse Zugang zu diversen Unterlagen im Zusammenhang mit dem Evaluations- bzw. Beschaffungsprozess neuer Kampfflugzeuge. Nachdem armasuisse ihm den Zugang zu den beiden Dokumenten «Konkretisierung Subkriterien» (Dokument A) und «Bewertungsmatrix» (Dokument B) mittels Verfügung verweigerte, gelangte er mit Beschwerde ans BVGer.

20

Armasuisse begründete die Zugangsverweigerung zu den beiden streitgegenständlichen Dokumenten im Wesentlichen unter Hinweis auf die Vertraulichkeit von Rüstungsbeschaffungen gemäss Art. 3 Abs. 1 Bst. e aBöB[7], welche als Spezialbestimmung i.S.v. Art. 4 Bst. a BGÖ vorbehalten bleibe.

21

In seinem Urteil A-839/2022 vom 5. April 2023 gelangte das BVGer zum Schluss, dass es sich bei Art. 3 Abs. 1 Bst. e aBöB um eine spezialgesetzliche Bestimmung zum BGÖ handle, welche diesem gemäss seinem Art. 4 vorgehe. Während die grammatikalische sowie die historische Auslegung zu keinen Ergebnissen führten, stützte sich das BVGer anlässlich der systematischen Auslegung auf den Umstand, dass bei Vergaben nach Art. 3 Abs. 1 Bst. e aBöB keine aktiven behördlichen Informations- und Publikationspflichten bestehen würden. In teleologischer Hinsicht sah es den Zweck der Vertraulichkeit seines Sinnes entleert, wenn trotz Fehlens aktiver Informations- und Publikationspflichten dennoch im Rahmen der passiven Information gemäss BGÖ der Zugang zu Informationen gewährt werden müsste. Schliesslich erkannte das BVGer, dass die militärischen Interessen an der nationalen Sicherheit das Informationsbedürfnis des Journalisten bzw. der Öffentlichkeit überwiegen würden.[8]

22

Das BGer widersprach dieser Auslegung und hielt im Rahmen der systematisch-teleologischen Auslegung fest, dass das Fehlen von Aktivinformationspflichten aufgrund der beschaffungsrechtlichen Sonderregeln für sich allein genommen keinerlei Anhaltspunkte dafür liefere, dass die sog. sicherheitskritischen Beschaffungen vollumfänglich von der mit dem aBöB angestrebten Transparenz ausgenommen werden sollten. Die Ausnahme der Beschaffung von Waffen, Munition oder Kriegsmaterial aus dem Geltungsbereich des aBöB erlaube bloss die abweichende Regelung der Information i.S.e. Vergabeverfahrens ohne Publikationsvorschriften. Hingegen sei in Art. 3 Abs. 1 Bst. e aBöB weder eine Aussage zur aktiven Information enthalten noch sei deren Beschränkung vorgesehen. Ebenso wenig enthalte die Bestimmung ein Verbot, auf Gesuch hin Zugang zu amtlichen Dokumenten zu gewähren, weshalb in Art. 3 Abs. 1 Bst. e aBöB keine Spezialbestimmung i.S.v. Art. 4 BGÖ zu sehen sei. Dementsprechend wies das BGer die Sache zur erneuten Prüfung an das BVGer zurück.

23

Kommentar: Die Intervention des BGer ist korrekt und reiht sich in die strenge bundesgerichtliche Rechtsprechung zu vermeintlichen Spezialbestimmungen zum BGÖ ein. So hält das BGer zutreffend fest, dass Aktivinformationsvorschriften zwar grundsätzlich spezialgesetzliche Zugangsnormen i.S.v. Art. 4 Bst. b BGÖ darstellen können, die Frage, ob damit im Einzelfall Zugangsvorschriften des BGÖ übersteuert werden, jedoch im konkreten Einzelfall durch Auslegung zu ermitteln ist. Die Haltung des BVGer, wonach Sinn und Zweck einer Beschränkung von Aktivinformationsvorschriften durch eine parallele Anwendung des BGÖ unterlaufen würde, wurde vom BGer nach der hier vertretenen Auffassung zu Recht korrigiert.

c) Bericht Lärmmessungen neues Kampfflugzeug der Eidgenössischen Materialprüfungs- und Forschungsanstalt EMPA
(BGer 1C_228/2023 vom 5. März 2025)

24

Ein Medienschaffender verlangte bei der EMPA Zugang zum Abschlussbericht «Evaluation neues Kampfflugzeug – Messtechnische Ermittlung akustischer Kenngrössen und Auswirkungsanalyse». Nachdem die EMPA ihm den Zugang zum verlangten Bericht mittels Verfügung verweigerte, gelangte er mit Beschwerde ans BVGer, welches seine Beschwerde abwies. Die hierauf erhobene Beschwerde wurde vom BGer gutgeheissen.

25

Die Begründung der Zugangsverweigerung durch die EMPA als auch die bundesverwaltungs- und die bundesgerichtlichen Erwägungen fielen weitestgehend identisch mit dem hiervor besprochenen Urteil [Bst. b. Kriterien und Gewichtung Evaluation Air2030 neues Kampfflugzeug von armasuisse (BGer 1C_214/2023 vom 5. März 2025) aus, weshalb auf die dortigen Ausführungen verwiesen wird (Rn 19 ff.).

d) Amtliche Dokumente des Bundesamtes für Polizei fedpol betreffend die Beschaffung von Überwachungssoftware (GovWare)
(BVGer A-1528/2024 vom 12. November 2025)

26

Eine Journalistin ersuchte bei fedpol um Zugang zu Informationen und Unterlagen im Zusammenhang mit der Beschaffung der IKT-ProgFMÜ-P4-GovWare. Nach einer ersten vollständigen Zugangsverweigerung schränkte die Gesuchstellerin ihr Gesuch anlässlich des Schlichtungsverfahrens dahingehend ein, dass sie nunmehr nur noch Zugang zu den konzeptionellen Unterlagen (Phasen Initialisierung, Konzept, Realisierung und Einführung) verlangte und jene in direktem Zusammenhang mit der Beschaffung ausschloss. Nach erneuter vollständiger Zugangsverweigerung und anschliessender Empfehlung des EDÖB, wonach fedpol für die nicht beschaffungsrelevanten Unterlagen einen Zugang im Hinblick auf die Ausnahmebestimmungen des BGÖ prüfen solle, erliess fedpol eine ablehnende Verfügung.

27

Darin stellte sich fedpol u.a. auf den Standpunkt, dass die verlangten Unterlagen insgesamt eine Sicherheitsbeschaffung betreffen würden, welche nach (damaligem) Art. 3 Abs. 2 Bst a aBöB[9] vom öffentlichen Beschaffungsrecht und damit nach Art. 4 Bst. a BGÖ auch vom sachlichen Anwendungsbereich des BGÖ ausgeschlossen sei. Dementsprechend müssten auch keine Ausnahmebestimmungen gemäss Art. 7 BGÖ geprüft werden. Gegen diese Verfügung erhob die Gesuchstellerin Beschwerde.

28

Das BVGer skizzierte zunächst seine bisherige Rechtsprechung sowie die jüngste Rechtsprechung des BGer[10] zu Art. 3 aBöB und ermittelte daraufhin mittels Auslegung den wahren Sinngehalt der vermeintlichen Spezialbestimmung gemäss Art. 3 Abs. 2 Bst. a aBöB. Dabei kam es zum Schluss, dass Art. 3 Abs. 2 Bst. a aBöB zwar eine von den allgemeinen Regeln abweichende Information erlaubte, indem die entsprechend sensiblen Beschaffungen insbesondere im freihändigen Verfahren ohne Publikation erfolgen konnten. Hingegen enthalte Art. 3 Abs. 2 Bst. a aBöB weder eine Aussage zur aktiven Information noch zu deren Beschränkung und auch kein Verbot, auf Gesuch hin Zugang zu amtlichen Dokumenten zu gewähren. So ergebe sich aus sämtlichen Auslegungselementen, dass es sich bei Art. 3 Abs. 2 Bst. a aBöb nicht um eine Spezialbestimmung handle, welche dem BGÖ gemäss dessen Art. 4 Bst. a vorgehe. Auch stehe eine allfällige Klassifizierung der Dokumente als «GEHEIM», «INTERN» oder «VERTRAULICH» für sich allein genommen einem Zugang nicht entgegen. Vielmehr sei allein das BGÖ massgeblich. Dementsprechend hob das BVGer die Verfügung von fedpol auf und wies die Sache zur erneuten Prüfung über eine allfällige Anwendung anderer Spezialbestimmungen oder Ausnahmegründe an dieses zurück.

29

Kommentar: Dieses Urteil berücksichtigt die jüngste Rechtsprechung des BGer, welche die diesbezügliche frühere Praxis des BVGer korrigiert hat. Diese neue Rechtsprechung schafft Rechtssicherheit, indem sich Behörden bei BGÖ-Gesuchen zu sicherheitsrelevanten Beschaffungen nicht mehr pauschal auf Geheimhaltung berufen und den Zugang vollständig verweigern können. Vielmehr müssen sie die verlangten amtlichen Dokumente einzeln prüfen und Zugangsbeschränkungen im Hinblick auf die Ausnahmebestimmungen begründen. Damit bleibt jedoch die Möglichkeit bestehen, tatsächlich sicherheitsrelevante Informationen und Unterlagen zurückzuhalten. Auch eine allfällige Anwendbarkeit anderer Spezialbestimmungen bleibt davon unberührt. So könnte bei sicherheitsrelevanten Beschaffungen in Zusammenhang mit (u.a.) nachrichtendienstlicher Informationsbeschaffung etwa Art. 67 NDG[11] als Spezialbestimmung zu einem generellen Ausschluss des BGÖ führen.[12]

V. Zielkonforme Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen (Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ)

a) Ermächtigungsantrag der Eidg. Steuerverwaltung ESTV an den Vorsteher des Eidg. Finanzdepartements EFD zur Durchführung einer speziellen Steuerprüfung
(TAF A-2305/2025 du 19 septembre 2025)

30

Eine Privatperson, gegen welche mit Ermächtigung des ehemaligen Vorstehers des EFD eine spezielle Steuerprüfung i.S.v. Art. 190 Abs. 1 DBG[13] durchgeführt worden war, ersuchte die ESTV gestützt auf das BGÖ um Zugang zum entsprechendem Ermächtigungsantrag an den Vorsteher des EFD aus dem Jahre 2017. Das GS-EFD lehnte das Gesuch mit der Begründung ab, wonach das entsprechende Strafverfahren noch nicht abgeschlossen und das BGÖ demnach nicht anwendbar sei. Weiter sei das verlangte Dokument in vorliegendem Fall gestützt auf die einschlägigen verfahrensrechtlichen Bestimmungen über die Akteneinsicht herauszuverlangen. Hingegen sei das BGÖ auch nach Abschluss des entsprechenden Strafverfahrens nicht anwendbar, da das verlangte Dokument von der ESTV explizit im Hinblick auf dieses Verfahren erstellt worden sei.

31

Im anschliessenden Schlichtungsverfahren erliess der EDÖB eine Empfehlung, in welcher er zum Schluss kam, das Gesuch sei nach den Bestimmungen des DSG[14] (Auskunftsrecht) und nicht nach jenen des BGÖ zu beurteilen. Daraufhin erliess die ESTV eine Verfügung, in welcher sie das Gesuch als rechtsmissbräuchlich ablehnte, da der Gesuchsteller mit seinem Vorgehen verfahrensrechtliche Einsichtsregeln zu umgehen versuche. Weiter stellte sie sich auf den Standpunkt, das Gesuch sei einzig nach dem DSG zu beurteilen, wobei die Interessen der ESTV an der Wahrung ihrer Ermittlungsmethoden im Sinne einer konkreten Massnahme eine Ablehnung des Gesuches sowohl nach DSG, als auch nach BGÖ rechtfertigen würden. Gegen diese Verfügung erhob der Gesuchsteller Beschwerde vor dem BVGer.

32

Da BVGer erachtete die Voraussetzungen für eine Anwendung von Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ im vorliegenden Fall als gegeben. Nach seiner Einschätzung würde die Einsichtnahme in das verlangte Dokument die Ermittlungsstrategie der ESTV und die konkreten Ermittlungsmaßnahmen offenlegen, wobei die Begründung des Verdachts auf Steuervergehen und die Rechtfertigung der Notwendigkeit weiterer Ermittlungen zuhanden des Vorstehers des EFD im Hinblick auf eine entsprechende Genehmigung zur Eröffnung einer speziellen Steuerprüfung ja gerade Sinn und Zweck des betroffenen Dokuments bildeten. Auch erklärte das BVGer den Umstand für unerheblich, wonach das Strafverfahren gegen den Gesuchsteller in der Zwischenzeit abgeschlossen worden ist. Dies deshalb, weil die Anwendbarkeit von Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ nicht von einer Beeinträchtigung der zielkonformen Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen in einem bestimmten Einzelfall abhängig sei. Dementsprechend habe die ESTV das Gesuch zu Recht gestützt auf Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ abgelehnt.

33

Eine Beschwerde gegen dieses Urteil ist vor BGer hängig.

34

Kommentar: Dieses Urteil ruft die bereits ergangene Rechtsprechung sowie die geltende juristische Lehre und die Verwaltungspraxis zu den Voraussetzungen und Grenzen von Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ insbesondere für Ermittlungsbehörden anschaulich in Erinnerung. Als Haupterkenntnis kann festgehalten werden, dass diese Ausnahmebestimmung zwar nur konkrete behördliche Massnahmen schützt, worunter jedoch nicht die gesamte Haupttätigkeit einer Behörde subsumiert werden kann. Zwar muss die Wahrung der Vertraulichkeit der verlangten Informationen den Schlüssel zur erfolgreichen Umsetzung der betreffenden Massnahme bilden, doch brauchen die betreffenden Informationen, sofern sie die Durchführung konkreter Massnahmen behindern sollen, nicht zwingend einen (aktuellen) Einzelfall zu betreffen.

b) Unterlagen zu vertraulichen Preismodellen der autologen CAR-T-Zelltherapie des Bundesamtes für Gesundheit BAG
(BGer 1C_475/2023 vom 18. Februar 2025)

35

Ein Journalist verlangte beim BAG Zugang zu Dokumenten für die autologe CAR-T-Zelltherapie, aus denen die real bezahlte Höhe der Vergütung gemäss Tarifvereinbarung vom 26. August 2020 hervorgeht. Nach durchlaufenem Schlichtungsverfahren wegen erfolgter Zugangsbeschränkungen ersuchten sowohl der Gesuchsteller als auch zwei Betroffene um Erlass einer Verfügung.

36

In seiner Verfügung hielt das BAG an seiner Zugangsbeschränkung hinsichtlich der Höhe der real bezahlten Vergütungen, der Höhe der Rabatte, der Höhe der geschätzten Gesamtkosten sowie deren Berechnung fest und begründete die Einschwärzung dieser Informationen damit, dass bei neuen, innovativen und hochpreisigen Therapien die Versorgungssicherheit zu wirtschaftlichen Preisen nur gewährleistet werden könne, wenn auch vertrauliche Preisvereinbarungen umgesetzt werden könnten. Eine Publikation der Preisvereinbarungen sowie spezifischer Rückerstattungsbeträge würde die entsprechenden Vorkehrungen unterlaufen. Die Anwendung vertraulicher Preisvereinbarungen im Sinne einer zielkonformen Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ diene der Gewährleistung einer hochstehenden, wirtschaftlichen Versorgung der Schweizer Bevölkerung mit neuen, hochpreisigen und innovativen Therapien. Ähnlich argumentierten auch die beiden Beschwerdegegnerinnen.

37

Das BVGer kam zum Schluss, dass die Zurverfügungstellung der CAR-T-Zelltherapie in der Schweiz sehr wahrscheinlich gefährdet würde, wenn die Vorinstanz die vertraulichen Preisvereinbarungen zwischen den Spitälern und den Zulassungsinhaberinnen bekannt geben müsste. Es sei davon auszugehen, dass die Zulassungsinhaberinnen sehr wahrscheinlich zu den Listenpreisen zurückkehren oder sich sogar ganz aus der Schweiz zurückziehen würden. Zwar sei sich das Gericht bewusst, dass das System der Genehmigung von Tarifverträgen gestützt auf Kostenberechnungen anhand vertraulicher Preismodelle in einem umstrittenen gesundheitsökonomischen und politischen Spannungsfeld stattfinde und mit entsprechenden Zielkonflikten einhergehe, doch habe das BAG überzeugend dargelegt, dass die Voraussetzungen einer Anwendung von Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ gegeben seien.

38

Das BGer folgte dieser Rechtsauffassung nicht. Es hielt zunächst fest, dass der Begriff der „konkreten behördlichen Massnahme“ gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ nicht auf konkrete Einzelfälle eingeschränkt zu verstehen sei, sondern durchaus eine Vielzahl von Fällen, mithin die Praxis einer bestimmten Behörde, betreffen könne. Davon zu unterscheiden sei jedoch die allgemeine Aufgabenerfüllung einer Behörde, die demgegenüber nicht in den Anwendungsbereich dieser Ausnahmebestimmung fallen könne. Die vorliegend in Frage stehende konkrete behördliche Tätigkeit des BAG beschränke sich auf die Prüfung eines von Dritten (Tarifpartnern) ausgehandelten Vertrages. Die Erfüllung dieser spezifischen Aufgabe werde durch einen allfälligen Informationszugang nicht beeinträchtigt. Daran würden auch allfällige negative Folgen, wie eine Anhebung der Preise in der Schweiz oder gar ein Rückzug vom Schweizer Markt, nichts ändern. Zwar lägen solche Konsequenzen nicht im öffentlichen Interesse, doch sei eine derartige Interessenabwägung anlässlich der Ausnahmebestimmungen nach Art. 7 Abs. 1 BGÖ gerade nicht vorgesehen. Vielmehr sei die Ausnahmebestimmung nur dann anwendbar, wenn eine behördliche Massnahme in Frage stehe, deren zielkonforme Durchführung durch den Zugang zu amtlichen Dokumenten beeinträchtigt würde. Da dies vorliegend jedoch nicht der Fall sei, habe das BAG seine teilweise Zugangsverweigerung zu Unrecht auf Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ abgestützt und die Sache sei demnach zur neuen Beurteilung, insbesondere im Hinblick auf die Anwendbarkeit anderer gesetzlicher Ausnahmebestimmungen, an das BAG zurückzuweisen.

39

Kommentar: Dieses Urteil mag überraschen, mit Blick auf die gesetzliche Konzeption des BGÖ überzeugt es aber durchaus. Zwar erscheinen die zu befürchtenden Konsequenzen einer Zugangsgewährung naheliegend und wahrscheinlich, doch erweisen sie sich als Risiken, welche anlässlich der im Rahmen der Ausnahmebestimmungen gemäss Art. 7 Abs. 1 BGÖ vorausgesetzten Schadenrisikoprüfung (anstelle einer eigentlichen Interessenabwägung) unerheblich bleiben.

VI. Berufs-, Geschäfts- oder Fabrikationsgeheimnisse (Art. 7 Abs. 1 Bst. g BGÖ)

Unterlagen zum Grossterminal Gateway Basel Nord der Wettbewerbskommission WEKO
(BGer 1C_335/2023 vom 11. März 2025)

40

Ein Unternehmen ersuchte bei der WEKO um Zugang zu Dokumenten im Zusammenhang mit der Untersuchung des Zusammenschlusses dreier Logistikfirmen zum Grossterminal Gateway Basel Nord.

41

Nach durchlaufenem Schlichtungsverfahren sowie einer Rüge des BVGer wegen Rechtsverweigerung[15], gewährte die WEKO mittels Verfügung einen teilweisen Zugang zu den streitgegenständlichen Dokumenten. Ihre diesbezüglichen Einschwärzungen begründete die WEKO u.a. mit der Qualifikation der zurückgehaltenen Informationen als Geschäftsgeheimnisse der betroffenen Unternehmen.

42

Das BVGer hielt anlässlich der Prüfung allfälliger Geschäftsgeheimnisse zunächst fest, dass sich auch Unternehmen in einer potenziell marktbeherrschenden Stellung auf den Schutz ihrer Geschäftsgeheimnisse berufen könnten.[16] Die umso mehr, als zum Zeitpunkt vor dem Zusammenschluss noch gar keine marktbeherrschende Stellung bestehe. Im Übrigen bestätigte es unter Bezugnahme auf die einzelnen Einschwärzungen weitestgehend deren Qualifikation als Geschäftsgeheimnisse und damit die Rechtmässigkeit ihrer Abdeckung, da es sich um Informationen zur Preiskalkulation, zur Geschäftsstrategie oder zur internen Organisation der Unternehmen handle.

43

Die daraufhin erhobene Beschwerde wurde vom BGer abgewiesen. Dabei schützte es den vorinstanzlichen Entscheid des BVGer im Rahmen der Qualifikation der geschwärzten Inhalte als schützenswerte Geschäftsgeheimnisse i.S.v. Art. 7 Abs. 1 Bst. g BGÖ. Weiter hielt es fest, dass eine Qualifikation von Informationen in amtlichen Dokumenten als Geschäftsgeheimnisse für sich allein genommen bereits ausreichend sei, um deren Einschwärzung zu rechtfertigen. Nicht erforderlich sei eine zusätzliche Abwägung der auf dem Spiel stehenden privaten und öffentlichen Interessen, da der Gesetzgeber diese Interessenabwägung bereits vorweggenommen habe.

44

Kommentar: Zu Recht erinnert das BGer in diesem Urteil an die gesetzliche Konzeption des BGÖ, bei welcher anlässlich der Prüfung der Ausnahmebestimmungen gemäss Art. 7 Abs. 1 BGÖ nur, aber immerhin, eine Schadenrisikoprüfung, hingegen keine eigentliche Interessenabwägung vorzunehmen ist. Die Qualifikation einer bestimmten Information als Geschäftsgeheimnis führt demnach berechtigterweise zu deren Einschwärzung. Umgekehrt kann deren Offenlegung nicht mittels eines überwiegenden öffentlichen oder privaten Interesses gerechtfertigt werden.

VII. Zusicherung der Geheimhaltung durch die Behörde (Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ)

Dokumente des Bundesamtes für Lebensmittelsicherheit und Veterinärwesen BLV betreffend Wasserfiltration mit Aktivkohle durch die Nestlé Waters (Suisse) SA
(TAF A-3053/2025 du 7 octobre 2025)

45

Die Staatsanwaltschaft des Kantons Waadt veröffentlichte im Frühsommer 2025 eine Medienmitteilung, wonach anlässlich einer Inspektion durch das OFCO[17] in den Anlagen in Henniez, die sich im Besitz von Nestlé befinden, die Verwendung eines angeblich bewilligungspflichtigen Aktivkohlefiltrationsverfahrens festgestellt wurde. Ein Journalist ersuchte das BLW daraufhin um sämtliche Korrespondenz zwischen dem BLW, dem OFCO und Nestlé im Zusammenhang mit der Verwendung von Aktivkohlefiltration. Davon erfasst war insbesondere die Korrespondenz zwischen Nestlé und dem BLV im Nachgang zu einem Treffen, bei welchem Dokumente „vertraulich“ zugestellt wurden.

46

Anlässlich der Anhörung von Nestlé durch das BLV konnte keine Einigung erzielt werden, weshalb es zwischen Ihnen zu einem Schlichtungsverfahren kam, welches jedoch zu keiner Einigung führte. Der EDÖB empfahl dem BLW, den Zugang zu den verlangten Dokumenten in anonymisierter Form zu gewähren. Diese seien weder von Justizbehörden im Rahmen des laufenden kantonalen Verfahrens ausgestellt oder angefordert worden noch seien die Voraussetzungen für eine Verweigerung des Zugangs aufgrund der zugesicherten Vertraulichkeit der Dokumente i.S.v. Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ erfüllt. In der Folge verlangte Nestlé vom BLV den Erlass einer Verfügung. In dieser Verfügung kam das BLV zum Schluss, der Zugang sei, unter Vorbehalt der Anonymisierung personenbezogener Daten, vollständig zu gewähren.

47

Gegen diese Verfügung gelangte Nestlé mit Beschwerde an das BVGer und verlangte u.a., eine bestimmte Kommunikation aus dem Dossier zwischen ihr und dem BLV und insbesondere eine Präsentation im Anhang zu dieser Korrespondenz, welche dem BLV explizit als «vertraulich» i.S.v. Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ zugestellt worden war, entgegen dessen Verfügung nicht offenzulegen.

48

Dem folgte das BVGer nicht. Unter Hinweis auf die strenge Rechtsprechung des BGer[18] zu Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ hielt es fest, dass die Verwaltung mit Blick auf Sinn und Zweck des BGÖ nur sehr zurückhaltend Geheimhaltungszusicherungen abgeben könne. Neben der Freiwilligkeit der Informationslieferung müsse die Vertraulichkeit zudem von der Informationslieferantin ausdrücklich gefordert und von der Behörde ebenso ausdrücklich zugesichert werden. Weiter hielt das BVGer fest, das die Beweislast über die Anwendbarkeit von Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ bei jener Partei liege, die sich darauf berufe. Zwar habe die Nestlé, insbesondere in Bezug auf den als «vertraulich» gekennzeichneten Anhang, gegenüber dem BLV um Zusicherung der Vertraulichkeit gebeten, doch habe das BLV diese ausdrückliche Zusicherung schliesslich nicht abgegeben. Auch bedeute die Wahl einer Versandoption als «vertraulich» bzw. ein entsprechender Vermerk in einer Kommunikation keine Zusicherung der Geheimhaltung i.S.d. der Ausnahmebestimmung. Auch abzulehnen sei schliesslich die Annahme einer stillschweigenden Zusicherung der Geheimhaltung aufgrund eines berechtigten Vertrauens der Informationslieferantin mittels Wahrung von Treu und Glauben i.S.v. Art. 9 BV[19]. Im Ergebnis sei es der Beschwerdeführerin nicht gelungen, den Beweis über das Vorliegen einer ausdrückliche Vertraulichkeitszusicherung durch das BLV zu erbringen.

49

Abschliessend hielt das BVGer in allgemeiner Weise fest, dass es sich als riskant erweise, die Behörde erst zusammen mit der Informationslieferung um Zusicherung der Vertraulichkeit zu ersuchen. Vielmehr müsste es im Interesse der Informationslieferantin liegen, bereits vor der freiwilligen Zustellung von Informationen an die Behörde eine ausdrückliche (schriftliche) Vertraulichkeitszusicherung zu erhalten, da sie andernfalls die gelieferten Informationen nicht mehr zurückziehen könne und diese sodann als amtliche Dokumente gemäss BGÖ unter die gesetzliche Zugangsvermutung fallen würden.

50

Kommentar: Dieses Urteil reiht sich in die bisherige strenge Rechtsprechung des Bundesverwaltungs- und des Bundesgerichts zu Vertraulichkeitsabreden gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. h BGÖ ein. Es ist dementsprechend stringent und schafft Rechtssicherheit, indem es die hohen Anforderungen an die Voraussetzungen entsprechender Abreden bestätigt und weiter schärft, was zu begrüssen ist. Auf der anderen Seite erweisen sich die formalen Anforderungen an gültige Vertraulichkeitsabreden für Private bei genauer Betrachtung jedoch als derart hoch, dass das Urteil durchaus auch eine gewisse Abschreckungsgefahr mit sich bringt. Private sind gut beraten, der Behörde im Zweifel und ohne entsprechende Verpflichtung besser keinerlei Informationen preis zu geben. Ein solcher Mangel an Kooperationsbereitschaft kann sich im Verhältnis zwischen Privaten und Behörden auch kontraproduktiv auswirken und insbesondere deren Vertrauensverhältnis in Bezug auf den Vollzug von Verwaltungsaufgaben beeinträchtigen.

VIII. Dokumente mit Personendaten / Anhörung betroffener Dritter (Art. 7 Abs. 2, Art. 9, Art. 11 BGÖ sowie Art. 25 und 36 DSG)

a) Dokumente der Bundeskanzlei BK und des Bundesamtes für Landwirtschaft BLW zum Weinkeller des Bundesrates
(TAF A-313/2025 du 7 août 2025)

51

Im bereits besprochenen Verfahren um Zugang zu Dokumenten der BK betreffend den bundesrätlichen Weinkeller setzte sich das BVGer auch mit der Frage des Umgangs mit in den offenzulegenden Dokumenten enthaltenen Personendaten der betroffenen Weinlieferanten einerseits, sowie jener der Bundesangestellten andererseits auseinander.

52

In Bezug auf die Personendaten der Weinlieferanten (nat. sowie jur. Personen) stellte das BVGer fest, dass diese mit dem Zugangsgesuch gerade in Erfahrung gebracht werden wollen und eine Anonymisierung daher von vorherein nicht möglich sei. In der anschliessend erfolgten provisorischen Interessenabwägung hielt das BVGer fest, dass eine Bekanntgabe der betroffenen Weinlieferanten offensichtlich kein naheliegendes Risiko für eine Beeinträchtigung ihrer Privatsphäre, ihrer berufliche Reputation o.ä. darstelle. Vielmehr sei davon auszugehen, dass sie ohnehin etwa über ihre Webauftritte öffentlich in Erscheinung treten würden und sogar ein Interesse an der Nennung ihrer Namen im Zusammenhang mit dem bundesrätlichen Weinkeller hätten. Im Hinblick auf die daraus folgende Anhörungspflicht der betroffenen Lieferanten prüfte das BVGer schliesslich anhand der vom BGer aufgestellten Kriterien[20], ob ausnahmsweise auf eine Anhörung verzichtet werden könne, da nach der provisorischen Interessenabwägung nicht mehr mit relevanten Interessen der Betroffenen gegen eine Offenlegung gerechnet werden müsse und sich eine Anhörung im Einzelfall als unverhältnismässig erweise. Beide Ausnahmekriterien wurden vom BVGer bejaht, indem es neue, noch nicht berücksichtigte Geheimhaltungsinteressen der Betroffenen für nicht wahrscheinlich und eine Anhörung von rund 40 Weinlieferanten für unverhältnismässig erklärte.

53

In Bezug auf die in den offenzulegenden Dokumenten enthaltenen Personendaten von Bundesangestellten (Namen, Funktionsbezeichnungen, Telefonnummern und E-Mail-Adressen) hielt das BVGer fest, dass diese in vorliegendem Fall anonymisiert werden dürften, da der Gesuchsteller ausdrücklich auf deren Offenlegung verzichtet habe.

54

Kommentar: Das Urteil des BVGer ruft in Erinnerung, dass die gesetzliche Pflicht zur Anhörung betroffener Dritter keinen absoluten Charakter aufweist. Zwar ergibt sich die Möglichkeit zum ausnahmsweisen Verzicht auf eine Anhörung nicht aus dem Gesetz selbst, jedoch erlauben die vom Bundesgericht definierten Ausnahmekriterien einen solchen, wenn eine Anhörung nicht sinnvoll und zugleich unverhältnismässig erscheint. Deutlich weist das BVGer aber darauf hin, dass ein Verzicht auf eine Anhörung die absolute Ausnahme bleiben und im Einzelfall begründet werden muss.

55

Aus der Feststellung des BVGer, wonach die in den offenzulegenden Dokumenten enthaltenen Namen, Funktionsbezeichnungen, Telefonnummern und E-Mail-Adressen von Bundesangestellten aufgrund des ausdrücklichen Verzichts des Gesuchstellers auf Erhalt dieser Personendaten anonymisiert werden dürfen, folgt der Umkehrschluss, dass diese Personendaten ohne entsprechenden, expliziten Verzicht der gesuchstellenden Person grundsätzlich, d.h. unter Vorbehalt der Anwendbarkeit einer Ausnahmebestimmung, gemäss der gesetzlichen Vermutung zugänglich zu machen sind. Dies ergibt sich auch aus dem Umstand, dass die Anonymisierungspflicht gemäss Art. 9 Abs. 1 BGÖ nicht absolute Geltung beansprucht, sondern in Bezug auf Personendaten von Bundesangestellten im Zusammenhang mit ihrer öffentlichen Aufgabenerfüllung grundsätzlich gar nicht geboten ist.[21] Diese indirekte Klarstellung ist vor dem Hintergrund zu begrüssen, dass die diesbezügliche Vorgehensweise innerhalb der Bundesverwaltung auch rund 20 Jahre nach Inkrafttreten des BGÖ nach wie vor uneinheitlich ausfällt.

b) Ermächtigungsantrag der Eidg. Steuerverwaltung ESTV an den Vorsteher des Eidg. Finanzdepartements EFD zur Durchführung einer speziellen Steuerprüfung
(TAF A-2305/2025 du 19 septembre 2025)

56

Im bereits besprochenen Urteil betreffend den von einer Privatperson zur Offenlegung verlangten Ermächtigungsantrag der ESTV an den Vorsteher des EFD stellte sich die Behörde in ihrer Verfügung auch auf den Standpunkt, die Zugänglichkeit des zur Einsicht gewünschten Antrages sei nach den Regeln des datenschutzrechtlichen Auskunftsrechts gemäss Art. 25ff. DSG zu beurteilen, da die gesuchstellende Person zugleich die im verlangten Dokument betroffene Person sei. Weiter erklärte sie verschiedene gesetzliche Ausnahmegründe des DSG für anwendbar.

57

Zunächst qualifizierte die ESTV das Auskunftsbegehren als rechtsmissbräuchlich i.S.v. Art. 26 Abs. 1 Bst. c DSG, da der Gesuchsteller mit seinem Auskunftsgesuch in Umgehung verfahrensrechtlicher Vorschriften zur Akteneinsicht einen datenschutzwidrigen Zweck verfolge. Ferner würde die Einsicht in das fragliche Dokument Einblick in die Vorermittlungsmethoden und die Strategie zur Steuerdurchsetzung der ESTV ermöglichen, mithin einem sensiblen Ermittlungsbereich, dessen Schutz ein überwiegendes öffentliches Interesse i. S.v. Art. 26 Abs. 2 Bst. b Ziff. 1 DSG darstelle. Schliesslich würde eine Offenlegung des Dokuments die laufenden und künftigen Untersuchungsverfahren der ESTV in diesem Bereich gemäss Art. 26 Abs. 2 Bst. b Ziff. 2 DSG gefährden.

58

Das BVGer stellte klar, dass sich der Anspruch der betroffenen Person auf Mitteilung der über sie bearbeiteten Personendaten nicht auf die betroffenen Dokumente insgesamt beziehe, sondern lediglich auf die in den Dokumenten enthaltenen Personendaten als solche. Weiter hielt es fest, dass die personenbezogenen Daten über den Gesuchsteller und die Daten zur Ermittlungsstrategie der ESTV im streitgenständlichen Dokument untrennbar miteinander verbunden seien und daher kein teilweiser Zugang im Betracht falle. Sodann bestätigte es das bereits im Hinblick auf die Anwendbarkeit von Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ[22] erörterte öffentliche Interesse an der Geheimhaltung der Ermittlungsmethoden und der Steuerermittlungsstrategie der ESTV sowie an der Wirksamkeit ihrer Maßnahmen zur Bekämpfung von Steuerbetrug und Steuerhinterziehung auch in datenschutzrechtlicher Hinsicht als überwiegend i.S.v. Art. 26 Abs. 2 Bst. b Ziff. 1 DSG. Die Frage des Rechtsmissbrauchs liess das BVGer offen, wies jedoch darauf hin, dass man sich durchaus die Frage stellen könne, ob der Gesuchsteller mit seinem Auskunftsbegehren womöglich versuche, an Informationen zu gelangen, die ihn im parallel laufenden Strafverfahren besserstellen könnten und die er im Rahmen der einschlägigen Verfahrensrechte nicht erhalten hatte. Im Ergebnis habe die ESTV sein Auskunftsbegehren gestützt auf das DSG zu Recht abgewiesen.

59

Kommentar: Dieses Urteil enthält wertvolle Hinweise an der Schnittstelle zwischen Zugangsgesuch nach BGÖ und Auskunftsgesuch nach DSG. In den für die Praxis brennenden Koordinationsfragen, etwa, ob ein BGÖ-Gesuch zu amtlichen Dokumenten mit den Personendaten der gesuchstellenden Person tatsächlich in Anwendung von Art. 3 Abs. 2 BGÖ einzig nach dem DSG oder allenfalls doch nach beiden Erlassen zu prüfen ist, bleiben die Hinweise allerdings vage.

IX. Verfügung

Erlass einer Verfügung durch die Eidg. Kommission für Qualitätssicherung der medizinischen Begutachtung (EKQMB) betreffend Dokumente zur Beendigung der Auftragsvergabe an eine Gutachterstelle
(BVGer A-7638/2024 vom 6. Oktober 2025)

60

Nachdem die EKQMB nach erfolgten Zufallsstichproben die Vergabe von Expertisen an eine bestimmte Gutachterstelle zu beendigen empfahl, verlangten das betroffene Unternehmen sowie eine Privatperson Zugang zu den amtlichen Dokumenten im Zusammenhang mit der veröffentlichten Empfehlung, der entsprechenden Medienmitteilung sowie der diesbezüglichen Zufallsstichproben der EKQMB.

61

Nachdem die EKQMB den Gesuchstellenden gewisse Unterlagen zugestellt hatte, für die nicht erhaltenen Unterlagen jedoch ein Schlichtungsverfahren eröffnet wurde, empfahl der EDÖB der EKQMB den Zugang zu den restlichen amtlichen Dokumenten grundsätzlich zu gewähren oder aber eine ablehnende Verfügung zu erlassen. Nachdem die EKQMB daraufhin weitere Dokumente an die Gesuchstellenden offenlegte, gelangten diese schliesslich mittels Rechtsverweigerungsbeschwerde an das BVGer und rügten, die EKQMB habe weder vollständig der Empfehlung des EDÖB Folge geleistet, noch eine von der Empfehlung des EDÖB abweichende Verfügung erlassen.

62

Das BVGer trat auf die Beschwerde nicht ein. Es hielt fest, dass die EKQMB als ausserparlamentarische Kommission in Form einer Verwaltungskommission lediglich öffentliche Empfehlungen ausarbeite, darüber hinaus jedoch über keinerlei Entscheidbefugnisse und damit auch über keine gesetzlichen Grundlagen verfüge, um über den Zugang zu amtlichen Dokumenten gemäss BGÖ mittels Verfügung zu entscheiden. Daran ändere auch der Umstand nichts, dass das BGÖ selbst in Art. 15 den Erlass von Verfügungen vorsehe. Das Verfahren auf Erlass einer Verfügung i.S.v. Art. 15 BGÖ richte sich vielmehr nach dem VwVG[23]. Da eine ausserparlamentarische Kommission ohne entsprechende Rechtsgrundlage in einem Gesetz keinerlei Verfügungsbefugnis habe, sei es in der Zuständigkeit des übergeordneten Departements bzw. Amts, welches die Aufsicht ausübt, eine entsprechende Verfügung zu erlassen.


* Der Autor (danielkae@hotmail.com) vertritt in diesem Beitrag seine persönliche Meinung.

Fussnoten:

  1. Bundesgesetz über die Bundesversammlung (Parlamentsgesetz, ParlG; SR171.10).

  2. Bundesgesetz über die Organisation der Strafbehörden des Bundes (Strafbehördenorganisationsgesetz, StBOG; SR 173.71).

  3. NOGA = Nomenclature générale des activités économiques = Allgemeine Systematik der Wirtschaftszweige.

  4. Bundesstatistikgesetz (BstatG; SR 431.01).

  5. Verordnung über das Betriebs- und Unternehmensregister (BURV; SR 431.903).

  6. Siehe dazu Daniel Ladanie-Kämpfer, Allheilmittel «Spezialbestimmungen» verliert deutlich an Schlagkraft – Überblick über praxisrelevante Entscheide des Jahres 2024 zum Öffentlichkeitsgesetz (BGÖ), in: medialex 03/25, 7. April 2025, Ziff. 3 c.

  7. Bundesgesetz vom 16. Dezember 1994 über das öffentliche Beschaffungswesen (aBöB; AS 1996 508). Aufgrund der Übergangsbestimmung in Art. 62 des aktuell geltenden BöB gelangte für das streitgegenständliche Vergabeverfahren das alte Recht zur Anwendung.

  8. Siehe zu diesem Urteil Daniel Ladanie-Kämpfer, Erneut Spezialbestimmungen und der Schutz aussenpolitischer Interessen im Fokus – Überblick über praxisrelevante Entscheide des Jahres 2023 zum Öffentlichkeitsgesetz (BGÖ), in: medialex 03/24, 10. April 2024, Ziff. III. b.

  9. Vgl. Fn 8. Art. 3 Abs. 2 Bst. a aBöB entspricht im Wesentlichen dem aktuell gültigen Art. 10 Abs. 4 des Bundesgesetzes über das öffentliche Beschaffungswesen (BöB; SR ) 172.056.1.

  10. Vgl. hiervor Ziffer IV. Bst. b und c. (Rn. 19 ff.)

  11. Bundesgesetz über den Nachrichtendienst (Nachrichtendienstgesetz, NDG; SR 121).

  12. Siehe dazu etwa TAF A-1310/2022 du 9 janvier 2024.

  13. Bundesgesetz über die direkte Bundessteuer (DBG; SR 642.11).

  14. Bundesgesetz über den Datenschutz (Datenschutzgesetz, DSG; SR 235.1).

  15. Urteil des BVGer A-3215/2020 vom 7. Dezember 2020.

  16. Anders noch der EDÖB in seiner diesbezüglichen Empfehlung vom 4. März 2020, Ziff. 22.

  17. Office de la consommation de l’Etat de Vaud.

  18. BGer 1C_500/2020 vom 11. März 2021.

  19. Bundesverfassung der Schweizerischen Eidgenossenschaft (SR 101).

  20. Siehe dazu das Urteil des BGer 1C_50/2015 vom 2.12.2015.

  21. Siehe dazu das Urteil des BGer 1C_59/2020 vom 20. 11.2020, E. 4.6.1 m.w.H.

  22. Siehe dazu oben Ziffer V. Bst. a (Rn. 30 ff.) des vorliegenden Beitrags.

  23. Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren (Verwaltungsverfahrensgesetz, VwVG; SR 172.021).


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Musikinstrument, Schadenersatz, künstliche Intelligenz

Jahresübersicht 2024 und 2025 zum Urheberrecht

Philip Kübler, Dr. iur., Rechtsanwalt, CEO ProLitteris, Stiftungspräsident Medialex, Zürich

Résumé: En 2024 et 2025, années couvertes par l’analyse qui suit, le Tribunal fédéral a traité deux litiges complexes, l’un concernant un certain type de brasero et l’autre un instrument de musique inventé en Suisse. Dans tous les cas documentés, des questions nuancées sont apparues concernant le calcul des dommages et intérêts ainsi que la conduite des procédures en matière de droit d’auteur. Cependant, la scène du droit d’auteur appartient actuellement à la politique. À la nouvelle protection des médias vis-à-vis des moteurs de recherche s’est ajoutée en 2025 une révision de la loi sur le droit d’auteur axée sur l’intelligence artificielle. Notre rapport présente les intentions et les chantiers en cours, avec des modèles de licence et des modalités d’opt-out – pour l’instant, presque tout est encore ouvert.

Zusammenfassung: In den Berichtsjahren beschäftigte sich das Bundesgericht mit zwei komplex gewordenen Streitigkeiten um einen Grill und ein Musikinstrument. In allen bekannten Fällen traten nuancierte Fragen zur Berechnung von Schadenersatz und zur Prozessführung im Urheberrecht auf. Die Bühne des Urheberrechts gehört aber zurzeit der Politik. Zum neuen Leistungsschutz für Medien gegenüber Suchmaschinen kam 2025 eine KI-Revision des Urheberrechtsgesetzes hinzu. Unser Bericht zeigt die Absichten und Baustellen, mit Lizenzmodellen und Opt-out-Modalitäten – zurzeit ist fast alles offen.

Inhaltsverzeichnis

I. Gerichtsurteile 2024 und 2025

     1. Musikinstrumente als angewandte Kunst    Rn. 1
     2. Verbreitungsrecht für Fotografien     6
     3. Rechtsfolgen von Urheberrechtsverletzungen     9

II. Tarifgenehmigungen der ESchK     14

III. Rechtsliteratur (Zeitschriften, Auswahl)     16

IV. Urheberrechtspolitik     19
     1. Leistungsschutz für Medien     20
     2. KI-Update des Urheberrechtsgesetzes     24


 

I. Gerichtsurteile 2024 und 2025

1. Musikinstrumente als angewandte Kunst

1

Wenn Urheberrecht vor Gericht kommt, liegen die Rechtsprobleme

a) in der Schutzfähigkeit als Werk oder Leistung und im Nachweis der Rechteinhaberschaft (mangels Register und eindeutiger Zuschreibung in der Urheberrechtspraxis),

b) im Tatbestand eines Eingriffs ins geistige Eigentum, manchmal in Abgrenzung zu einer gesetzlichen oder vertraglichen Nutzungsfreiheit (namentlich bei Schranken und im Fall von Abwandlungen und Nachahmungen), oder

c) in der Bestimmung der Rechtsfolgen und Berechnung von Entschädigungen aufgrund der konkreten prozessualen Durchsetzung der Urheberrechte.

2

Die nicht nur im Urheberrecht strenge und manchmal defensive Aufgabe des Bundesgerichts, Fälle zu lösen, aber auch loszuwerden, stellt an Klägerinnen und Kläger hohe Anforderungen, besonders vor der obersten Instanz.

3

Im Berichtsjahr 2024 und 2025 ragten für das Urheberrecht zwei Bundesgerichtsentscheide heraus, die Gebrauchsgegenstände betrafen.

4

Einen schalenförmigen Grill, als Feuerring bezeichnet, und ein perkussives Musikinstrument, genannt Hang (Berndeutsch «Hand»). Metallgrills und Handpans sind beliebt und werden international nachgeahmt und weiterentwickelt. Die Form des Feuerrings war bereits in einem früheren Bundesgerichtsentscheid (4A_472 und 482/2022) als schutzwürdig erklärt worden, die Schutzfähigkeit der bauchigen Klangtrommel bestätigte das Handelsgericht Bern. Sie blieb vom Bundesgericht im Urteil 4A_466/2024 vom 18. Februar 2025 unangetastet, weil dieses eine dagegen gerichtete Beschwerde aus formalen Gründen abwies.

5

Urheberschutz für ein Musikinstrument stellt eine Premiere dar. Es ist daran zu erinnern, dass urheberrechtsfähige Objekte der angewandten Kunst einen selbständigen Schutz als Design erlangen können; das Urheberrecht kann die Phase vor Registrierung abdecken und ergänzenden Rechtsschutz bieten. Die Rechtsstreitigkeiten um das Berner Instrument Hang und die ausländischen Handpan-Hersteller dauern fort und betreffen nun die Frage der Nutzung und Nachahmung, (siehe die Aufzählung oben Rn. 1, lit. b). Das Berner Handelsgericht muss darüber entscheiden, ob die Anfertigung von Kopien des Instruments das Urheberrecht verletzt (Berner Zeitung vom 17.1.2026, “Sind Kopien des Hang illegal?”). 

2. Verbreitungsrecht für Fotografien

6

Ein Fotograf hatte gegen einen Kunsthändler geklagt, der signierte Abzüge seiner Fotografien ohne Zustimmung herstellte und zum Verkauf anbot. Umfasst das Verbreitungsrecht nach Art. 10 Abs. 1 lit. b URG auch das Lagern und Ausstellen von Abzügen einer Fotografie? Das Handelsgericht Zürich verneinte dies und damit den Anspruch auf Herausgabe der unautorisierten Fotoabzüge mit der Begründung, dass Art. 63 URG (Einziehung) zur Vernichtung, nicht zur Wiederverwertung diene (Urteil HG210019-O vom 30. Januar 2024). Der Entscheid entstand im Kontext eines Zollfreilagers, betrifft aber auch die Arbeit im Kunstmarkt und in der Kunstvermittlung.

7

Interessant sind die Erwägungen des Handelsgerichts zum Schutzgegenstand einer Fotografie als Original und als Abzug. Das Gericht stellt fest, dass eine klare und allgemeingültige Abgrenzung zwischen Werk und Werkexemplar in der analogen Fotografie in der schweizerischen Rechtsprechung und Literatur fehle, und dass der Begriff «Original» diese Abgrenzung nicht klärt, da er sowohl ein Originalwerk als auch ein Originalwerkexemplar bezeichnen kann. Ein Teil der Lehre bezeichnet das Negativ und den einzigen Abzug pauschal als Original bzw. den Fotoabzug als Original. Differenzierend wird festgehalten, dass sowohl Negativ als auch Abzug Originale sein können: Das Negativ ist ein Original, wenn der Ausschnitt individuellen Charakter hat; der Abzug ist als reproduktionsfähige Erstfixierung im Schöpfungszeitpunkt ein Original und erhält zusätzlichen Originalcharakter, wenn er selbst individuell gestaltet ist, unabhängig vom Zeitpunkt des Abzugs. Eine andere Auffassung sieht das Negativ als Vororiginal und den Fotoabzug als Original, weil die endgültige Deckungsgleichheit zwischen künstlerischer Vorstellung und Werkverkörperung erst beim Abzug erreicht werde; dennoch braucht auch das Vororiginal urheberrechtlichen Schutz, vergleichbar mit einem Entwurf.

8

Sowohl beim Drücken des Auslösers als auch beim Erstellen der Abzüge entsteht ein fotografisches Werk. Sowohl das ursprüngliche Negativ als auch die davon hergestellten Abzüge können eigenständige Werkexemplare darstellen, sofern sie eine individuelle geistige Schöpfung verkörpern. In der Frage der Schöpfungshöhe für Fotografien folgte das Gericht der bundesgerichtlichen Rechtsprechung zum individuellen Charakter. Danach entsteht Werkcharakter durch die Gestaltung der Fotografie, etwa durch Wahl des Objekts, des Bildausschnitts, des Zeitpunkts, der technischen Mittel oder der Bearbeitung. Entsteht die Individualität bereits durch diese Faktoren, kommt der auf dem Negativ fixierten Fotografie Werkcharakter zu. Ein daraus ohne besondere Bearbeitung hergestellter Fotoabzug ist – unabhängig vom Zeitpunkt – ein Werkexemplar, wobei der erste Abzug als Originalwerkexemplar bezeichnet werden kann. Wird der individuelle Charakter hingegen durch besondere Bearbeitung des Negativs oder spezielle Entwicklungsschritte erzeugt oder ergänzt, ist die als Fotoabzug fixierte Fotografie ein Werk – nicht nur ein Werkexemplar.

3. Rechtsfolgen von Urheberrechtsverletzungen

9

Ein Urheberrechtsstreit, zum Beispiel zur Schutzfähigkeit oder Verletzung, führt oft zum nächsten, zum Beispiel zu den Ansprüchen auf finanzielle Entschädigung. Das Bundesgericht musste sich im Urteil 151 III 95  vom 11. September 2024 erneut mit der Nachahmung des – urheberrechtlich geschützten – Grills (siehe oben Rn. 4) befassen . Das Gericht bestätigte die restriktive Behandlung von Verschulden und Bösgläubigkeit. Finanzieller Ersatz und Herausgabe von Gewinn sind daher besonders anspruchsvoll.

10

Der Anspruch des Verletzten auf Herausgabe des erzielten Gewinnes besteht nur im Falle der Bösgläubigkeit, und diese entsteht dadurch, dass man sich den klaren Rechten und Äusserungen der Rechteinhabenden widersetzt. Die Bösgläubigkeit begründet eine Geschäftsanmassung (Art. 423 OR), während der Gutgläubige den aus der Rechtsverletzung erzielten Gewinn nach den Regeln der ungerechtfertigten Bereicherung (Art. 62 OR) herauszugeben hat. Im Unterschied zu Art. 423 OR knüpft Art. 62 OR den Herausgabeanspruch nicht an das Verschulden des Bereicherten an (BGE 129 III 646 E. 4.4, BGE 129 III 422 E. 4). Landet man im Bereicherungsrecht, so wird keine unmittelbare Vermögensverschiebung zwischen dem Bereicherungsgläubiger und dem Bereicherungsschuldner vorausgesetzt, und im Gegensatz zum Schadenersatzanspruch bedarf es keiner Vermögenseinbusse des Bereicherungsgläubigers (BGE 129 III 422 E. 4, BGE 129 III 646 E. 4.2; Urteil 4C.290/2005 vom 12. April 2006 E. 3.1). Anders als die Geschäftsanmassung (Art. 423 OR) erlaubt das Bereicherungsrecht (Art. 62 OR) keine Gewinnabschöpfung (BGE 133 III 153 E. 2.4). Bei Immaterialgüterrechtsverletzungen geht der Bereicherungsanspruch nach Art. 62 Abs. 1 OR auf Wertersatz im Sinne einer Gebrauchsentschädigung, mithin auf eine angemessene Lizenzgebühr. Dabei richtet sich die Angemessenheit in erster Linie nach der für eine solche Nutzung üblichen Lizenzgebühr. Kann eine solche nicht festgestellt werden, ist zu fragen, was vernünftige Vertragsparteien in Kenntnis der Umstände vereinbart hätten (hypothetische Lizenzgebühr). Nötigenfalls ist die übliche oder hypothetische Lizenzgebühr in analoger Anwendung von Art. 42 Abs. 2 OR vom Gericht zu schätzen.

11

Man lernt daraus drei Dinge, wenn man Urheberrechte ernsthaft absichern will, namentlich im Bereich von Handelsgegenständen.

  • Erstens, dass gegenüber kommerziellen Missbräuchen die Rechte und das Verbot ausdrücklich und schriftlich erklärt werden sollten – sonst fehlt es plötzlich an der Bösgläubigkeit. Empfohlen ist ein schriftlicher Hinweis, dass die Rechte bestehen, dass man Rechteinhaberin oder Rechteinhaber ist, und dass eine bestimmte Handlung diese Rechte verletzt.
  • Zweitens, dass Lizenzkosten und der Anspruch auf Gewinnherausgabe möglichst fundiert zu dokumentieren und zu behaupten sind, am besten mit Honorarempfehlungen und eigenen Preismodellen; dazu bereits die Bemerkung zu Bildtarifen in der Jahresübersicht 2023 (Philip Kübler, Bundesgerichtsurteil über ein Bildhonorar, Tarif-Erneuerungen und ein Blick über die Grenze, medialex 09/24). Lizenzkosten für Urheberrechte sind von den Kosten für andere Leistungen – Honorare und dergleichen – zu separieren.
  • Drittens muss im Streitfall vor und am Bundesgericht konkret behauptet und bewiesen werden, dass man die Urheberrechte verteidigt hat. Die hohen Anforderungen ans Prozessieren vor Bundesgericht stellen sich nicht nur im Urheberrecht, betreffen hier aber im Gegensatz zu den Registerrechten eine manchmal wenig vorbereitete Klägerschaft.
12

Lehrbuch- und Unterrichtsmaterialien waren Gegenstand des Bundesgerichtsentscheides  4A_274/2025 vom 09.09.2025. Wie ist im Verletzungsfall die Gewinnherausgabe zu berechnen und – bei Eigenleistungen des Verletzers – aufzuteilen? Das Bundesgericht fand, naheliegend und fast unausweichlich, dass eine Zuordnung nach Kausalität im konkreten Nutzungskontext vorzunehmen ist.

13

Weitere Urteile der Jahre 2024 und 2025 lagen vom Recht der öffentlichen Kommunikation, der Medien und Kultur weiter entfernt.

II. Tarifgenehmigungen der ESchK

14

Die Eidgenössische Schiedskommission für die Verwertung von Urheberrechten und verwandten Schutzrechten (ESchK) genehmigte 2024 zwei Tarife:

  • den Gemeinsamen Tarif 4i von allen fünf schweizerischen Verwertungsgesellschaften (Leerträgervergütung auf Speicher- und Festplattenlaufwerke digitaler Geräte) für die Periode 2025 bis 2026, verantwortet von der SUISA. Der Tarif legt je nach Speicherkapazität abgestufte Vergütungen fest, aufgeteilt in Anteile für Urheberrechte und verwandte Schutzrechte, und beruht auf der gesetzlichen Vorgabe der Angemessenheit (typischerweise max. zehn Prozent des Nutzungsertrags für Urheberrechte).
  • den Tarif K im Verbund von SUISA und SWISSPERFORM für Konzerte, konzertähnliche Darbietungen, Shows, Ballett, Theater.
15

Im Jahr 2025 kam die Genehmigung der Eidgenössischen Schiedskommission für die Verwertung von Urheberrechten und verwandten Schutzrechten (ESchK) für den Tarif S hinzu, der Sendeunternehmen betrifft, welche nicht von der SRG betrieben werden, in der Branche und Rechteverwertung manchmal als «Privatsender» bezeichnet.

III. Rechtsliteratur (Zeitschriften, Auswahl)

16

«Medialex» veröffentlichte 2024 und 2025 mehrere Beiträge mit urheberrechtlichem Schwerpunkt, etwa zur fehlenden Schutzfähigkeit von TV-Formaten nach schweizerischer und ausländischer Rechtsprechung (Marco Maffucci, medialex 08/24), eine praktische Anleitung zur Verwendung von Bildern im Internet (Martin Steiger, medialex 05/24), zu den vergütungsfreien gesetzlichen Schranken für Urheberrechte an Bildern (Constanze Semmelmann, medialex 04/25) und als umfassender Abriss der Praxis der Bildrechte in Form eines ABC (Philip Kübler, medialex 08/25).

17

In «sic!,», der Zeitschrift für Immaterialgüter-, Informations- und Wettbewerbsrecht, erschienen mehrere Beiträge zu urheberrechtlichen Aspekten der künstlichen Intelligenz (insbesondere: Ernst Walter Brem, Ernst Johannes Brem, Künstliche Intelligenz und künstlerische Darbietung, sic! 9/2024, 407 ff.; Claudia Marti, Öffentliches Zurverfügungstellen eines Datensatzes zum Training von KI – Wie würden Schweizer Gerichte entscheiden? Eine rechtsvergleichende Darstellung der angewendeten Schrankenbestimmungen des deutschen Rechts und der einschlägigen Schranken des schweizerischen Urheberrechts anhand des Urteils 310 O 227/23 des Landgerichts Hamburg vom 27. September 2024, sic! 3/2025, 145 ff.; Vincent Salvadé, Comment licencier l’utilisation d’œuvres préexistantes pour entraîner l’intelligence artificielle, sic! 2/2024, 87 ff.; Constanze Semmelmann, Künstliche Intelligenz und Urheberrecht: Stand zu Training und Output 2024, sic! 12/2024, 637 ff.; Florent Thouvenin, Retrieval-Augmented Generation (RAG) – ein urheberrechtliches 101, sic! 7-8/2025, 381 ff.), und ausserhalb von KI zur urheberrechtlichen Schranke der Bestandesverzeichnisse, die manchmal wie Online-Museen auftreten (Christoph Schütz, Bestandesverzeichnisse oder Online-Museen?, sic! 11/2025, 587 ff.), und schliesslich zur bildenden Kunst (Annatina Menn, Kopie, Aneignung und Referenz in der (digitalen) Kunst, Eine Analyse aus urheberrechtlicher Sicht, sic! 3/2025, 155 ff, Sandra Künzi, Das künstlerische Zitat in der Praxis, Eine rechtliche Einschätzung zur Performance «Saemann meets Schneemann», sic! 2/2025, 73 ff.).

18

Das Thema der Jahres 2024 und 2025 war – und bleibt für 2026 – die generative künstliche Intelligenz. Erwähnenswert ist eine praxisnahe Serie von Beiträgen der Anwaltskanzlei Vischer zur Künstlichen Intelligenz (KI), namentlich Teil 10 (Urheberrecht und KI: Verantwortlichkeit von Anbietern und Nutzern), Teil 14 (Urheberrecht und KI: Schutzmassnahmen in der Praxis) und Teil 26 (Training von KI: Was Urheberrecht, Datenschutz & Co. erlauben). Und die Verwertungsgesellschaften wie SUISA und ProLitteris haben auf ihren Websites ebenfalls Blog-Beiträge zum Verhältnis künstlicher Intelligenz zum Urheberrecht publiziert.

IV. Urheberrechtspolitik

19

Den in der Schweiz grössten Rahmen für die urheberrechtliche Debatte stellte in den Berichtsjahren 2024 und 2025 die Politik bereit. Das Parlament befasste sich mit zwei gewichtigen Dossiers mit Bezug zum Urheberrechtsgesetz (URG). Auf den Bericht zu kleineren Vorstössen mit urheberrechtlicher Bedeutung wird hier verzichtet, solange kein Vorentwurf oder Entwurf eines Gesetzes bekannt ist.

1. Leistungsschutz für Medien

20

Mit Botschaft und Entwurf vom 20. Juni 2025 gab der Bundesrat eine URG-Revision in die parlamentarische Beratung. Das Gesetz soll um einen Vergütungsanspruch von Medienunternehmen ergänzt werden, mit Beteiligung der Medienschaffenden (25.064 Bundesgesetz über das Urheberrecht und verwandte Schutzrechte (URG) – Änderung (Leistungsschutzrecht für Medienunternehmen).

21

Es gibt eine Reihe von Besonderheiten dieses Entwurfs, wenn man ihn mit dem EU-Recht und den Umsetzungen in den Mitgliedsstaaten vergleicht.

  • Erstens nutzt der schweizerische Entwurf die bewährte Kollektivverwertung: Tarifverfahren und Verteilungssysteme der Verwertungsgesellschaften. Kein Nutzungsverbot, keine individuellen Lizenzen.
  • Zweitens wird der Gegenstand der Vergütungen abgrenzbar definiert: Snippets aus Medieninhalten. Hyperlinks, die keine Teile von journalistischen Veröffentlichungen enthalten, sind nicht vergütungspflichtig.
  • Drittens ist die Berechnung der Vergütungen vorgegeben. Beim Inkasso zählt primär der Aufwand für Journalismus oder der Ertrag der Online-Dienste. Bei der Verteilung zählen primär der Aufwand und der Informationsbeitrag des Medienunternehmens.
  • Viertens gehen die Vergütungen an Medienunternehmen und Medienschaffende. Die Berücksichtigung von Urhebern und Urheberinnen und Verlagen entspricht der bereits existierenden «Verteilung Online» von ProLitteris, die dem Prinzip 50:50 folgt.
22

Das Tarifverfahren enthält immer eine Verhandlungsphase und eine Genehmigung durch die Eidgenössische Schiedskommission für die Verwertung von Urheberrechten und verwandten Schutzrechten (ESchK). Dutzende Tarife haben sich für unterschiedliche Technologien und Nutzungsarten bewährt. Unter guter Führung und Kooperation bietet das Tarifverfahren der obligatorischen Kollektivverwertung einige Vorzüge.

  • Evidenz: Die Verwertungsgesellschaften müssen das Nutzungsverhalten und die Berechnungen beibringen. Die Nutzenden sind auskunftspflichtig und wirken mit.
  • Rechtssicherheit: Ist ein Tarif da, ist die Compliance mit dem geistigen Eigentum gesichert. Geschäftsgeheimnisse bleiben geschützt.
  • Transparenz: Die Tarife sind publiziert, die Gründe für die Genehmigung durch die Schiedskommission sind bekannt, und die Anwendung ist regelbasiert.
  • Einheitlichkeit: Gleichbehandlung ist vorgeschrieben. Annahmen und Schätzungen können helfen, falls konkrete Daten fehlen oder Auskünfte verweigert werden.
  • Aufsicht und Anfechtbarkeit: Das Institut für Geistiges Eigentum beaufsichtigt die Geschäftsführung und behandelt Beschwerden. Tarife können gerichtlich angefochten werden.
  • Effizienz und Effektivität: Verwertungsgesellschaften arbeiten wirtschaftlich, ihre Kosten werden als Abzug von den Rechteinhabenden getragen.
23

Die Verwertungsgesellschaften bündeln ihre Rechte in Gemeinsamen Tarifen (GT), damit es pro Nutzungsart nur eine Rechnung gibt. Für einen Leistungsschutz ist es denkbar, dass der Auftrag von Anfang an einer einzigen Verwertungsgesellschaft übertragen wird, z.B. ProLitteris.

2. KI-Update des Urheberrechtsgesetzes

24

Das Training von KI-Modellen und KI-Systemen ist bekanntlich meistens unautorisiert, unvergütet und intransparent. Es fehlt bisher eine rechtlich sichere Grundlage, und die medien- und kulturpolitischen Nachteile dieser Praxis sind offensichtlich.

25

Entsprechend häufen sich Gerichtsstreitigkeiten im Ausland. Die Schweiz wählt nun einen politischen Weg. Beauftragt von den beiden Räten wird der Bundesrat, tätig sind nun das Institut für Geistiges Eigentum und das Bundesamt für Justiz. Vermutlich erwartet uns im Jahr 2026 ein Gesetzesentwurf. Diesem liegt die Motion Gössi zugrunde, welche in abgeänderter Form als Gesetzesprojekt angenommen wurde (24.4596 Motion – Besserer Schutz des geistigen Eigentums vor KI-Missbrauch).

26

Die KI-Revision des URG sucht eine Stärkung und Durchsetzung der Urheber- und Leistungsschutzrechte bei gleichzeitiger Wahrung der Nutzungs- und Innovationsinteressen. Zu erwarten ist etwa:

  • eine Klarstellung, dass KI-Nutzungen von geschützten Werken und Leistungen zu den ausschliesslichen Rechten gehören. KI-Systeme aller Art werden im Grundsatz gleich behandelt wie sonstige Akteure in der Verwertungskette von Inhalten.
  • der Grundsatz der Einwilligung von Rechteinhabenden, fallweise komplementiert oder sogar verdrängt durch gesetzliche Erlaubnisse mit Vergütungsanspruch und durch Lizenzmodelle der kollektiven Verwertung.
  • Eine aktive formelle Einwilligung jeder Person oder Organisation, die Urheberrechte oder Leistungsschutzrechte hat, ist bereichs- und fallweise denkbar, teilweise ausgelöst durch eine Opt-out-Erklärung, ist für die Totalität sämtlicher Inhalte unrealistisch.
  • Namentlich grosse Produktionsgesellschaften in Musik und Film, Wissenschafts- und Medienverlage und andere «institutionelle» Rechteinhabende werden individuelle Verhandlungen führen und bestimmte KI-Nutzungen verbieten.
  • Die Rechte an Werken und Leistungen müssen durchsetzbar sein auch gegenüber ausländischen KI-Modellen, -Systemen und -Angeboten. Damit wird eine Diskriminierung von inländischen KI-Entwicklungen ausgeschlossen.
27

Nach dem nicht eindeutigen Wortlaut der ursprünglichen Fassung der Motion Gössi entstand im Sommer 2025 eine Debatte um den KI-Standort Schweiz. Die Motionärin und die interessierten Rechteinhaber beschwichtigten, dass mit «Zustimmung» und «Einwilligung» alle Formen der urheberrechtlichen Lizenzmodelle denkbar bleiben würden, also auch kollektive Verwertung und sogar gesetzliche Lizenzen. Der Nationalrat änderte die Motion ab, räumte die Unklarheit aus und öffnete damit Möglichkeiten für einen breiteren Kompromiss.

28

Der Grundsatz der Einwilligung und der Vorrang von Lizenzen dürfte auch für die Forschung gelten, aber Differenzierungen sind nicht ausgeschlossen. Text- und Data-Mining für den reinen Erkenntnisgewinn, ausserhalb der generativen KI, würde man gerne privilegieren, aber es stellen sich Praxis- und Abgrenzungsprobleme. KI-Entwicklungen sind oft von Technologieunternehmen mitfinanziert oder unterstützt; sie beginnen als Forschung und enden als Produkt, und als solches konkurrenzieren sie früher oder später kulturelle Leistungen aller Art. Mit einer Gleichbehandlung auch ausländischer KI-Angebote soll einer Benachteiligung des Innovations- und KI-Standorts Schweiz vorgebeugt werden.

29

Eine Spontanfusion entstand im Nationalrat und danach im Bundesrat: Die KI-Revision aufgrund der Motion Gössi soll auch den Leistungsschutz für Medien beinhalten, welcher – mit vorliegendem Gesetzesentwurf und bundesrätlicher Botschaft – eigentlich beratungsreif wäre. Dafür gibt es einen politischen Grund – eine doppelte Revision des gleichen Gesetzes vermeiden – und einen sachlichen: Heute sind KI-Zusammenfassungen als Antworten auf die Suche im Internet gebräuchlich. Auch diese Form der KI-Nutzung sowie das Retrieval in allen Formen werden wohl als Eingriff in Urheberrechte erfasst werden, egal ob es sich um Medieninhalte oder andere Werke und Leistungen handelt.

30

Welche Baustellen zeichnen sich in diesem Gesetzesprojekt ab? In Stichworten sind es:

  • der Anwendungsbereich einer individuellen Verwertung und, komplementär, einer obligatorischen Kollektivverwertung, mit Berücksichtigung der Geschäftsmodelle bestimmter Rechteinhabenden und der marktlichen und tarifliche Potenziale von KI-Entschädigungen.
  • der Anwendungsbereich der neuen Regelung persönlich (KI-Modelle, KI-Systeme, bestimmte KI-Anwendungen) und sachlich (Training, Retrieval, weitere?), mit Konkurrenz mehrerer Stufen.
  • räumlicher Anwendungsbereich und Rechtsdurchsetzung gegenüber ausländischen KI-Angeboten.
  • das Modell der kollektiven Verwertung, zu unterscheiden nach ausschliesslichen Rechten mit Vergütungsanspruch, erweiterte Kollektivlizenzen sui generis inkl. Elementen der obligatorischen Kollektivverwertung, oder – womöglich eng begrenzt – einer gesetzlichen Lizenz mit Vergütungsanspruch.
  • Opting out im Fall der kollektiven Verwertung: Abgabe der Opt-out-Erklärung mit Voraussetzungen, Formen und Fristen, Rechtsfolgen für bestimmte oder alle Nutzungen, Führen von Verzeichnissen, Akkreditierung technischer Lösungen; evtl. mit Verordnungsrecht in der Verantwortung des Bundesrates?
  • Abgrenzung und Verbindung der KI-Regelung mit dem Leistungsschutz für Snippets; Klärung der Anwendungsvoraussetzungen für kleinste und für paraphrasierte Inhalte.
31

Zurzeit laufen Interviews mit ausgewählten Organisationen im Zuge der Abschätzung der Regulierungsfolgen, welche das Gesetzgebungsverfahren begleitet.


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Schutz der journalistischen Wächterrolle ist mehr als ein blosses Lippenbekenntnis

Entscheidübersicht Verfassungsrecht und EMRK: Medienrelevante Rechtsprechung 2024

Franz Zeller, Titularprofessor an der Universität Bern und Lehrbeauftragter für Medien- und Kommunikationsrecht an der Universität Basel

Résumé: En 2024, la jurisprudence constitutionnelle et découlant de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) en matière de liberté de communication s’est une nouvelle fois révélée riche et variée. Il est frappant de constater que le Tribunal fédéral a, à divers égards, confirmé, voire élargi, la marge de manœuvre juridique dont disposent les journalistes qui mènent des enquêtes approfondies. Cela vaut notamment pour les méthodes d’enquête qui enfreignent la lettre de la loi. Introduite dans l’ATF 151 IV 135, la mise en balance des intérêts devrait permettre, à l’avenir, une meilleure harmonisation de la jurisprudence du Tribunal fédéral avec la pratique de la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH). Le Tribunal fédéral a également tenu compte du rôle de « chien de garde » du journalisme dans les litiges concernant une interdiction préventive de publication et l’accès des journalistes accrédités à un procès pour infraction sexuelle. 

Zusammenfassung: Die verfassungs- und konventionsrechtliche Judikatur zur freien Kommunikation war auch 2024 ergiebig und vielschichtig. Auffallend ist, dass das Bundesgericht den rechtlichen Freiraum hartnäckig recherchierender Medienschaffender in verschiedener Hinsicht untermauert oder gar erweitert hat. Dies gilt namentlich für Recherchemethoden, welche den Buchstaben des Gesetzes verletzen. Die in BGE 151 IV 135 eingeführte Güterabwägung dürfte dazu führen, dass die bundesgerichtliche Rechtsprechung künftig besser mit der Praxis des Europäischen Gerichtshofs für Menschenrechte (EGMR) harmonieren wird. Der journalistischen Wächterrolle hat das Bundesgericht auch etwa bei Konflikten um ein präventives Publikationsverbot und um den Zugang akkreditierter Medienschaffender zu einem Sexualstrafprozess Rechnung getragen.

Inhaltsverzeichnis

Einl.     Rn. 1
I. Medien-, Meinungs-, Wissenschafts-, Kunst- und Wirtschaftsfreiheit (Art. 16, 17, 20, 21 und 27 BV; Art. 10 EMRK)
     1. Allgemeines     4
     2. Staatliche Eingriffe in grundrechtlich geschützte Kommunikation     4
         A. Geltungsbereich: Welche Freiheitsrechte sind betroffen?     5
         B. Eingriff: Staatliche Schmälerung des grundrechtlichen Freiraums?    9
         C. Betroffenheit: Befugnis zur Beschwerde gegen einen Eingriff     12
         D. Verbot des Missbrauchs der Konventionsrechte (Art. 17 EMRK)     13
     3. Gesetzliche Grundlage (Art. 36 Abs. 1 BV bzw. Art. 10 Abs. 2 EMRK)     15
     4. Berechtigtes Beschränkungsziel (Art. 36 Abs. 2 BV bzw. Art. 10 Abs. 2 EMRK)     17
     5. Primärer Eingriffszweck: Schutz privater Interessen (guter Ruf u.a.)
         A. Schutz des Ansehens (guter Ruf, Art. 10 Abs. 2 EMRK)     18
         B. (Journalistische) Sorgfalt bei rufschädigenden Vorwürfen     23
         C.  Ansehensschutz bei Satire, Sarkasmus, Ironie und Humor     26
         D.  Schutz privater Interessen bei Vorwürfen strafbaren Verhaltens     29
         E. Schutz der geschäftlichen Reputation von Marktteilnehmern     33
         F. Schutz der Privatsphäre vor Blossstellung (z.B. durch Abbildung)     34
         G.  Art und Schwere der Sanktion bei (angeblich) rechtswidrigen Vorwürfen     36
     6. Primärer Eingriffszweck: Schutz von Interessen der Allgemeinheit
         A  Schutz amtlicher oder beruflicher Geheimnisse     38
         B.   Aufrufe zu Diskriminierung, Intoleranz, Hass und Gewalt     43
         C.  Leugnung, Verharmlosung oder Rechtfertigung von Völkermord     49
         D.  Massnahmen zum Schutz von Sittlichkeit, Gesundheit und Moral     50
         E.  Schutz des religiösen Friedens und religiöser Empfindungen     52
         F.  Schutz von Wahlen und Abstimmungen     53
         G.  Bekämpfung von Terrorismus und Aufrufen zur Gewalt     54
         H.  Weitere öffentliche Interessen     55
     7. Beschränkungen der journalistischen Recherche     56
     8. Redaktionsgeheimnis / Quellenschutz (Art. 17 Abs. 3 BV und Art. 10 EMRK)     58
     9. Staatliche Pflicht zur Gewährleistung freier Kommunikation (Art. 10 EMRK)     60
    10. Zensurverbot (Art. 17 Abs. 2 BV)     61

II. Informationszugang für Medien und Allgemeinheit (Art. 17 und 16 Abs. 3 BV; Art. 10 EMRK)
     1. Informationszugang gestützt auf die EMRK     62
     2. Informationszugang gestützt auf Bundesrecht (BGÖ, Archivierungsgesetz)     65
     3. Informationszugang gestützt auf kantonales Recht     68
     4. Anspruch auf rechtsgleiche und willkürfreie amtliche Information (Art. 8 und 9 BV)     69
     5. Gerichtsöffentlichkeit (Art. 30 Abs. 3 BV; Art. 6 EMRK)
         A.  Öffentlichkeit der Verhandlung     70
         B.  Öffentlichkeit des Urteils ab Verkündung     74
         C.  Weitere Aspekte     75
     6. Amtliche Pflicht zur Anonymisierung von Informationen     76
     7. Aktive behördliche Kommunikation     77

III.  Anspruch auf Achtung des Privat- und Familienlebens (Art. 13 BV, Art. 8 EMRK)     78

IV.  Radio und Fernsehen (Art. 93 BV; Art. 10 EMRK)
     1. Redaktioneller Inhalt von Radio- und Fernsehprogrammen
         A.  Bundesgerichtspraxis     79
         B.  Rechtsprechung des EGMR     82
     2. Weitere Aspekte     83

V.  Verfassungs- und konventionsrechtliche Aspekte der Online-Kommunikation (Art. 16, 17 und 27 BV; Art. 10 EMRK)
     1. Recht auf Zugang zu Online-Informationen     84
     2. Verantwortlichkeit für rechtswidrige Äusserungen
         A.  Haftung für eigene Äusserungen und Verlinkung     85
         B.  Haftung für Kommentare aussenstehender Dritter     86
         C.  Weitere Aspekte     87
     3. Sperren und andere Beschränkungen des Zugangs zu Online-Inhalten     89
     4. Staatliche Schutzpflichten im Online-Bereich     90


 

Einleitung

1

Die Entscheidübersicht dient dem Zweck, die wichtigsten staats- und menschenrechtlichen Entwicklungen des Rechtsprechungsjahres 2024 auf dem Gebiet freier (Massen-)Kommunikation zu dokumentieren und sie punktuell zu würdigen. Sie folgt dabei der gleichen Systematik wie in den Vorjahren.

2

Ausgangspunkt ist die etablierte Dogmatik für die Beschränkung von Freiheitsrechten: Zunächst haben die Gerichte zu klären, ob überhaupt eine hoheitliche Einschränkung des grundrechtlich garantierten Freiraums vorliegt (nachstehend I/2). In einem zweiten Schritt fragt sich, ob der staatliche Eingriff alle Voraussetzungen für eine rechtmässige Grundrechtsbeschränkung (Art. 36 BV bzw. Art. 10 Abs. 2 EMRK) erfüllt (nachstehend I/3-6).

3

Spezielle Abschnitte widmen sich der freien Recherche (I/7) und dem journalistischen Quellenschutz (I/8). Behandelt werden auch Rechtsfragen des Zugangs zu amtlichen Informationen (II). Den Abschluss bilden die verfassungs- und konventionsrechtlichen Aspekte von Radio und Fernsehen (IV) sowie die Rechtsprechung zur Online-Kommunikation (V).

I. Medien-, Meinungs-, Wissenschafts-, Kunst- und Wirtschaftsfreiheit 

1. Allgemeines

4

Welches Grundrecht wird durch einen staatlichen Eingriff tangiert? Die Antwort auf diese Frage fällt oft leicht. In seltenen Fällen hat sie die Justiz allerdings auch 2024 beschäftigt.

2. Staatliche Eingriffe in grundrechtlich geschützte Kommunikation

A. Geltungsbereich: Welche Freiheitsrechte sind betroffen?

5

Im Gegensatz zur EMRK unterscheidet die Bundesverfassung zwischen der allgemeinen Meinungsfreiheit (Art. 16 BV) und der Medienfreiheit (Art. 17 BV). In seiner neueren Rechtsprechung bemüht sich das Bundesgericht, die Geltungsbereiche der beiden Grundrechtsgarantien deutlicher voneinander abzugrenzen. Im BGE 150 IV 65 (Werbung für Propagandavideos der Al-Qaïda) bestätigte die II. strafrechtliche Abteilung die Schuldsprüche gegen zwei Vorstandsmitglieder des Vereins „Islamischer Zentralrat Schweiz“ (IZRS). Die Publikation von Propaganda-Videos auf der Plattform YouTube und anderen Kanälen im Jahr 2015 verstiess gegen das Al-Qaïda/IS-Gesetz (SR 122; per 1. Dezember 2020 aufgehoben). Das Bundesgericht verneinte, dass die Schuldsprüche den Geltungsbereich der Medienfreiheit (Art. 17 BV) tangieren. Bei den propagandistischen Inhalten (u.a. Aufruf zum bewaffneten Dschihad) sei keine journalistische Motivation erkennbar. Mangels kritischer Relativierung und Kontextualisierung schloss das Bundesgericht eine Berufung auf die Medienfreiheit aus (E. 7.5.2). Deswegen prüfte es die Angelegenheit ausschliesslich unter dem Blickwinkel der Meinungsfreiheit (Art. 16 BV). Deren Beschränkung war laut Bundesgericht gerechtfertigt, denn das Recht zur freien Kommunikation dürfe auch nach der Strassburger Rechtsprechung nicht als Alibi für die Verbreitung von Äusserungen dienen, die zur Gewalt aufrufen. Die Beschuldigen hatten die Publikation und die Bewerbung der beiden Videos und damit den Aufruf zum bewaffneten Dschihad kritiklos zugelassen (E. 7.5.5).

6

Kommentar: Die im BGE 150 IV 65 vom 9. Februar 2024 beurteilten Schuldsprüche betrafen Vorstandsmitglieder, welche die Veröffentlichung der illegalen Videos genehmigt und beworben hatten. Bereits vier Jahre vorher (Urteil 6B_169/2019 vom 26. Februar 2020) hatte das Bundesgericht die Verurteilung eines anderen Vorstandsmitglieds des IZRS akzeptiert, das die strafbaren Filme hergestellt hatte. (Gegen die damals bestätigte Verurteilung zu einer bedingten Freiheitsstrafe von 20 Monaten ist eine Beschwerde beim EGMR wegen Verletzung von Art. 10 EMRK hängig: Nr. 38711/20 – Cherni c. Schweiz). In beiden Fällen differenzierte das Bundesgericht zwischen Medienfreiheit (gar nicht tangiert) und allgemeiner Meinungsfreiheit (zwar tangiert, aber zu Recht beschränkt). Oft wird die Zuordnung zum einen oder zum anderen Grundrecht im Ergebnis zwar keinen Unterschied machen. Gerade für die Nuancen der Güterabwägung kann sie aber doch eine Rolle spielen. Für die Zuordnung zur Medienfreiheit stellen die beiden Urteilsbegründungen primär auf die journalistischen Beweggründe ab. Dies ist ein tauglicher Ansatz für die Abgrenzung. Wohl mag die Grenzziehung zwischen journalistischen und übrigen Inhalten in anderen Konstellationen schwieriger sein als im Fall der Propagandavideos. Diesfalls werden die vom Bundesgericht angetönten Abgrenzungskriterien (kritische Relativierung und Kontextualisierung von Drittäusserungen) wohl noch der Ergänzung und Verfeinerung bedürfen. Als Orientierungspunkte für die Beurteilung künftiger Fälle scheinen sie dennoch geeignet.

7

(Beschränkbaren) Schutz geniesst nicht nur die Freiheit, sich nach eigenem Gutdünken an die Öffentlichkeit zu wenden. Grundrechtlich geschützt ist auch das Recht, dies nicht zu tun: Im Rahmen der negativen Meinungsfreiheit können sich Betroffene gegen hoheitlichen Zwang wehren, bestimmte Inhalte gegen ihren Willen kommunizieren zu müssen. Mit dieser Konstellation befasste sich der EGMR im Urteil „Kobaliya u.a. c. Russland“ (Gesetz gegen «ausländische Agenten») 39446/16 u.a vom 22.10.2024 [Importance Level (IL) 2]. Gestützt auf ein 2012 erlassenes und mehrfach teilrevidiertes Gesetz hatten die russischen Behörden viele Medienschaffende, Menschenrechtsorganisationen und andere Betroffene dazu gezwungen, in ihren öffentlichen Mitteilungen die Bezeichnung „ausländischer Agent“ zu verwenden. Die mit Androhung hoher Geldstrafen verknüpfte Verpflichtung tangierte Art. 10 EMRK (Meinungsfreiheit), denn sie nötigte die Betroffenen zur Kommunikation einer stigmatisierenden Botschaft, mit der sie nicht einverstanden waren. Die Zwangsangaben hatten den Effekt, dass die betroffenen Organisationen und Einzelpersonen als Bedrohung für die Gesellschaft wahrgenommen wurden. Der EGMR war keinesfalls davon überzeugt, dass der staatliche Zwang wie von Russland behauptet der Transparenz diente. Oft fehlte es an jedem Nachweis, dass die Verpflichteten tatsächlich ausländisch geleitet bzw. kontrolliert waren oder dass sie im Interesse ausländischer Einrichtungen handelten. Die Zwangsangaben verzerrten die Wirklichkeit und untergruben die Transparenz, anstatt sie zu verbessern. Das russische Vorgehen verstiess gegen die Menschenrechte.

8

Kommentar: Der Gerichtshof hatte geradezu einen Paradefall erzwungener Selbststigmatisierung zu beurteilen. In seinem einstimmigen Urteil liess er keinen Zweifel daran, dass die Voraussetzungen für eine konventionskonforme Beschränkung der Meinungsfreiheit (Art. 10 Abs. 2 EMRK) vorliegend fehlten. Die russischen Massnahmen standen nach Auffassung des EGMR in fundamentalem Gegensatz zum Begriff einer demokratischen Gesellschaft und besassen die «Merkmale eines totalitären Regimes». Solch deutliche Worte wählt der Gerichtshof selten.

B. Eingriff: Staatliche Schmälerung des grundrechtlichen Freiraums?

a) Wird das Grundrecht überhaupt beschränkt?
9

Der gerichtliche Schutz freier Kommunikation setzt voraus, dass überhaupt eine relevante Grundrechtsbeschränkung vorliegt. Meist springt dies ins Auge. Vereinzelt aber scheiterten Beschwerdeführende auch im Berichtsjahr an dieser juristischen Hürde, weil ihnen der Gerichtshof die Opfereigenschaft absprach. Dies galt bspw. für den EGMR-Zulässigkeitsentscheid „Remzi Solmaz c. Türkei“ (Freigesprochener Journalist) 36889/20 vom 26.03.2024 [IL 3]. Nach dem Teilen von Fotos auf Facebook musste sich Journalist Solmaz wegen Beleidigung des Präsidenten vor Gericht verantworten. Eine Einschränkung der Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK) war dies nicht. Solmaz wurde in beiden Instanzen freigesprochen und zuvor weder festgenommen noch in seiner journalistischen Arbeit behindert. Unter diesen Umständen konnte der Gerichtshof keine die freie Kommunikation tangierende Abschreckungswirkung («chilling effect») erkennen.

10

Einen Eingriff in Art. 10 EMRK verneinte der EGMR auch im Zulässigkeitsentscheid „Patrice Amar c. Frankreich“ (Disziplinarverfahren gegen Staatsanwalt) N° 4028/23 vom 16.04.2024 [IL 3]. Im Zusammenhang mit Verfahren gegen Ex-Präsident Sarkozy hatte der Premierminister dem Staatsanwalt Amar einen Verstoss gegen den Ethikkodex vorgeworfen. Der Justizrat verhängte letztlich keine Disziplinarstrafe. Dass nicht auf die Argumente des Staatsanwalts eingegangen und die Sache mit einer blossen Mitteilung (statt einem formellen Entscheid) erledigt wurde, bedeutete keine Einschränkung seiner Meinungsfreiheit.

b) Verursacht die Grundrechtsbeschränkung einen erheblichen Nachteil (Art. 35 Abs. 3 Bst. b EMRK)?
11

Ein Hindernis für Prozesse vor dem EGMR besteht auch, wenn ein staatliches Vorgehen zwar die Menschenrechte beschränkt, den Betroffenen aber daraus kein erheblicher Nachteil entsteht (Art. 35 Abs. 3 Bst. b EMRK). Dieses Argument führen betroffene Staaten vor dem EGMR nicht selten ins Feld und verlangen, die fragliche Beschwerde sei unzulässig zu erklären. Häufig verwirft der Gerichtshof allerdings diesen Einwand und bejaht einen erheblichen Nachteil. So war es etwa im EGMR-Urteil „RFE/RL Inc. u.a. c. Aserbaidschan” (Blockierung von Online-Medienangeboten) N° 56138/18, 48735/19, 51207/19, 58694/19 vom 13.06.2024 [IL 2]. Die Regierung behauptete vergeblich, die gesperrten Websites seien via VPN zugänglich geblieben. Der EGMR gab zu bedenken, dass die Umgehungsmöglichkeiten über VPN oder alternative Webbrowser oft nur versierten Usern bewusst sind. Überdies seien voll funktionsfähige Versionen von VPN-Diensten meist zahlungspflichtig und erbrächten alternative Webbrowser oft schlechtere Leistungen. Gesamthaft vermochten diese Umgehungsmöglichkeiten die Gesamtwirkung der Sperrmassnahmen nicht wesentlich zu vermindern. Der EGMR wies auch darauf hin, dass die betroffenen Websites nach den staatlichen Sperrmassnahmen mehr als 90 % ihres früheren Datenverkehrs einbüssten (vgl. zu diesem Urteil auch hinten Rn. 89).

C. Betroffenheit: Befugnis zur Beschwerde gegen einen Eingriff

12

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

D. Verbot des Missbrauchs der Konventionsrechte (Art. 17 EMRK)

13

Der EGMR prüft Beschränkungsvoraussetzungen für staatliche Eingriffe in die freie Kommunikation (Art. 10 Abs. 2 EMRK) lediglich, falls kein Missbrauch der Konventionsrechte (Art. 17 EMRK) vorliegt. Art. 17 richtet sich u.a. gegen Äusserungen, die auf Abschaffung der in der Konvention festgelegten Rechtsansprüche und Freiheiten zielen. Auch im Berichtsjahr kam diese Ausnahmevorschrift vereinzelt zur Anwendung: Der Zulässigkeitsentscheid „Frank Christmann c. Frankreich” (Morddrohungen auf Online-Plattformen) N° 16710/20 vom 13.06.2024 [IL 3] wies die Beschwerde eines zu zwei Jahren Freiheitsstrafe verurteilten Ethikprofessors ab. Nach den Terroranschlägen von Manchester und Nizza feierte er die Attentäter als Märtyrer und publizierte 2017 krass diffamierende und drohende Kommentare, was ihm Schuldsprüche wegen Billigung des Terrorismus und wegen Morddrohungen gegen Personen in öffentlichen Ämtern eintrug. Überdies wurde er des Landes verwiesen. Der EGMR weigerte sich, diese staatlichen Massnahmen auf ihre Verhältnismässigkeit zu prüfen. Auf seinem frei zugänglichen Blog habe der Verurteilte ausdrücklich zur Ermordung von Personen aufgefordert, fremdenfeindlich polemisiert und Hassrede betrieben. Dadurch missbrauchte er nach einstimmiger Ansicht der 5. EGMR-Kammer seine Meinungsfreiheit.

14

Kommentar: Die in der Urteilsbegründung zitierten Hasstiraden des Ethikprofessors machen es der Leserschaft nicht leicht, kühlen Kopf zu bewahren. In einem angespannten gesellschaftlichen Klima verlangte Christmann u.a. die öffentliche Enthauptung namentlich genannter Personen. Sicherlich verdienten die verwerflichen Publikationen eine entschlossene Antwort der französischen Strafjustiz. Für den EGMR wäre es wohl keine grosse Herausforderung gewesen, die Voraussetzungen für eine zulässige Beschränkung der Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK) routinemässig zu beurteilen und zu bejahen. Stattdessen hat der Gerichtshof gestützt auf Art. 17 EMRK kurzen Prozess gemacht: Er unterstreicht, dass der Professor die Meinungsfreiheit für konventionswidrige Zwecke missbrauchte. Kein Business as usual also, womit der EGMR auch ein deutliches Signal gegen radikale Botschaften menschenverachtenden Hasses aussandte. Allerdings kann man sich fragen, ob der Gerichtshof durch eine unspektakuläre inhaltliche Prüfung der Beschwerde nicht einen mindestens so souveränen Eindruck hinterlassen hätte. Gerade bei weniger krassen Äusserungen bleibt Art. 17 EMRK eine problematische Vorschrift von fragwürdigem Nutzen.

3. Gesetzliche Grundlage (Art. 36 Abs. 1 BV bzw. Art. 10 Abs. 2 EMRK)

15

Beschränkungen grundrechtlich geschützter Kommunikation bedürfen einer Gesetzesvorschrift, die den Betroffenen eine nach den Umständen vernünftige Vorhersehbarkeit des hoheitlichen Einschreitens erlaubt. Auch im Berichtsjahr bezeichnete der EGMR verschiedene staatliche Massnahmen als konventionswidrig, weil ihnen die nötige gesetzliche Grundlage fehlte. Herausgegriffen sei hier das Urteil „Dianova u.a. c. Russland” (Satirischer Flashmob über Putin)21286/15, 13140/16, 13162/16, 20802/16 und 24703/16 vom 10.09.2024 [IL 2]: Amateurfilmer hatten ohne vorgängige Bewilligung in einer verlassenen Ecke eines Moskauer Parks Filmaufnahmen erstellt (mit einem als Präsident Putin verkleideten Schauspieler). Sie wurden festgenommen und mit einer Verwaltungsstrafe belegt. Diesen hoheitlichen Massnahmen fehlte eine ausreichend vorhersehbare Grundlage im russischen Gesetzesrecht.

16

Das EGMR-Urteil „Friedrich u.a. c. Polen” (Rainbow Warrior) N° 25344/20 u.a. vom 20.06.2024 [IL 2] betraf die Festnahme von Greenpeace-Aktivisten und zwei Medienschaffenden, die im Hafen von Danzig an Protesten gegen Kohleimporte teilgenommen hatten. Auch diese Massnahme war gesetzeswidrig, weil das polnische Recht das Nichtbefolgen von Anordnungen mit der Verkehrsregelung zuständiger Organe nur im Strassenverkehr untersagt. Der Gerichtshof brauchte daher nicht zu prüfen, ob das staatliche Vorgehen einem berechtigten Beschränkungsziel diente und ob es verhältnismässig war (§ 255).

4. Berechtigtes Beschränkungsziel (Art. 36 Abs. 2 BV bzw. Art. 10 Abs. 2 EMRK)

17

Keinen legitimen Eingriffszweck erkannte der EGMR im Fall „Suprun u.a. c. Russland” (Zugang zu Archivinformationen über die Sowjetzeit) N° 58029/12 vom 18.06.2024 [IL 3] hinsichtlich des Verbots, Kopien oder Fotografien von Archivdokumenten zu erstellen. Näheres dazu hinten Rn. 64.

5. Primärer Eingriffszweck: Schutz privater Interessen (guter Ruf u.a.)

A. Schutz des Ansehens (guter Ruf, Art. 10 Abs. 2 EMRK)

a) Vorwürfe im politischen Zusammenhang (public figures)
18

Vgl. etwa das Bundesgerichtsurteil 6B_1120/2023 (Tweet gegen gegen SVP-Politiker) vom 20.06.2024 hinten Rn. 26 f.

b) Vorwürfe gegen andere öffentlich exponierte Akteure
19

Mit der verfassungs- und konventionskonformen Auslegung des zivilrechtlichen Persönlichkeitsschutzes befasste sich das Bundesgericht im Urteil 5A_274/2024 (Umweltkriminalität im Holzhandel) vom 11.11.2024. Die II. zivilrechtliche Abteilung entschied zugunsten der SRG, welche sich gegen das vorsorgliche Verbot des Fernsehbeitrags „Trafic de bois, les criminels de l’environnement“ wehrte. Die Waadtländer Ziviljustiz hatte die von einem kritisierten Geschäftsmann eingereichte Klage abgewiesen, denn an der Sendung des Westschweizer Fernsehens RTS bestehe ein überwiegendes öffentliches Interesse im Sinne von Art. 28 Abs. 2 ZGB. Die bundesgerichtliche Urteilsbegründung stützte sich stark auf die Strassburger Rechtsprechung und unterstrich die Wächterrolle der Medien („chien de garde“: E. 4.3.1.1). Der strittige TV-Bericht betreffe fraglos ein Thema von allgemeinem Interesse und respektiere die berufsethischen Pflichten, die im Rahmen des engagierten Journalismus massgebend sind (E. 4.5). Die Waadtländer Justiz hatte namentlich eine Verletzung der Unschuldsvermutung verneint. Der TV-Beitrag habe primär das schleppende Tempo des Untersuchungsverfahrens kritisiert und die Strafverfolgungsbehörden zu einem schnelleren Vorgehen angehalten (E. 4.4.3).

20

Kommentar: Obwohl dieser bundesgerichtliche Entscheid lediglich in Dreierbesetzung gefällt wurde, hat er eine über den Einzelfall hinaus reichende Tragweite. Höchstrichterliche Judikatur zu vorsorglichen Verboten von Medienpublikationen (Art. 266 der Zivilprozessordnung, ZPO) ist bislang spärlich. Es ist essenziell, dass die journalistische Wachhundfunktion gerade bei Präventivmassnahmen ausreichend berücksichtigt wird. Die Ausführungen aus Lausanne tragen diesem Anliegen Rechnung. Sie könnten gerade den unter hohem Zeitdruck arbeitenden und nicht immer mit Medienfragen vertrauten Zivilgerichten in den Kantonen eine nützliche Orientierungshilfe leisten. Für eine detaillierte Würdigung des Urteils vgl. Marie-Laure Papaux van Delden, Mesures provisionnelles à l’encontre d’un média à caractère périodique : du rôle de « chien de garde » de la presse – Analyse de l’arrêt du Tribunal fédéral 5A_274/2024, medialex 03/25 vom 7. April 2025.

21

Im Urteil „Kajganić  c. Serbien” (Pressevorwürfe gegen Anwältin)27958/16 vom 08.10.2024 [IL 2] hielt der EGMR fest, das öffentliche Interesse an Informationen über das Strafverfahren wegen der Ermordung des serbischen Ministerpräsidenten überwiege das Bedürfnis einer scharf kritisierten Strafverteidigerin am Schutz ihres guten Rufs. Dabei hielt der Gerichtshof fest, die Anwältin habe als Verteidigerin in einem “high profile”-Fall die öffentliche Arena betreten und mit entsprechenden Medienberichten rechnen müssen. Zur Frage, ob die Zeitschrift in ihrem kritischen Bericht die journalistische Sorgfalt respektiert hatte, vgl. sogleich unten Rn. 23.

c) Rufschädigende Vorwürfe gegen besonders geschützte Personen
22

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

B. (Journalistische) Sorgfalt bei rufschädigenden Vorwürfen

23

Das in Rn. 21 erwähnte EGMR-Urteil Kajganić  c. Serbien” (Pressevorwürfe gegen Anwältin)27958/16 vom 08.10.2024 [IL 2] verneinte, dass die Zeitschrift “Vreme” bei ihrem Bericht über das Verhalten einer Strafverteidigerin die journalistischen Sorgfaltsregeln missachtet hatte. Gestützt auf das Transkript eines Telefongesprächs hatte der Journalist behauptet, die Anwältin habe dank ihrer Beziehungen für ihren Klienten den vorteilhaften Status eines “kooperierenden Zeugen” erwirkt und im Gegenzug dessen falsche Beweisaussage im Strafprozess in Aussicht gestellt. Die Anwältin wehrte sich gegen diese gewichtigen Vorwürfe. Die Zeitschrift publizierte anschliessend eine Richtigstellung. Mit ihrer Entschädigungsklage drang die Strafverteidigerin hingegen nicht durch. Der Journalist konnte zwar das Transkript des Telefongesprächs nicht vorlegen. Die serbische Justiz billigte ihm aber zu, dass er seine Informationen von einer vertrauenswürdigen Quelle erhalten habe. Eine vorherige Kontaktaufnahme mit der Anwältin (audiatur et altera pars) sei vorliegend nicht nötig gewesen.

24

Hinsichtlich verschiedener Publikationen aus anderen Vertragsstaaten stellte der EGMR hingegen schwerwiegende Sorgfaltsmängel fest. Zu erwähnen sind etwa die beiden EGMR-Unzulässigkeitsentscheide „Ilias Kanellis & Andreas Pappas c. Griechenland” N° 82623/17 sowie „Maria Vasilaki & Emmanouil Vasilakis c. Griechenland” (Gauleiter des Stalinismus) N° 83043/17 vom 15.10.2024 [IL 3]: Die Zeitschrift «The Athens Review of Books» hatte einen Universitätsprofessor (und Politiker) als wahren „Gauleiter des Stalinismus” verunglimpft, welcher mit Unterstützung der kommunistischen Partei in der DDR studiert habe. Der EGMR akzeptierte die Entschädigung von 10’000 Euro, denn die herabsetzenden Werturteile beruhten auf keiner genügenden Faktenbasis. Der Professor hatte sein Studium ohne Unterstützung der kommunistischen Partei in Westdeutschland (nicht aber der DDR) absolviert. Zwar war er in seiner Jugend in der Partei aktiv. Die vorgeworfene Bewunderung für das Honecker-Regime liess sich hingegen nicht belegen. Der Boden des verantwortungsvollen Journalismus wurde durch diese Publikation verlassen.

25

Ebenfalls unzureichend war die Tatsachengrundlage des Wochenmagazins «Le Point» für gravierende Vorwürfe gegen den früheren Vorsitzenden der konservativen Partei UMP. Das EGMR-Urteil Giesbert u.a. c. Frankreich (Nr. 2)” (Titelgeschichte «L’affaire Copé») 835/20 vom 05.12.2024 [IL 3] teilte die Einschätzung der französischen Justiz, dass eine genügende Verifizierung unterblieben war. Die der Zeitschrift vorliegenden Unterlagen erlaubten es zum Zeitpunkt der Publikation nicht, Copé persönlich und direkt für schwere Veruntreuungen oder Manipulationen zum Nachteil der UMP verantwortlich zu machen.

C.  Ansehensschutz bei Satire, Sarkasmus, Ironie und Humor

26

Im Bundesgerichtsurteil 6B_1120/2023 (Tweet gegen SVP-Politiker) vom 20.06.2024 bestätigte die I. strafrechtliche Abteilung einen Schuldspruch wegen übler Nachrede (Art. 173 StGB) durch einen unter falscher Identität veröffentlichten Tweet. Ein politischer Gegner des damaligen Walliser Staatsrats Oskar Freysinger (SVP) hatte 2017 unter einem Pseudonym einen Text veröffentlicht, der von Freysinger zu stammen schien und in dem sich der SVP-Politiker vermeintlich krass rassistisch äusserte („Je ne suis pas raciste parce que le racisme est un crime. Et le crime c’est pour les noirs“). Der verurteilte Verfasser des Tweets argumentierte vergeblich, er habe sich lediglich über Freysinger lustig machen und dessen Wiederwahl verhindern wollen; der neutralen Leserschaft müsse es im fraglichen Kontext und aufgrund der Hashtags (#) ins Auge gesprungen sein, dass dieser absurde Tweet nicht wirklich von Staatsrat Freysinger verfasst sein konnte. Laut Bundesgericht ist es üblich, dass die nicht vorgewarnte Durchschnittsleserschaft weder die Hashtags beachtet (E. 1.3.2) noch humoristische Anspielungen zu erkennen vermag (E. 1.3.3). Vorliegend handle es sich eher um einen grundlosen Angriff auf die Person des Politikers als um einen satirischen Kommentar zu einer allgemein interessierenden Frage. Eine solche Publikation sprenge die auch vom EGMR gezogenen Grenzen dessen, was im politischen Meinungsstreit tolerierbar ist (E. 1.1.7 und 1.3.6).

27

Kommentar: Die Urteilsbegründung verweist verschiedentlich auf BGE 137 IV 313, welcher ebenfalls eine ehrenrührige Publikation gegen Freysinger betroffen hatte (üble Nachrede durch die in einer satirischen Zeitschrift publizierte Unterstellung, Freysinger habe Sympathien für das Nazi-Regime). Der aktuelle Fall dokumentiert, dass sich Social Media nur bedingt für humoristisch-satirische Publikationen eignen. Mangels Erkennbarkeit für die breite Allgemeinheit wird die Justiz im Streitfall rasch geneigt sein, statt eines harmlosen Unfugs eine perfide Verunglimpfung zu bejahen.

28

Das EGMR-Urteil „National Youth Council of Moldova c. Republik Moldau” (Antidiskriminierungs-Karikaturen) 15379/13 vom 25.06.2024 [IL 2] betraf die Plakatkampagne einer Vereinigung (Jugendrat), welche Vorurteile gegen Menschen mit Behinderung und gegen Roma anprangerte. Die lokalen Behörden verstiessen gegen die Meinungsfreiheit, als sie das Aufhängen der Plakate verweigerten. Die fraglichen Karikaturen wollten die Aufmerksamkeit der Bevölkerung auf bestehende Stereotypen lenken. Der EGMR betonte den Stellenwert der Satire (§ 54 und 74) und verneinte, dass die Plakate im vorliegenden Kontext eine Hassbotschaft gegen vulnerable Gruppen transportierten (§ 76 f.). Der EGMR gab u.a. zu bedenken, dass sich die Rolle der Nichtregierungsorganisation mit der Funktion herkömmlicher Presseverlage vergleichen lasse.

D.  Schutz privater Interessen bei Vorwürfen strafbaren Verhaltens

a)  Unschuldsvermutung, Recht auf fairen Prozess, Resozialisierung
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Das EGMR-Urteil „Ferreira Victorino de Queirós c. Portugal” (Verdacht des Kindsmissbrauchs) N° 23063/18 vom 11.06.2024 [IL 3] betraf einen Schuldspruch wegen übler Nachrede in einem hängigen Strafverfahren, das sexuelle Übergriffe betraf. Journalist de Queirós hatte in seinem Zeitungsbericht über die Anklage gegen einen Lehrer den vollen Vornamen und den Anfangsbuchstaben des Nachnamens genannt, was den Angeklagten leicht identifizierbar machte. Da die Anklageschrift im Publikationszeitpunkt öffentlich zugänglich war, verstiess die Verurteilung des Medienschaffenden zu einer bedingten Freiheitsstrafe von 15 Monaten gegen Art. 10 EMRK. Die portugiesische Justiz hatte dem Journalisten sachliche Fehler in seinem Zeitungsartikel vorgeworfen. In der Tat waren einige wenige Anklagepunkte in der Zwischenzeit weggefallen und entsprach die Publikation damit nicht dem aktuellen Verfahrensstand. Da der Journalist den Inhalt der Anklageschrift akkurat geschildert hatte, war der Schuldspruch nach einhelliger Ansicht der 4. EGMR-Kammer dennoch unverhältnismässig.

30

Kommentar: Die Urteilsbegründung betont in § 13 die Unterschiede der vorliegenden Angelegenheit zum Fall „Bédat c. Schweiz” N° 56925/08 vom 29.03.2016. In ihrem damaligen Leiturteil akzeptierte die Grosse Kammer des EGMR die Verurteilung des „L‘ Illustré“-Journalisten Arnaud Bédat wegen Veröffentlichung amtlicher geheimer Unterlagen aus einer Strafuntersuchung gegen einen Automobilisten (Art. 293 StGB). Der portugiesische Fall betraf hingegen nicht die Publikation vertraulicher Dokumente. Aus journalistischer Warte ist die Schilderung von Angaben aus einer öffentlich zugänglichen Anklageschrift deutlich weniger riskant als der Umgang mit geheimen Informationen. Aus Sicht des Angeklagten hat eine identifizierende Berichterstattung allerdings auch in diesem späteren Verfahrensstadium gerade bei Vorwürfen von Sexualstraftaten ein grosses Schädigungspotenzial. Die unzureichende Anonymisierung ist daher bedauerlich und bedenklich. Nach schweizerischem Recht könnte eine mangelhafte Anonymisierung durchaus zivilrechtliche Folgen haben. Strafrechtliche Schritte gegen den Medienschaffenden gehen hingegen zu weit.

31

Um eine Geldstrafe wegen Missachtung des Gerichts ging es im EGMR-Urteil Ferreira e Castro da Costa Laranjo c. Portugal” (TV-Bilder aus einer Strafuntersuchung)33203/20 + 45884/22 vom 05.11.2024 [IL 3]. Eine portugiesische Fernsehjournalistin hatte ohne vorherige Erlaubnis Aufnahmen aus einer Vernehmung eines früheren Ministers ausgestrahlt. Hintergrund waren Untersuchungen im Zusammenhang mit Korruptionsvorwürfen. Der EGMR gab zu bedenken, dass die Journalistin das Material von einer Berufskollegin erhalten hatte, die als Assistentin der Staatsanwaltschaft Zugang zu den Ton- und Bildaufnahmen hatte. Angesichts der damals besonders umfangreichen Medienberichterstattung über diesen Fall war es für den Gerichtshof nicht einsichtig, weshalb sich gerade diese Publikation dazu geeignet haben könnte, die Prozesschancen des Politikers zu verschlechtern oder die korrekte Abwicklung des Untersuchungsverfahrens zu beeinträchtigen (§ 15). Der Schuldspruch missachtete Art. 10 EMRK.

b) Behördliche Äusserungen über identifizierte Tatverdächtige
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Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

E. Schutz der geschäftlichen Reputation von Marktteilnehmern

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Im Urteil 7B_48/2022 (Zeitungsbericht über Waffenhändler) vom 02.04.2024 unterstrich das Bundesgericht, das Bundesgesetz gegen den unlauteren Wettbewerb (UWG, SR 241) müsse verfassungskonform ausgelegt werden. Die Anwendung des UWG auf die Medien dürfe deren Funktion im Wirtschaftsleben nicht behindern. Nicht jede unschmeichelhafte Berichterstattung über ein Unternehmen oder einen Unternehmer stelle eine Wettbewerbshandlung nach Art. 2 UWG dar. Ein Bericht der NZZ am Sonntag über den Waffenhändler Thomet formulierte einleitend: „Krieg ist sein Geschäft – Ein Bauer aus Bern steigt unbemerkt zu einem der mächtigsten Waffenhändler auf. Er macht Geschäfte auf der ganzen Welt, verkauft Waffen in Kriegsgebiete, gerät ins Visier des amerikanischen Geheimdienstes. Niemand kann ihm etwas anhängen.” Diese Publikation war nach Auffassung der II. strafrechtlichen Abteilung nicht dazu geeignet, das Verhältnis zwischen Mitbewerbern oder zwischen Anbietern und Abnehmern zu beeinflussen. Grundsätzlich seien die Problematiken rund um den internationalen Waffenhandel allgemein bekannt. Der Geschäftsmann argumentierte vergeblich, der fragliche Zeitungsartikel gefährde sein wirtschaftliches Fortkommen, weil er in Datenbanken zu negativen Suchtreffern führen könnte. Solche Mutmassungen waren dem Bundesgericht „zu vage, um eine Wettbewerbshandlung nach UWG zu belegen.” Der Zeitungsartikel bezwecke, den Meinungsaustausch und die öffentliche Debatte zu fördern, was verfassungsrechtlich (Art. 17 BV) schutzwürdig sei (E. 2.3).

F. Schutz der Privatsphäre vor Blossstellung (z.B. durch Abbildung)

a) Recht am eigenen Bild
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Zur Problematik der Publikation intimer Bilder im Internet (sogenannte Rachepornos) vgl. das EGMR-Urteil „M.S.D. c. Rumänien” (Online-Racheporno) N° 28935/21 vom 03.12.2024 [IL 2] hinten Rn. 87.

b) Weitere Beeinträchtigungen der Privatsphäre
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Als offensichtlich unbegründet bezeichnete der EGMR-Zulässigkeitsentscheid Tânia Alexandra Ferreira e Castro da Costa Laranjo c. Portugal” (Gespräch unter Politikern) N° 50253/18 vom 10.09.2024 [IL 3] die Beschwerde einer Boulevardjournalistin gegen eine Geldstrafe wegen Ungehorsams. Die Medienschaffende hatte 2010 ohne Zustimmung der Betroffenen den Inhalt einer privaten Unterhaltung von zwei Politikern über andere politische Akteure veröffentlicht. Der Gerichtshof verneinte jegliches öffentliche Interesse an diesen Informationen. Der Zeitungsartikel diente ausschliesslich dazu, die Neugier einer bestimmten Leserschaft zu befriedigen (§ 10 f.). In der Güterabwägung wog dies klarerweise weniger schwer als der Anspruch der Politiker auf Achtung ihrer Privatsphäre.

G.  Art und Schwere der Sanktion bei (angeblich) rechtswidrigen Vorwürfen

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Immer wieder kommt es vor, dass unzulässige Kommunikation übertrieben streng geahndet und dadurch Art. 10 Abs. 2 EMRK verletzt wird. In der Berichtsperiode galt dies bspw. in einem Fall exzessiver Kosten für britische Zeitungen. Das EGMR-Urteil Associated Newspapers Limited c. Vereinigtes Königreich” (Exzessiver Erfolgszuschlag) 37398/21 vom 12.11.2024 [IL 2] sowie vom 25.11.2025 betraf die Pflicht eines Zeitungsverlags, nach illegaler Publikation (unzulässig identifizierende Verdachtsberichterstattung) aufgrund eines CFA («conditional fee arrangement») einen Erfolgszuschlag zu bezahlen. Diese Pflicht (der Verlag bezahlte mehr als 320’000 GBP) war nach dem einstimmigen Urteil des Gerichtshofs unverhältnismässig. Konventionskonform war hingegen im vorliegenden Fall die Pflicht zum Ersatz der Prämien für eine nach der Publikation abgeschlossene Rechtsschutzversicherung (ATE-Versicherung).

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Im EGMR-Urteil „Almeida Arroja c. Portugal” (Ehrverletzung im Privatfernsehen) 47238/19 vom 19.03.2024 [IL 2] beanstandete die 4. Kammer des Gerichtshofs einstimmig einen Schuldspruch gegen einen Ökonomen. Dieser hatte 2015 in einer Diskussionssendung der privaten Fernsehstation «Porto Canal» ein Mitglied des Europäischen Parlaments scharf angegriffen, denn seine Anwaltskanzlei habe den Bau eines Krankenhausflügels behindert und damit die Hand belohnt, die sie füttere. Die portugiesische Strafjustiz bezeichnete diesen Vorwurf als falsch: Nicht die Anwaltskanzlei habe dem Projekt Hindernisse in den Weg gelegt, sondern die Krankenhausverwaltung. Der Ökonom wurde wegen übler Nachrede schuldig gesprochen, was nach Auffassung des EGMR unverhältnismässig war. Eine strafrechtliche Sanktion sei selbst bei moderatem Betrag (Geldstrafe von 7‘000 Euro) geeignet, eine abschreckende Wirkung zu entfalten. Sie war vorliegend nicht nötig, weil das portugiesische Zivilgesetzbuch für die Beeinträchtigung des guten Rufs einen spezifischen Rechtsbehelf kennt. Überdies bemängelte der EGMR die Pflicht zur Bezahlung von 10’000 Euro für den immateriellen Schaden an den Politiker und 5’000 Euro an dessen Anwaltskanzlei. Für den EGMR war es schwer nachvollziehbar, dass die Schädigung des guten Rufs vorliegend so gravierende Folgen hatte, dass sie eine Genugtuungssumme in dieser Höhe zu rechtfertigen vermochte. Angesichts der Grösse Portos sei die Reichweite der Äusserungen unbedeutend gewesen: «Porto Canal» erreiche bloss ein Publikum von rund 9’500 Personen.

6. Primärer Eingriffszweck: Schutz von Interessen der Allgemeinheit

A.  Schutz amtlicher oder beruflicher Geheimnisse

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Das Urteil Dias dos Santos Ferreira da Costa Cabral c. Portugal” (Informationen über Hausdurchsuchung) 25282/18 vom 30.04.2024 [IL 3] betraf die Verurteilung einer Journalistin zu einer moderaten Geldstrafe. Sie hatte 2012 in der Tageszeitung „O Público” enthüllt, dass die Strafverfolgungsbehörden bei zwei Tatverdächtigen eine Hausdurchsuchung und eine Beschlagnahme von Computern durchgeführt hatten. Da diese Informationen dem Untersuchungsgeheimnis unterstanden, wurde die Medienschaffende zu einer Geldstrafe von 100 Tagessätzen (entsprechend einer Summe von 1’000 Euro) verurteilt. Der Gerichtshof unterstrich das beträchtliche öffentliche Interesse an dieser Korruptionsaffäre, in die ehemalige Chefbeamte der Nachrichtendienste und hochrangige Politiker verstrickt waren. Die portugiesische Strafjustiz habe es scheinbar bei einer automatischen und formaljuristischen Anwendung der Geheimhaltungsvorschriften belassen. Nach Ansicht des EGMR wäre zu berücksichtigen gewesen, dass viele Umstände dieses medienträchtigen Falles im Publikationszeitpunkt bereits öffentlich bekannt waren. Überdies zeigte das portugiesische Gericht nicht auf, inwiefern die Veröffentlichung von Informationen über die strafprozessualen Zwangsmassnahmen unter den gegebenen Umständen das Untersuchungsverfahren nachteilig beeinflusst hatte. Ein Dreierausschuss der 4. EGMR-Kammer kam daher einstimmig zum Schluss, dass die Bestrafung der Journalistin nicht notwendig war.

39

Kommentar: Das Urteil untermauert den Grundsatz, dass Geheimhaltungsvorschriften nicht mechanisch anzuwenden sind. Die zuständigen Gerichte dürfen sich nicht damit begnügen, dem Buchstaben des Gesetzes zu folgen. Die Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK) verlangt, dass sie auch bei geheimen Strafuntersuchungen alle auf dem Spiel stehenden Aspekte in die Waagschale werfen und die Verhältnismässigkeit von Schuldsprüchen gegen Medienschaffende gewissenhaft prüfen.

40

Um die fristlose Entlassung des leitenden Forschers einer privaten Chemiefabrik ging es im EGMR-Urteil Aghajanyan c. Armenien” (Whistleblower in Chemiefabrik) 41675/12 vom 08.10.2024 [IL 2]. Dieser hatte einem Journalisten 2010 in einem Interview sensible Informationen über seinen Arbeitgeber enthüllt. Die armenische Ziviljustiz bestätigte letztlich die Rechtmässigkeit der Kündigung und verletzte damit ihre Pflicht zum Schutz der Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK). Der Angestellte hatte das Management wiederholt auf Mängel bei der Lagerung chemischer Abfälle hingewiesen. Der Gerichtshof erinnerte an die Wichtigkeit der Loyalitätspflicht im Arbeitsverhältnis, welche Zurückhaltung beim Gang an die Öffentlichkeit gebiete. Bei einem besonderen Interesse der Allgemeinheit an bestimmten Informationen könne die Meinungsfreiheit aber schwerer wiegen. Die armenische Justiz berücksichtigte nicht, dass es hier um äusserst wichtige Themen wie Umweltschutz, Gesundheitsgefahr und Arbeitsplatzsicherheit ging (§ 41). Aus ihren Urteilsbegründungen ergab sich auch nicht, dass der Fabrik durch das Interview ein Schaden entstanden war.

41

Konventionswidrig waren auch die Disziplinierung und anschliessende Entlassung von zwei russischen Verwaltungsangestellten, die öffentlich auf Missstände bei der Polizei (Korruptionsbekämpfung) und der Metro (Verkehrssicherheit) hingewiesen hatten. Im EGMR-Urteil Gadzhiyev & Gostev c. Russland” (Mängel bei Polizei und Metro) N° 73585/14 + 51427/18 vom 15.10.2024 [IL 2] bejahte die 3. Kammer einstimmig einen Verstoss gegen Art. 10 EMRK. Der Gerichtshof erkannte zwar eine Nähe zur Whistleblowing-Thematik. Im Fall der Metro-Sicherheit wurden allerdings keinerlei vertraulichen Informationen kommuniziert, was den Fall vom Whistleblowing unterscheide (§ 92). Primär gehe es vorliegend um die Meldung von Unregelmässigkeiten im öffentlichen Sektor (§ 53).

42

Eine Konventionalstrafe von ca. 26’000 Euro akzeptierte der EGMR im Urteil „Boronyak c. Ungarn” (Vertragsbruch durch Ex-Angestellten) N° 4110/20 vom 20.06.2024 [IL 2]. Ein Fernsehschauspieler hatte einem Investigativjournalisten die Höhe seines Gehalts bei einer audiovisuellen Produktionsfirma verraten. Dadurch verletzte er eine vertragliche Vertraulichkeitsverpflichtung, welche die Geschäftsinteressen des Unternehmens schützen sollte. Einstimmig verneinte der EGMR einen Verstoss gegen die Meinungsfreiheit. Der Schauspieler argumentierte vergeblich, die von ihm enthüllten Informationen seien von allgemeinem Interesse gewesen, da es um Zahlungen aus öffentlichen Mitteln gegangen sei. Laut EGMR stand hier kein Fehlverhalten der Produktionsfirma zur Diskussion. Es ging weder um rechtswidrige noch um verwerfliche Handlungen. Die ungarische Justiz habe eine faire Abwägung zwischen Boronyaks Meinungsfreiheit und dem Interesse des Unternehmens am Schutz ihres Geschäftsgeheimnisses vorgenommen.

B.   Aufrufe zu Diskriminierung, Intoleranz, Hass und Gewalt

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Im BGer-Urteil 6B_199/2024 (Judéovirus) vom 28.05.2024 verwarf die I. strafrechtliche Abteilung die Argumentation des Besuchers eines Vortrags über die Rassenfrage, der wegen eines antisemitischen Spruchs verurteilt worden war (« il y a pire que le coronavirus, il y a le judéovirus »). Er beteuerte vergeblich, die von einem Journalisten gehörte Bemerkung sei bloss ein geschmackloser Witz gewesen. Das Bundesgericht bestätigte den Schuldspruch wegen eines Verstosses gegen Art. 261bis StGB (Diskriminierung und Aufruf zu Hass). Laut Bundesgericht geschah die aus der Luft gegriffene Verunglimpfung losgelöst von jedem Kontext, der die diskriminierende Wortwahl hätte erklären können (E. 3.2).

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Kommentar: Das Urteil bestätigt, dass es Beschuldigten vor Bundesgericht bei Verfahren wegen Art. 261bis StGB bei Weitem nicht genügt, den angeblich humoristischen Charakter ihrer abschätzigen Äusserungen ins Feld zu führen. Zentral für die Strafbarkeit herabsetzender Bemerkungen sind neben dem Wortlaut und dem Sinnzusammenhang (Kontext) ebenfalls die erkennbaren Beweggründe des Kommunizierenden. Das Bundesgericht liegt damit tendenziell auf der Linie der EGMR-Judikatur.

45

In BGE 150 IV 292 (Hass gegen Homosexuelle) bejahte die I. strafrechtliche Abteilung die Verurteilung des in Frankreich mehrfach vorbestraften Alain Soral (deutsche Übersetzung der Urteilsbegründung in Pra 113 [2024] Nr. 52). Soral hatte 2021 ein Film-Interview mit sich im Internet veröffentlicht. Darin bezeichnete er „queer“ sinngemäss als gestört und verunglimpfte er eine kritische Journalistin als „dicke, militante Lesbe“. Nach den Worten des Bundesgerichts zielte Soral darauf ab, durch seine herabwürdigende, entmenschlichende und übertrieben derbe Wortwahl Hassgefühle zu wecken. Dass seine Worte eine entsprechende Wirkung auf Drittpersonen hatten, werde auch durch die anschliessenden Reaktionen von Internet-Nutzenden belegt (E. 2.3). Die Beschränkung der Meinungsäusserungsfreiheit (Art. 16 BV und Art. 10 EMRK) bezeichnete das Bundesgericht als verhältnismässig. In einer demokratischen Gesellschaft sei es notwendig, «ein auf das Schüren von Hass gegen eine Person aufgrund ihrer sexuellen Orientierung sowie im weiteren Sinne gegen die homosexuelle Gemeinschaft als Ganzes abzielendes Verhalten zu verbieten» (E. 4). Vergeblich argumentierte Soral mit dem weitreichenden Schutz für Äusserungen, die im Rahmen einer politischen Kontroverse getätigt werden. Laut Bundesgericht berief er sich weder auf ein Engagement bei einem Presseorgan noch auf die Ausübung eines öffentlichen Mandats. Sorals verbaler Exzess sei lediglich eine Reaktion auf einen kritischen Presseartikel zu seiner Person gewesen. Einen politischen Kontext vermochte die I. strafrechtliche Abteilung nicht zu erkennen (E. 4.2).

46

Auch in der politischen Auseinandersetzung erlaubt Art. 261bis StGB keine verbalen Exzesse gegen Homosexuelle. Dies verdeutlichte kurz darauf das BGer-Urteil 6B_1477/2022 (Ehe für alle) vom 24.04.2024. Die I. strafrechtliche Abteilung unterstützte die Verurteilung eines SVP-Politikers, der im Vorfeld der Abstimmung über die „Ehe für alle“ nicht nur gegen „Männer afrikanischer Herkunft“ gehetzt, sondern auch gegen „Kindsadoptierungen von unnatürlichen Partnerschaften“ polemisiert hatte. Im Rahmen eines Abstimmungskampfs akzeptiert die höchstrichterliche Rechtsprechung zwar auch zugespitzte Formulierungen. Die pauschale Verunglimpfung und Herabsetzung von Personen in gleichgeschlechtlichen Partnerschaften als Menschen zweiter Klasse ging dem Bundesgericht jedoch zu weit. Die Meinungsäusserungsfreiheit werde durch den Schuldspruch nicht übermässig eingeengt (E. 4.5): Auch der EGMR betone, dass sich fremdenfeindliche und homophobe Äusserungen gerade in einem politischen Kontext besonders schädlich auswirken können. Dies gelte umso mehr, als die Äusserungen des Politikers weder einen behaupteten Missstand aufgriffen noch einen sachlichen Diskussionsbeitrag zu leisten vermochten.

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Kommentar: Seit Juli 2020 sind diskriminierende Äusserungen und Hassaufrufe aufgrund der sexuellen Orientierung strafbar (Art. 261bis StGB). Das Bundesgericht macht in den beiden geschilderten Urteilsbegründungen (Fälle Soral und «Ehe für alle») erstmals deutlich, dass diese neue Grenze freier Kommunikation nicht nur in seltenen Ausnahmefällen zum Tragen kommt. Es hat sich tendenziell für eine strenge Linie entschieden. Ob dies auch für journalistische Publikationen in den herkömmlichen Massenmedien gelten wird, bleibt abzuwarten.

48

Dass verbale Ausfälligkeiten gegen Menschen einer bestimmten sexuellen Orientierung nicht nur aus strafrechtlicher Optik weniger toleriert werden als früher, dokumentierte das Bundesgericht im Urteil 1C_514/2023 (Bundesangestellter auf Twitter) vom 04.03.2024: Die I. öffentlich-rechtliche Abteilung bestätigte die fristlose Entlassung eines Bundesangestellten, der in privaten Tweets u.a. geschmacklose Herabsetzungen von Personen aufgrund ihrer sexuellen Ausrichtung publiziert hatte. Dadurch verletzte der Bundesbedienstete seine Treuepflicht gegenüber dem Arbeitgeber. Die ausserdienstlichen Tweets waren zwar strafrechtlich kaum relevant. Nach Auffassung des Bundesgerichts sprengten die unanständigen Äusserungen jedoch den Rahmen dessen, was für einen Bundesangestellten in besonderer Vertrauensposition akzeptabel ist (E. 7.5).

C.  Leugnung, Verharmlosung oder Rechtfertigung von Völkermord

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Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

D.  Massnahmen zum Schutz von Sittlichkeit, Gesundheit und Moral

50

Das EGMR-Urteil „Bielau c. Österreich” (Disziplinierung eines Impfgegners) N° 20007/22 vom 27.08.2024 [IL 2] bestätigte mit 6:1 Stimmen eine bedingte Disziplinarstrafe von 2’000 Euro gegen einen Arzt, der 2016 auf seiner Website einen „ketzerischen Essay” publiziert hatte. Darin bestritt der Allgemeinmediziner die Existenz pathogener Viren und behauptete, dass Impfen nie vor Krankheiten schütze, die Natur keine Krankheiten kenne und keine einzige Krankheit durch Impfungen verschwunden sei. Der auf das österreichische Ärztegesetz gestützte Eingriff in die Meinungsfreiheit diente laut EGMR dem Schutz der Gesundheit und der Rechte anderer im Sinne von Art. 10 Abs. 2 EMRK (§ 33 ff., u.a. mit Hinweis auf das EGMR-Urteil „Hertel c. Schweiz” [Kritik an Mikrowellenöfen] vom 25.08.1998). Die Einschränkung war nach Ansicht einer Mehrheit der 4. Kammer verhältnismässig, denn das österreichische Recht verbiete keinesfalls jegliche Impfkritik, verlange aber von Ärzten nuancierte Äusserungen. Die kategorischen und einseitigen Behauptungen des Arztes widersprachen der medizinischen Wissenschaft und waren auch für Laien leicht zugänglich. Wegen ihrer Schlüsselrolle für die öffentliche Debatte über Gesundheitsfragen könne die Ärzteschaft für wissenschaftlich unhaltbare Aussagen sanktioniert werden (§ 44). In seiner abweichenden Meinung gab Richter Richter Vehabović (Bosnien-Herzegowina) zu bedenken, dass Klaus Bielaus Website eindeutig auf Homöopathie ausgerichtet war und sich damit an eine spezifische Zielgruppe wandte.

51

Kommentar: Die oben erwähnte Minderheitsmeinung von Richter Vehabović deutet es an: Die Reaktion auf wissenschaftlich fragwürdige Aussagen zu gesundheitlichen Themen stellt die Gerichte vor eine anspruchsvolle Aufgabe. Der EGMR ist in diesen Fragen auf ständiger Suche nach einer einzelfallgerechten Balance zwischen dem Schutz der Volksgesundheit und dem Menschenrecht auf freie Kommunikation (die gerade auf Minderheitsmeinungen angewiesen ist). Dies dokumentiert das EGMR-Urteil „Avagyan c. Russland (Falsche Infos über COVID-Infektionen) N° 36911/20 vom 29.04.2025. Dort bemühte sich der Gerichtshof in seiner Urteilsbegründung, die Unterschiede zum Fall Bielau herauszuschälen: Die auf Instagram kommunizierende Inhaberin eines russischen Nagelstudios war weder eine Medizinerin noch eine Expertin oder eine Journalistin. Der Gerichtshof wandte sich dagegen, dass bei solchen Personen die gleichen Standards für die Verifizierung von Informationen gelten sollen wie bei professionellen Medienschaffenden. Ein solch strenger Massstab würde die Teilnahme an öffentlichen Debatten übermässig erschweren.

E.  Schutz des religiösen Friedens und religiöser Empfindungen

52

Vgl. hinten in Rn. 85 das EGMR-Urteil „Sokolovskiy c. Russland” (Provokativer Youtuber) 618/18 vom 04.06.2024 [IL 3]. Der Gerichtshof bezeichnete die Verurteilung eines Content Creators einstimmig als unverhältnismässig, dem die russische Strafjustiz wegen teils vulgärer Videos u.a. öffentliche Handlungen vorgeworfen hatte, welche religiöse Überzeugungen verunglimpfen. Offen liess der Gerichtshof die von ARTICLE 19 und dem Menschenrechtszentrum der Universität Gent aufgeworfene Grundsatzfrage, ob eine zum Schutz der Gefühle von Gläubigen vorgesehene Kriminalisierung des Verunglimpfens von Religionen überhaupt mit der Meinungsfreiheit vereinbar ist. Die als Drittbeteiligte am Verfahren teilenehmenden Organisationen waren der Auffassung, dass eine Strafbarkeit nur dann in Frage kommen sollte, wenn religionskritische Äusserungen zu Diskriminierung, Feindseligkeit oder Gewalt aufstacheln (§ 94 f.).

F.  Schutz von Wahlen und Abstimmungen

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Zu den strafrechtlichen Grenzen diskriminierender Polemik gegen Homosexuelle im Vorfeld von Volksentscheiden vgl. das BGer-Urteil 6B_1477/2022 (Ehe für alle) vom 24.04.2024 vorne Rn. 46. Für die Problematik der Behördenkommunikation an Radio und Fernsehen BGE 151 II 164 (Bundesrätliche Ansprachen vor Volksabstimmungen) siehe hinten Rn. 79.

G.  Bekämpfung von Terrorismus und Aufrufen zur Gewalt

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Vgl. den vorne unter Rn. 13 erörterten Zulässigkeitsentscheid „Frank Christmann c. Frankreich” (Morddrohungen auf Online-Plattformen) N° 16710/20 vom 13.06.2024 [IL 3].

H.  Weitere öffentliche Interessen

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Als grundrechtskonform bezeichnete BGer 2C_36/2023 (Werbeplakate in Vernier) vom 05.06.2024 das Verbot kommerzieller Plakatwerbung auf öffentlichem Grund sowie auf von dort einsehbarem privatem Grund in der Genfer Stadt Vernier. Neben der Wirtschaftsfreiheit, der Eigentumsgarantie und dem Gleichbehandlungsgebot prüfte das Bundesgericht auch die Vereinbarkeit des Verbots mit der Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK, dessen Geltungsbereich im Gegensatz zu Art. 16 BV auch werbende Äusserungen umfasst). Die nicht in BGE 151 I 3 aufgenommene Erwägung 9 erinnerte u.a. an die massgebende EGMR-Praxis. Sie schützt kommerzielle Inhalte weniger intensiv als ideelle Beiträge zu allgemein interessierenden Themen. Die II. öffentlich-rechtliche Abteilung bejahte die Verhältnismässigkeit des Verbots. Angesichts anderer Werbemöglichkeiten habe es für die betroffenen Unternehmen und Privatpersonen nur eine geringe Tragweite. Die umwelt- und sozialpolitischen Zielsetzungen (Schutz des Ortsbilds, Verbesserung der Bewegungsfreiheit und Kampf gegen visuelle Verschmutzung) wogen nach Auffassung des Bundesgerichts schwerer als der grundrechtliche Anspruch auf ungehinderte Kommunikation.

7. Beschränkungen der journalistischen Recherche

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Im Grundsatzurteil BGE 151 IV 135 (Pistole aus dem 3D-Drucker) korrigierte das Bundesgericht einen wegen Verstoss gegen das Waffengesetz gefällten Schuldspruch gegen eine Westschweizer Fernsehjournalistin. Sie hatte 2019 eine Pistole aus einem 3D-Drucker herstellen lassen und die Waffe (ohne Munition) im Zug transportiert. Trotz tatbestandsmässiger Handlung (Verstoss gegen Art. 33 Abs. 1 lit. a Waffengesetz) kam das Bundesgericht zu einem Freispruch für die Medienschaffende. Das Bundesgericht hielt fest, dass sich Journalistinnen und Journalisten in Ausübung ihres Berufs auf den Rechtfertigungsgrund der gesetzlich erlaubten Handlung (Art. 14 StGB) stützen können. Mit anderen Worten vermag der Hinweis auf die journalistische Berufspflicht laut Bundesgericht strafrechtliche Schuldsprüche abzuwenden: Gemäss der amtlichen Entscheidregeste können sich Medienschaffende bei Strafverfahren «auf die Pflicht berufen, die sich aus ihrem Journalistenstatus ergibt» und die ihnen die EGMR-Rechtsprechung gestützt auf die Meinungsäusserungsfreiheit (Art. 10 EMRK) zuerkennt. Damit öffnete das Bundesgericht das Tor zur richterlichen Güterabwägung. Sie fiel vorliegend zugunsten der TV-Journalistin aus. Die ihr vorgeworfenen Handlungen waren laut Bundesgericht rechtmässig, «da sie in verhältnismässiger Ausübung der Meinungsäusserungsfreiheit erfolgten (E. 4)»: Vorliegend war die Gefährdung der öffentlichen Sicherheit laut Bundesgericht verglichen mit den bisher vom EGMR beurteilten Fällen (Feuerwaffe, Stichwaffe, Feuerwerk) viel weniger konkret und nahezu unbedeutend: Die im Zug transportierte Plastikpistole war weder mit Schlagbolzen noch mit Munition versehen und war nicht erkennbar in einem Sack verstaut. Die Beschaffung der Pistolenbestandteile habe auch kein kriminelles Netzwerk bereichert oder den Schwarzmarkt prosperieren lassen (E. 4.7.2.2). Dass die Journalistin keine Ausnahmebewilligung eingeholt hatte, rechtfertigte keinen Schuldspruch. Das Bundesgericht gab zu bedenken, dass ihre Investigationsarbeit gerade den Nachweis der Möglichkeit bezweckte, sich ausserhalb jeden gesetzlichen Rahmens eine gefährliche Waffe zu beschaffen. Eine frühzeitige Orientierung der Polizei hätte das Erreichen dieses journalistischen Ziels gefährdet (E. 4.7.3.2).

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Kommentar: Dem in öffentlicher Beratung gefällten Grundsatzurteil der I. strafrechtlichen Abteilung gebührt das Prädikat bahnbrechend. Beherzt wagte das Gericht am 12. Dezember 2024 eine neuartige Antwort auf eine seit Jahrzehnten ungeklärte Grundsatzfrage: Wie können die Erfordernisse von Art. 10 EMRK (Verhältnismässigkeit von Einschränkungen der Medienfreiheit) optimal in die strafrechtliche Dogmatik einfliessen? Im Zentrum war bislang der aussergesetzliche Rechtfertigungsgrund der Wahrung berechtigter Interessen gestanden. Nach rigoroser bundesgerichtlicher Praxis erlaubt er allerdings keine vollständige Güterabwägung und war (recherchierenden) Medienschaffenden in der Vergangenheit kaum je von Nutzen. Schweizerische Strafurteile gerieten daher verschiedentlich mit den Erfordernissen der EGMR-Rechtsprechung in Konflikt: Bei Beschränkungen freier Kommunikation verlangt der Gerichtshof, dass alle auf dem Spiel stehenden Aspekte sorgfältig ausbalanciert werden. Dies konnte oder wollte die Schweizer Justiz nicht immer leisten. Exemplarisch sind das in E. 4.3.3.2 erwähnte EGMR-Urteil „Haldimann u.a. c. Schweiz N° 21830/09 vom 24.02.2015 (Einsatz versteckter Kamera laut Bundesgericht nicht durch Wahrung berechtigter Interessen gerechtfertigt) sowie das Urteil „Dammann c. Schweiz N° 77551/01 vom 25.04.2006 (zur Geheimnisverletzung anstiftende Anfrage eines «Blick»-Journalisten an eine Verwaltungsassistentin der Staatsanwaltschaft). Den dogmatischen Aufhänger für eine uneingeschränkte Verhältnismässigkeitsprüfung hat das Bundesgericht nun in der Blankettnorm von Art. 14 StGB (Gesetzlich erlaubte Handlung) gefunden. Aus Gründen der Rechtssicherheit darf der Gesetzesbegriff laut Bundesgericht zwar nicht zu weit verstanden werden. Bei Art. 10 EMRK liessen sich die Umrisse des Erlaubten aber genügend klar aus der Strassburger Rechtsprechung ableiten. Schweizerische Strafgerichte seien in der Lage, die Güterabwägung zu antizipieren, die der EGMR im Fall einer anschliessenden Beschwerde vornehmen würde (E. 4.3.3). Im Ergebnis schafft das Bundesgericht damit einen grösseren (wenn auch keinesfalls uferlosen) Freiraum für journalistische Recherchemethoden am Rande der Legalität. Der kühne Schritt des Bundesgerichts verdient aus grundrechtlicher Sicht Anerkennung. Die neue Rechtsprechung ist geeignet, Straf- und Konventionsrecht besser aufeinander abzustimmen als früher. Für ausführliche Analysen dieses Leiturteils vgl. etwa die Besprechungen von Célian Hirsch/Sébastien Picard, Die Pressefreiheit im Lichte des Waffengesetzes, medialex 05/25 vom 4. Juni 2025; Fatih Aslantas/Jacqueline Hänsenberger, Medienfreiheit im Konflikt mit dem Waffengesetz, AJP 5/2025, 554ff.; Jean-Pascal Stoll, Meinungsäusserungs- und Medienfreiheit contra Waffengesetz, Jusletter 28. April 2025.

8. Redaktionsgeheimnis / Quellenschutz (Art. 17 Abs. 3 BV und Art. 10 EMRK)

58

Bei Auseinandersetzungen um die Reichweite des Schutzes journalistischer Informationsquellen sind ausreichende Verfahrensgarantien von zentraler Bedeutung. Dies untermauerte der EGMR im Urteil „Klaudia Csikós c. Ungarn” (Telefonabhörung bei Journalistin) N° 31091/16 vom 28.11.2024 [IL 3]. Die Zeitungsjournalistin Csikós war überzeugt, dass ihr Telefon im November 2015 ohne richterliche Genehmigung abgehört worden war, denn anschliessend überwachten die Behörden ihren Informanten (einen Polizisten). Der Polizist wurde wegen Geheimnisverrats angeklagt (und letztlich freigesprochen). Csikós wandte sich an verschiedene Behörden, um Informationen über die vermutete Abhörung zu erhalten. Ihre Bemühungen waren vergeblich, denn im nationalen Strafrecht fehlt eine Vorschrift über die Mitteilung geheimer Überwachungsmassnahmen. Auch der Zugang zu einem unabhängigen und unparteiischen Entscheidorgan war ihr versperrt: Im ungarischen Recht existierten keine genügenden prozeduralen Regeln, welche Medienschaffenden einen gerichtlichen Rechtsschutz gegen die vermuteten Überwachungsmassnahmen ermöglichen würden. Es fehlte auch eine Garantie, wonach die Behörden beim Entscheid über eine Abhörung den Schutz journalistischer Quellen zu berücksichtigen haben. Der Gerichtshof erinnerte in seiner Urteilsbegründung daran, dass es selbst bei Dringlichkeit ein Verfahren braucht, bei dem das Interesse an der Wahrung des Quellenschutzes noch vor der Aushändigung des Materials an die Behörden geprüft wird.

59

Der Quellenschutz spielt auch bei Konflikten der Medien mit privaten Klägern eine Rolle. Im vorne Rn. 21  erwähnten Urteil „Kajganić c. Serbien” (Pressevorwürfe gegen Anwältin)27958/16 vom 08.10.2024 [IL 2] hatte eine Zeitschrift gestützt auf das Transkript eines Telefongesprächs schwere Vorwürfe veröffentlicht. Die Anwältin scheiterte mit einer Ehrverletzungsklage, obwohl der Medienschaffende weder das Transkript vorlegen noch seine Informationsquelle nennen konnte bzw. wollte. Der EGMR unterstrich die Bedeutung des journalistischen Quellenschutzes (§ 70): Die serbische Justiz habe bei ihrer Güterabwägung zwischen dem Ansehensschutz und der Medienfreiheit zu Recht berücksichtigt, dass der Medienschaffende seine Quellen anonym halten wollte (§ 73). Ein Verstoss gegen seine journalistische Sorgfaltspflicht war ihm nicht vorzuwerfen (vgl. vorne Rn. 23).

9. Staatliche Pflicht zur Gewährleistung freier Kommunikation (Art. 10 EMRK)

60

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

10. Zensurverbot (Art. 17 Abs. 2 BV)

61

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

II. Informationszugang für Medien und Allgemeinheit 

1. Informationszugang gestützt auf die EMRK

62

Seit einigen Jahren schützt der EGMR den Anspruch auf Zugang zu amtlichen Informationen als Aspekt von Art. 10 EMRK (Leiturteil der Grossen Kammer im Fall „Magyar Helsinki Bizottság c. Ungarn” N° 18030/11 vom 08.11.2016). Damit dieses Menschenrecht überhaupt ins Spiel kommt und eine Prüfung der Einschränkungsvoraussetzungen erfolgt, verlangt die Strassburger Rechtsprechung den Nachweis, dass die angefragten Informationen für die Ausübung des Rechts auf freie Meinungsäusserung tatsächlich nötig waren („public interest”-Test betreffend die Art der nachgefragten Information bzw. der „public watchdog”-Rolle der nachfragenden Organisation). Dieser Nachweis ist für viele Gesuchsteller eine zu hohe Hürde. Dies dokumentierte etwa der Zulässigkeitsentscheid Public Association for Assistance to a Free Economy c. Aserbaidschan” (Informationen über öffentliche Rundfunkgesellschaft) N° 12759/13 vom 25.06.2024 [IL 3]. Die beschwerdeführende Organisation verlangte vergeblich Informationen über den staatlich kontrollierten Fernsehveranstalter «Azərbaycan Televiziyası» (AzTV), bspw. über die Gehälter bestimmter Angestellter, die Ausgaben für Treibstoff und Fahrzeugreparaturen sowie die Kosten für Gebäudesanierungen. Die 1. Kammer des EGMR bezweifelte, dass die verlangten detaillierten Informationen allesamt von öffentlichem Interesse waren. Andere Informationen (bspw. zum Budget) waren bereits publik. Gesamthaft war der Nachweis nicht erbracht, dass die nachgefragten Informationen dem „public interest”-Test genügten oder instrumentell für die Ausübung der freien Meinungsäusserung gewesen wären.

63

Einen Unzulässigkeitsentscheid fällte der EGMR auch im Fall The Organisation for the Protection of Oil Worker’s Rights c. Aserbaidschan” (Informationen über Erdölgesellschaft) N° 7211/12 vom 07.05.2024 [IL 3], der eine Anfrage bei der staatlichen Erdölgesellschaft betraf. Obwohl die Anfragen der Gewerkschaft zur Ableitung des Grundwassers und zur Lagerung von Bohrschlamm bei zwei Produktionsstätten sehr technisch waren, schloss der EGMR nicht aus, dass es sich um eine Angelegenheit von öffentlichem Interesse handeln könnte. Die Angaben der Gewerkschaft waren aber derart knapp und vage, dass ihr der Gerichtshof in dieser Angelegenheit den Status als «public watchdog» verweigerte.

64

Gutgeheissen hat der EGMR hingegen die Beschwerde im Fall „Suprun u.a. c. Russland” (Zugang zu Archivinformationen über die Sowjetzeit) N° 58029/12 vom 18.06.2024 [IL 3]. Die Forschung zur Geschichte politischer Unterdrückung in der Sowjetunion genügte dem «public interest»-Test. Die Einschränkung von Art. 10 EMRK bezeichnete die 3. Kammer des EGMR einstimmig als unverhältnismässig. Eine mögliche Verletzung der Persönlichkeitsrechte in den Archivdokumenten erwähnter Personen (Art. 8 EMRK) war kein stichhaltiges Argument für die Zugangsverweigerung, denn die Personen waren vermutlich bereits verstorben (§ 95 f.) und die Gefühle ihrer allfälligen Angehörigen wurden höchstens minimal beeinträchtigt (§ 97). Missachtet wurde Art. 10 EMRK auch bei der Einsicht in Dokumente, die weder kopiert noch fotografiert werden durften. Der Gerichtshof konnte für ein solches Verbot keinerlei legitimen Eingriffszweck erkennen (§ 106 ff.).

2. Informationszugang gestützt auf Bundesrecht (BGÖ, Archivierungsgesetz)

65

Auf eidgenössischer Ebene wird der Zugang zu amtlichen Informationen durch das Bundesgesetz über das Öffentlichkeitsprinzip der Verwaltung (Öffentlichkeitsgesetz; BGÖ) sowie eine Reihe spezialgesetzlicher Vorschriften geregelt. Für eine Schilderung der massgebenden Rechtsprechung des Bundesgerichts und des Bundesverwaltungsgerichts vgl. Daniel Ladanie-Kämpfer, Überblick über praxisrelevante Entscheide des Jahres 2024 zum Öffentlichkeitsgesetz (BGÖ), medialex 03/25 vom 7. April 2025. An dieser Stelle werden einzelne Urteile vertieft, die auch verfassungsrechtliche Fragen aufgeworfen haben.

66

Vor dem Hintergrund eines Gesuchs um Zugang zu verschiedenen Dokumenten über die Beschaffung von Atemschutz- und OP-Masken stellte sich der I. öffentlich-rechtlichen Abteilung wieder einmal die Frage nach der Geltung des BGÖ bei hängigen Strafverfahren. Im Urteil 1C_101/2023 (Maskenlieferantin) vom 01.02.2024 unterstützte sie die vom Armeestab verfügte Herausgabe der Akten. Die betroffene Maskenlieferantin argumentierte vergeblich, die Unterlagen seien Gegenstand eines hängigen Strafverfahrens betreffend Wucher und damit vom sachlichen Geltungsbereich des Öffentlichkeitsgesetzes ausgenommen (Art. 3 Abs. 1 lit. a Ziff. 2 BGÖ). Laut Bundesgericht gehören die Dokumente des Beschaffungsdossiers nicht zu den Strafakten im engeren Sinn. Vom Anwendungsbereich des BGÖ auszuklammern seien nur Dokumente, die von den Gerichts- oder Strafverfolgungsbehörden ausgehen oder die durch sie angeordnet worden sind. Die Beschränkung der Ausnahmeregelung auf wichtige und zentrale Beweismittel verhindere eine bewusste Umgehung des Zwecks des Öffentlichkeitsgesetzes (E. 3.1.2). Das Bundesgericht verwarf auch den Einwand, die strafprozessualen Akteneinsichts-, Informations- und Geheimhaltungsvorschriften gingen als spezialgesetzliche Regeln dem BGÖ vor. Laut Bundesgericht würde ein Vorrang der strafverfahrensrechtlichen Geheimhaltungspflicht (Art. 73 Abs. 1 StPO) das BGÖ unterlaufen, falls die amtlichen Dokumente lediglich Eingang in die Strafakten im weiteren Sinn gefunden haben (E. 4.3).

67

Im Urteil 1C_346/2023 (Amtshilfe in Steuersachen) vom 16.12.2024 stützte das Bundesgericht die von der Eidg. Steuerverwaltung (ESTV) verweigerte Herausgabe einer 2016 erstellten Aktennotiz über die Amtshilfepraxis in Steuersachen zwischen Indien und der Schweiz. Die Verweigerung sei zum Schutz der aussenpolitischen Interessen und der internationalen Beziehungen notwendig (gemäss der Ausnahmebestimmung von Art. 7 Abs. 1 Bst. d BGÖ). Laut den plausiblen Ausführungen der ESTV habe die vertrauliche Behandlung der Korrespondenz zwischen der Schweiz und ihren Partnerstaaten grundsätzlich als anerkannte Staatenpraxis zu gelten (E. 4.3.2). Für eine eigentliche Interessenabwägung bleibe vorliegend kein Raum, denn diese habe der Gesetzgeber durch die abschliessende Aufzählung der Gründe für eine Zugangsverweigerung bereits vorgenommen (E. 4.4.1). Nicht zum Durchbruch kam auch der Vorschlag des beschwerdeführenden Unternehmens, ein milderes Mittel als die komplette Zugangsverweigerung vorzusehen, bspw. die Einsicht vor Ort oder verknüpft mit einer Strafandrohung nach Art. 292 StGB (Ungehorsam gegen amtliche Verfügungen). Gemäss BGÖ und der darauf gestützten Verordnung (Art. 2) sei eine Beschränkung des Aktenzugangs auf einzelne Personen oder einen bestimmten Personenkreis grundsätzlich nicht möglich. Ein Ausnahmefall, in dem der Zugang mit Auflagen oder Bedingungen zu verbinden ist, war laut Bundesgericht „vorliegend nicht dargetan“ (E. 4.4.2).

3. Informationszugang gestützt auf kantonales Recht

68

Im BGer 1C_149/2023 (Vergleichsvereinbarungen im Baukartellskandal) vom 08.11.2024 hiess die I. öffentlich-rechtliche Abteilung die Beschwerde eines SRF-Redaktors gut. Dieser hatte 2019 im Zusammenhang mit dem Skandal um wettbewerbswidrige Absprachen im Strassenbau die Herausgabe von Vergleichsvereinbarungen verlangt, welche die Bündner Kantonsregierung mit den betroffenen Bauunternehmen abgeschlossen hatte. Er stützte seinen Anspruch auf das kantonale Gesetz vom 19. April 2016 über das Öffentlichkeitsprinzip (Bündner Rechtsbuch BR 171.000). Die Bündner Verwaltungsjustiz wollte die (teils geschwärzten) Dokumente erst nach Abschluss der konnexen Gerichtsverfahren herausgeben. Der Medienschaffende wehrte sich für einen unverzüglichen Zugang zu den Dokumenten. Das Bundesgericht wies die Angelegenheit an das kantonale Verwaltungsgericht zurück, denn die Bündner Behörden hatten es unterlassen, die betroffenen Unternehmen anzuhören. Prima vista unhaltbar war für die I. öffentlich-rechtliche Abteilung jedenfalls die Auffassung des Bündner Verwaltungsgerichts, die Unternehmen hätten ein überwiegendes privates Interesse an der vorläufigen Zugangsverweigerung (E. 4).

4. Anspruch auf rechtsgleiche und willkürfreie amtliche Information (Art. 8 und 9 BV)

69

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

5. Gerichtsöffentlichkeit (Art. 30 Abs. 3 BV; Art. 6 EMRK)

A.  Öffentlichkeit der Verhandlung

70

Im BGer 7B_61/2022 (Medienöffentlichkeit in Sexualstrafprozess) vom 25.06.2024 hiess die II. strafrechtliche Abteilung die Beschwerde eines akkreditierten Gerichtsberichterstatters gut, der sich gegen den Ausschluss von einem zweitinstanzlichen Prozess wegen mehrfacher sexueller Handlungen mit Kindern beschwert hatte. Zum Schutz der jungen Opfer hatte das Thurgauer Obergericht im Februar 2022 neben der Allgemeinheit auch die Medienschaffenden vom Berufungsprozess ausgeschlossen. Die Schutzanliegen direkter Opfer sind laut Bundesgericht besonders hoch zu gewichten. Einen hohen Stellenwert geniesse aber auch die Wächterrolle der Medien. Der vollständige Ausschluss der akkreditierten Medienschaffenden von diesem Gerichtsverfahren sei ein schwerer Eingriff in die Medienfreiheit, der sich als unverhältnismässig erweise: Da bereits das erstinstanzliche Verfahren hinter verschlossenen Türen stattgefunden hatte, konnten die Medien bislang ihrer Wächterrolle nicht nachkommen. Das Bundesgericht erinnerte daran, dass ein Ausschluss Medienschaffender im Gerichtsprozess „nur sehr restriktiv zuzulassen“ ist (BGE 143 I 194 E. 3.1). Zwar ist deren Anwesenheit bei der belastenden Befragung der Opfer zu den Vorfällen und zu ihren persönlichen Verhältnissen laut Bundesgericht besonders heikel. Eine solche Befragung war aber an der Berufungsverhandlung vor der zweiten richterlichen Instanz gar nicht geplant. Das Gericht sei überdies in der Lage, den Opferinteressen durch verschiedene Massnahmen Rechnung zu tragen: Mit geeigneten Auflagen könne es die Gerichtsberichterstatterinnen und -erstatter verpflichten, sämtliche Hinweise auf die Identität der Opfer zu unterlassen (E. 3.3). Und die mündliche Urteilsverkündung – an der ein besonders gewichtiges Interesse der Öffentlichkeit besteht – weise grundsätzlich keinen grossen Detaillierungsgrad auf. Dort habe es das Obergericht in der Hand, bei seinen Ausführungen eine Sekundärviktimisierung zu vermeiden. Dass die Bekanntgabe des Verfahrensergebnisses durch die Medien einen psychischen Druck ausübe, lasse sich zwar nicht gänzlich ausschliessen, rechtfertige aber keine unverhältnismässige Beschränkung der Justizöffentlichkeit sowie der Medien- und Informationsfreiheit (E. 4.2).

71

Kommentar: Die sorgfältige Begründung dieses in Fünferbesetzung gefällten Urteils belegt, dass der hohe Stellenwert des Öffentlichkeitsgebots und der journalistischen Wachhundfunktion für das Bundesgericht nicht nur ein Lippenbekenntnis ist. Der Schutz minderjähriger Opfer ist fraglos ein zentrales Anliegen. Dennoch müssen nicht verfahrensbeteiligte Dritte nachvollziehen können, „wie das Recht angewendet und die Rechtspflege ausgeübt“ wird (E. 4.2). Die polizeiliche Ermittlungstätigkeit, die staatsanwaltliche Untersuchungstätigkeit sowie das erstinstanzliche Verfahren vor dem Bezirksgericht Kreuzlingen waren allesamt der öffentlichen Kontrolle entzogen. Deshalb durften die akkreditierten Medienleute nicht leichthin vom Berufungsprozess ausgeschlossen werden. Dies tat das Präsidium des Obergerichts, obwohl ein solcher Entscheid durch das Gericht hätte gefällt werden müssen. Das Bundesgericht betont, dass die Kompetenz für den Beschluss über den Zugang der akkreditierten Medienleute nicht bloss bei der Verfahrensleitung liegen darf (E. 3.3). Darüber hinaus blieb die Verfahrensleitung jegliche Begründung schuldig, weshalb der Ausschluss der Medienschaffenden neben der Verhandlung auch die Verkündung des Urteils betraf. Das Bundesgericht erinnert das Thurgauer Obergericht bei dieser Gelegenheit daran, dass es mit einer Wiedergabe der groben Tatumstände und des Schuldspruchs nicht getan ist. Die Medienschaffenden haben nun einen Anspruch auf die vollständige schriftliche anonymisierte Urteilsbegründung des Obergerichts (E. 5). Das Bundesgericht verliert dabei die Opferinteressen nicht aus den Augen: Es hat das Rubrum und das Dispositiv seines eigenen Urteils im Bundesgerichtsgebäude ausnahmsweise nur in anonymisierter Form aufgelegt (E. 6).

72

In BGE 151 IV 10 (Medienöffentlichkeit im Jugendstrafprozess) akzeptierte die II. strafrechtliche Abteilung die (teilweise) Zulassung akkreditierter Gerichtsberichterstatter zur Hauptverhandlung in einem aufsehenerregenden Jugendstrafverfahren («Loverboy-Prozess»). Art. 14 Abs. 2 der Jugendstrafprozessordnung (JStPO) ermöglicht eine Ausnahme vom Grundsatz der Nichtöffentlichkeit, falls es das öffentliche Interesse gebietet. Dies gilt laut Bundesgericht namentlich, wenn die Straftat die Öffentlichkeit stark bewegt hat. Das erstinstanzliche Bezirksgericht hatte u.a. festgehalten, die an strenge Auflagen zur Wahrung der Anonymität geknüpfte Medienpräsenz laufe den Interessen des mittlerweile erwachsenen Beschuldigten nicht zuwider (Art. 14 Abs. 2 Bst. b JStPO), denn fundierte journalistische Berichterstattung sei letztlich Teil eines Strafverfahrens.

73

Kommentar: Für eine ausführliche Analyse dieses Urteils vgl. Thomas Hasler, Der jugendliche Übergangstäter und der Grundsatz der Nichtöffentlichkeit – Besprechung des Urteils 7B_727/2024 des Bundesgerichts vom 11. Okt. 2024, medialex 10/24, 4. Dezember 2024. Hasler bedauert den Verzicht des Bundesgerichts auf eine Auseinandersetzung mit der Grundsatzfrage, ob sich schon nur ein teilweiser Ausschluss der Medienöffentlichkeit rechtfertigen lässt, falls Übergangstäter das Erwachsenenalter vor mehr als fünf Jahren erreicht haben.

B.  Öffentlichkeit des Urteils ab Verkündung

74

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

C.  Weitere Aspekte

75

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

6. Amtliche Pflicht zur Anonymisierung von Informationen

76

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

7. Aktive behördliche Kommunikation

77

Eine problematische Publikation auf einer Polizei-Website beanstandete das EGMR-Urteil O.G. u.a. c. Griechenland” (Publikation der Gesundheitsdaten von Prostitutierten) N° 71555/12 + 48256/13 vom 23.01.2024 [IL 3]. Einstimmig bejahte die 3. Kammer des Gerichtshofs einen Verstoss gegen die Achtung des Privatlebens (Art. 8 EMRK), weil die Polizei auf ihrer Website höchst sensible Gesundheitsdaten von festgenommenen HIV-positiven Sexarbeiterinnen mit Namensnennung und Fotografie veröffentlicht hatte. Diese Angaben wurden anschliessend auch von den Medien publiziert. Der Staatsanwalt hatte es unterlassen, weniger gravierende Massnahmen zu prüfen.

III.  Anspruch auf Achtung des Privat- und Familienlebens (Art. 13 BV, Art. 8 EMRK)

78

Vgl. dazu oben Rn. 77 das EGMR-Urteil O.G. u.a. c. Griechenland” (Publikation der Gesundheitsdaten von Prostitutierten) N° 71555/12 + 48256/13 vom 23.01.2024 [IL 3] sowie unten Rn. 87 das EGMR-Urteil „M.S.D. c. Rumänien” (Online-Racheporno) N° 28935/21 vom 03.12.2024 [IL 2].

IV.  Radio und Fernsehen 

1. Redaktioneller Inhalt von Radio- und Fernsehprogrammen

A.  Bundesgerichtspraxis

79

In BGE 151 II 164 (Bundesrätliche Ansprachen vor Volksabstimmungen) klärte die II. öffentlich-rechtliche Abteilung eine medien- und demokratiepolitisch bedeutsame Grundsatzfrage. Die seit den 1970er-Jahren praktizierte Ausstrahlung bundesrätlicher Ansprachen im Vorfeld eidgenössischer Volksabstimmungen verstösst laut Bundesgericht nicht gegen das rundfunkrechtliche Vielfaltsgebot (Art. 4 Abs. 4 des Radio- und Fernsehgesetzes; RTVG). 2023 hatte die Unabhängige Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen (UBI) in ihrem Leitentscheid b. 919 einstimmig eine andere Rechtsauffassung vertreten. Sie bemängelte, die exklusive Darstellung der Position des Bundesrats missachte das Rundfunkrecht und verfassungsrechtliche Prinzipien. Ohne gleichberechtigte Darstellung der Gegenmeinung verletze die SRG ihre Pflicht, in der für die Willensbildung sensiblen Periode vor einer Volksabstimmung ausgewogen und unparteiisch zu berichten. Das Bundesgericht entgegnete, die UBI dürfe nicht übermässig in die Programmautonomie der SRG eingreifen. Für Bundesratsansprachen müsse ein weniger strenger Massstab gelten als für andere abstimmungsrelevante SRG-Sendungen (E. 6). Der eminent politischen und demokratisch legitimierten Funktion bundesrätlicher Positionsbezüge sei Rechnung zu tragen. Das Bundesgericht verwies auf die Regelung in Art. 10 Abs. 1 des Bundesgesetzes über politische Rechte (BPR; SR 161.1) und auf die Volksinitiative “Volkssouveränität statt Behördenpropaganda” (sog. Maulkorb-Initiative), die 2008 deutlich abgelehnt worden war. Zwar sei die SRG nicht (mehr) zur Ausstrahlung der Ansprachen verpflichtet. Dennoch wäre eine beschränkte Informationsaktivität des Bundesrats kaum im Interesse der Stimmbevölkerung, denn diese sei ohne Weiteres fähig, den bundesrätlichen Positionsbezug einzuordnen und sich eine eigene Meinung zu bilden. Die SRG ist laut Bundesgericht nicht verpflichtet, in der Anmoderation auf andere Sendungen zur Abstimmungsvorlage hinzuweisen. Sie müsse der Gegnerschaft auch keinen gleichwertigen Sendeplatz zur Verfügung stellen. Ein Verstoss gegen Art. 4 Abs. 4 RTVG kommt für das Bundesgericht nur in eng gefassten Ausnahmefällen in Betracht, beispielsweise wenn die SRG vor dem Urnengang keinerlei andere abstimmungsrelevante Sendungen mit Gegenpositionen ausstrahlen würde.

80

Kommentar: Gesamthaft lässt sich mit dem Bundesgericht konstatieren, dass die UBI diese Problematik unter einem zu engen Blickwinkel beleuchtet und zu schematisch beurteilt hat (ausführlicher dazu die Urteilsbesprechung von Oliver Sidler, Die Ausstrahlung von Bundesratsansprachen verletzt das rundfunkrechtliche Vielfaltsgebot nicht, medialex 09/24 vom 11. November 2024). Auf der anderen Seite ist allerdings auch die Frage legitim, ob der vom Bundesgericht gewährte Spielraum nicht gar grosszügig bemessen ist. Verbesserungspotenzial für eine fairere Kommunikation vor Volksabstimmungen dürfte jedenfalls vorhanden sein. Vgl. etwa die Vorschläge des früheren UBI-Präsidenten Roger Blum, Der tolerierte Fremdkörper Bundesratsreden – Soll nach dem Urteil des Bundesgerichts wirklich alles beim alten bleiben?, in: medialex 10/24 vom 4. Dezember 2024.

81

Anhand eines Beitrags des Westschweizer Fernsehprogramms der SRG (RTS) steckte die II. öffentlich-rechtliche Abteilung einmal mehr die programmrechtlichen Grenzen des Zulässigen ab. Im Urteil 2C_597/2023 (Temps Présent: „Fake news, une pandémie de mensonges“) von 17.04.2024 folgte sie der vorinstanzlichen Beurteilung durch die UBI. Das Bundesgericht verneinte einen Verstoss der SRG gegen das Sachgerechtigkeitsgebot (Art. 4 Abs. 2 RTVG) und gegen andere Programmvorschriften.

B.  Rechtsprechung des EGMR

82

In ihrem 347 Seiten dicken Leiturteil „Ukraine c. Russland (re: Krim)” (Unterdrückung nichtrussischer Medien) N° 20958/14 und 38334/18 vom 25.06.2024 [IL Key cases] beanstandete die Grosse EGMR-Kammer u.a. einstimmig die russischen Massnahmen gegen ukrainische und krimtatarische Fernsehstationen. Im fraglichen Zeitraum (zwischen Februar 2014 und August 2015) hatte Russland bspw. Rundfunklizenzen verweigert oder widerrufen sowie Sendefrequenzen nicht zugeteilt. Diesen Einschränkungen der Meinungsfreiheit (Art. 10 EMRK) fehlte eine gesetzliche Grundlage. Überdies legte die russische Regierung dem Gerichtshof keinerlei Beweise dafür vor, dass ihre Eingriffe in einer demokratischen Gesellschaft notwendig gewesen wären (wie dies Art. 10 Abs. 2 EMRK verlangt). Der EGMR erkannte keine ausreichenden Anhaltspunkte dafür, dass die auf die Wahrung der territorialen Integrität der Ukraine abzielenden TV-Sendungen zur Gewalt aufriefen oder den Rückgriff auf gewaltsame Massnahmen befürworteten. Die Gründung eines öffentlich-rechtlichen krimtatarischen Fernsehsenders, einer Rundfunkgesellschaft und einer krimtatarischen Redaktion genüge nicht als Ausgleich für den allgemeinen Rückgang der Zahl unabhängiger Fernsehsender. Der EGMR verwarf auch den russischen Einwand, dass bestimmte Medien weiterhin online verfügbar seien. Dies sei kein genügender Ersatz für die Verfügbarkeit von herkömmlichen Fernsehkanälen (und von Printmedien).

2. Weitere Aspekte

83

Vgl. vorne Rn. 62 den Zulässigkeitsentscheid Public Association for Assistance to a Free Economy c. Aserbaidschan” (Informationen über öffentliche Rundfunkgesellschaft) N° 12759/13 vom 25.06.2024. Die 1. Kammer des Gerichtshofs (in Dreierbesetzung) liess in ihrer Urteilsbegründung offen, ob der in staatlichem Eigentum stehende Fernsehveranstalter «Azərbaycan Televiziyası» (AzTV) überhaupt dem Staat Aserbaidschan zuzurechnen ist (§ 11).

 

V.  Verfassungs- und konventionsrechtliche Aspekte der Online-Kommunikation 

1. Recht auf Zugang zu Online-Informationen

84

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

2. Verantwortlichkeit für rechtswidrige Äusserungen

A.  Haftung für eigene Äusserungen und Verlinkung

85

Im Urteil „Sokolovskiy c. Russland” (Provokativer Youtuber) 618/18 vom 04.06.2024 [IL 3] beanstandete der Gerichtshof einstimmig die Verurteilung eines Content Creators und Bloggers zu einer bedingten Freiheitsstrafe von 27 Monaten wegen Anstiftung zu Hass oder Feindseligkeit und Verunglimpfung religiöser Überzeugungen (Art. 282 und 148 des russischen Strafgesetzbuchs). Ruslan Gennadjewitsch Sokolowski hatte auf seinem YouTube-Kanal (mit rund 470 000 Abonnentinnen und Abonnenten) insgesamt neun Videos publiziert. Sie betrafen u.a. den Ausschluss einer atheistischen Gruppierung aus einem tschetschenischen sozialen Netzwerk, Kritik an der Russisch-Orthodoxen Kirche und Beiträge, welche an der Existenz von Jesus und Mohammed zweifelten. Eines der Videos zeigte Sokolowski beim Pokémon-Spielen in einer Kirche. Die Verurteilung war nach Auffassung des EGMR in einer demokratischen Gesellschaft nicht notwendig. Der Gerichtshof erinnerte daran, dass die Aufmachung und der Stil einer Äusserung ebenso menschenrechtlichen Schutz geniessen wie deren Inhalt (§ 101) Die russische Justiz hatte sich darauf beschränkt, gestützt auf die Beurteilung eines Sachverständigen aus ihrem Zusammenhang gerissene kurze Sätze oder Ausdrücke zu erörtern. Mit summarischer Begründung verwarf sie das Argument, dass Sokolowskis provokative und teils vulgär formulierte Äusserungen zu einer Debatte von allgemeinem Interesse beitrugen und typisch für Blogger-Publikationen waren, die sich an ein junges Zielpublikum richten (§ 106 ff.). Die russische Strafjustiz prüfte auch nicht, ob die sarkastischen Videos willkürlich religiöse Überzeugungen angriffen oder ob sie zu Respektlosigkeit und Hass gegenüber religiösen oder ethnischen Gruppierungen bzw. der Orthodoxen Kirche aufstachelten. Den Kontext der Äusserungen berücksichtigte sie nicht (§ 111).

B.  Haftung für Kommentare aussenstehender Dritter

86

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.

C.  Weitere Aspekte

87

Im Urteil „M.S.D. c. Rumänien” (Online-Racheporno) N° 28935/21 vom 03.12.2024 [IL 2] unterstrich der EGMR die staatliche Schutzpflicht für Massnahmen gegen die Online-Publikation intimer Fotografien aus Rachemotiven. Nach Beziehungsende hatte der Ex-Freund einer 18jährigen Frau die anzüglichen Bilder 2016 auf einer Webseite für Escort-Angebote veröffentlicht, worauf sie zahlreiche Telefonanrufe von unbekannten Männern erhielt. Die rumänischen Strafverfolgungsbehörden wurden unverzüglich eingeschaltet, unterliessen aber zügige Untersuchungsmassnahmen und liessen die Strafsache verjähren. Die 4. Kammer des EGMR bejahte einstimmig einen Verstoss gegen die Pflicht, die Achtung des Privatlebens durch wirksame behördliche Vorkehren zu schützen (Art. 8 EMRK). Besonders problematisch war für den Gerichtshof, dass die rumänischen Behörden der jungen Frau einen Teil der Verantwortlichkeit für die Publikation zuschoben. Dies trug zu einer Sekundärviktimisierung der Frau bei, welche auch gegen die internationalen Verpflichtungen Rumäniens nach der Instanbul-Konvention verstiess (§ 147).

88

Kommentar: Die differenzierte Urteilsbegründung der 4. EGMR-Kammer in diesem rumänischen Fall leuchtet ein. Die Verbreitung intimer Fotos oder Videos ohne Zustimmung der betroffenen Person ist ein weit verbreitetes Phänomen. Es war auch in der Schweiz bereits 2016 Gegenstand rechtspolitischer Diskussionen. In seiner Stellungnahme zur Interpellation 16.3162 Feri „Rachepornografie“ verneinte der Bundesrat am 18.05.2016 einen gesetzgeberischen Handlungsbedarf. Denkbar seien nach geltendem Recht sowohl strafrechtliche Konsequenzen (Ehrverletzungsdelikte nach Art. 173–178 StGB und Pornografie nach Art. 197 StGB) als auch zivilrechtliche Folgen (Persönlichkeitsschutz nach Art. 28 ZGB). Zusätzliche Regelungen könnten nichts zu einem verbesserten Schutz des Opfers beitragen. Der Bundesrat hielt gleichzeitig fest, es gebe keine statistischen Angaben zur Frage, wie viele Personen in der Schweiz jährlich Opfer von Rachepornografie werden. Gerade in diesem Bereich sei „von einer grossen Dunkelziffer auszugehen. Einer Statistik würde daher ohnehin nur eine beschränkte Aussagekraft zukommen.“

3. Sperren und andere Beschränkungen des Zugangs zu Online-Inhalten

89

Im Urteil „RFE/RL Inc. u.a. c. Aserbaidschan” (Blockierung von Online-Medienangeboten) N° 56138/18, 48735/19, 51207/19, 58694/19 vom 13.06.2024 [IL 2] bezeichnete der EGMR die vollständige Sperrung der Websites von vier Medienorganisationen (u.a. Radio Free Europe) wegen einzelner angeblich illegaler Inhalte als konventionswidrig. Nach dem einstimmigen Urteil der 1. EGMR-Kammer fehlten im nationalen Recht ausreichende Vorschriften gegen willkürliche Einschränkungen durch vorläufige Sperranordnungen, welche das zuständige Ministerium ohne gerichtliche Entscheidung erliess. Das Ministerium missachtete überdies die gesetzlich vorgesehenen Schutzmassnahmen in einer unvorhersehbaren und offensichtlich unangemessenen Weise. Trotz gewisser Umgehungsmöglichkeiten verursachte die totale Sperrung den Medienorganisationen einen erheblichen Nachteil (vgl. dazu vorne Rn. 11). Dem Eingriff in die Meinungsfreiheit fehlte die in Art. 10 Abs. 2 EMRK verlangte gesetzliche Grundlage. Der Gerichtshof brauchte daher nicht zu prüfen, ob die Anordnungen des Ministeriums einem legitimen Zweck dienten und verhältnismässig waren. Die betroffenen Medienunternehmen hatten argumentiert, die staatlichen Sperrverfügungen seien eine Reaktion auf regierungskritische Publikationen gegen Machtmissbrauch und Korruption.

4. Staatliche Schutzpflichten im Online-Bereich

90

Keine erwähnenswerte Rechtsprechung im Berichtsjahr.


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Soupçon bien étayé commence par intérêt public

Aperçu de la jurisprudence fédérale, cantonale et internationale rendue durant l’année 2024 et au début de l’année 2025 en matière de droit civil en lien avec les médias

Louis Wéry[1], MLaw, Fribourg
Jonas Dupraz[2], MLaw, Fribourg

Zusammenfassung: 2024 und die ersten zwei Monate des Jahres 2025 waren geprägt von zahlreichen Entscheidungen zum Persönlichkeitsschutz und zur Meinungsfreiheit auf Bundes-, Kantons- und internationaler Ebene. Auf Bundesebene bestätigte das Bundesgericht in seinem Urteil 5A_56/2024, dass eine Berichterstattung über Verdachtsmomente zulässig ist, wenn sie einem öffentlichen Interesse entspricht und bestimmte Anforderungen einhält, wobei der «Eindruck des durchschnittlichen Lesers» ein zentrales Kriterium bleibt. Im Entscheid 5A_274/2024 hat es die strengen Voraussetzungen für vorsorgliche Massnahmen gegen periodische Medien bekräftigt.
Auf kantonaler Ebene veranschaulichen mehrere Entscheidungen das Spannungsfeld zwischen Persönlichkeitsverletzung, unlauterem Wettbewerb und Medienfreiheit: Das Kantonsgericht Zug beurteilte die landesweit bekannte Forderung von Jolanda Spiess-Hegglin gegen Ringier auf Herausgabe des Gewinns und bezifferte diesen auf über 300’000 CHF; in Zürich hat das Obergericht festgestellt, dass «das Internet nicht vergisst». Ebenfalls in Zürich wies das Handelsgericht die Haftung einer Suchmaschine zurück, weil es ihre Rolle bei der Verbreitung verletzender Artikel als zu indirekt einstufte. Das Kantonsgericht Freiburg beschränkte in einem Entscheid die Mitteilung über eine Kündigung auf einen engen Kreis, um den Ruf der betroffenen Person zu schützen.
Auf internationaler Ebene hat der Europäische Gerichtshof für Menschenrechte (EGMR) in der Rechtssache Cracò gegen Italien die Aufrechterhaltung eines Urteils mit medizinischen Daten im Internet sanktioniert und damit die Forderung nach einem wirksamen Schutz sensibler Informationen bekräftigt. Der Gerichtshof der Europäischen Union (EuGH) schliesslich hat im Fall Real Madrid c. Le Monde die Voraussetzungen präzisiert, unter denen die Vollstreckung einer ausländischen Entscheidung in einer Verleumdungssache wegen offensichtlicher Verletzung der durch die Charta geschützten Pressefreiheit abgelehnt werden kann.

Résumé: L’année 2024 ainsi que les deux premiers mois de l’année 2025 ont été marqués par de nombreuses décisions importantes en matière de protection de la personnalité à l’égard des médias tant au niveau fédéral, cantonal qu’international.
Sur le plan fédéral, le Tribunal fédéral a confirmé, dans l’arrêt 5A_56/2024, qu’un reportage portant sur des soupçons peut être licite s’il répond à un intérêt public et respecte certaines précautions rédactionnelles, en précisant que l’« impression du lecteur moyen » reste un critère central. Un autre arrêt du Tribunal fédéral (5A_274/2024) a rappelé les conditions strictes des mesures provisionnelles contre les médias périodiques.
Au niveau cantonal, à Zoug le tribunal a été saisi dans l’affaire Spiess-Hegglin d’une action en remise du gain ou ce dernier a été chiffré à plus de CHF 300’000. À Zurich, la Cour cantonale a affirmé de manière générale que « l’Internet n’oublie pas ». Toujours à Zurich , le tribunal de commerce a écarté la responsabilité d’un moteur de recherche jugé trop indirectement lié à la diffusion d’articles attentatoires. Enfin, à Fribourg, le tribunal cantonal a limité à un cercle restreint la communication relative à un licenciement afin de préserver la réputation de l’intéressé.
Sur le plan international, la Cour européenne des droits de l’homme (CourEDH), dans l’arrêt Cracò c. Italie, a sanctionné le maintien en ligne d’un jugement contenant des données médicales, renforçant l’exigence d’une protection effective des informations sensibles. Enfin, dans l’affaire Real Madrid c. Le Monde, la Cour de justice de l’Union européenne(CJUE) a précisé les conditions dans lesquelles l’exécution d’une décision étrangère en matière de diffamation peut être refusée pour contrariété manifeste à la liberté de la presse protégée par la Charte.

I. Introduction

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Dans la présente contribution, nous présentons et commentons deux arrêts rendus par le Tribunal fédéral, trois jugements cantonaux, un arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’Homme (CourEDH) ainsi qu’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

II. Arrêts fédéraux

1. Reportage sur de simples soupçons (TF 5A_56/2024 du 14 janvier 2025)

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L’association E., qui exploite sept crèches dans le Canton de Zurich, est critiquée dans un article du journal F., détenu par la société B. SA. L’article en question, paru le 29 mars 2021, fait état de dysfonctionnements organisationnels et personnels dans les crèches de l’association E. et aborde le sujet de l’insuffisance du contrôle des crèches par les autorités.

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Estimant cette publication attentatoire à sa personnalité (art. 28 CC) et portant atteinte de manière déloyale à sa position économique (art. 3 al. 1 let. a LCD), l’association E. ouvre action contre B. SA. Déboutée en première puis en seconde instance, elle forme un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral.

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Entre le dépôt de l’action et le jugement fédéral, l’association E. est devenue A. SA, société anonyme inscrite au registre du commerce du canton de Zurich.

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Dans sa décision, le Tribunal fédéral rejette intégralement le recours formé par A. SA et confirme point par point le raisonnement du Tribunal cantonal zurichois.

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Le Tribunal fédéral reprend l’appréciation de l’instance précédente selon laquelle A. SA, responsable de la garde d’un grand nombre de très jeunes enfants, faisait l’objet de reproches graves qui, s’ils étaient fondés, pourraient compromettre de manière significative les intérêts des enfants et de leurs parents. Dans ce contexte, la désignation de la recourante dans l’article répondait à un intérêt général accru, et non à un simple intérêt de divertissement, en permettant au public de savoir dans quelles crèches des irrégularités graves avaient été constatées. Le Tribunal fédéral souligne également que la mention explicite du nom de l’association E. évitait de jeter un soupçon général sur l’ensemble des crèches associatives de la région zurichoise.

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Concernant les craintes de A. SA de subir une atteinte à la concurrence, le Tribunal fédéral reprend l’analyse cantonale selon laquelle, en raison de la pénurie notoire de places en crèche pour les enfants en bas âge dans la région de Zurich, il n’y avait pas lieu de craindre que le reportage entraîne une perte financière durable pour la recourante.

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S’agissant de la présentation des irrégularités évoquées dans l’article du 29 mars 2021, le Tribunal fédéral, suivant l’analyse des juridictions cantonales, constate que le texte comporte plusieurs mentions précisant le caractère non prouvé des accusations, indique l’absence de preuves écrites à l’appui de certains faits et accorde une place au contradictoire à travers le témoignage du directeur de la recourante. Ces éléments traduisent, selon lui, des précautions rédactionnelles suffisantes pour que le lecteur moyen perçoive les faits rapportés comme des soupçons et non comme des vérités établies.

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Enfin, le Tribunal fédéral examine les critiques de la recourante relatives au non-respect, dont aurait fait preuve B. SA., des obligations de diligence du Conseil suisse de la presse et de la jurisprudence sur le traitement des sources douteuses. A. SA invoquait à cet égard la relation conflictuelle avec les informatrices, anciennes employées licenciées pour fautes professionnelles, qu’elle accusait d’avoir sciemment formulé des déclarations mensongères en raison de différends liés à leur licenciement. Elle dénonçait également, sous l’angle du principe de proportionnalité, une violation du droit fédéral dans l’exercice du pouvoir d’appréciation. Le Tribunal fédéral relève toutefois que ces arguments reposent exclusivement sur des griefs déjà examinés et qu’ils ne démontrent pas que l’instance cantonale ait excédé son pouvoir d’appréciation.

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En conséquence, le recours est rejeté dans son intégralité.

Commentaire:

11

Cette décision illustre la tension classique entre la protection de la personnalité et la liberté de la presse, dans le contexte particulier du reportage portant sur des soupçons. Dans le cadre d’une action en protection de la personnalité, il peut être stratégique pour la partie demanderesse de soutenir qu’une présentation de soupçons équivaut à l’affirmation de faits avérés. En effet, si les allégations sont perçues comme des affirmations de vérité, la partie défenderesse ne peut les justifier qu’en apportant la preuve de leur exactitude. Or, lorsque les faits rapportés reposent sur des soupçons, par définition non vérifiés ou invérifiables, une telle preuve est impossible, ce qui rend l’atteinte à la personnalité illicite.

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La présentation de soupçons par un média obéit ainsi à des exigences particulières : l’information doit porter sur un sujet d’intérêt public, le média doit prendre des précautions rédactionnelles, la personne visée doit avoir eu la possibilité de s’exprimer, et la formulation ne doit pas laisser au « lecteur moyen » l’impression que les faits sont établis. C’est précisément cette notion « [d’] impression du lecteur moyen » qui soulève le plus de difficultés.

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Depuis des décennies[3], le Tribunal fédéral recourt régulièrement à « [l’]impression du lecteur moyen ». Parfois, les juges décortiquent le contenu médiatique afin de peser les différents éléments tant formels (place du contenu médiatique par rapport aux autres contributions contenues dans le média) que de fond (formulation du propos) pour déterminer l’impression laissée au lecteur moyen[4]. À d’autres occasions, les juges peuvent retenir qu’un seul élément du contenu médiatique peut suffire à laisser une certaine impression au lecteur moyen[5]. La jurisprudence précise également que le contexte de la publication est déterminant : ainsi, le lecteur moyen tirera moins rapidement des conclusions susceptibles de porter atteinte à la réputation d’une personne lorsque les accusations s’inscrivent dans un débat politique que lorsqu’elles concernent son comportement professionnel ou privé[6].

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À notre sens, lorsque cette notion est utilisée dans le cadre de soupçons, son appréciation devrait aussi intégrer le contexte médiatique élargi dans lequel l’information circule, soit l’espace médiatique dans son ensemble. En effet, plusieurs études montrent que la consommation de l’actualité tend de plus en plus à s’effectuer à travers plusieurs médias, s’éloignant d’une dépendance à une source unique au profit d’une pluralité d’offres d’information. Des analyses empiriques en Suisse révèlent que les utilisateurs des contenus de la SSR, par exemple, sont significativement plus enclins à consulter également des médias privés, qu’ils soient payants ou gratuits, avec une proportion « extrêmement faible » de seulement 3,5% de la population s’informant exclusivement via les offres en ligne de la SSR[7]. De plus, des recherches sur les habitudes de consommation des nouvelles en Suisse décrivent des « répertoires d’actualités » (Newsrepertoires), qui sont des compilations individuelles et typiques de médias utilisées par les individus pour s’informer, impliquant intrinsèquement l’utilisation de multiples sources[8]. Cette tendance est renforcée par la présence multiplateforme des médias en ligne et l’essor de la consommation « émergente » via les réseaux sociaux, où une exposition algorithmique à un éventail plus large de sources journalistiques contribue à une diversité accrue des habitudes d’information[9].

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Dans cette perspective, le rôle de « prescripteur » d’un média devrait constituer un critère pertinent. Certains médias disposent d’une capacité d’influence telle que leurs contenus sont repris par d’autres, ce qui amplifie la portée de l’information initiale. L’impression laissée au lecteur moyen est alors façonnée non seulement par la teneur du contenu médiatique litigieux, mais aussi par sa reprise et sa répétition dans l’espace médiatique. À notre sens, ce rôle de prescripteur lorsqu’on songe à la formulation de soupçons, s’agissant précisément d’une information qui ne peut être confirmée, est déterminant pour apprécier l’impression générale laissée au lecteur moyen. Le lecteur moyen aura tendance à accorder plus de crédit à des soupçons repris dans plusieurs médias que ceux formulés dans un seul. Ainsi, en ne tenant pas compte de ce facteur, la jurisprudence actuelle risque de sous-estimer l’effet amplificateur des soupçons lorsqu’ils circulent dans un espace médiatique interconnecté.

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Enfin, cette réflexion invite à un débat plus large sur la responsabilité des médias, appréciée à l’aune de leur poids dans le paysage médiatique. Les limites du présent propos ne permettent toutefois pas d’en explorer ici toute l’ampleur. (LW)

2. Mesures provisionnelles contre la presse (TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024

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Au titre des arrêts fédéraux rendus durant l’année, on ne manquera pas de relever que l’arrêt du TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024 a déjà fait l’objet d’un résumé publié dans la présente revue (cf. Marie-Laure Papaux van Delden, « Mesures provisionnelles à l’encontre d’un média à caractère périodique : du rôle de ‘chien de garde’ de la presse », medialex 03/25, 7 avril 2025.). En substance, l’arrêt traite des mesures provisionnelles contre les médias périodiques, régies par l’art. 266 CPC (dans sa version applicable jusqu’au 31 décembre 2024). Pour être admises, ces mesures exigent la quasi-certitude d’une atteinte imminente et grave, l’absence manifeste de justification, et le respect du principe de proportionnalité. Le cœur du litige porte sur la mise en balance entre la liberté de la presse et la protection de la personnalité (art. 28 CC), à interpréter à la lumière des droits fondamentaux et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme. 

III. Arrêts cantonaux

3. Le calcul de la remise du gain dans l’affaire Spiess-Hegglin (Tribunal Cantonal de Zoug, décision du 22 janvier 2025, A1 2020 56)

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La décision du 22 janvier 2025 du Tribunal cantonal de Zoug s’inscrit dans la longue procédure opposant Jolanda Spiess-Hegglin à l’éditeur Ringier AG à propos de divers articles publiés dans Blick, Blick am Abend et sur Blick Online en 2014 et 2015, relatifs à l’« affaire politico-sexuelle de Zoug ». Après avoir jugé illicites ces publications dans une décision partielle de 2022[10], le tribunal devait statuer sur l’action en remise du gain (art. 28a al. 3 CC en lien avec l’art. 423 CO).

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S’appuyant sur la jurisprudence fédérale, notamment l’ATF 133 III 153 (Schnyder c. Ringier), TF 5A_658/2014 (Hirschmann I) et ATF 143 III 297 (Hirschmann II), le tribunal rappelle que la causalité exigée entre l’atteinte à la personnalité et le gain est seulement « abstraite » : il suffit que les articles soient, par leur présentation et leur orientation, aptes à favoriser les ventes ou à maintenir le lectorat d’un média de boulevard. Elle rejette ainsi la méthode du « bénéfice supplémentaire » défendue par Ringier AG, qui n’aurait retenu qu’une plus-value marginale liée aux articles incriminés.

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Sur cette base, le tribunal a procédé à une estimation du gain, conformément à l’art. 42 al. 2 CO. Les revenus publicitaires en ligne ont été calculés à partir du nombre de pages consultées, du nombre d’impressions publicitaires par article et du coût pour mille contacts, tandis que les revenus de la presse imprimée ont été évalués selon un modèle de pondération tenant compte de la taille, du placement et de la valeur d’attention des articles. La défenderesse n’ayant pas contesté de manière étayée les calculs de la demanderesse, le tribunal a largement suivi ces derniers, en opérant toutefois certaines corrections.

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Il en résulte une condamnation de Ringier AG à restituer un bénéfice net estimé à 309’531 CHF, intérêts à 5 % en sus. Le jugement n’est pas définitif ; il a été porté en appel.

Commentaire:

22

La décision illustre l’applicabilité concrète de la remise du gain en cas d’atteinte à la personnalité par la presse à sensation, consacrant une conception souple du lien de causalité et confiant au juge une large marge d’appréciation pour l’estimation du gain.

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Cette décision a déjà fait l’objet de nombreux commentaires, dont notamment deux qui sont parus dans la présente revue[11]. Ne souhaitant pas ajouter de redondance, nous nous limiterons ici à un commentaire succinct de la décision mais également des points qui ont été soulevés par les commentateurs.

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À notre sens, le point essentiel à retenir de cette décision réside dans l’incapacité persistante, en l’état actuel de la jurisprudence et de la doctrine, d’offrir une méthode de calcul du gain simple et praticable. L’étude produite par la demanderesse a certes le mérite de s’attaquer au cœur de la problématique en intégrant des variables économiques pertinentes (valeur publicitaire, audience en ligne, pondération rédactionnelle, etc.), indispensables pour estimer le gain dans le contexte numérique. Toutefois, il n’est pas envisageable d’exiger d’une partie demanderesse qu’elle commande, à chaque action en remise du gain, une expertise privée dont le coût s’élève à plusieurs dizaines de milliers de francs.

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Espérons dès lors que le Tribunal fédéral aura un jour l’occasion de clarifier la méthode de calcul. Une telle clarification pourrait utilement s’inspirer de systèmes étrangers ou de la doctrine récente, afin de combler ce vide méthodologique qui fait de la remise du gain le « parent pauvre » de la jurisprudence en matière de protection de la personnalité.

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S’agissant des réactions suscitées par la décision, certains commentateurs ont avancé que la liberté de la presse serait menacée au vu du montant réclamé à Ringier AG. Un tel argument ne convainc pas. Le débat sur la liberté de la presse, qui en termes juridiques se rattache à l’examen de l’intérêt public à la publication, aurait dû débuter dès 2022, lorsque le Tribunal de Zoug a jugé que les articles litigieux portaient atteinte aux droits de la personnalité de Mme Spiess-Hegglin. C’est lors de la pondération des intérêts, que se pose la question de savoir si la protection conférée par la liberté de la presse peut l’emporter sur les droits de la personnalité Le risque de voir la liberté de la presse menacée réside précisément dans la possibilité qu’un tribunal considère, à tort, comme attentatoire à la personnalité une information qui relève de l’intérêt public. Sur ce point, le Tribunal fédéral exerce un contrôle de cognition complet et assure la garantie de ce droit fondamental.

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Le calcul de la remise du gain intervient, en revanche, sur un terrain distinct. La décision commentée se limite à déterminer le gain économique à restituer.  Ce calcul n’a aucun rapport avec la liberté de la presse ; il repose sur l’institution de la gestion d’affaires sans mandat (art. 423 CO), laquelle vise à priver le gestionnaire de mauvaise foi de l’avantage obtenu de manière indû. Il s’agit d’une opération mathématique, certes complexe dans le contexte médiatique, mais dont la finalité est simplement de restituer à la victime le gain pour que le crime ne paie pas et qui ne menace d’aucune façon la liberté de la presse.

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La situation est comparable au droit pénal, où la question de la culpabilité est tranchée indépendamment de la fixation de la peine : une fois la première admise, on ne saurait réintroduire ce débat au stade de la détermination de la sanction. De même, en l’espèce, le débat sur la liberté de la presse a été clos avec la constatation de l’illicéité.

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Il convient donc de distinguer nettement les deux étapes de l’action en remise du gain : d’une part, l’établissement d’une atteinte illicite aux droits de la personnalité ; d’autre part, l’évaluation du bénéfice réalisé.

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Enfin, en prenant un peu de recul dans ce débat, on peut rappeler que la liberté de la presse est une valeur fondamentale en démocratie qui tire sa légitimité de sa fonction de garant de l’information d’intérêt public. Elle se justifie avant tout lorsqu’elle permet au citoyen de se forger une opinion éclairée sur des questions sociétales majeures, à l’image du travail d’investigation mené par des médias tels que Mediapart en France, dont les enquêtes au long cours sur des affaires politiques et financières contribuent directement au débat public et à l’exigence de probité des gouvernants.

31

Nous peinons à discerner en quoi la liberté de la presse devrait s’identifier à la divulgation de prétendues relations intimes entre deux personnalités politiques cantonales, mise en scène au moyen de titres aux jeux de mots graveleux. Sans prétendre fixer ici les limites de cette liberté fondamentale, il convient toutefois de regretter que la société Ringier AG n’ait pas saisi, en 2022, l’occasion de défendre devant le Tribunal fédéral sa conception de la liberté de la presse. Dans la présente affaire, le débat devant les tribunaux sur ce terrain n’est plus ouvert (LW).

4. L’enregistrement clandestin des propos d’une juge (Tribunal cantonal de Zurich, arrêt du 28 août 2024, LF240065)

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Lors d’une interruption d’audience devant le tribunal d’arrondissement de D., H., journaliste pour A. SA, a laissé un appareil dans la salle d’audience et enregistré clandestinement une conversation entre la juge C. et les autres membres du tribunal. Par la suite, un article en ligne est publié par A. SA. Cet article mentionne nommément C., cite des extraits de l’enregistrement et contient un lien permettant de l’écouter.

33

Le tribunal d’arrondissement de D. et la juge C. déposent une demande de mesures superprovisionnelles, ou à défaut provisionnelles, afin de supprimer l’article en ligne, d’empêcher sa publication dans l’édition imprimée du journal A. SA. et d’empêcher la diffusion de certaines des déclarations contenues dans l’article.

34

Le tribunal de Meilen a admis la demande de C., rejeté celle du tribunal d’arrondissement de D., et ordonné les mesures à titre provisionnel. Le journaliste H. et le journal A. SA font appel de cette décision auprès du Tribunal cantonal zurichois.

35

S’agissant des conditions des mesures provisionnelles prévues aux art. 261 et 266 CPC, la Cour retient d’abord l’existence d’un risque de récidive. Bien que l’article ait été modifié pour ne plus citer nommément la juge C., ces adaptations ont été faites sous pression extérieure du service de communication du tribunal d’arrondissement D. et les recourants ont continué à affirmer la licéité du texte initial, ce qui, selon la jurisprudence[12], suffit à admettre un risque de récidive même en l’absence d’indices concrets.

36

Sur l’atteinte à la personnalité, le Tribunal cantonal relève en premier que le droit au respect de la vie privée protège les conversations qui se déroulent dans une salle d’audience pendant une pause et à plus forte raison lorsque, comme en l’espèce, on invite le public à quitter la salle. En l’espèce, H. a porté atteinte à la personnalité de la juge C. en rendant accessible au public l’enregistrement et en citant des passages de l’enregistrement dans son article. Les modifications ultérieures de l’article ne suppriment pas l’atteinte, car il reste possible de retrouver sur Internet des versions antérieures de l’article.

37

En dernier lieu, la Cour examine si le comportement portant atteinte à la personnalité peut néanmoins bénéficier d’un motif justificatif (art. 28 al. 2 CC). S’agissant d’une mesure provisionnelle, l’art. 266 let. b CPC exige une absence manifeste de motif justificatif, soit que la pesée des intérêts penche clairement en faveur de la partie requérant la mesure.

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Alors même que la juge exerce une fonction publique, la gravité de l’atteinte à sa vie privée prime sur l’intérêt du public à l’information. L’enregistrement ayant été obtenu illicitement, il est en principe inutilisable comme preuve (art. 152 al. 2 CPC), ce qui empêche de démontrer la véracité des faits rapportés. En outre, le ton sensationnaliste et certaines inexactitudes de l’article traduisent un objectif de captation d’audience plutôt qu’un véritable but informatif. La Cour retient également que les accusations portées, compte tenu de la fonction de la personne visée, sont susceptibles de causer un préjudice particulièrement grave, difficilement réparable, au sens de l’art. 266 let. a CPC.

39

Enfin, la suppression intégrale de l’article est jugée proportionnée : elle constitue la mesure adéquate pour prévenir la réitération de l’atteinte, et il n’est pas exigé que la personne lésée agisse contre tous les médias ayant évoqué les faits.

40

En conséquence, la Cour cantonale rejette le recours.

Commentaire:

41

La Cour cantonale zurichoise retient au considérant 2.3.6 que « Wird ein Presseartikel mit persönlichkeitsverletzendem Inhalt unter Namensnennung der Berufungsbeklagten publiziert und alsdann – wohlwissend, dass “das Internet nicht vergisst” – mehrfach angepasst und anonymisiert, um sich schliesslich darauf zu berufen, dass zufolge der Anpassungen und der Anonymisierung keine Persönlichkeitsverletzung mehr vorliege, werden die Beiträge lediglich formal voneinander getrennt. In ihrer sofort erkennbaren Verbindung zueinander bleibt die Berufungsbeklagte ohne weiteres identifizierbar, so dass insgesamt die Persönlichkeitsverletzung andauert. » (« si un article de presse au contenu attentatoire à la personnalité est publié en mentionnant le nom de la défenderesse et qu’il est ensuite, en sachant pertinemment que “l’Internet n’oublie pas”, modifié à plusieurs reprises et anonymisé […], la défenderesse reste facilement identifiable, de sorte que l’atteinte à la personnalité doit être considérée comme persistante. »; traduction libre).

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Cette formulation, qui érige en principe général l’idée que « l’Internet n’oublie pas », ne correspond pas à l’approche nuancée adoptée par le Tribunal fédéral. Dans l’arrêt 5A_758/2020 (c. 4.3.3), le TF a précisé que la persistance d’une atteinte sur Internet dépend de la « facilité d’accès » au contenu litigieux ; une information reléguée dans des archives ou nécessitant des démarches actives pour être retrouvée ne saurait être assimilée à une atteinte toujours actuelle. De même, dans l’arrêt 5A_247/2020 (c. 5.2.3), le Tribunal fédéral a jugé qu’il convient d’examiner concrètement la visibilité et l’accessibilité de la publication en ligne au moment de statuer, notamment au regard de son classement dans les moteurs de recherche. En retenant de manière abstraite que l’atteinte persiste du seul fait de l’existence passée d’une version nominative et de la nature « indélébile » d’Internet, la Cour cantonale se distancie de ces critères jurisprudentiels, qui exigent une appréciation factuelle de l’accessibilité effective du contenu[13]. (LW)

5. La légitimation passive de Google pour des articles attentatoires à la personnalité de la FIFA (Tribunal de commerce du canton de Zurich, arrêt du 21 août 2024, HG220030)

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La FIFA, association de droit suisse dont le siège est à Zurich, assigne Google Ireland Limited et Google LLC, exploitant la plateforme de recherche en ligne Google, en invoquant une atteinte à sa personnalité. Sur un site tiers, plusieurs articles, jugés gravement attentatoires à la réputation de la FIFA et de certains de ses responsables, sont accessibles via la recherche Google. La FIFA demande la suppression de ces résultats et l’interdiction de leur réindexation future, subsidiairement la constatation du caractère illicite des articles. Google conteste, soutenant qu’aucune action concrète de sa part ne permet de la tenir pour coresponsable : les contenus ne peuvent être retrouvés que si l’internaute saisit le mot « FIFA » avec des noms précis ou des extraits des titres, ce qui suppose de déjà connaître les articles.

44

Pour trancher la question de la légitimation passive, le Tribunal cantonal zurichois se fonde sur plusieurs arrêts du Tribunal fédéral ayant précisé la portée du terme « participe » de l’art. 28 al. 1 CC. Dans les arrêts Bloghoster (5A_792/2011) et Blackmailing Tactics (ATF 141 III 513), le TF adopte une conception large de la participation, englobant toute personne dont le comportement cause, rend possible ou favorise la violation, même sans faute ni connaissance du contenu litigieux. Ainsi, peut être visé celui qui facilite la diffusion de propos attentatoires sans en être l’auteur direct. Toutefois, dans l’affaire G. (5A_658/2014), le Tribunal fédéral nuance cette approche en excluant la participation lorsque le lien avec le contenu litigieux est trop vague : un simple lien générique vers le site d’un média ne suffit pas. En parallèle, d’autres décisions, notamment du Tribunal de district de Zurich (CG190002), considèrent qu’un moteur de recherche ne participe pas à l’atteinte si le lien entre la personne visée et les mots-clés attentatoires est établi par l’utilisateur, et non par l’algorithme lui-même. Sur cette base, le Tribunal cantonal retient que, bien que Google exploite le moteur de recherche et facilite en général l’accès à l’information, la recherche des articles litigieux nécessitait des combinaisons de mots incluant des éléments du titre, impliquant que l’utilisateur connaissait déjà le contenu. Dans ces conditions, le moteur de recherche n’établit pas le lien entre la personne et l’atteinte ; il se contente de reproduire la requête formulée par l’internaute. Ce rôle, jugé trop indirect, ne constitue pas une participation juridiquement pertinente, faute de lien de causalité concret entre l’activité du moteur et l’atteinte.

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La responsabilité et donc la qualité pour défendre font défaut. La demande fondée sur le droit de la protection des données est également rejetée, car la nouvelle LPD ne s’applique plus aux données de personnes morales. La cour rejette en conséquence les conclusions principales et subsidiaires de la FIFA.

Commentaire:

46

Nous pouvons d’abord nous interroger sur le point de savoir si le Tribunal cantonal zurichois a pris en compte l’existence de l’onglet « Actualités » du moteur de recherche de Google. Cet onglet permet en effet de lister automatiquement l’ensemble des publications récentes traitant d’un mot-clé donné. Il n’est pas exclu que, par ce biais, un internaute ait pu accéder au contenu litigieux simplement en saisissant « FIFA », sans nécessairement connaître les titres des articles en cause. Cette fonctionnalité pourrait, en pratique, renforcer le lien entre l’exploitation du moteur et la diffusion de l’atteinte, et mériterait à ce titre un examen spécifique.

47

S’agissant ensuite de la conception du lien de causalité retenue par le tribunal, nous observons que le débat se concentre sur la question de savoir si l’activité du moteur de recherche a « concrètement » contribué à la diffusion des contenus, mais cette analyse ressemble, en réalité, à une appréciation de la faute. Or, les actions défensives fondées sur les art. 28 ss CC ne requièrent pas la preuve d’une faute : la question du lien de causalité devrait se limiter à vérifier si l’atteinte a pour origine le comportement du défendeur. En se demandant si l’exploitant est « intervenu » d’une manière ou d’une autre dans la mise en lien entre la personne et le contenu litigieux, le raisonnement ne glisse-t-il pas subrepticement vers une recherche de faute plutôt que vers une analyse strictement causale ?

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Selon nous, cette conception revient, en pratique, à subordonner la qualité pour défendre à l’existence d’une faute imputable au prestataire, ce qui déplace l’analyse du terrain objectif de la protection de la personnalité (art. 28 CC) vers celui, subjectif, de la responsabilité délictuelle et de la réparation du dommage. Une telle approche risque de vider partiellement de sa substance les mécanismes préventif et défensif des art. 28 ss CC, en les confondant avec l’action en dommages-intérêts. Cette solution conduit également à des solutions fragmentées, car selon cette logique, un même contenu illicite pourrait être retiré d’un site source ou d’une plateforme active, mais rester accessible via un moteur de recherche considéré comme « passif » au motif que le lien causal serait jugé trop ténu, réduisant ainsi l’efficacité globale de la protection de la personnalité dans l’espace numérique. (LW)

6. La communication proportionnée d’un licenciement (Cour d’appel civil du canton de Fribourg, arrêt du 12 février 2025, 101 2024 247)

49

L’ancien directeur général d’un groupe, également lié à une société exploitante, a été relevé avec effet immédiat de ses fonctions et licencié de cette dernière. Le jour même, un message interne et un communiqué de presse annonçant ce changement ont été diffusés, le premier à l’intention des employés, le second relayé par divers médias.

50

L’intéressé a déposé une requête en mesures superprovisionnelles et provisionnelles visant à interdire aux défendeurs, soit plusieurs sociétés du groupe et leurs dirigeants, toute communication à destination de tiers (grand public, employés, clients, fournisseurs, partenaires commerciaux) portant sur son licenciement immédiat et tout fait connexe, sur toute enquête interne ou audit le concernant, notamment en lien avec une dénonciation anonyme, sur tout soupçon ou accusation d’infraction pénale à son encontre ainsi que sur les résultats d’une telle enquête ou audit. Il demandait également le retrait du communiqué de presse.

51

En première instance, la communication relative au licenciement, sans indication des motifs, ainsi qu’au contenu d’un rapport d’audit a été autorisée à un cercle restreint comprenant les organes des sociétés, les autorités et les partenaires bancaires, tout en demeurant interdite au grand public, aux clients et aux fournisseurs.

52

Reprenant intégralement l’examen des conditions de l’art. 261 CPC, la Cour d’appel a quant à elle estimé que les communications initiales, insistant sur un licenciement immédiat d’un dirigeant de longue date, étaient de nature à susciter des spéculations préjudiciables à la réputation de l’intéressé. Le message interne évoquant des « risques d’infractions pénales » sur la base d’une dénonciation anonyme et d’un rapport d’audit mentionnant seulement un « potentiel risque criminel » diffusait des accusations non établies, propres à porter atteinte à l’honneur et à la considération professionnelle de l’ancien directeur général. La Cour a relevé que le rapport d’audit ne justifiait pas la divulgation des motifs du licenciement et que la radiation du registre du commerce n’autorisait pas la diffusion des informations litigieuses. Elle a écarté, au stade des mesures provisionnelles, l’argument tiré de la prétendue qualité de personnalité publique de l’intéressé, cette question relevant du fond, et a constaté que la volonté exprimée par les appelants de continuer à communiquer sur les motifs du licenciement au-delà du cercle autorisé rendait vraisemblable un risque imminent d’atteinte à la personnalité.

53

La Cour a également retenu que le risque d’une atteinte à la considération sociale et professionnelle est, par nature, difficilement réparable et qu’il est largement reconnu comme tel dans la jurisprudence relative à la protection de la personnalité. Elle a jugé que la limitation de la communication à un cercle restreint opérait une pesée équilibrée des intérêts en présence, les intérêts essentiellement économiques des sociétés et dirigeants appelants, tels que le maintien de la réputation, de la confiance et du moral interne, ne justifiant pas une atteinte aux droits de la personnalité. Elle a relevé la pertinence de distinguer les partenaires bancaires, pour lesquels la connaissance de la composition de la direction est nécessaire, des clients et fournisseurs. En conséquence, elle a considéré que la communication litigieuse au-delà du cercle autorisé constituerait une violation des droits de la personnalité.

54

Enfin, la Cour a confirmé la qualité pour défendre de la société mère du groupe, en raison de la présence de son logo sur le communiqué, des citations de son président, de sa position d’actionnaire majoritaire et des liens de ses employés avec le conseil d’administration des sociétés concernées.

Commentaire:

55

La cour cantonale s’inscrit dans la droite ligne de la jurisprudence existante en matière de protection de la personnalité, sans opérer de revirement, mais en illustrant de manière approfondie la mise en balance entre liberté d’information et droits de la personnalité dans un contexte de communication d’entreprise. Elle confirme qu’un licenciement annoncé comme « immédiat », associé à des mentions de « risques d’infractions pénales » fondées sur des accusations non établies, dépasse le seuil de tolérance admissible et porte atteinte à la réputation et à l’honneur de la personne concernée. La décision rappelle également que des intérêts purement économiques ne sauraient justifier une atteinte aux droits de la personnalité et que la communication doit rester limitée à un cercle restreint, déterminé selon la nature des relations en cause. Elle réaffirme enfin que la vraisemblance d’un risque imminent d’atteinte, combinée à la difficulté de réparer un tel préjudice, suffit à fonder des mesures provisionnelles restrictives. (JD)

IV. Arrêts de la CourEDH et CJUE

7. Protection des données médicales publiées en ligne (Cour européenne des droits de l’Homme, arrêt du 13 juin 2024, Cracò c. Italie, req. no 30782/18)  

56

L’affaire concerne la publication en ligne, par la section régionale de Sicile de la Cour des comptes, d’un jugement contenant des références détaillées aux conditions médicales et aux dossiers de santé du requérant.

57

En première instance, la demande d’anonymisation du jugement est rejetée. En recours, la publication des données de santé est déclarée illicite et l’affaire est renvoyée pour la seule réévaluation du montant de l’indemnisation, qui est fixée à 2’000 euros, assortie d’environ 3’500 euros de frais et dépens.

58

Malgré ces décisions, le jugement non caviardé demeure accessible au public sur le site internet de la Cour des comptes, sans restriction ni anonymisation, et sans que le requérant soit informé d’un éventuel retrait ou remplacement par une version caviardée.

59

Sur la recevabilité de la requête au titre de l’art. 8 CEDH, la Cour rejette l’argument de l’Etat défendeur selon lequel le requérant n’a pas épuisé les voies de recours internes, estimant qu’un appel limité au montant de l’indemnisation ne constitue pas un recours effectif pour faire cesser la persistance de la publication. Elle écarte également l’exception tirée de la perte du statut de victime, constatant que le jugement litigieux est toujours accessible et que les autorités n’ont pas reconnu ni réparé le manquement continu à la Convention.

60

Sur le fond, la Cour rappelle les principes généraux relatifs à la protection des données médicales en vertu de l’art. 8 CEDH, ainsi que les dispositions pertinentes du droit italien imposant le caviardage des décisions judiciaires publiées lorsqu’elles contiennent des données sensibles. Elle relève que, malgré la reconnaissance du caractère illicite de la publication et l’octroi d’une indemnisation, aucune mesure concrète n’est prise pour retirer ou anonymiser le jugement. Elle conclut que le maintien en ligne du jugement non expurgé constitue une violation de l’article 8.

61

Les autres griefs, tirés notamment du paiement tardif de l’indemnisation, sont jugés manifestement mal fondés, la Cour relevant que le retard résulte en partie du comportement du requérant, qui ne fournit pas les informations bancaires nécessaires en temps utile.

62

En application de l’art. 46 CEDH, la Cour ordonne à l’Italie de retirer, dans un délai de trois mois, le jugement litigieux du site de la Cour des comptes et des autres bases de données publiques ou de le remplacer par une version expurgée. Elle estime que la constatation de la violation constitue en soi une satisfaction équitable suffisante pour tout dommage non pécuniaire, le requérant ayant déjà obtenu une indemnisation nationale qu’il n’a pas contestée quant à son montant, et rejette la demande de remboursement de frais et dépens.

Commentaire:

63

Cet arrêt s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’Homme en matière de protection des données médicales, domaine où elle adopte une approche particulièrement stricte au titre de l’art. 8 CEDH. Fidèle à ses précédents (notamment Z c. Finlande[14], L.L. c. France[15] ou Y. c. Turquie[16]), la Cour réaffirme que la divulgation d’informations médicales constitue une ingérence grave dans la vie privée et que les États ont l’obligation de garantir leur protection, y compris face à des actes imputables à des autorités judiciaires. L’apport de l’arrêt tient à la rigueur avec laquelle la Cour sanctionne non seulement la publication initiale, mais aussi l’absence de mesures correctives concrètes après la reconnaissance interne de l’illicéité et l’octroi d’une indemnisation. En insistant sur le caractère continu de la violation tant que le jugement non caviardé reste en ligne, la Cour renforce l’exigence d’effectivité des réparations dans ce type d’atteintes, consolidant ainsi sa jurisprudence sur la nécessité d’une protection pratique et effective, et non purement théorique, des données sensibles. On observe que le délai de trois mois laissés à l’État paraît particulièrement long au regard de la sensibilité des données médicales concernées. Cette situation contraste avec l’approche adoptée par la CourEDH dans l’arrêt S and Marper c. Royaume‑Uni[17], où la destruction immédiate des échantillons d’ADN de personnes non condamnées a été saluée comme un modèle de proportionnalité et de respect effectif du droit à la vie privée. (JD)

8. Le refus d’exécuter une décision étrangère en matière de diffamation (CJUE Aff. C‑633/22, arrêt du 4 octobre 2024, Real Madrid CF et al. c. Le Monde et al.)

64

En 2006, le journal Le Monde publie un article, signé par un de ses journalistes, affirmant que le Real Madrid et le FC Barcelone ont recouru aux services d’un acteur majeur d’un réseau de dopage cycliste. Malgré un démenti publié peu après, le Real Madrid et un membre de son équipe médicale engagent en Espagne une action en responsabilité pour atteinte à l’honneur. Les juridictions espagnoles condamnent Le Monde et le journaliste à verser respectivement 300 000 € au club et 30 000 € au médecin, plus intérêts et frais, et à publier la décision. En 2018, le tribunal de grande instance de Paris déclare ces décisions exécutoires en France. En 2020, la cour d’appel de Paris révoque cette exécution, jugeant les montants disproportionnés au regard des standards français et de nature à porter atteinte à la liberté de la presse, donc contraires à l’ordre public international français. La Cour de cassation saisit la CJUE pour préciser dans quelles conditions l’article 34, point 1, et l’article 45 du règlement n° 44/2001 (« Bruxelles I »), lus avec l’article 11 de la Charte, permettent de refuser l’exécution d’une telle décision étrangère.

65

La Cour rappelle que le système du règlement n° 44/2001 repose sur la confiance mutuelle et la reconnaissance quasi automatique des décisions d’un autre État membre, sauf motifs strictement énumérés, dont la contrariété manifeste à l’ordre public du for (art. 34, point 1). Cette exception ne s’applique que dans des cas exceptionnels, lorsqu’il y a violation manifeste d’un principe fondamental, ici la liberté d’expression et de la presse protégée par l’article 11 de la Charte. Le juge de l’exécution ne peut réviser le fond de la décision étrangère, mais il peut examiner si les dommages-intérêts accordés sont manifestement disproportionnés par rapport à l’atteinte subie et susceptibles d’avoir un effet dissuasif excessif sur la presse, au regard notamment des ressources des condamnés, de la gravité de la faute, de l’étendue du préjudice et des sanctions accessoires. Un montant imprévisible ou très élevé, par rapport aux pratiques en matière de diffamation, peut constituer un tel effet dissuasif. L’évaluation doit être concrète et circonstanciée, sans se limiter à une comparaison mécanique avec les montants alloués dans l’État requis. Si seule une partie des sommes est disproportionnée, le refus d’exécution doit être limité à cette partie. En conclusion, l’exécution doit être refusée si elle entraîne une violation manifeste de la liberté de la presse et, partant, une atteinte à l’ordre public de l’État requis. (LW)

Commentaire:

66

Cet arrêt de la CJUE marque un tournant jurisprudentiel : la Cour admet qu’une condamnation étrangère, même en matière civile, peut ne pas être exécutée si son application porte atteinte, de manière manifestement disproportionnée, à la liberté de la presse protégée par l’art. 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

67

Cette approche s’écarte des décisions antérieures où le principe de reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires (règlement Bruxelles I, art. 34 et 36) était appliqué sans réserve[18], sauf exception liée à l’ordre public. Ici, la Cour introduit une nuance majeure : un juge requis peut refuser l’exécution si la condamnation étrangère est manifestement disproportionnée dans l’État requis, en raison notamment d’un effet dissuasif sur la liberté des médias.

68

L’avocat général Szpunar plaide, dans ses conclusions, en faveur de cette interprétation novatrice : la liberté de la presse constitue un principe fondamental de l’ordre juridique de l’Union, qui peut justifier une restriction du mécanisme d’exequatur.

69

La doctrine a accueilli favorablement cette orientation, certains auteurs allant jusqu’à qualifier l’arrêt de « grand arrêt du droit international privé européen », en raison de sa capacité à replacer les droits fondamentaux et en particulier la liberté d’expression, au cœur de l’équilibre entre reconnaissance mutuelle des jugements et protection des médias[19]


 

Notes de bas de page

  1. Doctorant et assistant à la Chaire de droit civil I de l’Université de Fribourg.

  2. Avocat-stagiaire dans le Canton de Fribourg. Les auteurs tiennent à remercier Carlos Gonzalez Villaverde, assistant à la Chaire de droit civil I de l’Université de Fribourg, pour sa précieuse collaboration.

  3. Entre autres décisions sur cette notion: ATF 123 III 385, c. 4a ; ATF 122 III 449, c. 2b ; ATF 119 II 97, c. 4a/aa ; ATF 111 II 209 c. 2 ; ATF 107 II 1, c. 2 ; ATF 105 II 163, c. 2 ; ATF 55 II 94, c. 1.

  4. Pour un exemple: Arrêt du TF 5A_256/2016 c. 5.2.3.

  5. La publication sur Internet du reproche d’un comportement socialement déplaisant porte atteinte à la personnalité (ATF 138 III 641, c. 3) ; ATF 129 III 49.

  6. ATF 107 II 1, c. 2; ATF 105 II 163, c. 2.

  7. Udris Linards/Fürst Silke/Eisenegger Mark, Verdrängung privater Informationsmedien durch Nachrichtenangebote öffentlicher Medien? Nutzung und Zahlungsbereitschaft in der Schweiz, in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2024, Bâle 2024, p. 33.

  8. Siegen Dario/Schneider Jörg, Mediennutzung, in: in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2024, Bâle 2024, p. 87 ss; Schneider Jörg/ Siegen Dario, Mediennutzung, in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2023, Bâle 2023, p. 133 ss; Schwaiger Lisa/Schneider Jörg, Mediennutzung, in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2022, Bâle 2022, p. 123 ss.

  9. Siegen Dario/Schneider Jörg, Mediennutzung, in: in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2024, Bâle 2024, p. 95; Schneider Jörg/ Siegen Dario, Mediennutzung, in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2023, Bâle 2023, p.142; Schwaiger Lisa/Schneider Jörg, Mediennutzung, in: fög – Forschungszentrum Öffentlichkeit und Gesellschaft (édit.), Jahrbuch Qualität der Medien 2022, Bâle 2022 p. 130.

  10. Cette décision a fait l’objet d’un résumé et a été commenté par l’auteur dans une précédente revue de jurisprudence (Francey Julien/Wéry Louis, Quand l’acharnement médiatique entraine la remise du gain, medialex 08/22, 7 octobre 2022 N 76 ss.).

  11. Born Christoph, Gewinnschätzung mit schalem Nachgeschmack und beschränkter Tragweite, medialex 01/25, 3. Februar 2025; Egli Isabelle/Steiger Martin, So wurde im Fall Spiess-Hegglin die Gewinnherausgabe berechnet, medialex 04/25, 8. Mai 2025.

  12. ATF 102 II 122, c. 1; ATF 128 III 96, c. 2e.

  13. Les deux décisions du Tribunal fédéral citées dans le présent commentaire (arrêt du Tribunal fédéral 5A_758/2020 du 3 août 2021 et arrêt du Tribunal fédéral 5A_247/2020 du 18 février 2021 (publié au ATF (ATF 147 III 185)) ont fait l’objet de résumés et de commentaires distincts, par l’auteur, dans une précédente revue de jurisprudence (Francey Julien/Wéry Louis, Quand l’acharnement médiatique entraine la remise du gain, medialex 08/22, 7 octobre 2022 N 20 ss., 55 ss.).

  14. CourEDH, arrêt du 25 février 1997, Z c. Finlande (req. no 22009/93).

  15. CourEDH, arrêt du 10 octobre 2006, L.L. c. France (req. no 7508/02).

  16. CourEDH, arrêt du 17 février 2009, Y. c. Turquie (req. no 648/10).

  17. CourEDH, arrêt du 4 décembre 2008, S. et Marper c. Royaume-Uni (req. nos 30562/04 et 30566/04).

  18. CJUE, 28 mars 2000, C-7/98, Krombach c. Bamberski ; CJUE, 11 mai 2000, C-38/98, Renault c. Maxicar ; CJUE, 2 avril 2009, C-394/07, Gambazzi.

  19. Marchadier Fabien, Contrôler sans réviser ? Quelle place pour le contrôle du respect des droits fondamentaux dans un contexte de confiance mutuelle ?, in Perspectives contentieuses internationales, vol. 3, juin 2025, p. 55 s.


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Meinungsfreiheit im Lichte der Programmgrundsätze

Rechtsprechungsübersicht 2024 der unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI

Oliver Sidler, Dr. iur., Rechtsanwalt, Küssnacht am Rigi

Résumé: Le fait de ne pas publier les commentaires critiquant le choix des thèmes éditoriaux sur les forums en ligne de la SSR suscite des réactions vives, non seulement chez les plaignants, mais également au sein de l’AIEP. Tant qu’aucun lien avec le thème n’est identifiable, la majorité des membres de l’AIEP estime que ces commentaires peuvent être supprimés. Une minorité exige une interprétation large de la liberté d’expression afin de garantir un débat démocratique libre. Il existe également un désaccord sur la question de savoir dans quelle mesure le principe de diversité s’applique à l’évaluation de programmes individuels dans le cadre d’une plainte portant sur une période donnée. Au cours de l’année sous revue, l’AIEP a continué de traiter divers programmes diffusés avant des élections et des votations qui, dans cette phase sensible, n’ont pas respecté les obligations de diligence accrues, ou des programmes contenant des accusations graves à l’encontre de personnes qui n’ont pas eu la possibilité de s’exprimer.

Zusammenfassung: Kommentare in Online-Foren der SRG mit Kritik an der redaktionellen Themenwahl nicht zu veröffentlichen, erhitzt nicht nur bei Beschwerdeführenden die Gemüter, sondern auch bei der UBI. Solange kein erkennbarer Bezug zum Thema ersichtlich ist, können solche Kommentare nach Ansicht der Mehrheit der UBI gelöscht werden. Eine Minderheit aber verlangt zur Sicherung einer freien demokratischen Debatte eine weite Auslegung der Meinungsfreiheit. Uneinigkeit besteht auch in der Frage, wie weit das Vielfaltsgebot bei der Beurteilung einzelner Sendungen im Rahmen einer Zeitraumbeschwerde überhaupt Anwendung findet. Die UBI befasste sich im Berichtsjahr weiter mit verschiedenen Sendungen vor Wahlen und Abstimmungen, die gerade in dieser sensiblen Phase die erhöhten Sorgfaltspflichten nicht einhielten, oder Sendungen mit schweren Vorwürfen an Personen ohne Gelegenheit zur Stellungnahme.

I. Überblick

1

Von den 37 erledigten Beschwerdeverfahren hat die unabhängige Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen (UBI) im letzten Jahr 33 materiell-rechtlich beurteilt (2023: 23). Auf vier Beschwerden wurde nicht eingetreten (2023: 8). Gutgeheissen wurden sieben, teilweise gutgeheissen drei Beschwerden. Bei 23 Beschwerden wurde keine Verletzung des programmrechtlichen Sachgerechtigkeitsgebot von Art. 4 Abs. 2 RTVG oder Vielfaltsgebot von Art. 4 Abs. 4 RTVG festgestellt. Im Folgenden wird eine Auswahl der im Jahr 2024 abgeschlossenen Verfahren vorgestellt.

II. Nichteintretensentscheide

2

Die meisten Nichteintretensentscheide betrafen Fälle, bei denen die formellen Voraussetzungen zur Beschwerdeführung nicht vollständig gegeben waren. Entweder lag keine enge Beziehung zum Sendegegenstand im Sinne von Art. 94 Abs. 1 RTVG vor, oder die Beschwerdeführenden reichten innert der gesetzten Nachfrist nicht die notwendigen Unterzeichner nach, um den Voraussetzungen für eine Popularbeschwerde gemäss Art. 94 Abs. 2 RTVG zu genügen. Ein öffentliches Interesse für eine Entscheidfassung i.S. von Art. 96 Abs. 1 RTVG wurde nicht festgestellt.

3

Im Verfahren b.1000 waren die formellen Voraussetzungen für eine Popularbeschwerde erfüllt, die Beanstandung bezog sich aber nicht auf den Online-Artikel vom April 2024 der RTS-Webseite selbst, sondern auf eine verlinkte Sendung aus dem November 2023, zu deren Anfechtung die Frist längst abgelaufen war. Die Einbettung der Videos in den Artikel wurde von der UBI nicht als Neuauflage oder Neuausstrahlung des ursprünglichen Inhalts gewertet. Auch der Umstand, dass die Beiträge noch online abrufbar waren, vermochte die Fristen nicht erneut zu starten. Aus diesem Grund wurde auf die Beschwerde wegen unzureichender Begründung und versäumter Fristen nicht eingetreten.

III. Erhöhte Sorgfaltspflichten vor Wahlen und Abstimmungen

4

Eine Popularbeschwerde richtete sich gegen das Wahldossier von SRF (verschiedene TV-, Radio- und Onlineformate, insb. mehrere „Arena“-Sendungen, das „Wahlbarometer“, der „Parteiencheck“ sowie ein kritisierter Online-Artikel vom 10. Oktober 2023) zur Nationalratswahl 2023, die sich auf den Zeitraum von August bis Oktober 2023 bezieht. Der Beschwerdeführer rügte insbesondere die ungleiche Behandlung kleiner Parteien, namentlich der EDU im Vergleich zur EVP, sowie eine unfaire Berichterstattung in einzelnen Sendungen. Er machte geltend, dass das Vielfaltsgebot gemäss Art. 4 Abs. 4 RTVG verletzt worden sei. Zusätzlich kritisierte er einen Online-Artikel, in dem die EDU als „Rechtsaussen-Partei“ bezeichnet wurde, wegen Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots.

5

Die UBI erinnerte in ihrem Entscheid daran, dass bei Wahlsendungen in der sensiblen Phase vor dem Urnengang erhöhte Anforderungen an die Vielfalt und Ausgewogenheit gestellt werden. Sie wies darauf hin, dass nicht alle Parteien gleichbehandelt werden müssen – die Programmautonomie gestattet eine Gewichtung, sofern diese auf objektiven, transparenten und nicht-diskriminierenden Kriterien, wie etwa die Fraktionsstärke im Parlament, die Sitzanzahl auf kantonaler Ebene oder die nationale Präsenz beruht.

6

Im Fall des Wahldossiers stellte die UBI fest, dass den sechs grossen Parteien (SVP, SP, FDP, Die Mitte, Grüne, GLP) der meiste Raum eingeräumt wurde, während kleinere Parteien wie die EVP und die EDU weniger Beachtung fanden. Zwar wurde die EDU nur in einer „Arena“-Sendung eingeladen (25. August 2023), während die EVP mehrfach vertreten war, doch wurde sie in anderen Formaten wie dem Online-Steckbrief oder dem Regionaljournal erwähnt. Auch wenn die Gewichtung innerhalb der Wahlsendungen nicht ganz transparent oder einheitlich erfolgte, wurde darin keine unzulässige Diskriminierung gesehen. Die grössere Mandatsanzahl der EVP auf Bundes- und Kantonsebene wurde als sachlicher Grund für die differenzierte Behandlung akzeptiert.

7

Ebenso wurde der „Parteiencheck“ auf Radio SRF 1 beanstandet, da dort die EVP, aber nicht die EDU berücksichtigt wurde. Auch hier verwies die UBI auf sachliche Gründe wie die grössere parlamentarische Präsenz der EVP und betonte, dass die EDU in weiteren regionalen Beiträgen zur Sprache kam. Die UBI befand daher, dass auch hier keine Verletzung des Vielfaltsgebots vorlag.

8

Bezüglich des Online-Artikels «Das sind die Erfolgsaussichten der Massnahmen-Kritiker» vom 10. Oktober 2023 stellte die UBI jedoch eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots fest. Im Artikel wurde die EDU als „Rechtsaussen-Partei“ bezeichnet, was laut UBI nicht den Tatsachen entsprach, insbesondere im Lichte von neutralen Wahlhilfeplattformen wie Smartvote. Die Bezeichnung sei geeignet gewesen, das öffentliche Bild der Partei zu verzerren – insbesondere in der sensiblen Phase vor den Wahlen. Zwar korrigierte SRF den Artikel wenige Tage später und ersetzte den Ausdruck durch „rechtsbürgerliche EDU“, doch wertete die UBI die ursprüngliche Formulierung als journalistisch unzulässig und als Einflussnahme auf die Meinungsbildung. Infolgedessen wurde die Beschwerde in diesem Punkt gutgeheissen.

9

In der publizierten abweichenden Meinung des Präsidiums wurde die Abweisung der Verletzung des Vielfaltsgebots kritisiert und darauf hingewiesen, dass die EDU als eine von acht Nationalratsparteien der Deutschschweiz in der sensiblen Phase vor den Wahlen mehrfach ungleich behandelt wurde – insbesondere durch ihre Nichtberücksichtigung in der „Arena“-Sendung vom 6. Oktober 2023, im „Parteiencheck“ und im „Wahlbarometer“, wo sie unter „übrige Parteien“ subsumiert wurde. Die Begründung, die EVP sei die „grösste der Kleinparteien“, sei nicht tragfähig. Eine vollständige politische Meinungsvielfalt sei unabdingbar für eine funktionierende Demokratie – die SRF hätte dies sorgfältiger beachten müssen (b.967).

10

Fernsehen SRF porträtierte in der Sendung «Reporter» vom 29. November 2023 den Oberwalliser Renato Jordan und begleitete den Initianten eines Solarprojekts in den Alpen («Gondosolar») während eines Jahres. Die Sendung wurde am 30. November 2023 noch einmal auf SRF Info ausgestrahlt. In einer dagegen erhobenen Beschwerde wurde beanstandet, dass dem Projektinitianten deutlich mehr Raum zur Darstellung seiner Sichtweise gegeben worden sei als den Kritikerinnen und Kritikern. Zudem sei der Beitrag geeignet gewesen, die am 10. Dezember 2023 anstehenden Volksabstimmungen in Grengiols sowie die bis Januar 2024 laufende Unterschriftensammlung gegen das neue Stromversorgungsgesetz zu beeinflussen.

11

Die UBI vermochte keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots erkennen, da der Beitrag transparent darstellte, dass Jordans Projekt nicht unumstritten war und die Redaktion dem Protagonisten durchaus kritisch mit entsprechenden Fragen begegnete. Sie stellte auch keine Verletzung des Vielfaltsgebots fest, auch wenn der Beitrag in der sensiblen Phase vor der Abstimmung in Grengiols ausgestrahlt wurde. Zwar befanden sich unter den gezeigten Stimmen zur Abstimmung überwiegend Befürworter, doch wurde diese Darstellung durch die klare und medienwirksam präsentierte Gegenpositionen relativiert. Es sei keine „intensive“ Stellungnahme im Sinne politischer Werbung erfolgt. Angesichts der begrenzten Anzahl Aussagen zur Abstimmung und des übergeordneten Beitragsfokus (Gondosolar-Projekt) sei ein ausreichendes Mindestmass an Ausgewogenheit gewahrt geblieben (b.983).

12

In der sensiblen Phase vor Abstimmungen und Wahlen müssen in Wahl- und Abstimmungssendungen erhöhte journalistische Sorgfaltspflichten eingehalten werden. Gegen diesen programmrechtlichen Grundsatz und letztlich Art. 4 Abs. 4 RTVG verstiess Radio Télévision Suisse (RTS) mit der Sendung «Forum» vom 2. November 2023. Für den zweiten Wahlgang zu den Ständeratswahlen im Kanton Genf bewarben sich sechs Personen. In der beanstandeten Diskussionssendung wurden nur vier Kandidaten und Kandidatinnen eingeladen und in der Anmoderation oder während der Diskussionssendung nie darauf hingewiesen, dass sich zwei weitere Kandidatinnen von Kleinparteien um den Sitz in den Ständerat bewarben. Die UBI erinnerte an die Programmautonomie der Veranstalter, aber auch an den erhöhten Informationsbedarf der Öffentlichkeit vor Wahlen und Abstimmungen. Kleinparteien dürften im Vergleich zu grossen Parteien eine geringere mediale Präsenz erhalten, solange dies auf objektiven, nichtdiskriminierenden Kriterien beruht. Dennoch seien grundlegende Informationen über alle Kandidierenden obligatorisch, insbesondere deren Existenz und Zugehörigkeit. Die 50 Sekunden Sendezeit für eine Kandidatin und deren Partei in der am Morgen des gleichen Tags ausgestrahlten Sendung «Matinale» vermochte keine angemessene Kompensation darstellen für die Nicht-Erwähnung der beiden Kandidatinnen in der Hauptdiskussionssendung (b. 987).

13

Ebenfalls in der sensiblen Phase vor der Volksabstimmung im Kanton Bern vom 3. März 2024 über eine Änderung der Kantonsverfassung zur Einführung der dringlichen Gesetzgebung informierte Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) am 16. Februar 2024 im «Regionaljournal Bern, Freiburg, Wallis» und gleichentags im Online-Artikel «Abstimmung Kanton Bern – Der Kanton soll in Krisen sofort handeln können» über diese Vorlage. Beanstandet wurde, dass Argumente des Nein-Komitees kaum berücksichtigt worden seien, insbesondere sei keine Person aus dem gegnerischen Lager zu Wort gekommen, und es sei der Eindruck entstanden, dass es sich bei der Gegnerschaft – unzutreffend – ausschliesslich um Kritiker der Corona-Massnahmen handle.

14

Die UBI stellte fest, dass der Radiobeitrag tendenziell zugunsten des Ja-Lagers ausgestaltet war. Die Vizepräsidentin des Kantonsparlaments durfte mehrfach ausführlich Stellung nehmen und dabei insbesondere die Argumente der Gegnerschaft widerlegen. Diese wiederum kam nicht mit einer O-Ton-Stimme zu Wort, sondern wurde nur kurz zusammengefasst erwähnt. Die Redaktion bezeichnete die Gegnerschaft pauschal als massnahmenkritisch und verband sie mit Organisationen wie „Mass-Voll“ und „Freunde der Verfassung“. Dass auch andere Gruppierungen beteiligt waren (z. B. Junge SVP, Schweizer Demokraten, PdA), wurde nicht erwähnt. Damit sei das Vielfaltsgebot, aber auch das Sachgerechtigkeitsgebot verletzt worden, da zentrale Informationen über die Zusammensetzung des gegnerischen Komitees sowie wichtige Gegenargumente nicht korrekt oder vollständig wiedergegeben worden seien, meinte die UBI. Das Publikum konnte sich somit keine eigene Meinung bilden. Ähnlich beurteilte die UBI auch den Online-Beitrag zu Sendung (b. 995).

IV. Gesteigerte Anforderungen an Transparenz und Sorgfaltspflicht bei schwerwiegenden Vorwürfen

15

«Bei Sendungen, in denen schwerwiegende Vorwürfe gegenüber Personen erhoben werden und die so ein erhebliches materielles und immaterielles Schadensrisiko für direkt Betroffene oder Dritte beinhalten, gelten qualifizierte Anforderungen bezüglich der Transparenz und der Einhaltung der journalistischen Sorgfaltspflichten. Der Standpunkt der Angegriffenen ist in geeigneter Weise darzustellen. Bei schweren Vorwürfen sollen sie mit dem belastenden Material konfrontiert und mit ihren besten Argumenten zu Wort kommen (BGE 137 I 340 E.3.2 S. 346). Das Sachgerechtigkeitsgebot verlangt aber nicht, dass alle Sichtweisen qualitativ und quantitativ gleichwertig zum Ausdruck kommen» (b.985).

16

In diesem Entscheid behandelte die UBI eine Beschwerde des Kantonsspitals Baselland (KSBL) zur Nachrichtensendung „punkt6“ vom 1. Dezember 2023 von Telebasel. Im strittigen Beitrag berichtete Telebasel über Kritik von Mitarbeitenden des KSBL an der Spitalleitung. Im Zentrum der Kritik stand das Arbeitsklima und der Vorwurf, Verwaltungsrat und Geschäftsleitung hätten sich im Jahr 2022 „unbegründet“ höhere Entschädigungen (+6,8 %) ausbezahlt. Im anschliessenden Interview erhielt der CEO des KSBL Gelegenheit, zu den allgemeinen Vorwürfen Stellung zu beziehen. Auf den spezifischen Vorwurf der ungerechtfertigten Erhöhung der Entschädigungen konnte er jedoch im ausgestrahlten Beitrag nicht eingehen. Die UBI stellte fest, dass der Vorwurf, die Erhöhung der Entschädigungen sei „unbegründet“, für das Publikum klar als schwere Anschuldigung gegen Verwaltungsrat und Geschäftsleitung zu verstehen gewesen sei. Zwar verfügte die Redaktion über Informationen und Interviewmaterial, welche erklärten, weshalb die Entschädigungen tatsächlich erhöht wurden (u. a. mehr Sitzungen, Anpassung variabler Vergütungen, Vorjahresvergleich). Diese Informationen stammten u.a. aus einer Debatte des Baselbieter Landrates sowie aus einem ausführlichen Interview mit dem CEO, welches jedoch – im Gegensatz zur Online-Version auf „Baseljetzt“ – nicht vollständig in der beanstandeten Sendung verwendet wurde. Die UBI wies darauf hin, dass lokale Medien das Thema bereits aufgegriffen hatten, doch könne nicht davon ausgegangen werden, dass das durchschnittliche Publikum des Formats „punkt6“ diese zusätzlichen Quellen zur Kenntnis genommen hätte und somit ausreichend vorinformiert gewesen wäre (b.985).

17

Am 19. November 2023 strahlte RTS im Rahmen der Sendung «Mise au Point» eine zweiteilige Reportage über mutmassliche sexuelle Missbräuche in der Abtei Saint-Maurice aus. Die Reportage thematisierte Vorwürfe gegen neun Kleriker, Aussagen von Opfern sowie die Rolle der kirchlichen Hierarchie. In der dagegen erhobenen Beschwerde wurde gerügt, dass der Beitrag tendenziöse Kommentare enthalte, unzureichend belegte Anschuldigungen verbreite und die Unschuldsvermutung missachte.

18

Die UBI erinnerte daran, die Unschuldsvermutung nicht nur in Art. 4 RTVG, sondern auch in Art. 6 Abs. 2 EMRK und Art. 32 Abs. 1 BV ihren Niederschlag finde. Sie verpflichtet zu einer zurückhaltenden Berichterstattung über laufende Verfahren und zu einer differenzierten Darstellung der Tatsachen und Perspektiven. Auch im investigativen Journalismus gelten gesteigerte Anforderungen an Transparenz und Sorgfaltspflicht, insbesondere bei schwerwiegenden Vorwürfen, die betroffene Personen oder Institutionen erheblich schädigen können. In solchen Fällen sei es erforderlich, dass betroffene Personen die Möglichkeit zur Stellungnahme erhalten – auch wenn sie diese ablehnen. Der Grundsatz der Unschuldsvermutung wurde nach Ansicht der UBI im Beitrag nicht verletzt, da namentlich weder eine Person stigmatisiert noch vorverurteilt wurde. Die Berichterstattung unterschied zwischen rechtlich abgeschlossenen und offenen Fällen und erweckte nicht den Eindruck, dass nicht verurteilte Personen strafrechtlich schuldig seien. Die Redaktion habe im Gegenteil mehrfach explizit auf das Fehlen strafrechtlicher Verurteilungen hingewiesen und mit allen relevanten Akteuren Kontakt aufgenommen, ihnen die Möglichkeit zur Stellungnahme gegeben und diese Bemühungen transparent gemacht. Auch wenn einzelne Begriffe (wie «Angeklagter») juristisch nicht präzise verwendet worden seien, führten diese Ungenauigkeiten nicht zu einer massgeblichen Beeinträchtigung der Meinungsbildung des Publikums. Kommentare des Journalisten – etwa zum systematischen kirchlichen Versagen – seien klar als persönliche Einschätzungen erkennbar gewesen und man habe auch positive Aspekte der Institution angesprochen (b.991).

19

Die Sendung «Grigioni sera» vom 28. November 2023 von «Rete Uno» der Radio Televisione Svizzera italiana (RSI) informierte über den Abschluss einer Strafuntersuchung gegen einen ehemaligen Richter des kantonalen Verwaltungsgerichts Graubünden, welcher beschuldigt wurde, sexuelle Delikte begangen zu haben. Der betroffene Richter kritisierte in seiner Beschwerde vor allem, dass der Journalist in der Sendung fälschlicherweise angab, die Bündner Staatsanwaltschaft sehe «ausreichende Schuldbeweise» («sufficienti elementi di colpevolezza») gegen ihn, um Anklage zu erheben. Er sah darin eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots gemäss Art. 4 Abs. 2 RTVG sowie der Unschuldsvermutung. Zudem sei seine Identität trotz anonymisierter Berichterstattung für Zuhörer leicht erkennbar gewesen und er sei durch die Berichterstattung implizit als schuldig dargestellt worden.

20

Die UBI stellte fest, dass der Journalist im Beitrag unpräzis von „ausreichenden Schuldbeweisen“ sprach, obwohl die Staatsanwaltschaft lediglich über „ausreichenden Verdachtsmomente“ bzw. Indizien informierte. Diese Ungenauigkeit sei vernachlässigbar und nicht entscheidend für die Gesamtwirkung der Sendung. Ausschlaggebend sei vielmehr, dass der Bericht klar als vorläufiger Stand der Ermittlungen präsentiert wurde und deutlich machte, dass es noch keine rechtskräftige Verurteilung gebe. Die Sendung hatte ausserdem explizit darauf hingewiesen, dass erst noch über die Anklage und die zuständige Gerichtsinstanz zu entscheiden sei. Zudem sei ausdrücklich erwähnt worden, dass der Beschuldigte seine Unschuld beteuere und angegeben habe, dass alle Handlungen im gegenseitigen Einverständnis stattgefunden hätten (b.986).

21

Gegenstand eines weiteren Entscheids der UBI war eine Beschwerde gegen einen Beitrag der Hauptausgabe der SRF-«Tagesschau» vom 26. Oktober 2023, welcher sich mit der Einstellung des Strafverfahrens gegen den ehemaligen Bundesanwalt Michael Lauber und FIFA-Präsident Gianni Infantino beschäftigte. In der rund zweiminütigen Reportage wurde berichtet, dass das Verfahren mit Verfügung zweier ausserordentlicher Bundesstaatsanwälte gegen Lauber und Infantino eingestellt worden sei. Die ausserordentlichen Bundesanwälte machten in ihrer Beschwerde geltend, dass durch die unwidersprochenen Aussagen insbesondere eines interviewten Journalisten schwere Vorwürfe gegen sie erhoben worden seien. Es sei suggeriert worden, dass die Einstellung sachfremd, amtsmissbräuchlich oder begünstigend erfolgt sei. Ihnen sei keine Möglichkeit eingeräumt worden, diese schwerwiegenden Vorwürfe zu kommentieren, weshalb das Sachgerechtigkeitsgebot nach Art. 4 Abs. 2 RTVG verletzt worden sei. 

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Die UBI hiess die Beschwerde mit vier zu drei Stimmen gut. Insbesondere die Aussage des Journalisten über einen «fürsorglichen Funktionärsschutz» sei als schwerwiegender Vorwurf zu qualifizieren, der die persönliche und berufliche Reputation der Beschwerdeführer beeinträchtigen könnte. Die UBI hielt ausdrücklich fest, dass es nicht darauf ankomme, ob der Vorwurf objektiv zutreffe, sondern entscheidend sei, dass die Betroffenen Gelegenheit erhalten müssten, dazu Stellung zu nehmen. Dies sei im konkreten Fall unterlassen worden, was eine Verletzung der journalistischen Sorgfaltspflichten darstelle. Insgesamt wirke der Beitrag zudem einseitig, weil die Hintergründe der Einstellungsverfügung nur unzureichend dargestellt wurden. «Der beanstandete Beitrag vermittelte dem Publikum aufgrund der Gestaltung ein einseitig negatives Bild zu den Ermittlungen. Über die Einstellung der Verfahren informierte die Redaktion nur ganz summarisch («Kein Strafverfahren», «Keine Hinweise auf Amtsmissbrauch oder Begünstigung»), ohne auf die eigentlichen Gründe oder die Ermittlungen einzugehen, die ihr aufgrund der zum Zeitpunkt der Ausstrahlung des Beitrags vorliegenden Dokumente (die über 200 Seiten umfassende Einstellungsverfügung, Medienmitteilung) zudem bekannt sein mussten. Die beigezogenen Experten aus dem In- und Ausland mit unterschiedlichen Spezialgebieten erachteten beide die Ermittlungen als nicht ausreichend bzw. gar fragwürdig.» Die im Entscheid publizierte Minderheitsmeinung geht davon aus, dass die kritischen Kommentare der Experten im Rahmen legitimer Justizkritik lagen und für das Publikum erkennbar subjektiv waren. Eine zwingende Anhörung der Beschwerdeführer sei in diesem Rahmen nicht erforderlich gewesen (b.978).

V. Dinge beim Namen nennen

23

Eine Zeitraumbeschwerde richtete sich gegen die Berichterstattung von Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) über Proteste an amerikanischen und schweizerischen Universitäten zwischen dem 14. Februar und 14. Mai 2024. Der von 310 Personen unterstützte Beschwerdeführer machte geltend, dass SRF durch die Berichterstattung die Menschenwürde verletzt, zu Rassenhass beigetragen, die öffentliche Sicherheit gefährdet, Gewalt verharmlost und das Sachgerechtigkeits- und Vielfaltsgebot verletzt habe. Kritisiert wurde insbesondere, dass SRF über zentrale Aspekte wie die Unterstützung der Hamas und Hisbollah durch Studierende, antisemitische Äusserungen und Gewaltaufrufe nicht angemessen berichtet habe. Über verschiedene relevante Fakten habe SRF nicht orientiert, wie u.a. über die Sympathien der Studierenden mit den Hamas-Terroristen und der Hisbollah-Miliz, über die Intifada-Aufrufe, über das Anzünden von amerikanischen Fahnen, die Forderungen zur Vernichtung Israels oder die ideologischen Grundlagen der Proteste. Es sei auch nicht repräsentatives Bild- und Videomaterial in den Publikationen von SRF veröffentlicht worden.

24

In Bezug auf das Sachgerechtigkeitsgebot stellte die UBI nach Prüfung der gerügten 17 Radio-, Fernseh- und Online-Beiträge vom 24. April bis 14. Mai 2024 fest, dass trotz einzelner Mängel die Beiträge dem Publikum erlaubten, sich eine eigene Meinung zu bilden. Zwar kritisierte die UBI einzelne Formulierungen und Titel (z.B. „antisemitische Vorfälle finden ‚off campus‘ statt“), stellte aber insgesamt keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots fest, da die Meinungen transparent dargestellt wurden. Auch Art. 4 Abs. 1 RTVG (Beachtung der Grundrechte) sei durch die Berichterstattung nicht verletzt worden. Hingegen erachtete eine Mehrheit der Mitglieder der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen eine Verletzung des Vielfaltsgebots, indem SRF zwar zeitlich ausreichend und regelmässig über die Proteste berichtet hatte, aber eine verharmlosende, beschönigende Tendenz hinsichtlich der Inhalte der Proteste erkennbar war. Insbesondere extreme antisemitische Forderungen, Sympathien für Terrororganisationen, und kritische wissenschaftliche Perspektiven zum sogenannten „linken akademischen Antisemitismus“ wurden kaum dargestellt oder gar nicht erwähnt. Auch die Bildauswahl vermittelte oft den Eindruck friedlicher Proteste, während extreme Elemente ausgelassen wurden: «Extreme Aufrufe von Studierenden oder gewisse Slogans auf Plakaten wurden nicht gezeigt oder blieben regelmässig ohne jegliche journalistische Einordnung (z.B. «final solution», «from the river to the sea»). Dagegen wurden mehrmals Szenen mit schwer bewaffneten Polizisten eingeblendet, welche die vermeintlichen Antikriegsproteste auflösten.» Drei UBI-Mitglieder hielten in ihrer Minderheitsmeinung fest, dass SRF umfassend und differenziert berichtet hatte, antisemitische Tendenzen angemessen dargestellt wurden und eine Verletzung des Vielfaltsgebots nicht vorliege. Diese Mitglieder warnten zudem vor einer zu engen Interpretation des Vielfaltsgebots, die die Programmautonomie einschränken könnte (b.1002).

25

Kommenar: Das Vielfaltsgebot will «einseitige Tendenzen in der Meinungsbildung durch Radio und Fernsehen verhindern. Es verpflichtet das audiovisuelle Mediensystem als Ganzes, die politisch weltanschauliche Vielfalt widerzuspiegeln, und bezieht sich primär auf die Programme in ihrer Gesamtheit» (BGE 134 I 2 S. 7). Mit der Einschränkung auf konzessionierte Programme gemäss Art. 4 Abs. 4 RTVG muss das Vielfaltsgebot von der konzessionierten SRG in der Gesamtheit ihrer redaktionellen Sendungen eingehalten werden (abgesehen von Sendungen vor Wahlen und Abstimmungen). Eine Prüfung des Programms ist im Rahmen einer Zeitraumbeschwerde auf drei Monate beschränkt (Art. 92 Abs. 3 RTVG; vgl. dazu auch BGE 136 I 167, S. 171), und die Programmaufsicht darf die Gesamtheit der Sendungen in diesem Zeitraum auf seine Vielfältigkeit hin beurteilen. Die Minderheitsmeinung geht in ihrer Begründung davon aus, dass eine Verletzung des Vielfaltsgebots «einem unstatthaften Eingriff in die Programmautonomie des Veranstalters gleichkomme[n], indem in einzelnen Sendungen bestimmte Aussagen eingefordert werden.» Die Beurteilung einzelner Sendungen im Lichte des Vielfaltsgebots ist gerade Sinn und Zweck einer Zeitaumbeschwerde. Allerdings darf nur das Gesamtbild dieser Einzelsendungen im fraglichen Zeitraum letztendlich die Entscheidgrundlage der UBI für eine Einhaltung oder Verletzung des Viefaltsgebots darstellen.

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Ein Entscheid der UBI vom 16. Mai 2024 betrifft eine Beschwerde gegen Beiträge der Nachrichtensendung «Le 19h30» sowie einen Online-Artikel von «RTS Info» vom 9. Oktober 2023. Die Beiträge befassten sich mit dem Ausbruch der Gewalt infolge der Hamas-Attacke auf Israel vom 7. Oktober 2023 und den anschliessenden Reaktionen Israels. Die Beschwerdeführerin und die Mitunterzeichnenden rügten insbesondere die Verwendung der Begriffe „Militante“ und „Kämpfer“ anstelle von „Terroristen“ zur Beschreibung der Angreifer vom 7. Oktober sowie die Darstellung eines Interviews mit einer palästinensischen Bewohnerin, welche die Angriffe des Hamas als „notwendige Antwort“ darstellte und als „Hoffnung auf Wandel“ im arabischen Raum beschrieb. Diese Art von Berichterstattung stelle eine Verharmlosung von Gewalt, eine Rechtfertigung von Terrorismus und Antisemitismus sowie einen Verstoss gegen journalistische Sorgfaltspflichten und gegen völkerrechtliche Verpflichtungen der Schweiz dar.

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Die UBI wies die Beschwerde ab. Die Darstellung der Ereignisse sei sachgerecht erfolgt und die Meinungsäusserung der Interviewten als solche klar erkennbar gewesen. Die Verwendung der Begriffe «Militante» und «Kämpfer» konnte im Kontext der damaligen rechtlichen Lage vertreten werden, zumal zum Zeitpunkt der Berichterstattung der Bundesrat die Hamas noch nicht als Terrororganisation eingestuft hatte. Auch die kritisierte Formulierung „notwendige Antwort“ stelle eine journalistisch zulässige Zusammenfassung der Worte der interviewten Person dar. Der Begriff „Hoffnung auf Wandel“ sei zudem als Zitat kenntlich gemacht worden (b.979).

28

Zur gleichen Thematik gab es eine Beschwerde zu einem Filmbericht mit dem Titel «Spitäler von Gaza: Die humanitäre Katastrophe», ausgestrahlt von Schweizer Fernsehen SRF in der Sendung «Rundschau» vom 22. November 2023. Moniert wurde eine einseitige Darstellung zulasten Israels, insbesondere wurde bemängelt, dass das Leid der palästinensischen Bevölkerung übertrieben dargestellt, während die Rolle der Hamas vernachlässigt werde.

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Die UBI stellte keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots fest. Zwar stand das Leiden der palästinensischen Zivilbevölkerung klar im Vordergrund des Beitrags, doch sei dies journalistisch zulässig und auch transparent kommuniziert worden. Es wurden keine falschen Schuldzuweisungen gemacht, insbesondere bezüglich der Wasserknappheit oder der Raketenangriffe. Wo kritische Punkte angesprochen wurden – etwa hinsichtlich des Beschusses von Krankenhäusern –, wurde auch die israelische Position klar und ausführlich dargestellt, sowohl durch Aussagen eines Armeesprechers als auch der israelischen Botschafterin im Interview. Zudem wurde im Beitrag klar kommuniziert hatte, woher die Informationen stammten und darauf hingewiesen, dass in der Kriegsberichterstattung immer mit gewissen Unsicherheiten bei Quellen und Informationen gerechnet werden müsse. Diese Problematik wurde zudem im Interview selbst durch die israelische Botschafterin und auch durch die Moderation thematisiert (b.981).

30

Ein weiteres Verfahren vor der UBI befasste sich mit der Frage, ob im Rahmen eines Nachrichtenbeitrags über das besorgniserregende Ausmass rechtsextremer Tendenzen innerhalb der deutschen Polizei konkrete Namen und Informationen über ein Treffen einer «jungen Politikerin» mit Martin Sellner – einem bekannten österreichischen Rechtsextremen – und der das Treffen organisierenden Vereinigung verschwiegen wurden. Der Beitrag von RSI in den Mittagsnachrichten auf «Rete Uno» und «Rete Due» vom 4. April 2024 bezog sich auf eine aktuelle Enthüllung des Magazins «Stern», wonach über 400 deutsche Polizisten wegen mutmasslicher Verbindungen zur extremen Rechten untersucht würden. Neben einer Einschätzung des RSI-Korrespondenten in Berlin wurde der RSI-Mitarbeiter und der Rechtsextremismus-Experte Stefano Grazioli zu europaweiten Entwicklungen befragt. Die von der Beschwerde konkret beanstandete Passage war Bestandteil dieser zweiten, übergreifenden Analyse. Die Moderatorin sprach eine „junge Politikerin“ an, die kürzlich an einem Treffen mit Martin Sellner teilgenommen habe, und wollte von Grazioli wissen, ob diese Verbindungen europaweit zunehmen.

31

Diese Aussage war laut UBI nicht der zentrale Inhalt des Beitrags, sondern lediglich ein Beispiel für transnationale Vernetzung rechtsextremer Akteure. Weder die Identität der erwähnten Politikerin noch der Name der Gruppierung „Junge Tat“ waren laut UBI entscheidend für die Kernaussage der Sendung. Die Redaktion hatte sich nach Ansicht der UBI im Beitrag bewusst auf die übergeordnete Analyse konzentriert. Die kurze Erwähnung der jungen Politikerin war eingebettet in eine weiterführende Diskussion und diente der Illustration, nicht der persönlichen Bewertung. Auch Erwähnung des Namens der Politikerin sei der Informationsgehalt des Beitrags ausreichend gewesen, um das Publikum in die Lage zu versetzen, sich eine eigene Meinung zu bilden (b.1001).

32

Auch im Verfahren um den am 15. Juli 2024 von Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) veröffentlichten Online-Artikel «Aus gesundheitlichen Gründen – Marlen Reusser und Jolanda Neff müssen auf Olympia verzichten» ging es um nicht klar erwähnte Informationen. Gerügt wurde, dass SRF wesentliche Informationen – insbesondere die Covid-19-Erkrankungen und daraus resultierende Langzeitfolgen (Post-Covid-Syndrom) der Athletinnen – nicht deutlich genug dargestellt habe.

33

In ihren Erwägungen hielt die UBI fest, dass der Text des beanstandeten Artikels tatsächlich keine explizite Erwähnung der Covid-Erkrankungen enthielt. Es wurde lediglich allgemein von einer Virusinfektion bei Marlen Reusser und von Atembeschwerden bei Jolanda Neff gesprochen. Jedoch seien im Artikel eingebettete Videos entscheidend mitzuberücksichtigen. In diesen erläuterten beide Sportlerinnen offen und nachvollziehbar ihre gesundheitlichen Beschwerden, einschliesslich der mehrfachen Covid-Infektionen. So erklärte Marlen Reusser konkret, an einem postinfektiösen Syndrom zu leiden, das ihre Trainingsfähigkeit stark beeinträchtige, und erwähnte explizit ihre Covid-Erkrankungen Ende Februar und im Mai 2024. Jolanda Neff wiederum äusserte sich zu wiederkehrenden Atemproblemen, erwähnte ihre drei Corona-Infektionen und räumte ein, nicht sicher zu sein, ob ihre Lungenschäden daraus resultierten. Durch diese eingebetteten Videos sei ausreichend Transparenz bezüglich der Gesundheitsursachen gewährleistet hergestellt worden. Es sei nicht notwendig, im Rahmen einer an ein Sportpublikum gerichteten Sendung eigenständig medizinische Diagnosen oder tiefere Erklärungen zum Post-Covid-Syndrom anzubieten, insbesondere weil eine offizielle medizinische Bestätigung der Diagnose bei Reusser erst später erfolgte (b.1008).

VI. Von bevorzugten und vernachlässigten Politikerinnen und Politikern und deren Parteien

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In der Radiosendung „Forum“ auf RTS La Première vom 12. Februar 2023 wurde ein 16-minütiger Beitrag ausgestrahlt, der die Ergebnisse der Zürcher Kantonswahlen vom selben Tag thematisierte. Er beanstandete insbesondere die Auswahl, Reihenfolge und Redezeit der Gäste. Seiner Ansicht nach wurden Vertreter der unterlegenen Parteien – namentlich der Grünen und der SP – überproportional berücksichtigt, während die siegreiche SVP zu kurz kam. Zudem wurden weder Vertreter der FDP noch der Mitte eingeladen. Dies führe zu einer verzerrten Darstellung der Wahlergebnisse.

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Nach Ansicht der UBI informierte der Beitrag korrekt über die Wahlergebnisse; die Hörerinnen und Hörer konnten sich aufgrund der dargelegten Informationen eine eigene Meinung bilden. Die eingeladenen Gäste wurden transparent vorgestellt, ihre Parteizugehörigkeit war klar, und sie konnten ihre Einschätzungen frei äussern. Dabei sei es nicht entscheidend, ob die Redezeit exakt gleich verteilt wurde, sondern ob die wesentlichen politischen Standpunkte erkennbar vertreten waren. Dies sei im vorliegenden Fall gegeben gewesen. Die Auswahl der Gäste sei journalistisch vertretbar gewesen, insbesondere weil sie Entwicklungen im Vergleich zur letzten Wahl einordnen konnten (b.963)

36

Eine Zeitraumbeschwerde bezog sich auf die beanstandete unverhältnismässig hohe Präsenz in Wort und Bild der Genfer Ständerätin Lisa Mazzone in der Tagesschau «Le 19h30» der RTS zwischen dem 19. April und dem 7. Juli 2023. Für die UBI war jede Einzelsituation redaktionell gerechtfertigt und sämtliche Aussagen bzw. Auftritte von Mazzone wiesen einen Sachbezug auf. Es handelte sich nicht um verdeckte Selbstdarstellung oder parteipolitische Schleichwerbung, sondern um eine informative Begleitung aktueller Themen durch eine an den Sachverhalten beteiligte Politikerin. Kleinere redaktionelle Ungenauigkeiten sind nach ständiger Rechtsprechung vernachlässigbar, solange sie den Gesamteindruck nicht verfälschen. In den einzelnen Sendungen sind stets mehrere Stimmen zu Wort gekommen, so dass das Vielfaltsgebot nicht verletzt wurde (b.965).

VII. Verschwiegene Fakten oder blosse Ungenauigkeiten?

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Am 25. Oktober 2023 strahlte Radio SRF im Rahmen der Sendung «Tagesgespräch» eine Diskussion mit den SRF-Korrespondenten Susanne Brunner (Naher Osten) und David Nauer (Ukraine) aus. Die Sendung stand unter dem Thema «Propaganda im Krieg» und widmete sich der Berichterstattung über die Kriege in Israel und der Ukraine. Die Diskussion drehte sich insbesondere um die Herausforderungen journalistischer Arbeit in kriegerischen Konflikten, die Verbreitung von Propaganda und Fake News sowie die Glaubwürdigkeit der Kriegsberichterstattung. Mit einer Popularbeschwerde wurde die Aussage des Korrespondenten David Nauer, wonach es «gar keine Nazis oder mindestens nicht an der Macht in der Ukraine» gebe, beanstandet mit der Begründung, diese Aussage sei falsch und verharmlosend, denn in der Ukraine hätten rechtsextreme und faschistische Strömungen sehr wohl Einfluss auf Politik und Gesellschaft.

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Die UBI stellte fest, dass dieser Satz weder eine vertiefte Analyse rechtsextremer Strukturen in der Ukraine noch deren Leugnung darstellte. Vielmehr wollte Nauer offenbar zum Ausdruck bringen, dass das von Russland genutzte Narrativ einer nationalsozialistisch geprägten Ukraine nicht der Realität entspreche. Die Aussage war in eine Argumentation eingebettet, die sich kritisch mit russischer Kriegspropaganda auseinandersetzte. Zudem relativierte Nauer seine Formulierung unmittelbar selbst, indem er einschränkte, dass es «zumindest keine Nazis an der Macht» gebe. Auch wenn die Äusserung isoliert betrachtet als unpräzis erscheinen mag, war sie eingebettet in einen breiteren Zusammenhang, wurde vom Publikum wohl korrekt verstanden und konnte als persönliche Einschätzung erkannt werden (b.973).

39

Ein Hörer kritisierte die Berichterstattung im Beitrag mit dem Titel «Gesundheitsgefahr: Der Klimawandel ist ein medizinischer Notfall» der Sendung «Wissenschaftsmagazin» von Radio SRF 2 Kultur vom 18. November 2023 als einseitig und tendenziös. Insbesondere bemängelte er, dass CO₂ als alleinige Ursache für den Klimawandel dargestellt werde und alternative wissenschaftliche Ansichten – etwa zur Sonnenaktivität oder anderen Umweltfaktoren – nicht berücksichtigt würden. Daraus leitete er eine Verletzung der gesetzlichen Gebote zur Sachgerechtigkeit und zur Vielfalt der Meinungen ab.

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Die UBI wies die Beschwerde ab. Der Beitrag befasste sich gemäss der UBI nicht primär mit den Ursachen des Klimawandels, sondern mit dessen gesundheitlichen Auswirkungen. Dies sei aus dem Titel und der Anmoderation klar ersichtlich gewesen. Allerdings konnte die wiederholte Nennung von CO₂ und fossilen Brennstoffen in der Anmoderation und im Beitrag den Eindruck eines monokausalen Zusammenhangs vermitteln. Dies sei durch den Bezug zur Forderung des Gesundheitssektors gerechtfertigt. Entscheidend sei, dass im Beitrag nicht explizit behauptet werde, CO₂ sei die einzige Ursache des Klimawandels. Die Redaktion habe zudem weder alternative Ursachen explizit ausgeschlossen noch konkurrierende Meinungen diffamiert. Eine weiterführende Differenzierung der Klimafaktoren sei nicht zwingend erforderlich gewesen, da das Zielpublikum der Sendung – eine naturwissenschaftlich interessierte Zuhörerschaft – aufgrund seines Vorwissens in der Lage gewesen sei, die Aussagen einzuordnen (b.976).

VIII. Aufschaltung von Online-Kommentaren im Lichte der Meinungsäusserungsfreiheit

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Drei Beschwerden zur Nichtaufschaltung bzw. Löschung von Kommentaren in Online-Foren zu verschiedenen redaktionellen Beiträgen auf den SRF-Webseiten wurden von der UBI zusammen beurteilt. Die UBI hat bei Streitigkeiten um die Veröffentlichung von Kommentaren in Online-Foren von SRF im Einzelfall zu beurteilen, ob im Lichte der Meinungsäusserungsfreiheit relevante Gründe bestanden, einen Kommentar zu löschen bzw. nicht aufzuschalten (BGE 149 I 2 E. 4.1 S. 12f.). Als Richtlinie dient dabei laut Bundesgericht die Rechtsprechung zum Werbebereich (BGE 139 I 306 E. 4.2f. S. 313f.). Die Community-Redaktion entscheidet jeweils auf der Grundlage einer Netiquette von SRF, ob ein nutzergenerierter Kommentar zu veröffentlichen ist bzw. gelöscht werden darf. Diese Netiquette stellt nach der Rechtsprechung der UBI jedoch keine gesetzliche Grundlage im Sinne von Art. 36 Abs. 1 BV zur Beschränkung der Meinungsäusserungsfreiheit von Nutzerinnen und Nutzern von Kommentarspalten dar.

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Im ersten Verfahren kritisierte der Beschwerdeführer die Nichtveröffentlichung eines Kommentars zum Online-Artikel „Hyperfeminismus – Wie feministisch sind aufgespritzte Lippen und tiefe Dekolletés?“ vom 14. Dezember 2023. Sein Kommentar („Ich habe gehört in Südgaza seien Botox und Silikon ausgegangen.“) wurde von der Redaktion ursprünglich mit der Begründung „Diskriminierung“ abgelehnt. Die Redaktion vermutete, der Kommentar könne als herabwürdigend gegenüber Kriegsopfern interpretiert werden. Der Beschwerdeführer verneinte dies und bezeichnete die Auslegung als völlig abwegig.

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Die UBI kam zum Schluss, dass die ursprüngliche Begründung der Diskriminierung nicht plausibel sei. Allerdings sei es zulässig gewesen, den Kommentar wegen mangelnden Bezugs zum eigentlichen Thema abzulehnen. Die Programmautonomie erlaube SRF, die Debatte konstruktiv und themenbezogen zu halten. Die Sicherung eines sachlichen Diskurses stelle ein hinreichendes öffentliches Interesse dar und die Nichtveröffentlichung sei verhältnismässig gewesen. Die UBI wies die Beschwerde fünf zu vier Stimmen ab (b.982).

44

Im zweiten Verfahren wurde die Nichtaufschaltung eines Kommentars zum Thema „Wie zeitgemäss sind Zoos?“ vom 21. Februar 2024 gerügt. Im nicht aufgeschalteten Kommentar wurde kritisiert, dass SRF auf seiner Webseite die Berichterstattung über den wichtigen Prozess um Julian Assange ignoriere, stattdessen aber eine Diskussion über Erdmännchen im Zürcher Zoo zulasse. Die Redaktion verweigerte die Veröffentlichung mit der Begründung „Kein Bezug zum Thema“. Die UBI bestätigte auch hier, dass der Kommentar tatsächlich nur eine Kritik an der Themenwahl und keinen Bezug zur inhaltlichen Diskussion des Artikels hatte. Ein öffentliches Interesse bestehe wiederum in der Sicherstellung eines konstruktiven und sachlichen Dialogs. Die Nichtveröffentlichung sei somit rechtlich zulässig und verhältnismässig gewesen, weshalb die UBI auch diese Beschwerde mit fünf zu vier Stimmen abwies (b.990).

45

Vier Mitglieder der UBI vertraten eine abweichende Meinung zu beiden Verfahren mit der Argumentation, die Meinungsfreiheit umfasse grundsätzlich auch kritische und provozierende Äusserungen. Es sei nicht Aufgabe von SRF, Kommentare allein wegen ihrer Kritik an der redaktionellen Themenwahl nicht zu veröffentlichen. Die Sicherung einer freien demokratischen Debatte verlange vielmehr eine weite Auslegung der Meinungsfreiheit. Die Kommentare hätten zudem durchaus einen erkennbaren Bezug zu den Themen gehabt, indem sie auf die Relevanz der Themenwahl hinwiesen. Aus Sicht dieser Minderheit verletzte die Nichtaufschaltung der Kommentare daher Art. 16 BV.

46

Im dritten Verfahren monierte der Beschwerdeführer mehrfach die Nichtaufschaltung bzw. Löschung von Kommentaren im Zusammenhang mit einem Artikel zur Münchner Sicherheitskonferenz vom 16. Februar 2024. Mehrere Kommentare enthielten Links zu externen Dokumenten und kritisierten die Praxis von SRF, Links in Kommentaren zunächst nicht aufzuschalten. Die UBI bestätigte, dass SRF Kommentare überprüfen dürfe, um rechtswidrige Inhalte zu verhindern. Obwohl der Beschwerdeführer berechtigterweise darauf hingewiesen hatte, dass die Redaktion verhältnismässig viel Zeit für die Freischaltung benötigte, sah die UBI keine absichtliche Verzögerung oder gar Zensur durch SRF. Dem Beschwerdeführer war es gelungen, seine Position trotz anfänglicher Nichtveröffentlichung mehrfach umfassend zu äussern. Da die Meinungsfreiheit nicht unverhältnismässig eingeschränkt wurde, wies die UBI die Beschwerde mit sechs zu drei Stimmen ab (b.992).

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In zwei weiteren Verfahren beschäftigte sich die UBI mit dem Nichtaufschalten von Online-Kommentaren. In seinem nicht publizierten Kommentar verspottete ein Nutzer die Redaktion von SRF News für ihren Fragestil und den Fokus des Artikels und bezeichnete die Redaktorinnen und Redaktoren pauschal als „Ausnahmetalente bei der Verbreitung von wichtigen Nachrichten“ sowie als „Geschichtenerzählpult“. Die Redaktion hatte den Kommentar mit Verweis auf die SRF-Netiquette, die „persönliche Angriffe“ untersagt, zurückgewiesen.

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Die UBI führte aus, dass SRF in seinen freien Online-Kommentarspalten grundsätzlich auch kritische Äusserungen gegen sich selbst akzeptieren muss. Erhebliche persönliche Angriffe jedoch können unter Berufung auf eine hinreichende gesetzliche Grundlage gelöscht oder zurückgehalten werden. Als solche gesetzliche Grundlage erkannte die UBI sowohl Art. 28 ZGB (Schutz der Persönlichkeit natürlicher und juristischer Personen) als auch die Fürsorgepflicht des Arbeitgebers nach Art. 328 OR. Die UBI erachtete eine Grundrechtsbeschränkung im Sinne von Art. 36 Abs. 2-4 BV als gegeben: «So besteht ein öffentliches Interesse an einer von einem konstruktiven und respektvollen Umgang geprägten Diskussionskultur in den für alle Interessierten zugänglichen Foren. Die damit verbundene Einschränkung der Meinungsäusserungsfreiheit ist zudem verhältnismässig, kann der Beschwerdeführer doch rasch und ohne grossen Aufwand einen neuen Kommentar mit Kritik am Thema und Fokus des Artikels – aber ohne persönliche Angriffe – formulieren und der Redaktion zur Aufschaltung zustellen. Schliesslich ist auch der Kerngehalt des betroffenen Grundrechts nicht berührt, umso weniger als SRF die Kommentarspalte zu Online-Artikeln auf freiwilliger Grundlage und ohne gesetzliche Verpflichtung anbietet» (b.966).

49

In seinem nicht aufgeschalteten zweiten Kommentar kritisierte der Nutzer die vermeintliche „Verhunzung der Schriftsprache“ bei SRF News und bemängelte den Anglizismus „Overtourism“ als „Sprache für dumme Leute“. Die Redaktion begründete die Zurückweisung damit, der Kommentar habe „keinen Bezug zum Thema“ des Artikels. Die UBI stellte fest, dass ein thematischer Bezug in Kommentarspalten zu Online-Artikeln zwar verlangt werden darf, dieser aber nicht derart eng auszulegen ist, dass offensichtliche Aspekte des Artikeltitels – hier «Overtourism» – ausgeblendet werden. Innerhalb der betreffenden Kommentarspalte hatten bereits andere Nutzerinnen und Nutzer intensiv über den Anglizismus diskutiert; sogar Radio SRF 1 selbst beteiligte sich an dieser Debatte. Überdies enthielt der Kommentar des Beschwerdeführers kritische Vorschläge zur präziseren Wortwahl und damit eine inhaltlich legitime Auseinandersetzung mit dem Thema, ohne einzelne Personen persönlich herabzusetzen. Die Äusserung „Sprache für dumme Leute“ richtete sich auf eine abstrakte Gruppe von Sprachgebrauch und nicht auf konkret identifizierbare Personen. Damit fehlte ein sachlicher Grund zur Nichtaufschaltung, und es lag keine unzulässige Persönlichkeitsverletzung vor. Die UBI hiess deshalb die Beschwerde (mehrheitlich) gut (b.972).

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Weitere Entscheide zur Nichtaufschaltung von Kommentaren:

  • Kommentare zu politischer Einordnung („Rechtsaussen-Partei“ EDU): Unzulässige Nichtveröffentlichung der Kommentare, da diese inhaltlich zulässige Meinungsäusserungen ohne rechtsverletzenden Charakter darstellten (b.969).
  • Kommentar zur Gesundheitspolitik (Jungparteien): Unzulässige Nichtveröffentlichung der Kommentare, da es sich um zulässige politische Meinungsäusserungen handelte (b.969).
  • Kommentare zu US-Vorwahlen (Trump): Einer der Kommentare wurde fälschlicherweise nicht veröffentlicht, da ein Bezug zum Thema bestand; diese Beschwerde wurde gutgeheissen. Die übrigen sechs Kommentare, geprägt von persönlichen Angriffen und Nebenstreitigkeiten, durften dagegen aufgrund der Programmautonomie zur Sicherstellung einer sachlichen Debattenkultur zurückgewiesen werden. Diese Beschwerden wurden einstimmig abgewiesen (b.969).
  • Kommentare zur Sendung «30 Jahre Arena»: Die Mehrheit der abgelehnten Kommentare durfte aufgrund ihrer unsachlichen Natur abgewiesen werden. Zwei Kommentare enthielten jedoch zulässige Reaktionen auf veröffentlichte Vorwürfe und wurden zu Unrecht nicht veröffentlicht; diese Beschwerde wurde gutgeheissen (b.969).
  • Kommentar zur Energiewende: Die Zurückweisung eines Kommentars wegen persönlicher Angriffe war zulässig, da der Beschwerdeführer seine Ansicht in anderen Kommentaren bereits ausführlich platzieren konnte (b.969).
  • Kommentare zu Corona-Indiskretionen: Die Nichtaufschaltung zweier Kommentare wurde gutgeheissen, da diese persönliche Angriffe enthielten und die Debattenkultur beeinträchtigten (b.969).
  • Kommentare zu Blauhelmtruppen in Afrika: Hier wurde eine behauptete Ungleichbehandlung verneint, da unterschiedliche Kommentarspalten und damit Situationen betroffen waren. Die Beschwerde wurde abgewiesen (b.969).
  • Im Verfahren b.974 ging es um Kommentare zu einem Online-Artikel über den Einsatz künstlicher Intelligenz in der Politwerbung:
  • Ein Kommentar mit einer nachweislich falschen Information (ein veralteter Vorwurf gegen Klimaaktivisten) wurde rechtmässig zurückgewiesen.
  • Zwei weitere Kommentare, welche darauf hinwiesen, dass politische Irreführung nicht nur von bürgerlichen Parteien ausgehe, wurden zu Unrecht nicht veröffentlicht. Diese Beschwerden wurden gutgeheissen.
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Im Verfahren b.975 ging es um die Sperrung des Kommentarkontos: Im Zentrum stand hier die sechsmonatige Sperrung des Kommentarkontos des Beschwerdeführers durch SRF. Der Beschwerdeführer war zuvor von der Redaktion verwarnt worden, doch die Kommunikation und Begründung der Sperrung erwies sich als inkonsistent und intransparent. Die UBI hielt fest, dass die lange Sperre einen massiven Eingriff in die Meinungsfreiheit darstelle und durch die angeführten Gründe (z.B. Ressourcenmangel der Redaktion) nicht hinreichend gerechtfertigt werden könne. Die Sperre sei unverhältnismässig erfolgt, weshalb diese Beschwerde mit sechs zu drei Stimmen gutgeheissen wurde.

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Drei Mitglieder der UBI vertraten eine abweichende Meinung bezüglich der Sperrung des Kommentarkontos. Sie argumentierten, die Sperre sei aufgrund wiederholter Netiquette-Verstösse und angesichts der Vielzahl nicht aufgeschalteter Kommentare (ca. 200 nach Verwarnungen) gerechtfertigt. Die Redaktion habe ausreichend und transparent gewarnt; eine weitere Verwarnung sei nicht zwingend erforderlich gewesen. Die Minderheit sah die Sperre als notwendige Massnahme zur Wahrung konstruktiver Debattenkultur und Leserfreundlichkeit als gerechtfertigt an und hätte die Beschwerde daher abgewiesen.

IX. Weitere Entscheide

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Am 6. Oktober 2023 strahlte der lokale Genfer Radiosender Radio Lac SA im Rahmen seiner werktäglichen Sendung „Il suffit de demander“ eine Live-Show mit der Astrologin Christiane Dubois aus. In dieser rund 20-minütigen Sendung wurden drei Zuhörerinnen und Zuhörer live zugeschaltet, um Fragen zur persönlichen Zukunft – etwa zur Liebesbeziehung, zur beruflichen Entwicklung oder zu geschäftlichen Aussichten – an die Astrologin zu richten. Diese beantwortete die Fragen mittels Kartenlegen, astrologischer Konstellationen und esoterischer Deutungen.

54

Eine gegen diese Sendung eingereichte Beschwerde wies die UBI ab. Die Sendung hatte einen grundsätzlich unterhaltenen Charakter, enthielt aber auch informative Elemente, was die Anwendbarkeit der Sorgfaltspflichten gemäss Art. 4 Abs. 2 RTVG rechtfertigte. Die astrologische Beratung wurde jedoch eindeutig als subjektive Interpretation dargestellt. Die Moderatorin wies zu Beginn darauf hin, dass es sich um eine unterhaltende Wahrsagungssendung handle. Die Aussagen der Astrologin waren persönlich, freundlich, teilweise trivial und nicht geeignet, den Eindruck einer wissenschaftlich fundierten Beratung zu erwecken. Die UBI befand, dass die Ausstrahlung weder irreführend noch geeignet war, das Publikum in seiner Meinungsbildung unangemessen zu beeinflussen. Das Publikum konnte sich – auch dank der transparenten Inszenierung – eine eigene Meinung bilden (b.971).

55

Am 4. Januar 2024 strahlte Radio SRF im Rahmen der Sendung «Echo der Zeit» einen Beitrag mit dem Titel «Trumps Worte sollten ernst genommen werden» aus, in dem die Rhetorik des ehemaligen US-Präsidenten und Präsidentschaftskandidaten Donald Trump beleuchtet wurde. Ergänzend erschien am 7. Januar 2024 ein Online-Artikel. In der gegen diese Sendung erhobenen Beschwerde wurde insbesondere gerügt, dass SRF Donald Trump Aussagen unterstellte, die meinungsverzerrend seien und Übersetzungen falsch oder irreführend waren und die Aussagen losgelöst vom Kontext kritisiert worden seien.

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Nach Ansicht der UBI erfüllten die Sendung und der Online-Artikel die Mindestanforderungen an die Sachgerechtigkeit. «Die Übersetzungen der auch im Originalton veröffentlichten Aussagen von Donald Trump waren nicht falsch, irreführend oder aus dem Kontext gerissen. Die Sichtweise des Präsidentschaftskandidaten kam angemessen zum Ausdruck. Das Interview mit einer Expertin stellte zudem die Rhetorik von Donald Trump in einen grösseren Zusammenhang. Der unterlassene Hinweis auf deren negative persönliche Haltung zu Trump stellt zwar einen Mangel dar. Da dieser aber weder beim Radiobeitrag, in dem das Interview im Zentrum stand, noch beim Online-Artikel den Gesamteindruck massgeblich beeinflusst hat, betrifft er einen Nebenpunkt. Die Aussagen der Wissenschaftlerin unterscheiden sich zudem nicht von denjenigen anderer Fachleute, die sich mit der Rhetorik von Donald Trump auseinandersetzten» (b.989).

57

Die Verwendung von Symbolbildern in Nachrichtensendungen ist grundsätzlich unproblematisch, solange sie korrekt eingebettet und kenntlich gemacht werden. Eine isoliert betrachtet problematische Bildsequenz kann zwar als journalistisch unsorgfältig eingestuft werden, führt aber nicht zwingend zu einer Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots, wenn der Beitrag insgesamt sachlich und differenziert bleibt. Im Beschwerdeverfahren zu einem Beitrag in der Hauptausgabe der «Tagesschau» von SRF am 5. März 2024 mit dem Titel „Annahme der 13. AHV-Rente weckt neue Begehrlichkeiten“ war eine zu Beginn des Beitrags gezeigte Filmsequenz, in der der Beschwerdeführer und seine Frau beim Anstossen mit Weingläsern gezeigt wurden, Hauptgegenstand der Beschwerde. Die Bilder stammten aus einer SRF-Wissenschaftssendung von 2019 („Einstein“). Der Beschwerdeführer beanstandete, dass diese Sequenz den irreführenden Eindruck erweckte, die abgebildete Gruppe feiere die Annahme der 13. AHV-Rente. Tatsächlich habe er sich im Abstimmungskampf aber klar gegen die Vorlage gestellt. Er sah darin eine rufschädigende, ehrverletzende Darstellung und machte geltend, dass die Verwendung ohne Einwilligung erfolgt sei.

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Zum Vorwurf der Rufschädigung oder Ehrverletzung verwies die UBI den Beschwerdeführer praxisgemäss auf den Zivilweg und beschränkte sich auf die Prüfung einer möglichen Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots nach Art. 4 Abs. 2 RTVG. Die Bilder von sechs Personen beim Anstossen – darunter der Beschwerdeführer und seine Frau – konnten nach Ansicht der UBI für sich allein genommen durchaus den Eindruck vermitteln, dass die Personen den Ausgang der Volksabstimmung feierten. In Kombination mit dem Off-Kommentar („Seit Sonntag ist klar: Rentnerinnen und Rentner erhalten eine 13. Rente“) und den nachfolgenden Szenen (Rollstuhl-Hockeyspiel zur Illustration der IV-Rentner) wurde jedoch ein weiterführender Kontext geschaffen. Es wurde aber darauf hingewiesen, dass SRF es versäumt hatte, diese Archivbilder als Symbolbilder zu kennzeichnen. Der fragliche Beitrag sei gut strukturiert gewesen, habe verschiedene Meinungen und Perspektiven ausgewogen dargestellt und die wesentlichen Informationen zu den neu aufkommenden politischen Forderungen nach der Annahme der 13. AHV-Rente sachlich wiedergegeben. Die fehlerhafte Bildverwendung betraf daher lediglich einen Nebenpunkt, der nach Auffassung der UBI nicht geeignet war, die den Gesamteindruck zur Meinungsbildung des Publikums wesentlich zu verzerren (b.993).

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Am 12. März 2024 strahlte SRF im Rahmen der Fernsehsendung «10 vor 10» einen Beitrag über den Internet-Sender Kla.TV aus, welcher von Ivo Sasek, dem Gründer der «Organischen Christus Generation» (OCG), betrieben wird. Im Zentrum des Beitrags standen die Aussagen zweier ehemaliger Mitarbeiterinnen, die von ihren Erfahrungen bei Kla.TV berichteten. Der Beitrag stellte dabei insbesondere die Nähe des Senders zur OCG, die journalistische Qualität der Inhalte sowie die Verbreitung von Verschwörungstheorien in den Vordergrund. In zwei Beschwerden wurden nicht korrekte Informationen über eine der Mitarbeiterinnen sowie die Verwendung stigmatisierender Begriffe wie „Fake-News-Fabrik“, „krude Verschwörungstheorien“ oder „Sekten-TV“ kritisiert. Die Redaktion habe unkritisch und ohne eigene Recherche die Aussagen zweier nicht verlässlicher Quellen übernommen.

60

Die UBI betonte in ihrem Entscheid, dass der Beitrag die Sichtweise von Kla.TV angemessen berücksichtigt habe und verwies auf eine schriftliche Stellungnahme von Ivo Sasek, aus der im Beitrag zitiert wurde. In dieser kritisierte er SRF scharf und wies die Vorwürfe zurück. Die UBI erachtete dies als hinreichende Gegenposition, um den journalistischen Mindestanforderungen an Fairness und Ausgewogenheit zu genügen. Hinsichtlich der beanstandeten Begriffe wie „Sekten-TV“, „Fake-News-Fabrik“ oder „krude Verschwörungstheorien“ stellte die UBI fest, dass einige dieser Zuschreibungen durch gezeigte Beispiele und die Aussagen ehemaliger Mitglieder zumindest teilweise gestützt wurden. Besonders die Aussagen über die Gender-Agenda, über genmanipulierte Mücken oder freimaurerische Weltverschwörungen illustrierten die redaktionelle Stossrichtung von Kla.TV. Allerdings kritisierte die UBI, dass eines der vier Beispiele – die genmanipulierten Mücken – aus journalistischer Sicht nicht ausreichend kontextualisiert worden sei, da auch andere Medien ebenfalls über diesen Sachverhalt berichtet hatten. Die Bezeichnung „Fake-News-Fabrik“ wurde von der UBI als problematisch beurteilt, da hierfür im Beitrag keine ausreichende Evidenz vorgelegt worden sei. Die Aussagen der beiden Frauen seien zu allgemein und die gezeigten Beispiele zu kurz und aus dem Zusammenhang gerissen, um diesen schwerwiegenden Vorwurf nachvollziehbar zu belegen. Dennoch sah die UBI hierin nur einen Fehler in einem Nebenpunkt, welcher den Gesamteindruck des Beitrags nicht wesentlich trübt (b.996/997).


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Consultation de prononcés pénaux non anonymisés et premiers arrêts du Tribunal fédéral sur la discrimination à raison de l’orientation sexuelle

Morceaux choisis de jurisprudence pénale rendue durant l’année 2024 en lien avec les médias

Miriam Mazou, avocate, spécialiste FSA droit pénal, Lausanne
Marie Besse, avocate
, Lausanne

Zusammenfassung: Im Jahr 2024 urteilte das Bundesgericht, dass die Erlaubnis der Ausstrahlung eines Propagandavideos unter die Bestimmungen fällt, die terroristische Gruppen unter Strafe stellen. Weiter entschied es zur Frage der Konkurrenz zwischen dem Tatbestand der Drohung und der missbräuchlichen Verwendung einer Telekommunikationsanlage. Wie 2022 und 2023 hielt das Bundesgericht auch 2024 mehrere Polemiker der Diskriminierung und Aufstachelung zu Hass für schuldig. Es bestätigte eine Verurteilung von Alain Soral, bei der es um die sexuellen Orientierung ging, und stellte in einem anderen Urteil klar, dass die Bezeichnung «Afrikaner» unter den Begriff der Ethnie fällt. Ferner bestätigte es die Verurteilung des Redaktionsleiters einer Internetseite wegen unterlassener Verhinderung einer strafbaren Veröffentlichung (Art. 322bis StGB). Im Übrigen erinnerte das Bundesgericht an die strengen Grundsätze, die für den vollständigen Ausschluss der Öffentlichkeit in Strafverfahren gelten. Das Bundesverwaltungsgericht erachtete die Praxis des Eidgenössischen Finanzdepartements als zulässig, die Einsichtnahme in nicht anonymisierte Strafurteile innerhalb von 30 Tagen nach Eintritt der Rechtskraft zu gestatten. Genfer Oberinstanzen bestätigten die Verurteilung von Sicherheitsbeamten eines ausländischen Präsidenten, die einen Journalisten belästigt hatten, und verweigerten einem freigesprochenen Angeklagten eine Entschädigung für immaterielle Schäden.

Résumé: Durant l’année 2024, le Tribunal fédéral a jugé que le fait d’autoriser la diffusion d’une vidéo de propagande tombait sous le coup des dispositions réprimant les groupes terroristes. Notre Haute Cour a tranché la question du concours entre les menaces et l’utilisation abusive d’une installation de télécommunication. Par ailleurs, à l’instar des années 2022 et 2023, le Tribunal fédéral a, en 2024, reconnu plusieurs polémistes coupables de discrimination et incitation à la haine. Le Tribunal fédéral a en effet confirmé la condamnation d’Alain Soral pour discrimination et incitation à la haine fondée sur l’orientation sexuelle et eu l’occasion de préciser, dans un autre arrêt, que le terme « africain » se rapportait bien à une ethnie. Le Tribunal fédéral a en outre confirmé la condamnation du responsable rédactionnel d’un site internet pour défaut d’opposition à une publication diffamatoire (art. 322bis CP). Pour le surplus, notre Haute cour a également rappelé les principes stricts s’appliquant au huis clos total dans le cadre des procédures pénales. De son côté, le Tribunal administratif fédéral a jugé admissible la pratique du Département fédéral des finances (DFF) consistant à autoriser la consultation, en version non anonymisée, des prononcés pénaux moyennant une requête formulée dans les 30 jours suivant leur entrée en force, tout en précisant que dies a quo devait courir dès la notification du prononcé. La Chambre pénale d’appel et de révision de la République et canton de Genève a confirmé la condamnation d’agents de sécurité d’un Président étranger ayant molesté un journaliste. Enfin, la Chambre pénale de recours de ce même canton a refusé une indemnité pour tort moral à un prévenu acquitté, ce dernier invoquant notamment le fort retentissement de son affaire.

I. Introduction

1

La présente chronique a pour vocation de présenter – sans prétendre à l’exhaustivité – une sélection d’arrêts rendus au cours de l’année écoulée en matière de droit pénal des médias et de procédure pénale en lien avec les médias. Les arrêts mentionnés dans la présente chronique, rendus en 2024, émanent principalement du Tribunal fédéral, mais également de certains Tribunaux cantonaux et du Tribunal administratif fédéral. On précisera que les noms des parties ont été indiqués dans la mesure où ceux-ci ont fait l’objet d’un communiqué du Tribunal fédéral.

II. Arrêts

1. Le fait d’autoriser la diffusion d’une vidéo de propagande tombe sous le coup des dispositions interdisant les groupes terroristes

2

ATF 150 IV 65 : Il était reproché à A d’avoir violé la loi interdisant les groupes « Al-Qaïda » et « Etat islamique » (LAQEI), en publiant deux films de propagande et en assurant activement la promotion de ceux-ci via les réseaux sociaux ainsi que lors d’une manifestation publique. A forme recours au Tribunal fédéral contre sa condamnation.

3

On précisera que l’infraction reprochée au prévenu (au sens de l’art. 2 al. 1 de la loi précitée, aujourd’hui abrogée) est désormais contenue à l’art. 74 al. 4 LRens, dont le libellé est identique.

4

Le Tribunal fédéral retient tout d’abord que les vidéos en question avaient bel et bien un contenu propagandiste, prohibé par la loi (consid. 5.5.1).

5

S’agissant plus précisément des faits reprochés à A, le Tribunal fédéral rappelle qu’il était membre du comité directeur et chargé de communication de l’association ayant publié les vidéos (consid. 5.3.1). Il avait autorisé à ce titre la publication des vidéos, lesquelles avaient été diffusés sur les réseaux sociaux de l’association, ainsi que sur diverses plateformes internet. Il jouait un rôle central dans les décisions relatives aux publications de l’association et seule son autorisation avait permis cette publication (c. 5.5.2). Ce faisant, il s’était livré à une retransmission consciente et objectivement reconnaissable de propagande interdite. Une telle retransmission tombe, en tant que telle, sous la clause générale d’« encouragement de toute autre manière » selon l’art. 2 al. 1 de la loi interdisant les groupes « Al-Qaïda » et « Etat islamique » (LAQEI) (consid. 5.5.2).

6

Il était également reproché à A d’avoir publié une interview sur le site internet de l’association, dans laquelle il était fait référence à une vidéo de propagande, qui y était par ailleurs promue. Selon le Tribunal fédéral, ce comportement tombe également sous le coup de la clause générale d’« encouragement de toute autre manière » selon l’art. 2 al. 1 LAQEI (consid. 5.5.3).

7

Il était encore reproché à A d’avoir organisé une manifestation de l’association, et d’y avoir joué un rôle de modérateur. Lors de cette manifestation, une vidéo de propagande avait été projetée. Ces faits relèvent également, selon le Tribunal fédéral, de l’art. 2 al. 1 LAQEI (consid. 5.5.4).

8

Enfin, le tweet rédigé par A, contenant un lien vers une vidéo de propagande traduite dans une autre langue, entre également dans le champ d’application de l’art. 2 al. 1 LAQEI. Le Tribunal fédéral a ainsi confirmé la condamnation de A pour ces faits également (consid. 5.5.5). 

9

L’auteur invoquait la liberté d’opinion et d’information (art. 16 Cst et 10 CEDH) et la liberté des médias (art. 17 Cst et 10 CEDH). En l’espèce, le Tribunal fédéral a confirmé l’appréciation de l’instance précédente selon laquelle la restriction aux droits fondamentaux de A était justifiée (consid. 7 à 7.5.6). Le Tribunal fédéral a notamment constaté que A ne pouvait pas se prévaloir de la liberté des médias, puisqu’il avait autorisé, sans critique, la publication des vidéos de propagandes. Dans le cadre de la promotion de ces vidéos, il n’avait pas non plus apporté un regard critique ni de contextualisation (consid. 7.5.1 et 7.5.2).

2. Concours idéal entre les menaces et l’utilisation abusive d’une installation de télécommunication

10

ATF 150 IV 273 : Le Tribunal fédéral a été saisi du recours de A, condamné notamment pour utilisation abusive d’une installation de télécommunication et menaces, pour avoir harcelé B par de nombreux appels infructueux et messages, dans lesquels il l’a menacée de venir la trouver chez elle, de « foutre la merde » chez ses parents, ainsi que de la « foutre dans la merde ». A concluait notamment à sa libération du chef d’accusation d’utilisation abusive d’une installation de télécommunication.

11

Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a été amené à trancher la question du concours idéal entre les menaces (art. 180 CP) et l’utilisation abusive d’une installation de télécommunication (art. 179septies CP), question sur laquelle il ne s’était jamais encore prononcé.

12

Après avoir analysé sa jurisprudence et plusieurs avis de doctrine (consid. 3.1 et 3.2), notre Haute cour arrive à la conclusion qu’il convient de retenir un concours idéal entre les deux infractions, dans la mesure où celles-ci protègent des biens juridiques distincts.

12

En effet, selon le Tribunal fédéral, les menaces réprimées par l’art. 180 CP protègent « le droit de tout être humain de vivre en paix intérieur et de se sentir en sécurité en société en tant que parties de la liberté au sens large » (consid. 3.3). Quant à l’utilisation abusive d’une installation de télécommunication, elle vise à protéger le droit subjectif de la victime à ne pas être importunée par certains actes commis au moyen d’un téléphone (consid. 3.3).

13

Dans ces circonstances, le Tribunal fédéral considère qu’il n’y a pas lieu de renoncer à réprimer spécifiquement ces différentes atteintes. Cela étant exposé, le Tribunal fédéral n’exclut pas entièrement que l’infraction de l’art. 179septies CP puisse être absorbée par celle de l’art. 180 CP dans le cas de quelques messages contenant spécifiquement une menace. Cela étant, en l’espèce, il conviendrait dans tous les cas de retenir un concours réel avec l’ensemble des communications qui n’en contenaient pas (consid. 3.3).

3. Condamnation d’Alain Soral pour discrimination et incitation à la haine par le Tribunal fédéral

14

ATF 150 IV 292 : Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a notamment confirmé la condamnation d’Alain Soral, notamment pour discrimination et incitation à la haine, à une peine privative de liberté de 60 jours, prononcée par le Tribunal cantonal vaudois (Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal vaudois (CAPE) du 27 septembre 2023/208). L’arrêt cantonal avait été traité dans la contribution 2023, à laquelle il est renvoyé pour les détails de cet arrêt (Mazou Miriam/Besse Marie, Plusieurs appels à la haine jugés par les tribunaux, medialex 05/24, 7 juin 2024).

15

En substance, il était reproché à Alain Soral d’avoir, lors d’une interview filmée parue sur plusieurs sites internet, notamment tenus les propos suivants au sujet d’une journaliste : « Et je rappelle que queer en anglais ça veut dire, je crois, désaxé. Donc je pense qu’entre ma vision du monde et celle d’une grosse lesbienne militante pour les migrants, je pense que je suis plus, moi, un combattant pour la paix, la fraternité et l’âme suisse que ceux qui aujourd’hui me font face et qui me harcèlent, alors que je ne leur ai rien demandé. ».

16

Il sied de rappeler que depuis le 1er juillet 2020, l’art. 261bis CP protège également de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle en sus de celle fondée sur l’appartenance raciale, ethnique ou religieuse.

17

En premier lieu, le Tribunal fédéral retient que les propos d’Alain Soral, qui avait qualifié la partie plaignante tant de « militante queer » que de « grosse lesbienne militante », étaient dirigés à contre une personne d’une personne – ou un groupe de personnes – défini(e) par son orientation sexuelle. Il opposait ces qualificatifs à la représentation qu’il se faisait de lui-même, soit « l’âme suisse et l’esprit suisse, dans la grande tradition […] de Jean-Jacques Rousseau » (consid. 2.1.2). A cet égard, le Tribunal fédéral précise que la définition de « queer » peut inclure l’orientation sexuelle, tandis que l’usage du terme « lesbienne » est parfaitement univoque. En outre, le propos de l’auteur n’était pas exclusivement lié à l’activité militante de la partie plaignante. En définitive, le Tribunal fédéral conclut donc que le destinataire moyen pouvait comprendre que la partie plaignante présentait, du point de vue de l’auteur, le défaut d’être homosexuelle, ce qui correspond à l’un des critères posés par l’art. 261bis CP (consid. 2.1.2).

18

En outre, le Tribunal fédéral a retenu que le langage utilisé par Alain Soral était rabaissant, déshumanisant et outrancier, incitant les internautes à mépriser la partie plaignante en raison de son orientation sexuelle. En affirmant, sans autre explication, que « queer » signifiait désaxé, l’auteur a immédiatement donné à ce terme une connotation fortement péjorative. De plus, le fait de présenter la partie plaignante – et la communauté homosexuelle dans son ensemble – comme ennemies des valeurs qu’il prétend défendre n’a fait que renforcer l’hostilité et le caractère homophobe qui ressortait déjà des propos incriminés. L’auteur a en outre inclus une photographie de la partie plaignante sous la vidéo incriminée, de sorte qu’il n’y a aucun doute pour le Tribunal fédéral que les propos d’Alain Soral tendaient à éveiller et exciter un sentiment de haine à raison de l’orientation sexuelle (consid. 2.2).

19

Par ailleurs, le Tribunal fédéral a estimé que contrairement à ce que soutenait Alain Soral, la Cour cantonale était légitimée à tenir compte des commentaires publiés par des tiers pour établir la signification du propos incriminé du point de vue d’un destinataire moyen. Dans le cas d’espèce, ces tiers avaient perçu le sens haineux et discriminatoire du propos et avaient effectivement été incités à manifester leur haine à l’endroit de la plaignante en raison de son orientation sexuelle (consid. 2.3).

20

En définitive, notre Haute Cour a conclu que les éléments constitutifs objectifs de l’art. 261bis CP étaient remplis (consid. 2.4).

21

Sur le plan subjectif, le Tribunal fédéral a confirmé l’appréciation de l’instance précédente, considérant qu’Alain Soral avait agi intentionnellement (consid. 3 à 3.4).

22

S’agissant de la liberté d’expression et de la protection conférée aux journalistes s’exprimant dans le cadre du débat politique invoquées par Alain Soral, le Tribunal fédéral a considéré que la démarche de ce dernier ne relevait pas du débat politique ni d’un débat d’intérêt général. Il s’agissait en réalité d’une attaque personnelle gratuite à l’encontre de la journaliste, définie par son orientation sexuelle, et non de l’expression d’une opinion sur des questions d’intérêt public (consid. 4.2). A supposer que l’art. 10 CEDH puisse trouver application et ne soit pas exclu par l’art. 17 CEDH (interdiction de l’abus de droit), les propos incriminés ne bénéficient que d’une protection réduite. En outre, en l’espèce, la restriction à la liberté d’expression est fondée sur une base légale, poursuit un but légitime et est proportionnée, de sorte que le grief d’Alain Soral est rejeté (consid. 4.2).

4. Condamnation du responsable rédactionnel d’un site internet pour défaut d’opposition à la publication d’un article diffamatoire (art. 322bis CPP)

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ATF 150 IV 433 : Dans cet arrêt publié aux ATF, le Tribunal fédéral a confirmé la condamnation du responsable d’un site internet pour défaut d’opposition à une publication constituant une infraction (art. 322bis cum 28 al. 2 CP).

24

Cette affaire concernait la publication, sur un site internet dont A était le responsable rédactionnel, d’un article intitulé « Le TF condamne B. pour avoir soustrait au fisc CHF 267’609.- », alors même que l’arrêt du Tribunal fédéral en question ne portait pas sur une question de soustraction fiscale, ni sur une condamnation à ce titre.

25

Analysant les conditions préalables à l’application de l’art. 322bis CP, le Tribunal fédéral a tout d’abord retenu que les propos litigieux étaient diffamatoires, de sorte que l’on se trouvait en présence d’une infraction primaire (consid. 6.2), laquelle était consommée (consid. 6.5). Ces propos avaient été publiés sur le site internet dont A assurait la responsabilité rédactionnelle (consid. 6.3). Le site en question devait être considéré comme un média, dans la mesure où il s’apparentait à un journal en ligne (consid. 6.4).

26

Par ailleurs, pour que l’art. 322bis CP soit applicable, A ne devait pas pouvoir être qualifié d’auteur initial au sens de l’art. 28 CP. Tel était bien le cas en l’espèce, puisqu’il n’avait pas conçu ni donné sa forme au contenu litigieux, pas plus qu’il n’avait chargé un tiers de l’établir dans le but de le publier en son nom propre ou qu’il ne s’était fait passer pour son auteur tout en assumant la responsabilité (consid. 6.2.2).

27

Il fallait en outre que l’auteur au sens de l’art. 28 al. 1 CP ne puisse être découvert ou ne puisse être traduit en Suisse devant un Tribunal, ce qui était le cas en l’espèce (consid. 6.7 à 6.7.3).

28

Après avoir constaté que les conditions préalables à l’application de l’art. 322bis CP étaient remplies, le Tribunal fédéral a analysé l’applicabilité de cette disposition dans le cas d’espèce. En l’occurrence, A devait être considéré comme le rédacteur responsable et comme la personne responsable de la publication au sens de l’art. 322bis CP, dans la mesure où il assumait tous les processus liés au site internet litigieux, sous réserve de l’aide épisodique d’un modérateur (consid. 6.8).

29

En outre, A avait publié l’article après l’avoir lu ; il aurait donc dû s’y opposer, disposant du pouvoir nécessaire pour le faire. En ne s’opposant pas à sa publication, il a adopté le comportement typique visé par l’art. 322bis CP (consid. 6.9). Le retrait de l’article six jours plus tard n’y change rien puisque selon le Tribunal fédéral, l’infraction est consommée dès la prise de connaissance de l’article litigieux par des lecteurs et/ou abonnés du site internet (consid. 6.9).

30

Le Tribunal fédéral retient en outre que A a agi intentionnellement (consid. 6.10 à 6.10.3), et rappelle que la personne responsable au sens de l’art. 322bis CP – si l’infraction primaire est une diffamation -, pourrait théoriquement faire la preuve de la vérité au même titre que l’auteur initial, sur la base de l’art. 173 ch. 2 CP. En l’occurrence, l’Instance précédente avait considéré que A ne pouvait être admis à faire une telle preuve, puisqu’il avait agi dans le but de dire du mal d’autrui. A n’ayant pas contesté cette conclusion, le Tribunal fédéral a confirmé le jugement cantonal à cet égard également (consid. 6.11).

31

Enfin, si l’infraction primaire est poursuivie uniquement sur plainte, l’art. 322bis CP ne peut s’appliquer que si une plainte pénale a été déposée contre l’auteur initial s’il est connu, ou contre inconnu s’il ne l’est pas. Cette condition était également remplie en l’espèce, ce qui a conduit le Tribunal fédéral à confirmer le jugement cantonal (consid. 6.12 et 6.13).

5. Le terme « africains » désigne bien une ethnie au sens de la disposition pénale réprimant la discrimination et l’incitation à la haine, mais également une race

32

TF 6B_1477/2022 du 24 avril 2024 : Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral confirme la condamnation pénale d’un politicien pour discrimination et incitation à la haine (art. 261bis al. 4 CP).

33

Dans le contexte du débat sur la votation populaire concernant le mariage pour toutes et tous, A avait publié un premier message sur son compte Facebook : « Si nous permettons que dans un avenir proche, des réfugiés africains (en majorité des hommes) puissent adopter des petites filles en vue de “figgifiggi”, alors bonne nuit avec notre culture » (traduction libre). Cette publication avait été supprimée le lendemain et A s’en était expliqué ainsi : « Je l’ai supprimé parce que j’ai atteint mon objectif, à savoir détourner l’attention du thème de la division. Cependant, la réalité est que de toute jeunes filles sont souvent harcelées sexuellement par des hommes d’origine africaine. » (traduction libre). A avait, le même jour, encore publié le message suivant : « La loi est une étape vers d’autres exigences en matière d’adoption d’enfants issus de couples contre-nature » (traduction libre).

34

En premier lieu, le Tribunal fédéral a été saisi de la question de savoir si le terme « africain » correspond à une ethnie au sens de l’art. 261bis CP, question qui n’avait encore jamais été tranchée.

35

Tant l’expression « hommes d’origine africaine » que « réfugiés africains » désignent des personnes de sexe masculin originaire d’Afrique. En utilisant ces termes, A faisait référence à tout un continent et aux groupes ethniques le composant. Il importe peu que le destinataire moyen non averti puisse faire la distinction entre ces différentes ethnies ou les identifier précisément. Le sens premier des propos litigieux, pour un destinataire moyen, réside dans la désignation de l’ensemble de ces groupes ethniques regroupés sous le terme générique « africains » (consid. 3.4.1).

36

En outre, le Tribunal fédéral retient que le terme « africain » fait notamment référence à une couleur de peau. Or la couleur de peau est notamment l’une des caractéristiques de la notion de race (consid. 3.4.2)

37

En définitive, A a bien désigné une ethnie et une race au sens de l’art. 261bis CP avec les termes « hommes d’origine africaine » et « réfugiés africains ». Il ne saurait valablement prétendre avoir désigné l’ensemble des réfugiés (catégorie qui ne relève pas du champ d’application de l’art. 261bis CP), puisque le sens déterminant des propos du recourant résulte de l’utilisation des termes « africains » et « d’origine africaine » (consid. 3.4 à 3.4.3).

38

S’agissant de la troisième publication du recourant, celle-ci tendaient à présenter l’homosexualité comme contre-nature. Cette déclaration homophobe tombe sous le coup de l’art. 261bis CP. Le recourant y qualifiait les personnes homosexuelles de citoyens de seconde zone, les rabaissant ainsi d’une manière contraire à la dignité humaine. L’élément subjectif était également rempli (consid. 4.3 et 4.4).

39

Enfin, la condamnation du recourant était compatible avec la liberté d’expression. Le Tribunal fédéral a en effet considéré que A n’avait pas apporté une contribution objective à un débat politique et les propos excédaient ce qui est admissible dans un tel contexte (consid. 4.5 et 4.6).

6. Le huis clos imposé aux journalistes lors d’une audience d’appel obéit à des conditions restrictives

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TF 7B_61/2022 du 25 juin 2024 : Dans cet arrêt, le Tribunal fédéral a admis le recours d’un journaliste accrédité s’étant vu refuser l’admission à une audience d’appel dans une affaire portant d’actes d’ordre sexuels sur des enfants, de contrainte sexuelle et de pornographie, pour des motifs de protection des victimes.

41

Le Tribunal fédéral rappelle tout d’abord les principes qui s’appliquent en matière de publicité des débats, mais également de protection des victimes, notamment mineures. D’une manière générale, l’exclusion du public et des chroniqueurs judiciaires doit demeurer proportionnée et suppose une pesée des intérêts en présence. Notre Haute cour rappelle également qu’une interdiction d’accès aux débats ne peut être admise que lorsque des restrictions moins incisives se révèlent inadaptées au but poursuivi. Une telle restriction doit en outre elle doit se limiter aux phases de la procédure durant lesquels sont abordés des aspects particulièrement sensibles, que les personnes concernées ne peuvent raisonnablement être contraintes à voir débattus en public (consid. 2 à 2.3).

42

Le Tribunal fédéral note qu’en l’espèce, il est incontestable que les parties plaignantes, qui sont les victimes directes des abus sexuels, issues de l’entourage familial de l’auteur, nécessitent une protection particulière. La publication de détails intimes ou familiaux les concernant pourrait porter atteinte à leur intégrité psychique, voire les retraumatiser. Par ailleurs, étant donné que le prévenu avait déjà fait l’objet d’une condamnation antérieure rendue publique, la crainte que les plaignantes puissent être identifiées était légitime (consid. 3.3).

43

Ces circonstances ne justifient toutefois pas que les journalistes aient été exclus totalement de l’audience d’appel. En outre, le huis clos ne permet pas d’éviter à lui seul d’éviter un risque de retraumatisation consécutif à une couverture médiatique. En outre, l’art. 70 al 4 CPP prévoit que lorsque le huis clos a été ordonné, le tribunal notifie le jugement en audience publique ou, au besoin, informe le public de l’issue de la procédure sous une autre forme appropriée. Ce mécanisme implique également une diffusion d’informations qui pourrait amener une retraumatisation. En l’occurrence, l’affaire avait d’ores et déjà été rendue publique à la suite d’un communiqué du tribunal de première instance.

44

Dans le cas d’espèce, l’audition des victimes n’était pas prévue lors de l’audience d’appel et celles-ci avaient été dispensées de comparution personnelle. Dans ces conditions, la protection des parties plaignantes ne saurait primer sur l’intérêt du journaliste à informer le public et à assurer un contrôle de l’activité judiciaire. Cela est d’autant plus vrai que la procédure de première instance s’était déjà déroulée à huis clos.

45

En conséquence, la décision de la Présidente de la Cour d’appel était disproportionnée et violait tant principe de la publicité de la justice que la liberté des médias et la liberté d’opinion et d’information. Au demeurant, la compétence pour prononcer le huis clos appartenait au tribunal et non à la direction de la procédure (consid. 3.3). Notre Haute cour arrive à la même conclusion s’agissant de l’exclusion des médias lors la lecture du jugement (consid. 4 à 4.2).

46

Avant que le Tribunal fédéral ne rende son arrêt, la Cour cantonale avait communiqué le résultat de la procédure d’appel, se limitant à une restitution sommaire des faits et à l’annonce du verdict de culpabilité. Cela étant, ces informations concises restaient en deçà des discussions auxquelles on peut s’attendre lors d’une audience d’appel et lors du prononcé oral du jugement.

47

En conséquence, le Tribunal fédéral a ordonné que le jugement motivé dans son intégralité soit remis sous forme anonymisée aux journalistes qui en feront la demande (consid. 5).

7. La pratique du DFF selon laquelle les prononcés pénaux sont consultables en version non anonymisée moyennant une requête formulée dans les 30 jours suivant leur entrée en force est admissible, sous réserve du dies a quo qui doit courir dès la notification du prononcé

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TAF A-1628/2023 du 2 juillet 2024 : Un prononcé pénal a été rendu contre l’employé d’une banque pour violation intentionnelle de communiquer des soupçons fondés en matière de blanchiment d’argent. Une amende de CHF 100’000.- lui a été infligée.

49

Deux journalistes ont pris contact avec le Département fédéral des finances (ci-après : DFF) pour demander l’accès à la décision pénale, en tant que document sujet à consultation. Plusieurs échanges ont eu lieu entre les journalistes, le DFF, les mandataires de la personne condamnée et ceux de la banque, portant sur les modalités de consultation du prononcé pénal. Finalement, le DFF a décidé qu’après l’expiration du délai de recours, les journalistes seraient autorisés à consulter la version non anonymisée de la décision dans ses locaux, puis à en recevoir une copie également non anonymisée. La personne condamnée a formé un recours contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral.

50

Le Tribunal administratif fédéral commence par rappeler les principes applicables en l’espèce (consid. 4 à 10).

51

Le Tribunal administratif fédéral retient que les autorités qui appliquent le droit pénal administratif doivent s’assurer de la publication de leurs décisions, comme les autorités pénales ou civiles (consid. 10). En matière de publicité, la DPA est muette. Le Tribunal administratif fédéral estime qu’il s’agit d’une véritable lacune – et non d’un silence qualifié -, qui doit être comblée (consid. 11). A noter que l’avant-projet de révision de la DPA prévoit une disposition sur la consultation des décisions de l’administration appliquant le DPA (art. 69 AP-DPA) (consid. 7.7). Cela étant, et à tout le moins jusqu’à une éventuelle révision de la DPA, il se justifie d’appliquer les art. 69 et 70 CPP par analogie en droit pénal administratif, ce d’autant plus que la disposition relative à la publicité des décisions prévue par l’avant-projet s’en inspire explicitement (consid. 11). En définitive, la décision du DFF reposait sur une base légale suffisante.

52

S’agissant des modalités de la consultation du prononcé pénal – à savoir la consultation en version non anonymisée sous réserve d’une requête formulée dans les 30 jours dès son entrée en force -, le Tribunal administratif fédéral considère qu’elles sont problématiques.

53

En effet, le Tribunal administratif fédéral relève en premier lieu cette pratique du DFF s’inspire des recommandations de la Conférence des procureurs de Suisse en matière de dépôt public des ordonnances pénales, alors même que le prononcé pénal au sens du DFF est assimilé à un jugement de première instance selon la jurisprudence du Tribunal fédéral (consid. 12.2.2).

54

L’avant-projet de révision de la DPA prévoit que les prononcés pénaux et de confiscation seront consultables pendant six mois dès leur notification. Le rapport explicatif expose à cet égard que le principe de publicité de la justice implique que le droit de consulter les décisions des tribunaux doit pouvoir s’exercer immédiatement, sans attendre l’entrée en force, comme c’est le cas lorsque ces décisions sont prononcées en audience publique. Ces exigences doivent également valoir pour les décisions qui interrompent la prescription en matière de DPA, telles que le prononcé pénal ou le prononcé de confiscation (consid. 12.2.2). En outre, selon la doctrine, en application de l’art. 69 al. 2 CPP, une personne intéressée par un jugement prononcé sans audience publique (par suite d’une renonciation des parties) dispose d’un droit à la consultation dès son prononcé (consid. 12.2.2).

55

En conséquence, le Tribunal administratif fédéral considère que la pratique du DFF n’est pas conforme à ces principes et qu’il convient de retenir que le délai pour consulter les prononcés pénaux non anonymisés court courir dès leur notification, et non dès l’entrée en force (consid. 12.2.2).

56

En ce qui concerne la durée du délai de consultation, fixée à 30 jours, elle n’est en revanche pas critiquable selon le Tribunal (consid. 12.2.3).

57

Le Tribunal administratif fédéral relève en outre qu’il serait opportun que le DFF publie sa pratique à cet égard, cas échéant sur son site internet, pour des motifs de sécurité du droit (consid. 12.2.4).

58

Le Tribunal administratif fédéral procède ensuite au calcul du délai de 30 jours, qui a donc commencé à courir le lendemain de la notification du prononcé. Dans le cas d’espèce et vu le dies a quo, les demandes des journalistes sont considérées comme tardives et le recours est admis sur ce point (consid. 13.2.2).

59

Le Tribunal administratif fédéral rappelle qu’en dehors du délai de consultation public, les jugements sont consultables, au siège de l’autorité ou, le cas échéant, en ligne, en principe sous une forme anonymisée. Cela étant, le Tribunal administratif fédéral juge qu’il ne lui appartient pas d’examiner l’étendue et les modalités de la consultation d’un jugement dont les requêtes ont été déposées hors de ce délai et renvoie le dossier à l’Autorité inférieure pour qu’elle statue sur ce point, en tenant compte du fait que les requêtes n’ont pas été déposées dans le délai (consid. 15).

8. Les agents de sécurité d’un Président étrangers se sont rendus coupable de contrainte, dommages à la propriété et appropriation illégitime à l’égard d’un journaliste

60

Cour de Justice (Cour pénale), Chambre d’appel et de révision de la République et canton de Genève, arrêt AARP/41/2024 du 17 janvier 2024 (P/13748/2019) : La Chambre d’appel et de révision de la République et canton de Genève a été amenée à se prononcer sur le cas de plusieurs agents de sécurités ayant tous été reconnus coupables en première instance de l’une ou plusieurs des infractions suivantes : contrainte, dommages à la propriété, et appropriation illégitime. Ils sollicitaient leur acquittement total.

61

En substance, il leur était reproché d’avoir, à Genève, exercé des violences physiques à l’encontre d’un journaliste afin de l’empêcher de filmer, alors qu’ils dispersaient des personnes manifestant contre la présence d’un chef d’État. Ils lui auraient notamment saisi, contre sa volonté, son téléphone, son portefeuille et son sac à dos, tout en lui bloquant les bras, ce qui lui a causé des lésions. Il leur était également reproché d’avoir, dans ce contexte, détruit ses lunettes de soleil et endommagé son sac à dos.

62

En l’espèce, le Tribunal cantonal genevois a retenu que les prévenus avaient agi en qualité de coauteurs, en recourant à des violences – soit un moyen illicite – dans le but d’empêcher le journaliste de filmer. Le but poursuivi par les auteurs devait également être qualifié d’illicite au regard de la liberté de la presse. Cela était d’autant plus vrai que les faits s’étaient déroulés dans l’espace public et que la partie plaignante avait annoncé sa qualité de journaliste. Par ailleurs, aucune vérification n’avait été entreprise par les prévenus avant de ceinturer l’individu. Ils auraient pu faire solliciter les policiers présents sur les lieux, de sorte que leur action était disproportionnée. Le Tribunal a ainsi reconnu les prévenus coupables de contrainte, à l’exception de l’un d’entre eux, qui avait tenté de calmer les tensions et, selon les images de vidéosurveillance, avait essayé de mettre de la distance entre ses collègues et le plaignant (consid. 2.9.1). Pour ce dernier, l’acquittement du chef d’accusation de contrainte avait été confirmé (consid. 2.9.1).

63

Il était ensuite reproché aux prévenus d’avoir fouillé les poches du journaliste, ramassé et emporté les objets qui lui appartenaient, mais également d’avoir soustrait le téléphone avec lequel il filmait pour effacer les images. L’intervention de la police avait permis la restitution des objets. Le Tribunal a dès lors retenu qu’ils s’étaient rendus coupable d’appropriation illégitime (consid. 2.9.2).

64

L’un des prévenus avait en outre été déclaré coupable de dommages à la propriété pour avoir cassé les lunettes de soleil du journaliste. Toutefois, étant donné qu’il était probable que celles-ci valaient moins de CHF 300.–, il devait bénéficier de la circonstance atténuante prévue à l’art. 172ter CP. Cette contravention se prescrit par trois ans et devait donc faire l’objet d’un classement (consid. 2.9.3).

65

Les prévenus invoquaient la légitime défense et l’état de nécessité. Cela étant, à supposer que le fait de filmer ait constitué une attaque, encore aurait-il fallu qu’elle soit illicite. Tel n’est pas le cas, puisqu’il ressort clairement du dossier que la partie plaignante avait annoncé à plusieurs reprises sa qualité de journaliste, ce que les prévenus ne pouvaient ignorer. Il était donc légitimé à filmer les agents étrangers qui chargeaient un groupe de manifestants. Son acte n’était pas illicite, de sorte que la légitime défense était exclue (consid. 2.9.4.1).

66

S’agissant de l’état de nécessité, aucun danger imminent ne pouvait être retenu. Le groupe de manifestants s’était comporté de façon pacifiste, allant jusqu’à changer de trottoir lorsque cela leur a été demandé. Par ailleurs, deux policiers étaient sur les lieux, prêts à intervenir. Au demeurant, les prévenus ne pouvaient se prévaloir d’un objectif de protection de leur président, lequel n’était pas présent sur les lieux (consid. 2.9.4.2).

9. La forte médiatisation d’une affaire ne justifie pas, lorsque le prévenu n’est pas identifiable dans les médias, l’allocation d’une indemnité pour tort moral

67

Cour de Justice (Cour pénale), Chambre pénale de recours de la République et canton de Genève, arrêt ACPR/248/2024 du 15 avril 2024 (P/4438/2023) : La Chambre pénale de recours de la Cour de justice de la République et canton de Genève a rejeté le recours formé par un homme qui sollicitait une indemnité pour tort moral de CHF 25’000.- en raison des circonstances de son incarcération et du retentissement médiatique de son affaire.

68

A avait été interpellé par la police en février 2023, à la suite d’un signalement des autorités françaises indiquant qu’une « story » publiée par ce dernier sur Snapchat s’apparentait à un projet d’attentat au nom de l’Islam. Il avait été arrêté alors qu’il vendait des churros et des crêpes dans une roulotte, devant une salle de concert. Il avait été libéré dès le lendemain, à l’issue de son audition par le Ministère public.

69

D’une manière générale, cette affaire avait été relayée par les médias romands pendant les deux ou trois jours suivant les faits, mais l’identité de la personne arrêtée n’avait pas été révélée. Par ailleurs, des images de l’arrestation de A filmées par un particulier avaient été diffusées dans un article de journal, mais A n’y était pas identifiable. Les médias avaient relayé les communiqués de presse des autorités françaises et suisses, précisant le lendemain de l’arrestation que l’affaire se dégonflait.

70

Une ordonnance de classement avait été rendue, aux termes de laquelle le Ministère public refusait à A toute indemnisation pour tort moral.

71

A sollicitait une indemnité pour tort moral notamment en raison du retentissement médiatique et sur les réseaux sociaux de l’affaire, ainsi que des circonstances de son arrestation. L’autorité d’appel a tout d’abord retenu que les circonstances de l’interpellation, de même que les perquisitions opérées par la police, étaient justifiées par les éléments à disposition au moment des faits, et ne pouvaient dès lors fonder un droit à indemnisation pour tort moral.

72

Le Tribunal a également considéré que l’écho de l’affaire dans les médias et sur les réseaux sociaux ne justifiait pas non plus une telle indemnisation. En effet, A n’était pas reconnaissable au travers des articles de presse et les communiqués du pouvoir judiciaire ont eu pour effet de dégonfler l’affaire. Par ailleurs, il avait par la suite pris l’initiative d’intervenir dans les médias pour se réhabiliter et l’Etat ne saurait être tenu responsable du dégât d’image qui aurait pu en résulter (consid. 4.2).


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