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Newsletter 07/26

Analyse des oberinstanzlichen Zuger Spiess-Hegglin-Urteils und die Jahresübersicht zum Medienzivilrecht

Liebe Leserin, lieber Leser

Noch vor der Sommerpause erging das vermutlich nicht letzte Urteil im epischen Streit zwischen Jolanda Spiess-Hegglin und der Ringier AG rund um die Ereignisse an der Zuger Landammannfeier 2014. Das Obergericht des Kantons Zug reduzierte in seinem Urteil vom 19. Juni 2026 die erstinstanzlich zugesprochene Gewinnherausgabe von rund 310’000 CHF auf 140’000 CHF, also auf weniger als die Hälfte. Der Fall liegt unterdessen in Lausanne. Man darf gespannt sein!

In seinem Beitrag «Gewinnschätzung: Gewichtungsmodell mit geringer präjudizieller Bedeutung» analysiert Rechtsanwalt Christoph Born den Entscheid für «Medialex». Wie zuvor das Kantonsgericht bejahte auch das Obergericht den Anspruch auf Gewinnherausgabe sowie die Beweiserleichterungen bezüglich Kausalität und Gewinnermittlung entsprechend den Vorgaben des Bundesgerichts in den Entscheiden Schnyder, Hirschmann I und Hirschmann II. Das von der Klägerin vorgebrachte Gewichtungsmodell schützte es zwar, hielt aber auch fest, dass eine andere Gewichtung der Artikel durchaus denkbar wäre. Den herauszugebenden Gewinn reduzierte es aus prozessrechtlichen Gründen.

Im zweiten Beitrag mit dem Titel «Vaine croisade d’un prévenu contre des comptes rendus de procès» bieten Louis Wéry und Jonas Dupraz die Jahresübersicht Juli 2025 bis Juni 2026 zum Medienzivilrecht. Der behandelte Zeitraum hat eine reiche Rechtsprechung zum Persönlichkeitsschutz gegenüber den Medien und im digitalen Raum hervorgebracht. So hat z.B. das Bundesgericht entschieden, dass sich die Eigenschaft als relative Person der Zeitgeschichte aus der Aussergewöhnlichkeit des berichteten Ereignisses und nicht aus der vorbestehenden Bekanntheit der betroffenen Person ergebe. Es hat ferner die Anforderungen an eine auf den Gesamteindruck gestützte Rüge präzisiert und daran erinnert, dass eine Persönlichkeitsverletzung ein Eindringen von einer gewissen Intensität voraussetzt. Die kantonalen Gerichte haben sich unter anderem zu vorsorglichen Massnahmen gegen Medien geäussert, zur Wiederholungsgefahr nach Veröffentlichungen in sozialen Netzwerken, zur Passivlegitimation innerhalb eines Medienkonzerns sowie seit langem wieder einmal zu den Voraussetzungen für den Anspruch auf Gegendarstellung.

Unter «Aktuelle Entscheide» finden Sie die Liste mit neu publizierten medienrechtlich relevanten Urteilen der Bundesgerichte, UBI-Entscheiden und Stellungnahmen des Presserats. «Neue Literatur» bietet Ihnen einen Überblick über neu erschienene wissenschaftliche Publikationen zum Medienrecht.

Der nächste Newsletter erscheint in der ersten Oktoberwoche.

Gute Lektüre wünscht Ihnen

Simon Canonica
Redaktor «Medialex»

P.S.: Vergessen Sie nicht, den Termin für den traditionellen «medialex»-Apéro zu reservieren. Dieser findet am Donnerstag, 29. Oktober, ab 17.00 Uhr in Zürich statt. Der genaue Ort wird noch bekanntgegeben.




Vaine croisade d’un prévenu contre des comptes rendus de procès

Aperçu de la jurisprudence fédérale et cantonale rendue entre juillet 2025 et juin 2026 en matière de protection de la personnalité à l’égard des médias et dans l’espace numérique

Louis Wéry[1], MLaw, Fribourg
Jonas Dupraz
[2], MLaw, Fribourg

Zusammenfassung: Die zweite Hälfte des Jahres 2025 und die erste Hälfte des Jahres 2026 haben eine reiche Rechtsprechung zum Persönlichkeitsschutz gegenüber den Medien und im digitalen Raum hervorgebracht. Das Bundesgericht hat entschieden, dass sich die Zulässigkeit einer Gerichtsberichterstattung nach dem Zeitpunkt ihrer Veröffentlichung beurteilt, dass das dauerhafte Belassen des Artikels im Internet diesen massgebenden Zeitpunkt nicht verschiebt und dass sich die Eigenschaft als relative Person der Zeitgeschichte aus der Aussergewöhnlichkeit des berichteten Ereignisses und nicht aus der vorbestehenden Bekanntheit der betroffenen Person ergibt. Es hat die Anforderungen an die auf den Gesamteindruck gestützte Rüge präzisiert und daran erinnert, dass eine Persönlichkeitsverletzung ein Eindringen von einer gewissen Intensität voraussetzt. Die kantonalen Gerichte haben sich zu vorsorglichen Massnahmen gegen Medien wie gegen private Urheber geäussert, zur Wiederholungsgefahr nach Veröffentlichungen in sozialen Netzwerken, zur namentlichen Berichterstattung über Strafprozesse, zur Passivlegitimation innerhalb eines Medienkonzerns sowie zur Gegendarstellung.

Résumé : La seconde moitié de l’année 2025 et la première moitié de l’année 2026 ont donné lieu à une jurisprudence abondante en matière de protection de la personnalité à l’égard des médias et dans l’espace numérique. Le Tribunal fédéral a jugé que la licéité d’un compte rendu judiciaire s’apprécie au jour de sa publication, que le maintien durable de l’article en ligne ne déplace pas ce moment déterminant et que la qualité de personne relative de l’histoire contemporaine se déduit du caractère extraordinaire de l’événement rapporté plutôt que de la notoriété préalable de l’intéressé. Il a précisé les exigences auxquelles est soumis le grief tiré de l’impression générale d’ensemble et rappelé qu’une atteinte suppose une immixtion d’une certaine intensité. Les juridictions cantonales se sont prononcées sur les mesures provisionnelles dirigées contre des médias comme contre des auteurs privés, sur le risque de réitération consécutif à des publications sur les réseaux sociaux, sur la relation nominative de procès pénaux, sur la légitimation passive au sein d’un groupe de presse ainsi que sur le droit de réponse.

 

I. Introduction

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La présente contribution est consacrée à six arrêts du Tribunal fédéral et à onze décisions cantonales rendus en matière de protection de la personnalité[3]. Trois de ces arrêts fédéraux, qui opposent le même demandeur à trois entreprises de médias différentes, font l’objet d’un état de fait et d’un commentaire communs (infra II./A., N 2 ss). Les trois autres arrêts fédéraux sont résumés et commentés séparément (infra II./B. et II./C., N 17 ss). Les décisions cantonales sont regroupées dans cinq catégories (infra III./A.-E., N 56 ss).

 

II. Arrêts fédéraux

A. La campagne d’un prévenu contre la mention de son nom et le moment de l’appréciation de l’atteinte

1. La couverture judiciaire d’un grand procès économique et le temps de l’appréciation (TF 5A_405/2025 du 13 mars 2026, TF 5A_452/2025 et TF 5A_193/2026 du 30 mars 2026)[4]

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A., soit l’entrepreneur genevois Stéphane Barbier-Müller, est l’un des prévenus dans la procédure pénale conduite devant le Tribunal de district de Zurich contre B., Pierin Vinzenz, ancien directeur général de la banque Raiffeisen, et consorts. Dans son acte d’accusation, le Ministère public zurichois a requis contre lui une peine privative de liberté de deux ans avec sursis pour escroquerie et gestion déloyale. Par jugement du 11 avril 2022, le Tribunal de district l’a partiellement reconnu coupable et l’a condamné à une peine pécuniaire avec sursis. Ce jugement n’était pas encore entré en force et le procès Raiffeisen, tenu par les juridictions civiles cantonales pour le procès pénal économique le plus suivi en Suisse depuis l’effondrement de Swissair, demeurait pendant lorsque le Tribunal fédéral a statué sur la cause civile. 

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Trois articles sont à l’origine de trois procédures civiles distinctes que nous résumons ici ensemble. Le 23 janvier 2022, un premier média, soit Ringier SA, a publié, dans son édition dominicale et sur son portail en ligne, un article présentant à la veille de l’ouverture des débats les prévenus, les reproches, les points litigieux, les défenseurs et le juge, ainsi qu’un second article consacré à l’« incroyable double vie » du prévenu principal, reconstituée à partir des procès-verbaux du dossier pénal (TF 5A_405/2025). Le même jour, une deuxième entreprise de médias, éditrice de la Neue Zürcher Zeitung, a publié dans l’édition dominicale de celle-ci un article sur le « chaos » précédant l’ouverture du procès, mentionnant A. par son nom, sa qualité d’entrepreneur immobilier et de collectionneur d’art, et indiquant qu’il était accusé, dans les deux transactions, de complicité d’escroquerie et de gestion déloyale (TF 5A_193/2026). Cet arrêt rejette le recours dirigé contre la décision zurichoise résumée ci-dessous (infra III./D./12., N 120 ss). Le 20 décembre 2022 enfin, une troisième entreprise de médias a publié dans cinq quotidiens régionaux alémaniques et sur dix-sept portails en ligne un article annonçant la prochaine étape du procès (TF 5A_452/2025).

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Dans les trois cas, A. a conclu à la constatation du caractère illicite de l’atteinte et à ce que l’éditrice soit condamnée, sous la menace de la peine de l’art. 292 CP, à supprimer dans les articles et sur tous les canaux de diffusion son nom et les autres indications le concernant. Dans deux des procédures, il a en outre réclamé une indemnité pour tort moral de 5’000 fr. Débouté en première instance puis en appel dans les trois causes, il a saisi le Tribunal fédéral, qui a rejeté les trois recours.

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Le cœur des trois arrêts, développé dans l’arrêt 5A_405/2025 (destiné à la publication) et repris tel quel dans les deux autres, porte sur le moment déterminant pour apprécier la licéité d’un compte rendu judiciaire. Le Tribunal fédéral rappelle que, s’agissant de la diffusion d’un soupçon et du compte rendu d’une procédure pénale pendante, seul importe que le soupçon ait existé au moment de sa diffusion publique et que l’appréciation de la vérité ou de l’exactitude d’une information de presse ne saurait intervenir ex post. Il en va ainsi même lorsque les accusations se révèlent ultérieurement fausses et le fait qu’un média s’abstienne de rendre compte d’un acquittement ou d’un classement ne suffit pas, à lui seul, à lui faire encourir le reproche d’une violation de la présomption d’innocence.

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Le Tribunal fédéral juge que ces principes valent « de la même manière » pour les articles en ligne qui demeurent durablement accessibles alors qu’un acquittement, un classement ou un arrêt d’une instance supérieure a rendu la publication initiale caduque. L’appréciation doit porter sur des contenus concrets tels qu’ils ont été publiés à un moment déterminé, comme un « instantané » (« Momentaufnahme »), ce qui suppose toutefois que la date de publication figure dans l’article et soit suffisamment reconnaissable pour le lecteur moyen. En juger autrement reviendrait à exiger des journalistes et des entreprises de médias qu’ils contrôlent en permanence l’actualité de tout compte rendu resté accessible en ligne et l’adaptent, voire le suppriment, au gré des développements. Le seul fait que les contenus anciens soient aujourd’hui consultables sous forme numérique plutôt que dans des archives papier ne justifie pas de revenir sur cette pratique. Notre Haute-Cour ajoute que le compte rendu d’une procédure pénale en cours n’a pas le même objet qu’un article consacré au jugement rendu dans cette procédure. Un compte rendu exact des reproches formulés ne devient donc pas rétroactivement faux du fait que le prévenu est ensuite acquitté, en tout ou en partie.

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S’agissant de la présomption d’innocence, la Cour suprême argovienne avait relevé que le premier article ne mentionnait le recourant ni dans le titre ni dans les intertitres, qu’il précisait d’emblée que l’accusation ne reflète que les reproches du ministère public et que la présomption d’innocence vaut pour tous, et qu’il réservait constamment l’appréciation du juge pénal. Suivant la doctrine, elle avait par ailleurs écarté l’idée qu’un compte rendu identifiant violerait per se la présomption d’innocence, seul importe de savoir si le compte rendu formule un reproche préjugeant d’un comportement punissable. Le Tribunal fédéral n’y trouve rien à redire et relève que le recourant confond cette question avec celle, distincte, de l’exactitude et du degré de différenciation du compte rendu.

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Sur le caractère identifiable du prévenu, les trois arrêts reprennent la même grille d’analyse. Le compte rendu judiciaire en matière pénale se fait normalement sous forme anonymisée, la mention du nom étant le plus souvent superflue. Il en va autrement lorsque la personne concernée relève de l’histoire contemporaine, notion par laquelle la jurisprudence désigne celles dont l’intérêt public à être informé justifie qu’on les nomme sans leur accord. Certaines le sont durablement, par leur position ou leur notoriété. D’autres ne le sont que de manière relative, c’est-à-dire à raison d’un événement extraordinaire déterminé. On ne peut alors parler de ces dernières que ponctuellement, en lien avec cet événement, et le besoin d’information disparaît avec lui. Le Tribunal fédéral précise que ce qui fonde cette qualité n’est pas le rôle éminent de l’intéressé, mais le caractère extraordinaire de l’événement, ici l’importance particulière du procès pénal économique, pour autant que le rôle de la personne dans cet événement revête lui-même un certain poids. Il ajoute qu’un compte rendu identifiant le prévenu ne suppose pas qu’une condamnation définitive soit déjà intervenue et que le principe de l’anonymat ne vaut pas de manière absolue à l’égard des personnes relatives de l’histoire contemporaine.

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Le grief tiré de l’art. 8 CC est également écarté. Savoir si l’intérêt public à l’information exigeait l’identification du recourant, ou si un compte rendu anonymisé aurait suffi, ne relève pas de la preuve d’un fait, mais de la pesée des intérêts de l’art. 28 al. 2 CC, soit d’une question de droit que le juge applique d’office. Enfin, ni l’anonymisation du jugement pénal, ni les injonctions adressées par le juge pénal aux chroniqueurs judiciaires accrédités, ni une ordonnance de mesures superprovisionnelles genevoise ultérieurement révoquée qui retenait que l’intéressé n’était pas une personne publique, ne lient le juge civil, s’agissant de mesures standard dans une affaire de ce type. Les trois recours sont rejetés.

Commentaire

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Le demandeur de ces trois causes est le même que celui des décisions cantonales résumées ci-après (infra III./D./12., N 120 ss et III./D./13., N 130 ss), de sorte que cinq des décisions recensées cette année procèdent des actions ouvertes par un unique entrepreneur genevois contre la relation médiatique du procès Raiffeisen. La série offre ainsi une vue peu commune sur la manière dont un même demandeur éprouve successivement, devant le Tribunal fédéral comme devant les juridictions zurichoises et genevoises, les limites du compte rendu judiciaire nominatif.

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L’apport de ces arrêts, et singulièrement de l’arrêt 5A_405/2025, tient en une phrase, le maintien d’un article en ligne ne déplaçant pas le moment déterminant de l’appréciation, qui reste celui de la première publication. La règle selon laquelle la licéité d’un compte rendu s’apprécie au jour de sa publication, et non ex post, est acquise depuis le milieu des années 1990. Quant à la portée de l’archivage en ligne, le Tribunal fédéral s’était déjà prononcé en matière de protection de la personnalité, en ce sens que la seule accessibilité durable d’un contenu ne suffit pas à retenir un trouble persistant. Les arrêts commentés confirment cette jurisprudence et en tirent la conséquence pour le moment de l’appréciation. Les principes valent de la même manière pour les articles restés accessibles en ligne, à la condition que la date de publication soit indiquée et reconnaissable pour le lecteur moyen.

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La solution mérite d’être saluée dans son principe. L’alternative aurait consisté à imposer aux entreprises de médias une obligation continue de mise à jour de leurs archives. Une telle obligation serait impraticable, puisqu’elle supposerait de suivre l’issue de chaque procédure évoquée depuis des décennies. Elle serait aussi dangereuse, car une archive corrigée en permanence cesse d’être une archive, ne conservant plus la trace de ce qui a été publié à un moment donné, mais seulement l’état des connaissances du jour. Or c’est cette trace qui fait la valeur des archives de presse, pour la recherche historique comme pour le contrôle du travail des médias eux-mêmes. On relèvera au passage que l’arrêt vient nuancer, sans la citer, la formule de la Cour cantonale zurichoise que nous critiquions l’an dernier, selon laquelle « l’Internet n’oublie pas », la persistance d’un contenu en ligne ne suffisant ni à faire naître une atteinte actuelle, ni à modifier l’appréciation de sa licéité.

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Il faut cependant mesurer la portée exacte de la condition posée. La construction de l’« instantané » ne tient que parce que la date de la publication est indiquée et reconnaissable pour le lecteur moyen. Le Tribunal fédéral en fait une condition explicite, et c’est là, à notre sens, le point le plus opérationnel de l’arrêt. L’horodatage visible d’un contenu archivé n’est plus une simple bonne pratique rédactionnelle. Il détermine le moment auquel l’article sera apprécié, et donc l’état des connaissances au regard duquel sa véracité sera mesurée. Un article en ligne qui ne porte pas de date, ou dont la date a disparu lors d’une refonte du site, ne bénéficierait pas de ce raisonnement. Il serait lu, et donc jugé, tel qu’il se présente aujourd’hui.

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Une observation mérite d’être relevée, qui n’émane pas du Tribunal fédéral mais de la Cour cantonale, et que le Tribunal fédéral reprend sans la discuter. Examinant si la reprise d’un fait déjà connu du public constitue une immixtion dans la vie privée, la Cour cantonale répond par la négative, sous réserve du droit à l’oubli, que le recourant n’avait pas invoqué et qu’elle tenait au demeurant pour non pertinent en l’espèce. Cette réserve désigne le terrain que le recourant aurait dû occuper, et son enseignement pratique nous paraît considérable. Celui qui reproche à un média de maintenir en ligne un compte rendu devenu obsolète ne peut plus espérer obtenir gain de cause en contestant la licéité de la publication initiale, ce terrain lui étant désormais fermé. Il doit fonder son action sur le droit à l’oubli, c’est-à-dire sur la disparition, avec le temps, de l’intérêt public qui justifiait la diffusion. Le fondement est distinct et obéit à ses propres conditions.

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Sur le compte rendu permettant d’identifier un prévenu, les arrêts n’innovent pas mais clarifient deux points souvent confondus dans les écritures. D’une part, la qualité de personne relative de l’histoire contemporaine se déduit de l’extraordinarité de l’événement et du rôle qu’y joue l’intéressé, non de sa notoriété préalable. Le prévenu accessoire d’un procès retentissant peut donc être nommé, quand bien même il serait inconnu du public. D’autre part, la question de savoir si l’intérêt public pouvait être satisfait sans nommer la personne est une question de droit, et non un fait dont le média supporterait le fardeau de la preuve au sens de l’art. 8 CC et le demandeur qui se borne à reprocher au média de n’avoir pas « prouvé » la nécessité de le nommer se trompe de registre. (JD)

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L’arrêt 5A_405/2025 a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 04/26, sous le titre « Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

B. Deux entreprises sous le regard de la presse

2. La presse syndicale dénonçant les agissements d’une entreprise (TF 5A_890/2024 du 27 août 2025)

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Le syndicat B., association vouée à la défense des intérêts des travailleurs et éditeur du journal C., a fait paraître le 4 décembre 2020, sous forme imprimée et en ligne, deux articles intitulés « Zwei Reinigerinnen packen aus » et « Eine Firma sieht rot ». Le premier article relayait les propos de deux anciennes employées de la société A., active dans le nettoyage d’immeubles, lesquelles y dénonçaient une planification chaotique, des heures de travail impayées et un traitement irrespectueux du personnel. Le second article portait sur le comportement de la société à l’occasion de la publication du premier article.

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Après avoir obtenu des mesures provisionnelles, A. a saisi le Tribunal de commerce du canton de Zurich d’une action tendant à l’interdiction de réitérer une série de reproches déterminés, à la constatation du caractère illicite de l’atteinte, à la publication du jugement ainsi qu’à l’allocation de dommages-intérêts et d’une réparation morale. Par jugement du 8 novembre 2024, statuant en instance cantonale unique, le Tribunal de commerce a rejeté l’ensemble des conclusions et mis les frais à la charge de la demanderesse. Cette dernière porte la cause devant le Tribunal fédéral.

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Le Tribunal fédéral admet d’abord la recevabilité du recours et reconnaît à la recourante un intérêt digne de protection à l’égard de chacune de ses conclusions.

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Il examine en particulier la conclusion en constatation du caractère illicite (art. 28a al. 1 ch. 3 CC), à laquelle il consacre un développement distinct. Cette conclusion vise l’atteinte que causeraient encore les deux articles du 4 décembre 2020, tandis que la conclusion en interdiction (art. 28a al. 1 ch. 1 CC) tend à empêcher la publication d’articles futurs. Ces conclusions ne portant pas sur le même acte, elles peuvent être formées ensemble. La conclusion en constatation[5] peut par ailleurs également s’ajouter à celles en rectification (art. 28a al. 2 CC), en dommages-intérêts et en réparation morale (art. 28a al. 3 CC) que demande la recourante (considérant 1.2).

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Puis le Tribunal fédéral se penche sur l’objet principal du recours qui se divise en deux questions. La première est celle de savoir s’il convient de retenir l’existence d’une atteinte à la personnalité en raison de l’impression d’ensemble produite par les articles litigieux (considérant 4). La seconde porte sur les déclarations contenues dans les articles prises individuellement (considérant 5).

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Le Tribunal de commerce avait retenu que le premier article « Zwei Reinigerinnen packen aus » était certes rédigé de manière incisive mais non sensationnaliste. En outre les prises de position de la recourante sur les divers reproches formulés par ses anciens employés était exposé dans le second article intitulé « Eine Firma sieht rot ».

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Le Tribunal fédéral relève que dans son mémoire de recours, la recourante se borne à reprocher en termes généraux au Tribunal de commerce de n’avoir pas procédé à une appréciation globale des deux articles. La recourante aurait dû exposer quels éléments de l’impression d’ensemble laissée par les articles étaient susceptibles de constituer une atteinte illicite à la personnalité autonome et distincte des différents reproches formulés individuellement dans les articles[6] (considérant 4.1 à 4.3).

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Pour ce qui est des déclarations prises isolément, le Tribunal fédéral confirme l’analyse de l’instance cantonale.

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Chacun des reproches formulés dans le premier article qui portaient notamment sur la prolongation du temps d’essai, l’inobservation d’une promesse d’engagement à taux fixe, le traitement irrespectueux du personnel ou encore la planification chaotique des horaires soit n’atteint pas le degré de gravité requis pour constituer une atteinte à la personnalité, ou relève de jugements de valeur, de sorte que la question de leur justification ne se pose pas (considérant 5.2 à 5.5).

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Seul le reproche d’heures de travail impayées franchit le seuil de l’intensité requise, dès lors qu’il impute à la société un comportement illicite et touche son honneur. Pour ce reproche, l’analyse se déplace sur le terrain des motifs justificatifs, l’atteinte n’étant pas illicite parce que la preuve de sa véracité a été rapportée, pour l’essentiel par le témoignage d’une ancienne employée (considérant 5.6).

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La Cour rejette enfin les critiques dirigées contre l’établissement des faits et l’appréciation des preuves, qu’elle tient pour appellatoires. Elle juge en particulier indifférent que la preuve de la vérité n’ait pas été apportée par les personnes anonymisées dans l’article, seuls comptant la teneur des reproches et le fait qu’ils émanaient d’anciennes collaboratrices, la crédibilité d’un témoignage pouvant être appréciée dès lors que l’identité de la personne entendue est connue (considérant 6,7, 8 et 9).

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La répartition des frais cantonaux est également confirmée, l’issue favorable d’un incident procédural demeurant sans incidence sur la succombance au sens de l’art. 106 al. 1 CPC. Le recours est rejeté dans la mesure de sa recevabilité (considérant 10).

Commentaire

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Cette décision s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence du Tribunal fédéral, s’agissant en particulier de la notion d’impression générale, dont les principes sont rappelés au considérant 3.1, et de la qualification juridique appliquée aux faits, aux jugements de valeur et aux jugements de valeur mixtes, exposée au considérant 3.2.

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En outre, la lecture de l’arrêt fait ressortir ce que l’on pourrait qualifier, à première vue, d’incohérence de la part de la recourante. En effet, devant l’instance précédente, les motivations de la recourante étaient concentrées sur les reproches pris individuellement tirés des articles. La Cour cantonale avait considéré qu’aucun d’eux n’était attentatoire sous réserve de celui portant sur les heures de travail impayées, tenu pour licite car sa véracité avait été établie.

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Cette argumentation n’ayant pas porté ses fruits, la recourante s’est ensuite essayée à démontrer devant le Tribunal fédéral une fois de plus que les reproches pris individuellement étaient attentatoires, mais aussi que l’impression générale produite par les articles formait une atteinte à sa personnalité. Le Tribunal fédéral a confirmé l’appréciation de la Cour cantonale sur les reproches pris individuellement, mais ce s’est en substance pas prononcé sur l’impression générale. En effet, faute d’avoir déjà discuté de cette question devant l’instance précédente, la motivation de la recourante sur cet aspect aurait dû exposer quels éléments de l’impression d’ensemble laissée par les articles étaient susceptibles de constituer une atteinte illicite à la personnalité autonome et distincte des différents reproches formulés individuellement. Un reproche général tel qu’elle l’a formulé n’a pas été suffisant.

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A y réfléchir plus longuement, cette incohérence n’en est peut-être pas une. L’impression générale provenait ici du premier comme du second article, tous deux reproduisant le point de vue de la recourante et la donnant ainsi à voir comme critiquable mais en mesure de se défendre. Se concentrer en première instance sur les reproches pris isolément avait dès lors le mérite d’éluder la question de l’impression d’ensemble, laquelle, même approfondie, aurait vraisemblablement conduit à nier toute atteinte à la personnalité au regard de l’effet conjugué des deux articles.

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On relèvera enfin qu’à un niveau plus général, l’arrêt rappelle la fonction assignée à la presse. Ce que la recourante reproche au journal est qu’elle a été présentée sous un jour faux, mais aussi défavorable. Il convient de distinguer ces deux reproches avec minutie. Une présentation défavorable mais véridique demeure couverte par la mission d’information de la presse, tandis qu’une présentation fausse est attentatoire à la personnalité sauf rares exceptions[7]. Or, une fois admise la preuve de la vérité du reproche des heures impayées, seul reproche factuel soumis à cette preuve, il ne subsiste de son grief qu’une présentation défavorable que la presse était en droit de livrer pour autant que la forme de la présentation ne soit pas inutilement blessante. Rien n’interdit en effet à celle-ci de dépeindre ainsi une personne et il relève même de sa mission de rendre compte du comportement contraire au droit d’une entreprise, à plus forte raison lorsque ce comportement vise des employés et qu’il est relaté dans la presse syndicale. (LW)

3. La publication d’une information inexacte et l’impression d’ensemble (TF 5A_732/2024 du 15 janvier 2026)[8]

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La SRG SSR, association qui produit des programmes de radio et de télévision et d’autres contenus journalistiques en vertu de la loi fédérale sur la radio et la télévision et de la concession fédérale, exploite l’unité SWI swissinfo.ch, chargée d’un service en ligne plurilingue destiné à l’étranger. La société A. SA fabrique des produits de chocolaterie, de confiserie et de boulangerie et les distribue en Suisse comme dans plusieurs autres pays.

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Le 25 avril 2021, la SRG SSR a publié sur swissinfo.ch un article en anglais, repris en japonais, en russe et en arabe, critiquant divers aspects de la société A. SA.

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S’estimant atteinte dans sa personnalité, A. SA a ouvert action devant les tribunaux du canton de Glaris. Après l’échec de la procédure de conciliation, elle a déposé en première instance une action tendant à ce que la SSR soit condamnée à supprimer les déclarations contestées de l’article litigieux. En outre, l’entreprise a demandé qu’il soit constaté que la SSR avait, par cet article, porté illicitement atteinte à ses droits de la personnalité et que le dispositif du jugement soit publié. Le Tribunal a entièrement fait droit à sa demande.

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En seconde instance, la Cour suprême du canton de Glaris a rejeté l’appel de la SRG SSR. Cette dernière porte la cause devant le Tribunal fédéral.

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En préambule de l’analyse de la Cour cantonale sur les éléments de l’article attentatoires à la personnalité que le Tribunal fédéral reproduit dans sa décision, il est rappelé que la notion de lecteur moyen se rapporte dans cette affaire à une personne intéressée par la Suisse et vivant à l’étranger, tel un Suisse de l’étranger, dès lors que les articles sont destinés à un public vivant en dehors du pays (considérant 3.1.1).

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Cette considération faite, le Tribunal fédéral reproduit la réflexion de l’instance précédente. Celle-ci avait retenu deux passages litigieux qui étaient une affirmation de fait et un jugement de valeur mixte qu’elle a tous deux jugés inexacts et par conséquent attentatoires à la personnalité de A. SA. (considérant 4.1.1 et 4.1.4).

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Elle a en outre ordonné la suppression de deux passages pourtant véridiques et non attentatoires en eux-mêmes, dont le maintien aurait laissé de A. SA une mention que plus rien dans l’article n’expliquait, propre à la montrer sous un faux jour (considérant 5.1).

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Le Tribunal fédéral ne reprend que partiellement cette appréciation. Il confirme le caractère inexact, attentatoire et illicite de la seule affirmation de fait (considérant 4.4.2). Pour le jugement de valeur mixte, il laisse ouverte la question de son illicéité prise isolément et n’en confirme la suppression qu’au titre de l’impression d’ensemble (considérant 5.4.3), comme il le fait pour les deux passages véridiques (considérant 5.4.1 et 5.4.2).

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La SRG SSR se prévalait par ailleurs d’une information officielle du DFAE, qu’elle tenait pour diffusable indépendamment de sa véracité. Le Tribunal fédéral écarte ce moyen, les passages relatifs à A. SA ne comportant, pour le lecteur moyen, aucun renvoi reconnaissable au DFAE, et la jurisprudence invoquée ne visant que les communiqués officiels rapportés sans commentaire et avec indication de la source. Un média ne saurait au demeurant s’exonérer en reproduisant les propos d’un tiers (considérant 4.4.1).

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La liberté des médias et l’intérêt à la libre circulation d’informations véridiques (art. 16 et 17 Cst. et art. 10 CEDH), également invoqués, ne lui sont d’aucun secours, faute de démontrer un intérêt prépondérant à diffuser des informations qui, isolées, seraient inintelligibles et montreraient A. SA sous un faux jour (considérant 5.4.2).

44

Le Tribunal fédéral confirme enfin la publication du dispositif, la constatation cantonale selon laquelle cette mesure n’avait pas été contestée en appel relevant du fait procédural, que la SRG SSR n’établit pas comme arbitraire (considérant 6). (LW)

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L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 02/26, sous le titre « Die Dominanz des „Gesamtzusammenhangs “», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

C. Le seuil de l’atteinte et le propos rapporté

4. L’intensité de l’atteinte et la citation d’un tiers (TF 5A_519/2024 du 4 juillet 2025)[9]

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La recourante est une société anonyme argovienne active comme intermédiaire en assurances, dont le but statutaire englobe les prestations en matière de fiducie, d’informatique, de finances, de marketing, de gestion de fortune et de conseil en assurances. L’intimée a repris par fusion les actifs et passifs de la société qui éditait le magazine mis en cause.

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En décembre 2020, puis en janvier 2021, ce magazine a publié un article intitulé « Mit Fake-Unterschriften zum Kassenwechsel ». L’article reprochait notamment à la recourante de soumettre ses employés à une pression telle que ceux-ci signaient eux-mêmes les documents de la clientèle ou en décalquaient les signatures. Il évoquait également l’exploitation d’un centre d’appels à l’étranger et l’existence d’indices de démarchage à froid, rapportait le propos d’un ancien collaborateur commentant d’un « pure Sklaventreiberei » l’affirmation selon laquelle le propriétaire de l’entreprise et le chef de bureau pressaient les employés de conclure le plus de contrats possible, et mentionnait les liens noués par ce dernier avec une société tierce ainsi que les procédures pénales qui en étaient nées et qui avaient été classées.

48

La recourante a ouvert action devant le Tribunal de commerce du canton de Zurich, concluant à la constatation du caractère illicite de l’atteinte et du dénigrement au sens de la LCD, à la suppression de l’article de toutes les bases de données publiquement accessibles, subsidiairement à l’occultation de plusieurs passages, ainsi qu’à la publication du dispositif. Le Tribunal de commerce a rejeté l’action le 31 mai 2024. La société a porté la cause devant le Tribunal fédéral.

49

Le Tribunal fédéral rappelle d’abord la méthode en deux temps, l’examen de l’existence d’une atteinte précédant celui d’un motif justificatif, le demandeur supportant le fardeau de la preuve de l’atteinte et de sa gravité, l’auteur celui des faits dont se déduit la justification. Tant les affirmations de fait que les jugements de valeur et les commentaires peuvent porter atteinte à la personnalité. Le Tribunal fédéral ajoute que, pour l’activité d’information des médias comme pour toute atteinte, le comportement doit atteindre une certaine intensité, de sorte qu’existe une véritable intrusion. L’appréciation se fait d’après la réception du texte par le lecteur moyen, dont l’impression et la compréhension ne relèvent pas de la constatation des faits mais du droit, ou d’une déduction tirée de l’expérience générale de la vie. L’atteinte peut résulter d’affirmations isolées, du contexte de la présentation ou encore de la combinaison de plusieurs publications. Surtout, le caractère exact, inexact, incomplet ou imprécis de la présentation demeure sans pertinence à ce stade, la véracité ne jouant de rôle qu’au titre de la justification (considérant 4.1.1).

50

Sur ce dernier point, la diffusion de faits véridiques est en principe couverte par la mission d’information de la presse, sous réserve des faits relevant du secret ou de la sphère privée et de la forme inutilement blessante. Le Tribunal fédéral précise que toute incorrection journalistique, toute imprécision, toute généralisation ou tout raccourci ne rend pas le compte rendu inexact dans son ensemble. Une présentation ne devient globalement inexacte et attentatoire que si elle est erronée sur des points essentiels et montre la personne visée sous un faux jour, ou en donne une image sensiblement faussée, au point que son crédit apparaisse notablement diminué par rapport à l’état de fait réel (considérant 4.1.2).

51

Après ce rappel théorique, le Tribunal fédéral examine le sort des différents griefs. À propos du démarchage à froid et du centre d’appels, la recourante soutenait ne s’être jamais livrée à cette pratique. Le Tribunal fédéral juge l’argument hors de propos, puisqu’il met en jeu la véracité du fait, alors que seule importe, au stade de l’atteinte, la perception du lecteur moyen. La recourante ne prétendait au demeurant pas que la collaboration avec le centre d’appels, non contestée, ni la mention d’une pratique alors encore licite, présentée comme démentie par l’entreprise, auraient été de nature la rabaisser de manière sensible dans la considération de ses semblables (considérant 4.3.3).

52

Le passage relatif aux conditions de travail conduit le Tribunal fédéral à corriger l’instance précédente sur un point de principe. Une entreprise de médias ne saurait se soustraire à sa responsabilité en objectant qu’elle a fidèlement rapporté les propos d’un tiers, de sorte que le caractère de citation littérale n’exclut pas à lui seul l’atteinte. L’arrêt cantonal est néanmoins confirmé dans son résultat. La recourante ne parvient pas à renverser l’appréciation selon laquelle les conditions décrites, en particulier la pression exercée pour multiplier les conclusions de contrats, n’ont rien d’inhabituel dans le secteur du courtage en assurances et sont notoires, de sorte que le lecteur moyen ne voit pas dans l’expression litigieuse un abaissement inutile de l’honneur commercial de la recourante. Le Tribunal fédéral relève encore que celle-ci a construit toute son argumentation autour de l’expression « pure Sklaverei », qui ne figure nulle part dans l’article, sans dire un mot de l’expression « pure Sklaventreiberei » effectivement employée, et que le point d’application de cette dernière réside dans le verbe qui désigne ceux qui pressent les travailleurs, et non dans l’état de dépendance lui-même (considérant 4.4.3).

53

La recourante invoquait enfin un droit à l’oubli au sujet des procédures pénales classées visant un cadre de l’entreprise. Le Tribunal fédéral écarte le moyen, la recourante n’exposant pas en quoi ses propres droits de la personnalité lui permettraient de s’opposer à l’évocation d’une histoire concernant des tiers. Il en va de même de la critique adressée au ministère public par le magazine (considérant 4.5.3). Le grief tiré de la LCD subit le même sort, la réalisation du dénigrement qualifié de l’art. 3 al. 1 let. a LCD s’appréciant pour l’essentiel selon les critères applicables à l’atteinte à la personnalité (considérant 5). Le recours est rejeté. (LW)

Commentaire

54

L’intérêt de l’arrêt tient moins à son issue qu’à la rigueur avec laquelle le Tribunal fédéral maintient la séparation entre l’atteinte et sa justification. La recourante a répété devant chaque instance qu’elle ne pratiquait pas le démarchage à froid et que la preuve de la vérité faisait défaut, sans percevoir que ces objections ne portent pas sur l’existence de l’atteinte. Le rappel de l’exigence d’intensité, la présentation devant constituer une véritable intrusion, et celui du seuil au-delà duquel une présentation approximative devient globalement inexacte fixent un standard exigeant pour le demandeur, ce dont les médias tirent avantage. La correction apportée quant à la citation d’un tiers mérite d’être relevée, car elle rappelle que le média répond des propos qu’il rapporte, tout en montrant que cette responsabilité ne se confond pas avec le constat d’une atteinte, laquelle demeure subordonnée à l’effet produit sur le lecteur moyen.

55

L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 09/25, sous le titre « Pure Sklaventreiberei – zulässiges Zitat eines Dritten », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.

 

III. Arrêts cantonaux

A. Les mesures provisionnelles à l’encontre des médias

5. L’enquête journalistique en cours qui ne se laisse pas interdire (Cour de justice de Genève, décision du 23 septembre 2025, ACJC/1279/2025)

56

A., médecin titulaire d’un diplôme FMH de chirurgie générale, s’est vu temporairement suspendre son autorisation de pratiquer à Genève à l’issue d’une procédure disciplinaire qu’il a contestée. Le retrait est mentionné dans le registre fédéral des professions médicales (MedReg), accessible au public sur internet. Au printemps 2025, un journaliste rattaché à la cellule « enquête » d’un groupe de presse romand a contacté plusieurs de ses patients. A l’un d’eux, il a indiqué que le médecin était suspendu. A. a déposé le 25 juin 2025 une requête de mesures superprovisionnelles et provisionnelles tendant à interdire au journaliste, à l’éditrice et à la société mère de prendre contact avec ses patients et de publier tout article le concernant, sur la base des art. 2 et 9 LCD ainsi que 30 al. 2 let. c et 32 al. 2 LPD. A titre liminaire, il convient de rappeler à nos lecteurs que ces deux lois ouvrent des voies parallèles à celle de l’art. 28 CC, la LCD permettant à celui qui subit une atteinte dans sa clientèle ou sa réputation professionnelle du fait d’un comportement contraire à la bonne foi influant sur les rapports de marché d’en demander l’interdiction ou la cessation (art. 2 et 9 LCD), et la LPD qualifiant d’atteinte à la personnalité la communication de données sensibles à des tiers, catégorie dont relèvent les sanctions administratives, tout en permettant d’en requérir l’interdiction (art. 30 al. 2 let. c et 32 al. 2 LPD).

57

Statuant en instance cantonale unique (art. 5 al. 1 let. d et al. 2 CPC), la Cour rappelle que l’art. 266 CPC soumet à des conditions particulièrement strictes le prononcé de mesures provisionnelles contre un média à caractère périodique, afin d’éviter que le juge civil n’exerce indirectement une forme de censure, et que ces conditions doivent être appliquées avec une particulière réserve[10]. Elle précise qu’un intérêt public à l’information a notamment été reconnu s’agissant de la manière dont un médecin-chef d’un établissement hospitalier public exerce sa profession et dont les patients d’un home médicalisé sont pris en charge[11].

58

En l’espèce, le requérant ne rend pas vraisemblable que le journaliste et les sociétés d’édition seraient susceptibles de publier des faits faux, et l’objet vraisemblable de l’article, soit le fait qu’un ou plusieurs médecins privés de leur autorisation continuent d’exercer, présente un intérêt public indéniable. Il est en outre douteux que les informations figurant au registre public MedReg[12] relèvent de la sphère secrète ou privée du requérant (c. 2.2.1). S’il est vraisemblable qu’un article paraîtra à terme, il ne l’est pas qu’il traitera du cas particulier du requérant ni que son nom sera cité. À supposer que son cas soit mentionné anonymement à titre d’exemple, seule une minorité de lecteurs procéderait au recoupement avec le registre public, et parmi ceux-ci les patients potentiels ne représenteraient qu’« une minorité de cette minorité ». Le requérant soutenait être aussi aisément identifiable qu’un confrère évoqué dans deux articles produits par les parties adverses. Il expliquait avoir retrouvé l’identité de ce médecin en interrogeant le registre public à partir des seules indications données par ces articles, soit la profession, la spécialité, le sexe, la nationalité et le canton d’octroi. La Cour lui oppose qu’il n’a pas refait la même recherche avec les données le concernant et n’a donc pas rendu vraisemblable qu’il serait identifiable aussi facilement, le cas invoqué portant du reste sur un autre canton et une autre spécialité médicale (c. 2.2.2).

59

Sous l’angle de la LCD (c. 2.2.3), le requérant n’invoquait aucun comportement spécifique mais la seule clause générale de l’art. 2 LCD, sans expliquer en quoi le comportement du journaliste serait trompeur ou contraire à la bonne foi. Celui-ci mentionnait au contraire sa qualité de journaliste dès la première prise de contact. La Cour retient surtout que le requérant ne peut se prévaloir de l’ignorance de patients auxquels il avait lui-même tu sa suspension, information pourtant essentielle pour leur permettre de décider librement de recourir à ses services, afin de reprocher au journaliste de la leur avoir apprise.

60

Sous l’angle de la LPD enfin (c. 2.2.4), la sanction disciplinaire constitue vraisemblablement une donnée personnelle et le fait d’en informer les patients une communication au sens de l’art. 5 let. e LPD. Toutefois, même à supposer une atteinte au sens de l’art. 30 al. 2 let. c LPD, celle-ci n’est pas nécessairement illicite, la communication litigieuse répondant vraisemblablement à un intérêt public dès lors que le registre MedReg vise précisément à informer les patients. La Cour rappelle au passage que le privilège journalistique de l’art. 31 al. 2 let. d LPD ne couvre que la phase antérieure à la publication, les art. 28 ss CC prenant ensuite le relais. La requête est rejetée.

6. Le refus d’interdire un article avant sa parution et l’exigence de motivation en appel (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 17 octobre 2025, LF250096)

61

Le 10 octobre 2025, A. et la société B. Sàrl, dont il est l’associé gérant, ont requis du juge unique du Tribunal de district de Zurich, statuant en procédure sommaire, qu’il interdise à titre provisionnel et superprovisionnel à la société éditrice C1. SA de publier un article rédigé par l’une de ses journalistes. Le juge unique a rejeté la requête le jour même. Il a retenu, en se référant à la jurisprudence fédérale, qu’un article de presse inexact n’est globalement faux et ne viole les droits de la personnalité que s’il ne correspond pas à la réalité sur des points essentiels et montre la personne concernée sous un angle si erroné ou en présente une image si faussée qu’elle s’en trouve rabaissée de manière sensible dans la considération de ses semblables. Or les requérants s’étaient bornés à opposer leur propre version des faits aux affirmations qu’ils tenaient pour inexactes, sans exposer en quoi celles-ci les rabaisseraient dans la considération du lectorat. L’atteinte n’étant pas rendue vraisemblable, la prétention au fond exigée par l’art. 261 al. 1 let. a CPC faisait déjà défaut.

62

Saisie d’un appel déposé le 17 octobre 2025, la Cour cantonale statue le jour même et constate que les appelants ne discutent pas cette motivation (c. 2.3). Ceux-ci se bornent à alléguer des faits nouveaux, l’article ayant entre-temps paru et la publication d’un article de suite étant annoncée, ainsi qu’à soutenir que la publication révèle des secrets de fonction et d’affaires cantonaux, argument qu’ils reconnaissent eux-mêmes n’avoir pas présenté devant la première instance alors qu’ils auraient pu le faire en usant de la diligence commandée par les circonstances (art. 317 CPC). L’appel est déclaré irrecevable faute de discussion suffisante de la décision attaquée. Les appelants avaient par ailleurs élargi leurs conclusions en seconde instance, en demandant qu’il soit également fait interdiction de publier tout article reposant sur les mêmes documents, en particulier l’article de suite en préparation. La Cour précise sur ce point que si les appelants entendaient former de la sorte une nouvelle requête de mesures provisionnelles visant cet autre article, celle-ci devait être déposée devant la première instance.

7. L’information obtenue illicitement et la protection de la personnalité (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 11 novembre 2025, LF250103)

63

Les mêmes requérants reviennent devant la même chambre trois semaines plus tard, cette fois pour obtenir le retrait de l’article dont ils avaient vainement tenté d’empêcher la parution. Publié en octobre 2025 dans le quotidien de la société éditrice, celui-ci portait sur des irrégularités budgétaires affectant des projets culturels subventionnés. Des honoraires avaient été budgétés pour des intervenants qui ne s’étaient finalement pas produits, plusieurs honoraires avaient été surévalués par rapport aux montants effectivement versés, et divers postes tels que la publicité et la stratégie de podcast étaient très généreusement dotés. L’article mentionnait nommément l’associé gérant et sa société, et rappelait que le premier aurait perçu quelque 1,2 million de francs de fonds publics en dix ans. Par requête du 23 octobre 2025 fondée sur les art. 261 et 266 CPC en relation avec les art. 28 et 28a CC, l’associé gérant et sa société ont demandé le retrait de l’article, le blocage des accès en ligne et aux archives ainsi que la mise en sûreté des documents confidentiels ayant servi de base à la publication, subsidiairement que la cause soit traitée comme une action au fond. Le juge unique a rejeté la requête le 27 octobre 2025 et a déclaré irrecevable la conclusion subsidiaire. Statuant sur appel du 30 octobre 2025, la Cour cantonale écarte d’emblée les conclusions nouvelles prises devant elle, notamment en constatation, en rectification, en droit de réponse et en dommages-intérêts, ainsi que les pièces nouvelles, faute d’explication sur l’impossibilité de les produire en première instance (art. 317 al. 1 CPC).

64

La Cour rappelle les conditions de l’art. 261 al. 1 CPC, la vraisemblance de la prétention et celle du préjudice difficilement réparable appelant respectivement un pronostic sur le fond et un pronostic sur le dommage, et précise que, selon la jurisprudence fédérale récente, il n’y a en principe pas lieu de procéder à une pesée des intérêts à ce stade[13]. Elle rappelle également les exigences accrues et cumulatives de l’art. 266 CPC, dont le but est de protéger les médias de la censure. La Cour confirme en outre que la loi zurichoise sur la procédure administrative et la loi zurichoise sur l’information et la protection des données ne lient que les autorités, respectivement les organes publics, et non une société d’édition privée qui n’est pas chargée d’une tâche publique (c. III.3.2). 

65

Elle pose ensuite la considération la plus notable de la décision, soit que l’obtention illicite d’informations ne relève pas de la protection de la personnalité de l’art. 28 CC, la Cour ne discernant aucune autre base légale qui conférerait aux appelants un droit civil, fût-il provisionnel, à la suppression de l’article en cas de collecte illicite par l’éditrice[14]. Cela ne signifie pas pour autant, précise la Cour, que l’obtention illicite d’informations reste dépourvue de toute conséquence juridique (c. III.3.4). Elle ajoute que ni la dénonciation pénale déposée le 16 octobre 2025 ni l’ouverture d’une instruction, dirigée au demeurant contre une ancienne collaboratrice de l’administration et contre la journaliste, ne permettent de conclure à une violation du droit par l’éditrice, aucun jugement entré en force ne qualifiant d’illicite la collecte des informations (c. III.3.5).

66

Sur l’atteinte elle-même, la Cour rappelle que la protection de l’honneur couvre tant la réputation d’être une personne honorable que la considération professionnelle et sociale, que les personnes morales en bénéficient également, qu’une intensité minimale est requise et que l’appréciation s’opère selon le critère objectif du lecteur moyen[15]. Or les appelants n’ont, ni en première instance ni en appel, indiqué quelles affirmations précises de l’article seraient illicites ni en quoi leur considération s’en trouverait atteinte, alors même que leur propre présentation des faits recoupe largement celle du journal, de sorte que leur devoir de motivation n’est pas satisfait sur ce point (c. III.3.10). Sous l’angle de l’art. 266 let. b CPC, la Cour observe qu’il existe un intérêt légitime de la collectivité à être informée de la répartition de subventions publiques provenant de l’impôt, de sorte que l’absence manifeste de motif justificatif n’est pas établie (c. III.3.11). Elle rappelle enfin que seul celui qui se sent atteint dans sa propre personnalité a qualité pour agir, la personne indirectement touchée n’étant pas légitimée activement, ce dont les appelants ne sauraient tirer argument pour se plaindre de la mention nominative de tiers dans l’article (c. III.3.12). L’appel est rejeté dans la mesure de sa recevabilité.

67

Le Tribunal fédéral n’est pas entré en matière sur le recours en matière civile formé contre cette décision[16]. S’agissant de mesures provisionnelles, seule la violation de droits constitutionnels peut être invoquée (art. 98 LTF), avec les exigences de motivation accrues de l’art. 106 al. 2 LTF. Or, le mémoire de trente pages demeurait « durchwegs appellatorisch », y compris sur la question de l’impression du lecteur moyen.

Commentaire commun des décisions nos 5 à 7

68

Les trois décisions se laissent lire comme une même leçon de méthode. Dans les trois cas, la requête échoue très en amont des conditions qualifiées de l’art. 266 CPC. Ce n’est pas la pesée des intérêts entre liberté de la presse et protection de la personnalité qui fait défaut au requérant, c’est la démonstration de l’atteinte elle-même.

69

Le constat mérite d’être souligné à la lumière de l’arrêt 5A_274/2024, résumé l’an dernier dans ces colonnes[17], où le Tribunal fédéral a rappelé que le degré de preuve exigé sous l’angle de l’art. 266 CPC est plus strict que la simple vraisemblance de l’art. 261 al. 1 CPC et « comparable à la quasi-certitude ». Aucune des trois décisions commentées n’a eu besoin d’atteindre ce seuil renforcé. La requête a été écartée parce que le requérant n’avait pas désigné les passages litigieux, ni expliqué, passage par passage, en quoi ceux-ci le rabaissaient aux yeux du lecteur moyen. Opposer sa propre version des faits à celle du média ne suffit pas ; la jurisprudence fédérale l’exige depuis longtemps, mais la pratique montre que le message n’est pas toujours reçu.

70

L’arrêt genevois retient en outre l’attention en ce qu’il refuse d’interdire non pas une publication, mais une enquête. Lorsque la requête tend à empêcher un journaliste de prendre contact avec des tiers, l’objet de la mesure n’est plus la diffusion d’un contenu mais la collecte de l’information. Or, à ce stade, il n’existe encore aucune déclaration dont on pourrait apprécier le caractère attentatoire, ce qui rend la démonstration de l’atteinte pratiquement impossible. La solution est justifiée, mais elle laisse ouverte la question des méthodes d’enquête elles-mêmes, qui pourraient, dans des circonstances plus caractérisées, relever de l’art. 28 CC indépendamment de toute publication. On relèvera encore la variante intéressante du registre public comme source journalistique. Le MedReg n’a pas seulement pour effet de faire tomber le caractère secret de l’information, dès lors que sa finalité légale, à savoir informer le public et protéger les patients, nourrit directement le motif justificatif de l’intérêt public, tant sous l’angle de l’art. 28 al. 2 CC que de l’art. 31 al. 1 LPD.

71

C’est le pendant de cette question que traite la Cour zurichoise, avec sa considération selon laquelle l’obtention illicite d’informations « ne relève pas de la protection de la personnalité de l’art. 28 CC ». La formule est nouvelle et utile ; elle nous paraît toutefois mériter d’être maniée avec précaution. Elle est exacte quant à l’objet de la prétention : le droit civil ne connaît pas d’action tendant au retrait d’un article au seul motif que les documents qui le fondent auraient fuité. Elle ne saurait en revanche signifier que l’origine illicite de l’information soit sans pertinence pour l’appréciation de l’atteinte, le mode d’obtention de l’information et la diligence rédactionnelle étant des éléments que le Tribunal fédéral intègre à la pesée des intérêts de l’art. 28 al. 2 CC. On se souvient d’ailleurs que la Cour zurichoise elle-même, dans l’affaire de l’enregistrement clandestin d’une juge commentée l’an dernier, avait tiré des conséquences directes du caractère illicite de la captation. La distinction tient sans doute au fait que, dans cette dernière affaire, c’est la diffusion de l’enregistrement qui constituait l’atteinte, alors qu’ici l’illicéité alléguée se situait en amont et concernait des tiers. Cette distinction mérite d’être explicitée, sous peine de laisser croire que la provenance d’un document est indifférente au juge civil.

72

Un dernier point, plus technique : les deux cours ne formulent pas de la même manière le rôle de la pesée des intérêts au stade de l’art. 261 CPC. La Chambre civile genevoise reprend, dans les deux arrêts commentés, la formule selon laquelle « le juge doit procéder à une pesée des intérêts entre les deux préjudices difficilement réparables », en renvoyant à l’ATF 138 III 378[18]. Or, ce considérant a été rendu à propos de l’effet suspensif de l’art. 315 al. 5 CPC, et le Tribunal fédéral a jugé, en matière de mesures provisionnelles proprement dites, qu’il n’y a précisément pas à opposer les préjudices auxquels les parties sont exposées[19] — ce que la Cour zurichoise rappelle correctement. La formule genevoise, reprise de décision en décision, nous paraît donc imprécise, même si elle est demeurée sans influence sur l’issue des deux causes. Cela ne signifie évidemment pas que toute pondération soit exclue : elle a bien sa place, mais ailleurs, à savoir au stade du motif justificatif de l’art. 28 al. 2 CC, respectivement des let. b et c de l’art. 266 CPC[20]. La nuance n’est pas purement académique : elle détermine ce que le requérant doit alléguer, et à quel endroit de son écriture. (JD)

B. La cessation de l’atteinte et le risque de réitération

8. La personnalité atteinte par des publications sur des réseaux sociaux (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068)

73

Les parties à la présente affaire ont entretenu une relation de couple et occupé ensemble une maison individuelle qu’elles louaient par moitié, avant de se brouiller. Le 31 décembre 2024, B., ci-après l’intimée, a saisi le juge unique du Bezirksgericht de Hinwil, statuant en procédure sommaire, d’une requête de mesures provisionnelles et superprovisionnelles fondée sur une atteinte à la personnalité. Elle concluait à ce qu’il fût fait interdiction à A. de diffuser sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, Instagram et X, une série d’affirmations la concernant. Ces affirmations portaient en substance sur une maladie psychique à l’origine de nombreuses situations pénibles, sur une consommation d’alcool, une manie des achats et des accès d’agressivité qui détruiraient sa vie, sur un train de vie au-dessus de ses moyens, sur des actes de violence psychique ou physique, sur des troubles maniaco-dépressifs ou narcissiques, sur des mensonges permanents, sur des créanciers laissés impayés ainsi que sur la commission de vols, d’extorsions, de manipulations et d’escroqueries.

74

Le premier juge a fait droit aux mesures superprovisionnelles le 3 janvier 2025, puis, par jugement du 20 juin 2025, a interdit à A., sous la menace de l’art. 292 CP, de publier textuellement ou en substance les affirmations litigieuses, tout en rejetant la conclusion tendant à ce qu’elle fût astreinte à publier la décision sur ses comptes. Il a imparti à l’intimée un délai de trois mois pour introduire l’action au fond. A. a formé appel le 12 juillet 2025, concluant à l’annulation du jugement et au rejet de la requête, ainsi qu’à ce que l’intimée fût condamnée à retirer l’ensemble de ses plaintes pénales.

75

La Cour cantonale rappelle d’abord que le prononcé de mesures provisionnelles au sens de l’art. 261 CPC suppose que la partie requérante rende vraisemblables l’existence d’un droit et sa violation actuelle ou imminente, un préjudice difficilement réparable, l’urgence ainsi que la proportionnalité (consid. IV.1).

76

Bien que l’appelante ait déclaré avoir effacé la publication litigieuse, la Cour retient un risque de récidive. L’appelante n’a pas pris ses distances de manière crédible avec ses propos, dont elle continue de contester l’illicéité. Conformément à la jurisprudence fédérale, un tel risque peut être admis alors même que l’auteur a cessé le comportement incriminé mais persiste à le tenir pour licite (consid. IV.3).

77

L’existence d’une atteinte à la personnalité est ensuite confirmée. Examinant chacune des affirmations, la Cour retient qu’elles sont toutes propres à porter atteinte à l’honneur de l’intimée, les allégations de fait inexactes présentant la personne visée sous un jour négatif étant toujours attentatoires à l’honneur. Pour celles qui reposent sur des faits ou sur un noyau factuel, l’appelante n’en a pas rendu la vérité vraisemblable. Elle produit à cet égard des novas pour l’essentiel irrecevables, faute d’exposer pourquoi elle ne pouvait les invoquer déjà en première instance, ses offres de témoignages se heurtant en outre à la règle de la procédure sommaire selon laquelle la preuve se rapporte en principe par titres (art. 254 al. 1 CPC). La vérité des affirmations n’ayant pas été rendue vraisemblable, la Cour approuve le premier juge d’avoir renoncé à examiner plus avant le motif justificatif tiré d’un intérêt privé ou public prépondérant (consid. IV.4.12).

78

Le préjudice difficilement réparable est admis sans difficulté, l’atteinte au crédit personnel et professionnel de l’intimée par des propos diffusés sur les réseaux sociaux ne pouvant guère être réparée après coup, la pratique se montrant au demeurant généreuse dans l’admission du préjudice lorsque des droits absolus sont en cause (art. 261 al. 1 let. b CPC, consid. IV.5). L’urgence est de même retenue (consid. IV.6.1). La Cour renonce enfin à toute pesée des intérêts, celle-ci n’étant en principe pas requise lorsque la vraisemblance de l’atteinte au droit et du préjudice est établie, les intérêts de la partie citée pouvant le cas échéant être sauvegardés par la fourniture de sûretés (art. 261 al. 1 let. a et b et art. 264 al. 1 CPC, ATF 139 III 86 consid. 5, consid. IV.6.2).

79

L’appel est ainsi rejeté dans la mesure de sa recevabilité, le jugement de première instance étant confirmé et les frais mis à la charge de l’appelante (consid. V).

9. Le partage commenté d’articles de presse sur les réseaux sociaux (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12)

80

Au début du mois de mai 2021, peu avant l’élection du Comité de la fédération H., la défenderesse a diffusé sur LinkedIn, Facebook et Twitter/X trois publications. Ces publications étaient des partages d’articles de presse accompagnés de commentaires de la défendresse. Le litige porte sur les commentaires de la défenderesse et non sur les articles de presse.

81

Les deux premières publications reprochaient nommément aux candidats au Comité et au président sortant de faire fi de la charte éthique et d’acheter des voix, en appelant à un changement complet de direction, tandis que la troisième, plus allusive, visait le seul président sortant par la formule « No more words… ».

82

Les demandeurs, soit les cinq candidats au comité, le président alors en fonction et la fédération, ont obtenu le 10 mai 2021 des mesures superprovisionnelles ordonnant l’effacement des trois publications et interdisant des propos analogues. Ces mesures ont été confirmées le 1er juillet 2021. Le Tribunal d’appel a partiellement réformé ce dernier prononcé le 20 décembre 2021, en ce sens que l’obligation d’effacer a été levée, les trois contributions ayant déjà été supprimées lorsque le Tribunal civil a statué.

83

Agissant ensuite au fond, les demandeurs ont conclu à la constatation du caractère attentatoire des trois publications et à l’interdiction de leur réitération. Par décision du 5 mars 2024, le Tribunal civil de Bâle-ville a refusé d’entrer en matière sur la constatation, faute d’intérêt, mais a prononcé l’interdiction requise, tout en répartissant les frais par moitié. La défenderesse a fait appel de l’interdiction, les demandeurs formant un appel joint dirigé contre le refus d’entrer en matière et contre la répartition des frais. C’est cette décision sur appel qui est l’objet du présent résumé.

84

Dans sa décision, le Tribunal entre en matière sur l’appel de la défenderesse bien que cette dernière se soit bornée à conclure à l’annulation de l’interdiction sans formuler de conclusion réformatoire. La juridiction bâloise considère que l’interprétation de son mémoire selon les règles de la bonne foi révèle qu’elle en sollicite l’annulation pure et simple, de sorte que l’exigence de conclusions réformatoires cède devant l’interdiction du formalisme excessif garantie par l’art. 29 al. 1 Cst. (consid. 1.2).

85

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que le caractère attentatoire de chaque publication s’examine séparément et selon un critère objectif, la question étant de savoir si le crédit de la personne visée apparaît compromis aux yeux du lecteur moyen, compte tenu des circonstances concrètes et notamment du cadre dans lequel les propos ont été tenus (consid. 3.3.3).

86

Elle confirme l’atteinte pour les deux premières publications, en relevant à titre principal que l’appel ne discute aucune des considérations de première instance sur ce point et ne satisfait donc pas à l’exigence de motivation, puis, à titre subsidiaire, que les reproches d’achat de voix et de mépris de la charte éthique excèdent largement ce que contenait l’article auquel les publications renvoyaient (consid. 3.2.2).

87

La Cour écarte en revanche toute atteinte concernant la troisième publication. D’un contenu plus léger, celle-ci se limite à désigner implicitement le président sortant et à renvoyer à un article dont le caractère non attentatoire n’est pas contesté, de sorte que sa seule parution concomitante aux deux autres ne suffit pas, aux yeux du lecteur moyen, à porter atteinte au crédit des demandeurs. La Cour relève au surplus que le premier juge s’est fondé de manière déterminante sur le jugement pénal, lequel ne portait pas sur cette publication (consid. 3.3.3).

88

Sur l’illicéité, la Cour rappelle que la publication de faits inexacts est en soi illicite et qu’un intérêt suffisant à la diffusion d’une contrevérité ne se conçoit que dans de rares cas particuliers, la diffusion de faits vrais étant en revanche justifiée en principe, et que le fardeau de la preuve du motif justificatif incombe à l’auteur de l’atteinte. La véracité des reproches d’achat de voix et de violation de la charte éthique n’ayant pas été prouvée, les allégations doivent être tenues pour inexactes, aucun cas exceptionnel n’étant allégué ni discernable, de sorte que le premier juge a nié à bon droit l’existence d’un motif justificatif (consid. 4.2).

89

Sur la conclusion en constatation, l’appel joint est rejeté. Le demandeur doit démontrer que la publication continue de déployer un effet perturbateur, la seule circonstance que la source de l’atteinte demeure accessible ne suffisant pas à fonder l’intérêt à la constatation, hormis lorsque la diffusion perdure, un renvoi général à des techniques d’archivage non autrement identifiées étant en particulier insuffisant. Les demandeurs s’étant bornés à décrire leur notoriété respective sans rien alléguer de circonstancié quant à la persistance du trouble, alors que les publications étaient effacées, le refus d’entrer en matière est confirmé (consid. 5.2 et 5.3).

90

Sur la conclusion en interdiction, la Cour confirme le risque de récidive. Elle expose que le Tribunal fédéral a repris pour l’action de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC la pratique développée en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale, selon laquelle un tel risque peut régulièrement être admis lorsque l’auteur conteste l’illicéité de son comportement, puisqu’il est alors à présumer qu’il le poursuivra dans la confiance en sa licéité. Elle écarte l’argument de la défenderesse selon lequel cette pratique aurait été relativisée et selon lequel il serait contraire à l’État de droit et à l’art. 6 ch. 3 let. c CEDH de faire dépendre le risque de l’invocation de motifs justificatifs, en relevant que le Tribunal fédéral a au contraire confirmé cette pratique et jugé que les efforts déployés par l’auteur pour défendre ses propos peuvent être pris en considération dans l’appréciation du risque de réitération (consid. 6.2).

91

La présomption ne peut être renversée que si l’auteur établit des circonstances excluant une réitération ou la rendant improbable, les exigences étant strictes, la cessation de l’atteinte n’y suffisant pas plus que la simple déclaration de s’abstenir à l’avenir si elle ne s’accompagne pas de la reconnaissance du droit du demandeur. La défenderesse, qui persiste à contester l’illicéité et présente ses propos comme un acte de résistance dans un conflit ancien, n’établit pas de telles circonstances, la seule fin de la campagne électorale n’y suffisant pas (consid. 6.3).

92

Sa déclaration d’abstention du 26 mai 2025, novum irrecevable au sens de l’art. 317 al. 1 CPC, demeurerait de toute manière impropre à renverser la présomption faute de reconnaissance concomitante du droit des demandeurs (consid. 6.4).

93

Sur les frais enfin, la Cour juge que le premier juge a omis de tenir compte du poids de la question de principe que constituait l’existence d’une atteinte, poids qu’elle mesure à l’ampleur de la motivation consacrée à chacun des thèmes litigieux, et redistribue les frais de première instance à raison de deux tiers à la charge de la défenderesse (consid. 7.2 et 7.3).

94

L’appel est ainsi partiellement admis, la troisième publication n’étant pas jugée attentatoire. L’appel joint est rejeté quant à la constatation et partiellement admis quant à la répartition des frais de première instance (consid. 8.1).

Commentaire commun des décisions nos 8 et 9

95

Le risque d’une nouvelle atteinte est retenu, dans les deux affaires, à partir du refus de l’auteur de reconnaître l’illicéité de ses propos. La cour zurichoise ajoute toutefois un second motif, tiré de l’absence de distanciation crédible, l’appelante ayant elle-même admis qu’une distanciation n’était que partiellement envisageable (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068, consid. 3.2). Il s’agit ici de l’expression d’une jurisprudence établie de longue date du Tribunal fédéral[21]. Cette jurisprudence ne fait pas de la contestation un indice parmi d’autresmais elle en tire une présomption. L’auteur peut la renverser en établissant des circonstances qui excluent la répétition ou la font apparaître comme improbable, des exigences strictes étant posées à cette démonstration[22]. La Cour d’appel bâloise reprend ce principe et l’expose expressément (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3).

96

L’ancienneté de cette jurisprudence ne nous dispense pas pour autant de la critiquer. Encore faut-il délimiter la portée exacte de la critique. Le grief le plus immédiat consiste à dire que le défendeur est enfermé dans une alternative sans issue. Soit il conteste l’illicéité et fournit par là même l’élément dont dépend l’admission de la prétention dirigée contre lui. Soit il renonce à contester et succombe sur le fond. Ce grief nous paraît en réalité inexact, pour deux raisons.

97

La première tient à l’ordre d’examen suivi par les juridictions. Le risque de réitération ne devient une question opératoire qu’une fois l’atteinte et son illicéité retenues. Le Tribunal civil bâlois a d’abord constaté l’atteinte, puis écarté les motifs justificatifs, avant d’examiner seulement la conclusion en cessation et la réitération (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.1). Le défendeur qui conteste l’illicéité et convainc le juge n’est donc jamais confronté à la présomption, puisque l’action échoue en amont. Quant à celui qui conteste sans convaincre, sa contestation est certes retenue contre lui, mais elle ne lui coûte que l’interdiction prononcée en plus d’une condamnation qu’il a déjà subie sur l’atteinte. La seconde branche de l’alternative ne fait ainsi qu’ajouter une conséquence à une défaite déjà acquise. L’alternative n’est pas symétrique.

98

La seconde raison tient aux éléments sur lesquels les juges se sont effectivement fondés. Le Tribunal civil bâlois n’a pas raisonné à partir du seul fait que la défenderesse avait nié l’illicéité dans ses écritures. Il s’est appuyé sur le jugement pénal du 1er juin 2023, dont il ressortait que la défenderesse restait convaincue de la véracité de ses propos. Il a également retenu le litige ancien opposant les parties, ainsi que sa plaidoirie, dans laquelle elle présentait ses publications comme un acte héroïque de résistance (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3). Ces éléments ne se confondent pas avec la contestation juridique elle-même. Ils portent sur la conviction personnelle de l’auteur et sur le contexte durable du différend. Ainsi comprise, la présomption n’atteint pas les droits de la défense. Elle sert à établir une disposition durable de l’auteur, ce qui correspond bien au pronostic que le Tribunal fédéral exige du juge, lequel ne peut être porté sans une connaissance précise du cas d’espèce[23].

99

Cela dit, la critique conserve trois points d’appui, qu’il convient d’exposer séparément.

100

Le premier concerne la qualification procédurale du risque de réitération. La Cour d’appel bâloise rappelle que l’intérêt actuel de la partie qui agit en cessation constitue une condition de recevabilité examinée d’office au sens de l’art. 60 en lien avec l’art. 59 al. 2 let. a CPC (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.3)[24]. Elle conclut ensuite que le risque de réitération fonde l’intérêt digne de protection des demandeurs (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.5). Il va de soi que cet intérêt procède du comportement du défendeur, puisque la menace qui justifie l’action en cessation ne peut émaner que de lui. La difficulté ne tient donc pas à la source de l’intérêt, mais à la nature des comportements admis pour l’établir. La jurisprudence fédérale permet en effet que la condition soit alimentée par la position que le défendeur adopte dans la procédure même dont la recevabilité est en cause. La défense y devient un élément de la recevabilité de l’action qu’elle combat. Cette configuration est renforcée par deux caractéristiques du régime. L’intérêt digne de protection doit d’abord exister encore au moment du jugement[25], de sorte que l’attitude maintenue par le défendeur jusqu’aux débats entre dans l’appréciation. Il doit ensuite être examiné d’office, si bien que le juge doit prendre en compte cette attitude sans même que le demandeur l’invoque. Il en résulte, à notre sens, une raison supplémentaire d’exiger que la contestation ne constitue pas l’unique fondement du pronostic.

101

Le deuxième point concerne la transposition elle-même. L’origine de la règle ne constitue pas en soi un vice. Le Tribunal fédéral a en effet expressément assumé la reprise, pour l’action en cessation de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC, d’une pratique développée en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale[26]. La Cour d’appel bâloise le relève d’ailleurs (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.2). La difficulté se situe ailleurs. En droit de la personnalité, l’illicéité résulte d’une pesée d’intérêts au sens de l’art. 28 al. 2 CC. Elle suppose en outre une qualification préalable des propos comme allégations de fait ou comme jugements de valeur, ainsi que le rappelle l’arrêt zurichois (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 24 novembre 2025, LF250068, consid. 4.2). L’illicéité est donc contingente à un degré que ne connaît pas l’usage d’un signe distinctif protégé, tel qu’il se présentait dans les précédents en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale sur lesquels cette règle a été édifiée[27]. Il s’ensuit que la contestation de bonne foi y est à la fois plus légitime et plus fréquente. Or le raisonnement du Tribunal fédéral se déroule en deux temps. Il conclut d’abord de la contestation à la conviction de l’auteur que son comportement est licite. Il conclut ensuite de cette conviction à la probabilité qu’il le poursuive. Chacun de ces deux pas perd de sa force lorsque l’illicéité dépend d’une pesée d’intérêts. Nous estimons que la présomption a été importée d’un domaine où l’illicéité se constate vers un domaine où elle se pèse.

102

Le troisième point nous paraît le plus décisif. Il concerne la possibilité, pour le défendeur, de faire disparaître le risque de réitération sans reconnaître l’illicéité de ses propos. La défenderesse bâloise avait produit une déclaration par laquelle elle s’engageait à ne plus reprendre publiquement les propos litigieux, ni dans leur teneur ni dans leur substance. Elle précisait que cet engagement valait sans réserve, indépendamment de l’issue de la procédure d’appel. Elle ajoutait toutefois qu’elle le prenait sans reconnaître y être juridiquement tenue, c’est-à-dire sans admettre que les demandeurs disposaient d’une prétention à son abstention. Elle soutenait qu’une telle reconnaissance, pas plus qu’une peine conventionnelle, n’était nécessaire pour renverser la présomption. La Cour d’appel a écarté cette pièce comme novum tardif au sens de l’art. 317 al. 1 CPC. Elle a ajouté, à titre subsidiaire, qu’une simple déclaration d’abstention ne suffit pas à renverser la présomption lorsque la prétention du demandeur n’est pas simultanément reconnue (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-ville, décision du 24 mars 2026, ZB.2025.12, consid. 6.4), en s’appuyant sur une jurisprudence fédérale constante[28]. C’est ici que la critique porte véritablement. Un engagement inconditionnel et vérifiable atteint le but pratique de l’action en cessation. Il devrait, à notre sens, faire disparaître l’intérêt à agir, indépendamment de toute reconnaissance de l’illicéité. L’exigence d’une reconnaissance simultanée revient à conditionner la sortie du procès à une capitulation. Elle excède ce que la fonction préventive de l’art. 28a al. 1 ch. 1 CC commande.

103

Ces trois réserves n’aboutissent pas à condamner la jurisprudence fédérale dans son principe. Elles en circonscrivent le domaine d’application légitime. La présomption demeure défendable comme règle de pronostic, lorsqu’elle s’appuie sur des indices de persistance qui dépassent la seule contestation juridique. Elle devient en revanche discutable lorsqu’elle sert seule à fonder une condition de recevabilité et lorsqu’elle prive d’effet un engagement d’abstention pourtant complet. (LW)

C. Les mesures provisionnelles à l’encontre d’auteurs privés

10. La dénonciation obstinée d’une prétendue fraude scientifique (Tribunal d’appel du Canton de Bâle-Ville, décision du 25 septembre 2025, ZK.2025.3)

104

La première requérante, domiciliée à Bâle, est membre du conseil d’administration de la seconde requérante, société bâloise active dans la recherche, le développement et la distribution de produits et technologies de diagnostic. Cette dernière développe une plate-forme de diagnostic reposant sur une application de la microscopie à force atomique (IT-AFM) à l’analyse des tissus mous, en particulier cancéreux. L’intimé, chercheur domicilié au Royaume-Uni, a été collaborateur scientifique, soit doctorant puis post-doctorant à l’Université de Bâle de 1997 à 2009, avant d’être chargé de cours dans une université étrangère jusqu’au 20 août 2025.

105

Depuis 2017, il reproche à la première requérante d’avoir plagié ses travaux et falsifié des données dans trois publications parues entre 2010 et 2012. Ses griefs ont été examinés et écartés par les délégués successifs à l’intégrité scientifique de l’Université de Bâle ainsi que par les éditeurs de deux revues scientifiques, entre 2017 et 2018. À partir d’avril 2024, il les reprend et les durcit, en élargissant continuellement le cercle des destinataires : universités, Institut fédéral de la propriété intellectuelle, revue Nature, Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, Fonds national suisse (FNS), Committee on Publication Ethics (COPE), quotidiens alémaniques, puis publication sur LinkedIn. Il compare notamment la première requérante à Elizabeth Holmes, fondatrice et ancienne directrice de Theranos, société de laboratoires depuis lors liquidée, condamnée aux États-Unis en 2022 pour des actes frauduleux.

106

Le 2 juillet 2025, ayant vu l’annonce de la participation de la seconde requérante au congrès de l’European Society of Biomechanics, dont elle est sponsor, il écrit aux organisateurs en réitérant ses accusations, avec copie au FNS, à Nature et au COPE. Les requérantes déposent le 7 juillet 2025 une requête de mesures provisionnelles devant le Tribunal civil de Bâle-Ville, qui la transmet à l’Appellationsgericht. Elles concluent à l’interdiction de onze affirmations précisément désignées, sous la menace de la peine de l’art. 292 CP et d’une amende d’ordre de 500 fr. par jour. Le président de l’Appellationsgericht ordonne ces mesures à titre superprovisionnel le 8 juillet 2025, tout en rejetant la conclusion générale visant toute autre déclaration dénigrante non énumérée. Un échange d’écritures nourri s’ensuit, l’intimé agissant sans avocat après le refus de l’assistance judiciaire et demandant en substance que la cause soit portée d’emblée en procédure ordinaire. Statuant comme instance cantonale unique le 25 septembre 2025, l’Appellationsgericht confirme les mesures ordonnées à titre superprovisionnel et impartit aux requérantes un délai de soixante jours pour introduire l’action au fond sous peine de caducité des mesures.

107

Dans l’action au fond, la Cour retient s’agissant de la compétence (c. 1) un état de fait international : les prétentions étant fondées sur l’art. 3 al. 1 let. a LCD et sur l’art. 28 CC, le lieu de résultat se situe au domicile et au siège des requérantes (art. 10 let. a en lien avec l’art. 129 LDIP). Le droit suisse est applicable, les interventions de l’intéressé déployant leurs effets sur le marché suisse (art. 136 al. 1 LDIP) et l’Appellationsgericht est compétent comme instance cantonale unique en raison de l’attraction de compétence exercée par la LCD (art. 5 al. 1 let. d et al. 2 CPC).

108

Sur le fond, la Cour écarte l’argumentation de l’ancien collaborateur, qui se présentait comme lanceur d’alerte et invoquait sa liberté d’expression et sa liberté scientifique (art. 16 Cst.). Elle relève que ses griefs ont bel et bien été examinés au fond par les organes matériellement compétents en 2017 et 2018. S’il entendait contester leurs conclusions, il pouvait requérir de l’Université une décision constatatoire ou ouvrir action contre les personnes qu’il tenait pour responsables, et qu’après un tel examen, la diffusion des mêmes reproches à un cercle de destinataires toujours plus large ne peut plus être qualifiée de justifiée, ce d’autant qu’il ne produit aucune pièce en dehors de ses propres écritures. Ses affirmations selon lesquelles l’affaire n’aurait jamais été instruite sont qualifiées d’inexactes et de trompeuses. La reprise, en 2024 et 2025, d’une diffusion aggravée de ces reproches ne relève dès lors plus de l’exercice légitime de la liberté d’expression scientifique ni du rôle de lanceur d’alerte (c. 2.4).

109

La Cour tient ainsi pour rendues vraisemblables une violation de l’art. 3 al. 1 let. a LCD (dénigrement d’autrui ou de ses affaires par des allégations inexactes, fallacieuses ou inutilement blessantes) ainsi qu’une atteinte illicite à la personnalité au sens de l’art. 28 CC, les requérantes s’étant vu imputer à tort un comportement illégal, immoral et déloyal. Le risque de réitération est également vraisemblable, l’intimé ayant continué à écrire à divers destinataires après la notification de l’ordonnance superprovisionnelle, et le préjudice difficilement réparable tient au risque que partenaires, bailleurs de fonds et investisseurs potentiels soient dissuadés de collaborer. Sous l’angle de la proportionnalité, aucun intérêt digne de protection ne subsiste à répéter devant de nouveaux destinataires des reproches déjà examinés, la mesure ne préjuge pas du fond et demeure réversible, et il reste loisible à l’intimé de faire valoir ses prétentions par la voie judiciaire. Celui-ci objectait que l’interdiction le frappait alors qu’il perdait son poste et produisait à cet effet, comme fait nouveau, la lettre de licenciement immédiat que l’université qui l’employait lui avait adressée le 20 août 2025. La Cour retourne la pièce contre lui, le licenciement étant motivé par des allégations informelles, fréquentes, répétées et non étayées contre des collègues[29], dont beaucoup avaient déjà été instruites sans être confirmées. Ces motifs confirment l’impression tirée des écritures, à savoir que l’intimé reprend avec une intensité croissante un conflit déjà traité en 2017 et 2018, sans se laisser arrêter ni par les enquêtes ni par une décision de justice. Les mesures sont confirmées, assorties de la menace de la peine de l’art. 292 CP et d’une amende journalière de 500 fr. (art. 343 al. 1 let. c CPC).

11. Le dénigrement par site interposé et la question de la participation (Cour de justice du Canton de Genève, décision du 17 décembre 2025, ACJC/9/2026)

110

A. SA, société genevoise active dans le négoce de matières premières, et B. Corp., société américaine du même secteur, ont conclu le 5 septembre 2023 un contrat portant sur 31’000 tonnes métriques de farine de soja destinées à un acheteur final iranien. Le défaut de paiement de ce dernier a entraîné une longue série de démarches, à savoir mise en demeure, commandement de payer, procédure arbitrale, cession de créance puis accords de règlement successifs, l’acheteur final s’acquittant finalement du prix mais non des intérêts.

111

Le 11 juin 2025, un « article » signé d’un nom ne correspondant à aucune personne vivante a paru sur un site internet appartenant à une société américaine tierce. Il accusait notamment A. SA de vol, indiquait qu’elle pourrait être redevable de 52 millions de dollars et comportait des liens vers des documents originaux relatifs à la transaction. Un second article a paru le 25 juin 2025 sur le même site. Selon A. SA, elle y était de nouveau visée par des imputations calomnieuses, par la réitération du terme « vol » et par l’usage du terme « escroquer ». Selon A. SA, il s’agissait d’un site de « pink slime », propageant sous une apparence de sérieux des informations partiales, voire trompeuses, à la demande de lobbies ou d’intérêts privés, et B. Corp. avait fait publier, respectivement sollicité la publication de ces articles. A. SA a saisi la Cour de justice les 20 juin et 1er juillet 2025 de requêtes fondées sur les art. 2 et 3 al. 1 let. a et b LCD ainsi que sur l’art. 28 CC, tendant au retrait des articles et à l’interdiction de toute communication publique lui imputant un vol ou une escroquerie.

112

Sur le droit d’être entendu (c. 1.5), la Cour constate que la requête n’a pas pu être formellement notifiée à la partie adverse, dès lors que les envois sont revenus avec les mentions « destinataire absent », respectivement « adressee unknown », sans que les motifs de cette impossibilité soient connus et sans qu’il puisse être retenu qu’elle a délibérément fait obstacle à la notification. Elle statue néanmoins, l’issue du litige ne lui étant pas défavorable, tout en précisant que l’absence de réponse ne signifie pas qu’il sera fait droit aux conclusions de la requérante sans autre examen.

113

Sur le fond (c. 2.2), la Cour retient que la requérante n’a allégué aucun élément ni produit aucune pièce susceptible de rendre vraisemblable que la société américaine serait l’instigatrice des articles, qu’elle les aurait sollicités ou qu’elle aurait pris part de quelque manière à leur publication. La requérante n’allègue au demeurant aucun lien entre celle-ci et le site litigieux, ni qu’elle en serait titulaire. Ses propres conclusions tendent d’ailleurs à ce que la société américaine en sollicite le retrait auprès de la société exploitante, sans qu’il soit expliqué sur quelle base la Cour pourrait imposer, fût-ce indirectement, un tel retrait à une société qui n’est pas partie à la procédure et n’a pas pu exercer son droit d’être entendue.

114

La Cour écarte encore, par deux motifs indépendants du précédent, les autres conditions de l’art. 261 al. 1 CPC. Le préjudice difficilement réparable n’est pas vraisemblable, d’abord parce que la requérante soutient elle-même que le site diffuse des « pink slime », ce qui réduit d’autant la crédibilité des articles, ensuite parce que le second article vise un tiers et ne la mentionne qu’incidemment. L’urgence fait pareillement défaut, le fait de requérir en Suisse des mesures provisionnelles contre une société ayant son siège aux États-Unis « tendant à faire douter de l’urgence de la situation », puisque les délais de notification à l’étranger et la nécessité vraisemblable d’une procédure de reconnaissance outre-Atlantique différeraient les effets de la mesure d’une manière difficilement compatible avec la célérité recherchée. Les requêtes sont rejetées.

Commentaire commun des décisions nos 10 et 11

115

Ces deux décisions présentent la même structure et aboutissent à des solutions opposées. Dans les deux cas, une société se plaint d’attaques réputationnelles cumulant l’art. 3 al. 1 let. a LCD et l’art. 28 CC, devant une instance cantonale unique saisie en raison de l’attraction de compétence de la LCD, dans un contexte international réglé par les art. 10, 129 et 136 LDIP. La différence ne tient ni au standard juridique ni au degré de preuve, mais à l’imputabilité du comportement. A Bâle, l’auteur des propos litigieux était identifié, ses écrits étaient documentés et il ne contestait pas les avoir rédigés. À Genève, rien ne reliait la société mise en cause au site incriminé.

116

Le raisonnement genevois s’inscrit à cet égard dans la ligne de l’ATF 141 III 513, qui, tout en conservant une conception large de la participation au sens de l’art. 28 al. 1 CC, est visée toute personne dont le comportement cause, rend possible ou favorise l’atteinte, même sans faute, insiste sur le fait que la participation suppose un comportement propre de la personne recherchée et un lien de causalité[30]. La Cour de justice ne restreint donc pas la notion de participation. Elle constate qu’aucun comportement n’était même allégué. La nuance mérite d’être faite avec l’affaire FIFA c. Google commentée l’an dernier[31], dans laquelle le Tribunal de commerce zurichois avait nié la participation d’un acteur dont le comportement était pourtant établi, mais jugé trop indirect. Ici, l’échec est probatoire, non conceptuel et il rappelle une évidence pratique, soit lorsque la chaîne de publication ne peut être documentée, mieux vaut agir contre l’exploitant du site, que l’art. 28 al. 1 CC permet précisément de rechercher, plutôt que contre celui que l’on soupçonne d’en avoir tiré les ficelles.

117

a deuxième considération genevoise est plus originale, et nous paraît devoir être maniée avec prudence. En retenant que la qualification de « pink slime » avancée par la requérante réduit la crédibilité des articles et donc la vraisemblance d’un préjudice difficilement réparable, la Cour transforme l’argument de la victime en argument contre elle. L’effet de boomerang est réel et l’avertissement mérite d’être entendu par les plaideurs. Le raisonnement repose toutefois sur une prémisse discutable, la crédibilité d’une source ne se mesure pas au jugement que porte sur elle la personne visée, mais à l’effet qu’elle produit sur ses destinataires. Or, la requérante alléguait précisément que des banques avaient bloqué des paiements et qu’un prêteur avait refusé d’exécuter une prestation de vingt millions de dollars en invoquant l’article litigieux. La leçon pratique est double : ne pas fournir soi-même l’argument qui affaiblit sa position, et documenter l’effet concret de la publication sur les tiers plutôt que la médiocrité de son auteur.

118

La troisième considération, à savoir le doute sur l’urgence lorsque la mesure est requise en Suisse contre une société étrangère appelle une réserve plus nette. L’urgence se rapporte au risque que court le requérant si la mesure n’est pas ordonnée et non à la facilité avec laquelle la mesure pourra ensuite être exécutée. Raisonner autrement reviendrait à priver de protection provisionnelle les victimes d’atteintes commises depuis l’étranger, c’est-à-dire précisément les situations pour lesquelles le for du lieu de résultat a été conçu[32]. Les difficultés d’exécution relèvent à notre sens de la proportionnalité, voire de l’intérêt au prononcé de la mesure, et devraient être examinées comme telles. Une interdiction assortie de la menace de l’art. 292 CP conserve par exemple une portée réelle à l’égard d’une partie qui plaide en Suisse. La question n’était toutefois pas décisive en l’espèce, la Cour l’abordant « pour le surplus ».

119

La décision bâloise, quant à elle, ne bouleverse pas la jurisprudence sur le fond : imputer à autrui, sans fondement, un comportement illégal, immoral ou déloyal porte atteinte à son honneur professionnel. (JD)

D. Deux comptes rendus de procès pénaux dans la presse

12. Le collectionneur d’art (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 8 janvier 2026, LB250027-O/U)

120

En janvier 2022, la défenderesse, éditrice de la Neue Zürcher Zeitung, a publié dans la version imprimée de celle-ci et sur son site un article consacré à un procès pénal à venir, soit le procès Raiffeisen conduit contre l’ancien directeur général Vinzenz et consorts, dans lequel le demandeur était mentionné. Ce dernier, qui n’est autre que l’entrepreneur genevois Stéphane Barbier-Müller, déjà demandeur dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss), était présenté comme un entrepreneur et un collectionneur accusé de complicité d’escroquerie et de gestion déloyale. Le demandeur y a vu une atteinte illicite à sa personnalité et a ouvert action.

121

Après l’échec de la conciliation, il a saisi le Tribunal d’arrondissement de Zurich d’une action tendant à la constatation du caractère illicite de l’atteinte, à la suppression de toute information permettant de l’identifier ainsi que de l’affirmation selon laquelle il était accusé dans le procès et, enfin, au versement d’une réparation morale de 5000 fr. Par jugement du 7 avril 2025, le Tribunal a rejeté l’action. Le demandeur a fait appel.

122

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que la diffusion de faits véridiques est en principe couverte par la mission d’information de la presse, à moins qu’il ne s’agisse de faits secrets ou privés ou que la personne visée ne soit rabaissée de manière inutilement blessante.

123

Par ailleurs, le Tribunal souligne que lorsque seul un soupçon d’infraction est en cause, n’est licite qu’une formulation faisant suffisamment apparaître chez le lecteur moyen qu’il s’agit d’un soupçon. De plus, la possibilité d’identifier une personne de l’histoire contemporaine relative dans un article de presse peut se justifier même en présence d’un simple soupçon.

124

Ainsi, concernant les propos litigieux qui reprennent le contenu de l’acte d’accusation, ces derniers constituent une présentation de faits dont la licéité dépend de leur véracité (consid. II.3.2).

125

Reprenant à son compte l’analyse du premier juge, la Cour relève que le procès à venir est relaté sans en anticiper l’issue. La présomption d’innocence du demandeur est respectée dès lors qu’elle est même expressément rappelée dans l’article. Cette reprise du contenu de l’acte d’accusation est donc licite dès lors que n’est pas créée l’impression d’une condamnation. La diffusion d’une expression de soupçon émanant d’une autorité ne porte ainsi en principe pas atteinte à la présomption d’innocence et, à plus forte raison lorsqu’elle provient d’un acte d’accusation, qui suppose des soupçons suffisants au sens du code de procédure pénale.

126

L’article contenait une imprécision quant aux distinctions opérées entre les différentes infractions reprochées au demandeur dans le cadre du procès. La Cour juge que cette imprécision ne rend pas l’article inexact dans son ensemble ni ne montre le demandeur sous un faux jour. Le lecteur moyen, peu au fait de ces distinctions, ne retient du texte que l’existence de charges pour des infractions économiques d’une certaine importance (consid. II.4.1 et II.4.2).

127

Enfin, sur le contenu de l’article encore, le demandeur soulignait qu’il avait été partiellement acquitté en première instance pénale. La Cour relève que la diffusion persistante de l’article ne modifie pas le moment historique auquel celui-ci se rapportait et continue de se rapporter, de sorte que la question de savoir si l’état de trouble allégué subsiste se résout d’après les circonstances existant au jour de la première publication. Elle ne cite à l’appui de cette proposition aucune jurisprudence fédérale et écarte les autorités invoquées par le demandeur, l’une portant sur l’art. 236 CPC, norme procédurale sans portée sur les fondements matériels de l’appréciation, l’autre sur l’intérêt à la constatation au sens de l’art. 28a CC en cas d’atteinte dont les effets perturbateurs perdurent. Elle ajoute que le demandeur n’a pas été acquitté des chefs d’accusation relatés et que la procédure pénale demeure pendante, circonstances qui commandent au demeurant de ne pas apprécier différemment la publication (consid. II.4.2).

128

Sur la mention du nom et des activités du demandeur, la Cour relève que le procès, événement de l’histoire contemporaine, ne saurait donner lieu à un débat public si ses principaux protagonistes demeurent anonymes. Bien qu’il ne comptât pas parmi les principaux accusés, le demandeur s’est vu attribuer, pour deux des transactions litigieuses, le rôle d’un acteur essentiel et autonome, de sorte qu’il figure néanmoins au nombre de ces protagonistes. Sa notoriété relative, acquise indépendamment du procès, et le fait que la relation portait sur son activité d’entrepreneur et non sur sa sphère privée conduisent à faire céder son intérêt à l’anonymat devant la mission d’information des médias (consid. II.5.2 et II.5.3).

129

L’atteinte n’étant pas illicite, la Cour rejette l’action et confirme le jugement de première instance (consid. II.6). Le recours formé contre cette décision a été rejeté par le Tribunal fédéral (TF 5A_193/2026 du 30 mars 2026, résumé supra II./A./1., N 2 ss).

13. L’entrepreneur genevois (Cour de justice de Genève, décision du 31 mars 2026, ACJC/593/2026)

130

L’appelant, Stéphane Barbier-Müller, entrepreneur genevois actif notamment dans l’immobilier, est le même demandeur que dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss) et que dans la décision zurichoise qui précède. Il avait été mis en cause, puis condamné en première instance, dans le procès Raiffeisen dirigé contre l’ancien directeur général Pierin Vinzenz et consorts, affaire pénale ayant connu un fort retentissement médiatique.

131

En mars 2023, les intimés, soit l’éditrice du journal D. et l’un de ses journalistes, ont publié un article sur cette affaire. L’article litigieux le nommait, contenait sa photographie et était divisé en deux parties. La première partie retraçait les démarches qu’il avait entreprises pour empêcher la presse de citer son nom en lien avec cette affaire et la seconde résumait le procès et sa condamnation de première instance, en précisant qu’il avait fait appel et bénéficiait de la présomption d’innocence.

132

Suite à la publication de cet article, l’entrepreneur a ouvert action devant le Tribunal de première instance tendant à la constatation d’une atteinte illicite à sa personnalité, au retrait de l’article, à la publication du jugement et à l’interdiction de toute nouvelle mention de son nom, de sa photographie ou de tout élément permettant son identification. Débouté de son action, il fait appel de la décision.

133

Sur l’atteinte à la personnalité, la Cour rappelle que la diffusion de faits véridiques par la presse demeure couverte par sa mission d’information, sous réserve des faits secrets ou privés et des formes inutilement blessantes, et que la relation nominative d’une procédure pénale peut se justifier lorsqu’elle vise une personne de l’histoire contemporaine, fût-elle seulement relative, pourvu que la présomption d’innocence soit respectée. La licéité de l’atteinte procède d’une pesée des intérêts, au terme de laquelle le besoin d’information du public doit l’emporter sur la protection de la sphère privée.

134

Le point central du litige tenait à la qualité de personnalité publique de l’appelant, qu’il contestait en soutenant que sa notoriété ne découlait que de son patronyme. La Cour confirme qu’il constitue une figure importante du tissu économique genevois, dont la reconnaissance sociale, attestée par des publications régulières au cours des vingt dernières années et par sa propre description devant le juge pénal comme personnalité reconnue en Suisse romande, ne se réduit pas à son nom de famille. L’affaire pénale, largement médiatisée, a encore accru cette notoriété, et plusieurs juridictions, y compris alémaniques, au nombre desquelles celle dont la décision est résumée ci-dessus (supra 11., N 110 ss), avaient déjà rejeté des actions analogues de l’appelant en le tenant pour une personne faisant l’objet d’un intérêt public.

135

L’appelant se prévalait d’un sondage démoscopique qu’il avait commandé, dont il déduisait son absence de notoriété. Appliquant par analogie les critères dégagés en droit des marques pour apprécier la valeur probante d’une enquête d’opinion, la Cour admet que l’étude paraissait méthodologiquement sérieuse, mais retient qu’elle ne constitue qu’un élément d’appréciation parmi d’autres. Ses résultats, indiquant que 17 pour cent des personnes interrogées en Suisse romande et 9 pour cent en Suisse alémanique déclaraient le connaître, ne permettent pas d’exclure une reconnaissance publique, une telle proportion, rapportée à la population concernée, représentant plus d’un million de personnes, soit bien davantage qu’un citoyen ordinaire dépourvu de toute exposition médiatique. La Cour écarte de même l’argument tiré de ce que le Tribunal fédéral n’avait pas mentionné le nom de l’appelant dans son arrêt, l’anonymisation des décisions étant la règle et ne permettant aucune déduction quant au degré de notoriété des parties.

136

La qualité de personnalité publique une fois admise, la Cour observe qu’une telle personne doit tolérer un seuil d’atteinte plus élevé, sans être pour autant tenue d’accepter davantage que ce qu’un besoin légitime d’information justifie. Le résumé de la procédure pénale, composé de faits vrais étrangers à la sphère privée et rapporté dans le respect de la présomption d’innocence, n’excède pas ce cadre. La mention de l’arrestation et d’une brève détention avant jugement demeure factuelle et dépourvue de caractère inutilement blessant. Quant aux formules imagées reprochant à l’appelant de museler la presse, elles constituent des jugements de valeur reposant sur une base factuelle solide, à savoir les nombreuses démarches judiciaires et extrajudiciaires qu’il ne conteste pas, et n’outrepassent pas les limites de la liberté des médias, laquelle tolère une certaine dose d’exagération.

137

Le besoin d’information du public l’emportant sur l’intérêt de l’appelant à la protection de sa sphère privée, la Cour rejette l’appel et confirme le jugement de première instance.

Commentaire commun des décisions nos 12 et 13

138

La parenté de ces deux arrêts est structurelle. Tous deux portent sur la relation nominative d’une procédure pénale visant un entrepreneur d’une notoriété seulement relative, en l’occurrence le même demandeur que dans les trois causes fédérales résumées ci-dessus (supra II./A./1., N 2 ss), et tous deux déroulent la même chaîne de raisonnement, allant de la licéité de principe de la diffusion de faits véridiques, sous réserve des faits secrets ou privés et des formes inutilement blessantes, au respect de la présomption d’innocence, puis à la qualification de personne de l’histoire contemporaine et à la pesée des intérêts. Leur intérêt comparatif tient à ce qu’ils saisissent le même problème à deux moments distincts du procès pénal relaté, l’annonce d’un procès à venir et la reprise de l’acte d’accusation dans le premier cas, le compte rendu d’une condamnation de première instance frappée d’appel dans le second. Dans les deux hypothèses, la licéité est subordonnée à ce que le lecteur moyen perçoive qu’il s’agit d’un soupçon, exigence que la Cour zurichoise tient pour satisfaite du seul fait que l’article relate le procès sans en anticiper l’issue et rappelle expressément la présomption d’innocence, et que la Cour genevoise vérifie de la même manière.

139

Le rapprochement fait apparaître la stabilité du moment déterminant de l’appréciation. La Cour zurichoise juge que l’acquittement partiel prononcé postérieurement à la parution ne rejaillit pas sur la licéité de l’article, la véracité comme le trouble prétendument persistant devant s’apprécier au jour de la première publication. La règle prive de portée l’évolution ultérieure de la procédure pénale, ce qui se justifie par la fonction d’actualité de la presse, mais laisse ouverte, à notre sens, la question de savoir si le maintien en ligne d’un compte rendu devenu inexact appelle une appréciation autonome, question que ni l’un ni l’autre arrêt n’avait à trancher.

140

Le second axe du commentaire porte sur la preuve de la notoriété. L’arrêt genevois est ici le plus riche, qui applique par analogie les critères dégagés en droit des marques pour apprécier la valeur probante d’un sondage démoscopique, admet le sérieux méthodologique de l’étude produite, mais n’y voit qu’un élément d’appréciation parmi d’autres et relève que les proportions constatées représentent plus d’un million de personnes. La Cour zurichoise ne recourt à aucun instrument de ce type et déduit la qualité de protagoniste du rôle d’acteur essentiel et autonome attribué au demandeur pour deux des transactions litigieuses, alors même qu’il ne comptait pas parmi les principaux accusés. Les deux décisions convergent ainsi vers une conception fonctionnelle plutôt que quantitative de la personne de l’histoire contemporaine relative, le critère décisif résidant dans le lien entre l’activité publique de l’intéressé et l’objet du compte rendu, et non dans un seuil de reconnaissance. La motivation zurichoise l’exprime avec netteté en observant qu’un procès ne saurait donner lieu à un débat public si ses principaux protagonistes demeurent anonymes.

141

Les deux arrêts se complètent enfin sur la qualification des propos. Le litige zurichois ne portait que sur des affirmations de fait, soumises comme telles à la preuve de la vérité, l’imprécision affectant la distinction entre les infractions reprochées étant tenue pour indifférente au regard de ce que le lecteur moyen retient effectivement du texte. Le litige genevois y ajoute l’examen de jugements de valeur mixtes, les formules imagées reprochant à l’appelant de museler la presse étant jugées licites en raison de la solidité de leur base factuelle et de la tolérance reconnue à une certaine dose d’exagération. Lus ensemble, les deux arrêts illustrent que le seuil de tolérance accru imposé à la personne de l’histoire contemporaine n’opère pas de la même manière selon la nature du propos, la véracité gouvernant les allégations de fait, tandis que le contrôle des jugements de valeur se déplace vers l’existence d’un substrat factuel suffisant et vers le caractère inutilement blessant de la forme. (LW)

E. L’intérêt public et le droit de réponse

14. Les soupçons concernant le gestionnaire d’une caisse de pension (Tribunal cantonal de Zurich, décision du 29 janvier 2026, LB240019)

142

Le demandeur, entrepreneur actif dans les domaines de la prévoyance, de l’immobilier et de la finance, avait fondé la caisse de pension K. et l’avait dirigée de 2012 à 2014. En 2019, la défenderesse, société de médias éditrice des titres D. et E. et société mère d’un groupe de presse, a publié un article consacré à cette caisse de pension et au rôle du demandeur, repris mot pour mot, avec les mêmes titres et photographies, par les titres G., H., I. et J. édités par ses filiales. L’article faisait état du soupçon que des opérations avec des personnes proches avaient été menées au moyen d’une société-écran, d’une confusion entre les intérêts du demandeur et ceux des assurés, ainsi que de l’ouverture d’une procédure pénale contre lui.

143

Le demandeur a vu dans cette publication une atteinte illicite à sa personnalité ainsi qu’un dénigrement au sens de la loi contre la concurrence déloyale (LCD). Il a saisi le tribunal d’arrondissement de Zurich d’une action tendant à la constatation de l’atteinte, à la suppression de l’article des bases de données et à la publication d’une rectification. Par jugement du 1er mars 2024, le tribunal a rejeté l’action. Le demandeur a fait appel.

144

L’intérêt de la décision réside d’abord dans la question de la légitimation passive de la défenderesse pour les titres édités par ses filiales, que le premier juge avait niée au nom de l’indépendance juridique de chaque société du groupe.

145

Rappelant que la notion de participation à l’atteinte au sens de l’art. 28 al. 1 CC doit recevoir l’acception la plus large et englobe le simple fait de tolérer celle-ci, la Cour retient que la défenderesse, société mère de l’ensemble des éditrices concernées et unie à elles par d’étroits liens personnels, a à tout le moins toléré la reprise littérale de l’article, dont seul son propre service juridique avait vérifié la conformité au droit et sur lequel les filiales devaient s’en remettre. La défenderesse a ainsi participé à l’atteinte au sens de cette disposition, sa légitimation passive devant être admise pour tous les titres en cause.

146

Sur le fond, la Cour confirme que l’article, en imputant au demandeur une gestion opaque et irresponsable au détriment des assurés, portait atteinte à son honneur. Elle juge toutefois que le compte rendu de ces soupçons respectait les règles applicables et ne heurtait pas la présomption d’innocence. Les reproches de violation des règles de transparence et d’un éventuel comportement pénalement répréhensible étaient en effet formulés, par le choix des termes et le recours à des questions, de manière à faire apparaître au lecteur moyen qu’il ne s’agissait que de soupçons.

147

Selon la jurisprudence que la Cour rappelle, le compte rendu de simples soupçons n’exige pas que leur auteur en prouve le bien-fondé. En l’espèce, le journaliste s’était fondé sur des documents et non sur des sources anonymes et avait confronté le demandeur au résultat de ses recherches avant la publication. La Cour en déduit que les exigences du compte rendu de soupçons étaient satisfaites.

148

La Cour distingue toutefois les affirmations que le lecteur moyen devait comprendre comme des faits établis, et non comme de simples soupçons, dont la licéité suppose la preuve de la vérité. Elle retient que cette preuve a été rapportée pour l’essentiel, tant pour la propriété de la société-écran par le demandeur que pour l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre, la véracité de l’article s’appréciant au jour de sa première publication.

149

Au terme de la pesée des intérêts, la Cour fait prévaloir le besoin d’information du public. Elle retient à cet égard que la gestion de la fortune de prévoyance d’une caisse de pension, soumise à une surveillance publique et destinée à assurer la prévoyance vieillesse, répond à un besoin d’information et de transparence considérable, et que le demandeur, exerçant à ce titre une activité d’intérêt public, devait tolérer un examen critique de sa gestion. L’intérêt public l’emportant nettement sur ses intérêts privés, la Cour écarte de même toute violation de la loi contre la concurrence déloyale.

150

Bien qu’elle corrige le jugement entrepris sur la légitimation passive, la Cour rejette l’appel et confirme le rejet de l’action, l’atteinte demeurant justifiée par un intérêt public prépondérant. (LW)

15. Vingt-quatre demandes pour une seule réponse (Tribunal de commerce de Zurich, décision du 4 juin 2026, HG260010-O)[33]

151

Les requérantes sont Palantir Technologies Inc., société américaine dont le siège se trouve dans l’État du Colorado, et Palantir Technologies Switzerland GmbH, société à responsabilité limitée sise à Zurich, dont le but consiste à fournir des prestations informatiques et de marketing à l’appui des services et des produits des autres sociétés du groupe. L’intimée, Republik AG, société anonyme de droit suisse sise à Zurich, édite le magazine numérique Republik et exploite le site republik.ch.

152

Les 8 et 9 décembre 2025, l’intimée a publié deux articles consacrés aux démarches menées par les requérantes auprès des autorités fédérales, puis aux risques que leur implantation présenterait pour la Suisse. Par deux courriers du 29 décembre 2025, les requérantes ont demandé la publication de réponses visant onze passages du premier article et douze passages du second. L’intimée a refusé une première fois le 30 décembre 2025, puis derechef le 6 janvier 2026, en motivant son refus passage par passage. Les requérantes ont saisi le Tribunal de commerce le 19 janvier 2026.

153

Le Tribunal détermine d’abord le droit applicable. Le droit de réponse à l’égard des médias à caractère périodique est régi exclusivement par le droit de l’État dans lequel la publication a paru (art. 139 al. 2 LDIP). Pour les publications diffusées sur Internet, le lieu de parution est celui du fournisseur qui assume la responsabilité rédactionnelle du contenu litigieux, et non le lieu d’implantation du serveur. L’intimée assumant cette responsabilité depuis son siège zurichois, le droit suisse s’applique (consid. 1.3).

154

Les délais de l’art. 28i CC sont observés. Le Tribunal rappelle qu’il s’agit de délais de péremption, insusceptibles d’interruption ou de prolongation, dont le respect est examiné d’office, et que le refus opposé par l’entreprise de médias ouvre un délai de vingt jours pour agir en justice, à défaut de quoi l’intéressé est présumé avoir perdu tout intérêt digne de protection à la publication (consid. 2.2.1 et 2.2.2).

155

La question du texte déterminant retient davantage l’attention. Les requérantes n’ont pas soumis au juge le texte exact présenté à l’entreprise de médias. Le Tribunal rappelle la règle selon laquelle le texte dont la publication est réclamée en justice doit avoir été préalablement soumis au média, afin que celui-ci puisse en apprécier l’admissibilité et faire valoir ses objections. L’assouplissement admis par le Tribunal fédéral, qui autorise l’introduction directe d’une version modifiée lorsque le média conteste le principe même du droit de réponse, suppose une contestation générale et non un refus circonstancié. Le refus ayant ici porté sur l’admissibilité de chaque passage, l’exception ne trouve pas application et seules des modifications absolument insignifiantes demeurent recevables. Le Tribunal admet néanmoins les trois modifications litigieuses, dont deux affectaient le résumé du texte initial et non le texte de la réponse lui-même, la troisième consistant en l’abandon d’un passage, qui ne saurait affecter la recevabilité de la requête dans son ensemble (consid. 2.3.1 et 2.3.2).

156

Le caractère périodique du média ne fait pas difficulté. Le Tribunal retient que les sites Internet actualisés régulièrement, fût-ce partiellement, constituent des médias à caractère périodique au sens de l’art. 28g al. 1 CC, quand bien même ils ne se présenteraient pas comme des périodiques (consid. 2.4).

157

Sur les conditions matérielles, le Tribunal rappelle que la réponse ne peut viser qu’une présentation des faits, à l’exclusion des jugements de valeur, et que, lorsque la qualification est incertaine, il convient de rechercher si le caractère factuel ou le caractère appréciatif l’emporte, du point de vue du public moyen. La personne doit en outre être directement touchée dans sa personnalité, une atteinte n’étant pas exigée, une aptitude à faire naître dans le public une image défavorable suffisant, pour autant que l’effet soit direct et non simplement médiat ou réflexe. Le texte doit enfin se limiter à l’objet de la présentation contestée, être concis, et n’être ni manifestement inexact ni contraire au droit ou aux mœurs (consid. 2.5.1).

158

Vingt-trois des vingt-quatre passages sont écartés. Le Tribunal juge inaccessibles à la réponse les qualifications appréciatives et les conclusions tirées de faits non contestés, telles que la désignation du logiciel comme technologie de surveillance ou la présentation de l’entreprise comme réputée très fermée, de même que les affirmations dirigées contre un tiers, en l’occurrence l’autorité américaine de l’immigration, dont l’effet sur les requérantes demeure indirect, et les conjectures signalées comme telles par le texte. Il retient également le défaut récurrent de motivation de l’atteinte directe, les requérantes se bornant à des allégations générales sans distinguer la situation de chacune d’elles. Quant au contenu, le Tribunal censure les textes qui répètent ce que l’article énonçait déjà, ceux qui introduisent des éléments étrangers à la présentation contestée, ceux qui se bornent à corriger l’impression prêtée au lecteur et ceux qui, sous couvert de rectification, versent dans la présentation avantageuse de soi, en méconnaissance de la règle du fait opposé au fait (consid. 2.5.3 et 2.5.4).

159

Un seul passage est admis. L’article affirmait que le logiciel Foundry avait été initialement développé pour les États-Unis aux fins de la lutte contre l’insurrection en Afghanistan et en Irak. Le Tribunal y voit une présentation des faits vérifiable, portant sur la destination originelle d’un produit déterminé, et retient l’atteinte directe, une telle assignation étant propre à influencer sensiblement la perception publique des requérantes. La réponse, qui oppose à cette affirmation le développement du logiciel comme produit polyvalent destiné à une clientèle commerciale, reste dans l’objet du texte contesté. L’intimée échoue enfin à établir son inexactitude manifeste, le qualificatif battle-tested invoqué demeurant équivoque et ne renseignant pas sur la finalité initiale du développement, de simples doutes, fussent-ils sérieux, ne suffisant pas (consid. 2.5.4.9).

160

Le Tribunal ordonne la publication de cette réponse au bas de l’article, dans la même taille de caractères que le texte d’origine, dans les cinq jours ouvrables suivant la réception du jugement et pour la même durée que la publication initiale, mais trente jours au moins, la réponse devant demeurer accessible aux archives aussi longtemps que le texte d’origine. Il refuse en revanche la remarque liminaire générale reprochant à l’article des inexactitudes, une critique aussi indéterminée excédant le contenu admissible d’une réponse. La publication est gratuite (art. 28k al. 3 CC) et assortie de la menace de la peine de l’art. 292 CP à l’endroit des organes de l’intimée (consid. 3 et 4). Les frais, arrêtés à 9000 fr., sont répartis à raison de quatre-vingt-quinze pour cent à la charge des requérantes (consid. 5). (LW)

161

La décision a fait l’objet d’une analyse détaillée par Dr. iur. Matthias Schwaibold dans medialex 06/26, sous le titre « Ein Schuss in den Ofen», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi.


 

Notes de bas de page

  1. Doctorant à l’Université de Fribourg.

  2. Avocat-stagiaire à Fribourg.

  3. L’arrêt rendu le 19 juin 2026 par le Tribunal cantonal de Zoug dans la cause opposant Jolanda Spiess-Hegglin à Ringier SA n’est volontairement ni résumé ni commenté dans la présente contribution. Il fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born, qui paraît dans la newsletter à laquelle appartient la présente contribution. Nous renvoyons le lecteur à cette contribution. Nous reviendrons sur cette affaire dans l’aperçu consacré à l’année 2026, lorsque sera connue son issue définitive.

  4. L’arrêt 5A_405/2025 a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 04/26, sous le titre « Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/05/11/erhellendes-zur-unschuldsvermutung-und-zur-relativen-person-der-zeitgeschichte/

  5. Sur l’intérêt à la constatation en général : ATF 127 III 481, consid. 1.

  6. Cf. à ce sujet notamment ATF 147 III 185 consid. 4.2.3 ; arrêt du TF 5A_1050/2021 du 6 octobre 2022 consid. 4.4.

  7. Exceptionnellement, la diffusion d’une information factuellement inexacte peut néanmoins être justifiée par un intérêt public ou privé prépondérant au sens de l’art. 28 al. 2 CC, notamment lorsqu’un média reproduit sans commentaire, en indiquant sa source, un communiqué officiel d’une autorité de police (ATF 126 III 209 consid. 3a; TF 5A_562/2018 du 22 juillet 2019 consid. 4.1.1, ainsi que le dernier arrêt en date : TF 5A_732/2024 du 15 janvier 2026 consid. 4.3.1 et 4.4.1 résumé et commenté dans la présente revue de jurisprudence (infra 3.).

  8. L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 02/26, sous le titre « Die Dominanz des „ Gesamtzusammenhangs ” », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/03/10/die-dominanz-des-gesamtzusammenhangs/

  9. L’arrêt a fait l’objet d’une analyse détaillée de Dr. iur. Christoph Born dans medialex 09/25, sous le titre « Pure Sklaventreiberei – zulässiges Zitat eines Dritten », à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2025/11/05/pure-sklaventreiberei-zulaessiges-zitat-eines-dritten/

  10. TF 5A_641/2011 du 23 février 2012, c. 7.1 et 7.5.

  11. ATF 132 III 641, c. 6.1 ; TF 5C.31/2002 du 15 mai 2002, c. 3b/cc.

  12. Ordonnance du 5 avril 2017 concernant le registre des professions médicales universitaires (RS 811.117.3), art. 2 et 7 al. 1 let. m.

  13. ATF 139 III 86, c. 5 ; TF 4A_427/2021 du 20 décembre 2021, c. 5.1.

  14. « Das widerrechtliche Erlangen von Informationen fällt nicht unter den Persönlichkeitsschutz gemäss Art. 28 ZGB. Es ist auch keine andere Rechtsgrundlage ersichtlich, die den Berufungsklägern bei einer allfälligen unrechtmässigen Beschaffung von Informationen durch die Berufungsbeklagte einen (vorsorglichen) zivilrechtlichen Beseitigungsanspruch verschaffen würde » (« l’obtention illicite d’informations ne relève pas de la protection de la personnalité au sens de l’art. 28 CC ; on ne discerne pas non plus d’autre base légale qui conférerait aux appelants, en cas d’obtention éventuellement illicite d’informations par l’intimée, un droit civil (provisionnel) à la suppression » ; traduction libre).

  15. ATF 135 III 145, c. 5.2 ; 129 III 49, c. 2.2 ; 127 III 481, c. 2b/aa. Pour les personnes morales : art. 53 CC ; ATF 138 III 337, c. 6.1 ; TF 5A_354/2012 du 26 juin 2014, c. 3.

  16. TF 5A_1006/2025 du 24 novembre 2025 (décision présidentielle rendue en procédure simplifiée, art. 108 al. 1 let. b LTF).

  17. Papaux van Delden, Mesures provisionnelles à l’encontre d’un média à caractère périodique : du rôle de « chien de garde » de la presse, medialex 03/25 ; TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024, c. 4.1.2.

  18. ATF 138 III 378, c. 6.3, rendu à propos de l’effet suspensif de l’art. 315 al. 5 CPC.

  19. ATF 139 III 86, c. 5 : « […] il n’y a pas à opposer les préjudices auxquels les parties sont exposées pour décider s’il y a lieu d’interdire ou non la commercialisation d’un produit par voie de mesures provisionnelles […]. Il suffit que la partie requérante risque un préjudice difficilement réparable […] ; il n’est pas nécessaire que ce préjudice soit plus important ou plus vraisemblable que celui qu’encourrait la partie adverse ». Des sûretés peuvent le cas échéant être ordonnées en faveur de la partie adverse (art. 264 CPC).

  20.  ATF 147 III 185, c. 4.3.3 ; TF 5A_274/2024 du 11 novembre 2024, c. 4.3.1.1.

  21. L’arrêt zurichois s’appuie sur un commentaire de l’art. 261 CPC (consid. 3.1), puis sur une jurisprudence rendue en droit des marques (ATF 128 III 96 consid. 2e, cité au consid. 3.2). L’arrêt bâlois expose de manière plus systématique la jurisprudence récente du Tribunal fédéral (arrêts du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1, 5A_218/2022 du 4 octobre 2022 consid. 3.4.1 et 5A_419/2024 du 29 avril 2025 consid. 6.4), tout en rattachant lui aussi la pratique à ses origines en droit des marques et en droit de la concurrence déloyale.

  22. Arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.3.

  23. Arrêt du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1, avec renvoi à l’arrêt du TF 5A_309/2013 du 4 novembre 2013 consid. 5.3.2, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.2.

  24. La cour reprend ici l’arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, lui-même renvoyant à l’ATF 146 III 416 consid. 7.4.

  25. ATF 124 III 72 consid. 2a et ATF 109 II 338 consid. 3, ainsi que l’arrêt du TF 4A_197/2022 du 25 novembre 2022 consid. 2.4.1, cités dans l’arrêt du TF 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1, reproduit dans l’arrêt bâlois, consid. 6.3.

  26. Arrêt du TF 5A_419/2024 du 29 avril 2025 consid. 6.4, avec renvoi aux arrêts du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1 et 5A_218/2022 du 4 octobre 2022 consid. 3.4.1.

  27. ATF 128 III 96 consid. 2e en droit des marques et ATF 124 III 72 consid. 2a rendu sur l’art. 9 al. 1 let. a LCD, cités dans l’arrêt du TF 5A_758/2020 du 3 août 2021 consid. 4.5.1 et repris dans l’arrêt bâlois, consid. 6.2. On relèvera que ce dernier désigne ailleurs le précédent rendu en droit de la concurrence déloyale comme l’ATF 124 III 73.

  28. ATF 116 II 357 consid. 2b, ainsi que les arrêts du TF 4A_529/2008 du 9 mars 2009 consid. 4.1, 4A_379/2019 du 4 décembre 2019 consid. 9.3.1 et 4A_570/2022 du 16 mai 2023 consid. 2.1.

  29. Traduction libre de « frequent informal, repeated, and unevidenced allegations against colleagues », la lettre de licenciement du 20 août 2025 étant rédigée en anglais et citée en original dans la décision, cf. c. 2.4.

  30. ATF 141 III 513, c. 5.3.1 : « Ein wie auch immer geartetes Verhalten des Urhebers selbst setzt das Mitwirken aber schon voraus: Eine Haftung für fremdes Verhalten lässt sich aus Art. 28 Abs. 1 ZGB nicht herleiten » (« la participation suppose en tout état un comportement propre de celui qui est recherché : l’art. 28 al. 1 CC ne permet pas de fonder une responsabilité pour le comportement d’autrui » ; traduction libre) ; TF 5A_792/2011 du 14 janvier 2013, c. 6.2.

  31. Tribunal de commerce du canton de Zurich, arrêt du 21 août 2024, HG220030, résumé et commenté dans notre précédente chronique (cf. Wéry/Dupraz, Soupçon bien étayé commence par intérêt public, medialex 07/25, 4 septembre 2025).

  32. Art. 129 al. 1 LDIP, respectivement art. 10 let. a LDIP pour les mesures provisoires.

  33. La décision a fait l’objet d’une analyse détaillée par Dr. iur. Matthias Schwaibold dans medialex 06/26, sous le titre « Ein Schuss in den Ofen», à laquelle il est renvoyé pour un examen plus approfondi : https://medialex.ch/2026/07/02/ein-schuss-in-den-ofen/




Gewinnschätzung: Gewichtungsmodell mit geringer präjudizieller Bedeutung

Das Obergericht des Kantons Zug reduziert den herauszugebenden Gewinn aus prozessrechtlichen Gründen

Christoph Born, Dr. iur., Rechtsanwalt, Zumikon

Résumé: Dans l’affaire Jolanda Spiess-Hegglin contre Ringier AG concernant une atteinte à la personnalité, le Tribunal cantonal zougois a, en deuxième instance, réduit le montant des bénéfices à restituer à la plaignante. Ils sont passés de 309’531 CHF à 139’228 CHF. A l’instar du tribunal de première instance, la Cour a reconnu le droit à la restitution du bénéfice ainsi que l’assouplissement des règles de preuve concernant la causalité et la détermination du bénéfice, conformément aux directives du Tribunal fédéral dans les arrêts Schnyder, Hirschmann I et Hirschmann II. Elle a certes retenu le modèle de pondération présenté par la plaignante, mais a également souligné qu’une pondération différente des articles était tout à fait envisageable. En fin de compte, il a procédé à la réduction du montant des bénéfices pour des raisons de procédure.

Zusammenfassung: Im Verfahren Jolanda Spiess-Hegglin gegen Ringier AG betreffend Persönlichkeitsverletzung hat das Obergericht des Kantons Zug den herauszugebenden Gewinn in zweiter Instanz von CHF 309’531 auf CHF 139’228 reduziert. Wie das Kantonsgericht bejahte auch das Obergericht den Anspruch auf Gewinnherausgabe sowie die Beweiserleichterungen bezüglich Kausalität und Gewinnermittlung entsprechend den Vorgaben des Bundesgerichts in den Entscheiden Schnyder, Hirschmann I und Hirschmann II. Das von der Klägerin vorgebrachte Gewichtungsmodell schützte es zwar, hielt aber auch fest, dass eine andere Gewichtung der Artikel durchaus denkbar sei. Die Reduktion der Gewinnsumme nahm es aus prozessrechtlichen Gründen vor. Gegen das Urteil wurde Beschwerde beim Bundesgericht eingereicht.

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  I. Vorgeschichte in Kürze

1

Nach der Landammannfeier in Zug vom 20. Dezember 2014 erschienen zwischen Dezember 2014 und September 2015 in den Zeitungen “Blick”, “Blick am Abend” und/oder auf der Website www.blick.ch (“Blick Online”) die folgenden Artikel:

“Sex-Skandal in Zug: Alles begann auf der MS Rigi”

– “Jolanda ‘Heggli’ zeigt ihr ‘Weggli'”

– “Neue Fakten in Zuger Polit-Sex-Affäre aufgetaucht: DNA-Analyse bestätigt ‘Kontakt im Intimbereich'” und “DNA-Analyse in Zuger Polit-Affäre beweist ‘Kontakt im Intimbereich'”

– “Ich öffnete die Türe und sah Kleider am Boden” und “Zeugen-Protokoll der Zuger Sex-Affäre aufgetaucht: ‘Ich öffnete die Türe und sah Kleider am Boden'”.

2

Am 12. August 2020 reichte Jolanda Spiess-Hegglin (im Folgenden “Klägerin”), die als damalige Kantonsrätin der Grünen an der Landammannfeier teilgenommen hatte, beim Kantonsgericht Zug eine Stufenklage ein, die in den Antrag mündete, die Ringier AG als Herausgeberin der “Blick”-Publikationen (im Folgenden “Beklagte”) zu verpflichten, der Klägerin den durch die genannten Artikel erzielten Gewinn von gesamthaft CHF 431’527 (zuzüglich Zins) herauszugeben. Die Beklagte widersprach: Der mit den eingeklagten Artikeln erzielte “Mehrgewinn” belaufe sich auf CHF 4’913.36.

3

Dass die genannten Publikationen die Klägerin widerrechtlich in ihrer Persönlichkeit verletzten, hatte das Kantonsgericht bereits in seinem Teilentscheid vom 22. Juni 2022 festgestellt (E. 3.4 – 3.7).

4

Mit Entscheid vom 22. Januar 2025 verpflichtete das Kantonsgericht die Beklagte, der Klägerin für die streitgegenständlichen Artikel einen Gewinn von gesamthaft CHF 309’531 zuzüglich Zins von 5 % herauszugeben (vgl. dazu Christoph Born, Gewinnschätzung mit schalem Nachgeschmack und beschränkter Tragweite, medialex 01/25, 3. Februar 2025 sowie Isabelle Egli und Martin Steiger, So wurde im Fall Spiess-Hegglin die Gewinnherausgabe berechnet, medialex 04/25, 8. Mai 2025).

5

Gegen diesen Entscheid reichte die Beklagte am 24. Februar 2025 beim Obergericht des Kantons Zug Berufung ein und verlangte dessen Aufhebung sowie die Abweisung der Klage, eventualiter die Zurückweisung an die Vorinstanz zur Neubeurteilung. Die Klägerin beantragte die Abweisung der Berufung und die Bestätigung des vorinstanzlichen Entscheids.

6

Mit Urteil vom 19. Juni 2026 hiess das Obergericht die Berufung teilweise gut. Es bejahte den Gewinnherausgabeanspruch der Klägerin, reduzierte aber den durch die Beklagte herauszugebenden Gewinn von CHF 309’531 auf CHF 139’228.

Das Zuger Urteil ist noch nicht rechtskrwäftig, es wurde dagegen beim Bundesgericht Beschwerde eingereicht.

II. Erwägungen des Obergerichts

7

Nachdem das Obergericht in seiner 83 Seiten umfassenden Urteilsbegründung die von der Beklagten bestrittene Passivlegitimation bejaht und die Einrede der Verjährung verworfen sowie festgestellt hatte, die Frage der widerrechtlichen Persönlichkeitsverletzung sei bereits im Teilentscheid des Kantonsgerichts vom 22. Juni 2022 rechtskräftig entscheiden worden, wandte es sich den Einwendungen der Beklagten gegen die Erwägungen der Vorinstanz zu den Grundsätzen der Gewinnermittlung im Zusammenhang mit widerrechtlichen Persönlichkeitsverletzungen durch die Medien zu (E. 7 ff.).

8

Im Mittelpunkt stand dabei BGE 133 III 153 i.S. Schnyder gegen Ringier AG (“SonntagsBlick”, im Folgenden “Entscheid Schnyder”), in dem das Bundesgericht sich erstmals zum Anspruch auf Gewinnherausgabe bei Persönlichkeitsverletzungen durch Medien geäussert und Grundsätze darüber erlassen hatte, in welchen Fällen kein strikter Beweis in Bezug auf Kausalität und Gewinn nötig sei und nach welchen Kriterien der Gewinn bei der Berichterstattung zu ermitteln sei.

1. Abschwächung des Kausalitätsmassstabs

9

Die Beklagte hatte vor Obergericht eingewendet, es sei rechtswidrig, die Klägerin bezüglich des Kausalzusammenhangs zwischen der Persönlichkeitsverletzung und dem erzielten Gewinn von den Beweiserleichterungen profitieren zu lassen. Im Entscheid Schnyder habe das Bundesgericht die Beweiserleichterungen in Bezug auf die damalige Berichterstattung des “SonntagsBlick” angewandt. Eine “abstrakte” oder anderswie geartete Kausalität bzw. eine Durchbrechung des Kausalitätsbegriffs lasse sich daraus nicht ableiten (E.7.2.1)

10

Das Obergericht räumte zwar ein, dass das Bundesgericht den Begriff “abstrakte Kausalität” im Entscheid Schnyder nicht verwendet habe. Allerdings habe es festgehalten, dass zum Nachweis des Kausalverlaufs eine überwiegende Wahrscheinlichkeit genüge, soweit sich ein direkter Beweis aufgrund der Natur der Sache nicht führen lasse. Der unmittelbare Zusammenhang zwischen einer persönlichkeitsverletzenden Berichterstattung und der Gewinnherausgabe lasse sich aufgrund verschiedener Faktoren naturgemäss nicht strikt nachweisen. Zudem dürften keine Anforderungen an den Beweis gestellt werden, welche die Durchsetzung des Gewinnherausgabeanspruchs von vornherein illusorisch machen würden. Bei Verletzungen durch die Sensationspresse sei für die Gewinnbestimmung deshalb massgeblich, inwieweit die verletzende Berichterstattung von der Ausrichtung und Aufmachung her geeignet sei, zur Absatzförderung – d.h. zum Generieren und Halten der Auflage bzw. der Leserzahl – und damit zur Gewinnerzielung beizutragen. Eine zur Absatzförderung geeignete Berichterstattung wirke sich mit überwiegender Wahrscheinlichkeit auf den Geschäftserfolg des Presseorgans aus (E. 7.2.2 mit Verweis auf BGE 133 III 153 E. 3.3 ff. [Entscheid Schnyder] sowie auf BGer 5A_658/2014 E. 13.2.2 [Hirschmann I] und BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2 [Hirschmann II]). Gestützt auf diese bundesgerichtlichen Erwägungen befand das Obergericht, die Vorinstanz sei zu Recht zum Schluss gekommen, “dass der Verletzte in diesen Fällen nur noch die grundsätzliche Eignung der persönlichkeitsverletzenden Berichterstattung zur Gewinnerzielung nachzuweisen hat. Insofern lässt sich durchaus von einer Abschwächung des Kausalitätsmassstabs sprechen, zumal die tatsächliche Verursachung eines konkreten Gewinns gerade nicht zu beweisen ist” (E. 7.2.2).

2. Spezifische Rechtsprechung für Boulevard bzw. Sensationspresse

11

Die Beklagte bestritt, dass das Bundesgericht im Entscheid Schnyder eine boulevardspezifische Rechtsprechung begründet habe, zumal der Begriff “Boulevard” darin nicht erwähnt werde. Eine Unterstellung eines ganzen Mediums unter eine spezielle Kausalitätsregel führe zu einer unzulässigen Schematisierung, die der wirtschaftlichen Realität nicht gerecht werde. Die Annahme, dass allein die Zugehörigkeit zu einer bestimmten Medienkategorie eine Gewinnerzielung durch rechtswidrige Berichterstattung belege, sei rechtlich unhaltbar. Auch die Annahme, das Geschäftsmodell bestimmter Medien bestehe in der (regelmässigen) Verletzung der Persönlichkeitsrechte Dritter, sei unbegründet und willkürlich. Die Verletzung von Persönlichkeitsrechten gehöre nicht zum Geschäftsmodell der Beklagten. Im Entscheid Schnyder sei es zudem um eine Berichterstattung im “SonntagsBlick” gegangen. Obwohl der “Blick” nicht der “SonntagsBlick” sei, erachte es die Vorinstanz als notorisch, dass es sich bei den “Blick”-Medien im Allgemeinen und bei den streitgegenständlichen Artikeln um Boulevard handle (E 7.3.1).

12

Das Obergericht räumte ein, dass sich der Begriff “Boulevard” im Entscheid Schnyder zwar nicht finde. Allerdings gehe aus dem Entscheid ohne Weiteres hervor, dass sich das Bundesgericht darin mit den Persönlichkeitsverletzungen durch die Sensationspresse befasst habe (E. 7.3.2 mit Hinweis auf BGer 5A_658/2014 E. 13.2.2 [Hirschmann I], wo das Bundesgericht den Begriff “Sensationspresse” gebraucht). Im Entscheid Schnyder habe das Bundesgericht erwogen, es sei notorisch und bedürfe keiner Beweiserhebung, dass sich der “SonntagsBlick” auf permanenter persönlichkeitsverletzender Gratwanderung befinde und es dabei auch zu Persönlichkeitsverletzungen kommen könne.  Längerfristig lasse sich die Auflage in dem vom “SonntagsBlick” abgedeckten Marktsegment nur halten, wenn die spezifischen Erwartungen der Leserschaft regelmässig erfüllt würden, was unter anderem durch gross aufgemachte Berichte über das private Ungemach bekannter Zeitgenossen geschehe. Hänge aber das wirtschaftliche Fortkommen bzw. die Gewinnerzielung eines ökonomisch auf die betreffende Sparte ausgerichteten Mediums nicht in erster Linie mit der einzelnen Berichterstattung, sondern mit der längerfristig angelegten Befriedigung der spezifischen Erwartungen seiner Leserschaft zusammen, und würden diese dergestalt erfüllt, dass eine scharf an der Persönlichkeitsverletzung entlangführende Linie gefahren werde, bei der es zur Überschreitung der Grenze des Zulässigen kommen könne, müsse die Kausalität zwischen unrechtmässiger Persönlichkeitsverletzung und Gewinnerzielung bejaht werden, wenn und soweit die entsprechende Berichterstattung von der Ausrichtung und Aufmachung her geeignet sei, zur Erhaltung der Auflage und damit zur Gewinnerzielung beizutragen (E. 7.3.2 mit Hinweis auf BGE 133 III 153 E. 3.4 [Entscheid Schnyder]).

13

Es sei offensichtlich, so folgerte das Obergericht, dass die vier streitgegenständlichen Artikel über die Klägerin aus den Jahren 2014 und 2015 in dieses Muster passten. Die Vorinstanz habe dargelegt, weshalb die fragliche Berichterstattung an die Neugier des Publikums appelliert habe und auf die Bindung einer spezifischen Leserschaft zugeschnitten gewesen sei. Im Teilentscheid vom 22. Juni 2022 habe sie erwogen, dass der Artikel “Sex-Skandal in Zug: Alles begann auf der MS Rigi” sich nicht darauf konzentriert habe, dem Publikum die Geschehnisse rund um die Landammannfeier aufklärend zu vermitteln, sondern er habe vielmehr dazu gedient, über die Verhaltensweisen der Klägerin vor dem Hintergrund eines mutmasslich an ihr begangenen Sexualdelikts zu berichten. Der Artikel “Jolanda ‘Heggli’ zeigt ihr ‘Weggli'” habe die Klägerin in ihrer sozialen Geltung herabgesetzt und ihren Intimbereich in herablassender Weise in den Mittelpunkt der Aufmerksamkeit der Leserschaft gezogen. Im Artikel “Neue Fakten in Zuger Polit-Sex-Affäre aufgetaucht: DNA-Analyse bestätigt ‘Kontakt im Intimbereich'” (Print) und “DNA-Analyse in Zuger Polit-Affäre beweist ‘Kontakt im Intimbereich'” (Online) seien bis dahin unbekannte und intime Details über den Nachweis eines Kontakts im Intimbereich zwischen der Klägerin und ihrem Ratskollegen in skandalisierender Art und Weise preisgegeben worden. Mit dem Artikel “Ich öffnete die Türe und sah Kleider am Boden” (Print) und “Zeugen-Protokoll der Zuger Sex-Affäre aufgetaucht: ‘Ich öffnete die Türe und sah Kleider am Boden'” sei dem Leser mit brisanten Zitaten von Zeugen ein bleibender Eindruck verschafft worden, der primär auf die Blossstellung der Klägerin gerichtet gewesen sei. Vor diesem Hintergrund habe die Vorinstanz die streitgegenständlichen Artikel zu Recht als Erzeugnisse der Sensationspresse gewertet und sei zum zutreffenden Schluss gekommen, dass diese nach der allgemeinen Lebenserfahrung geeignet waren, zur Absatzförderung und damit zur Gewinnerzielung beizutragen (E. 7.3.3).

14

Im Weiteren befand das Obergericht, die Vorinstanz habe zu Recht erwogen, es sei (auch) notorisch und unbestritten, dass es sich beim “Blick” und beim “Blick am Abend” in der fraglichen Zeit allgemein um Boulevardmedien gehandelt habe. Die Beklagte habe im Berufungsverfahren nicht dargelegt, dass und inwiefern sich die Berichterstattung in den Jahren 2014 und 2015 massgeblich von derjenigen im “SonntagsBlick” im Jahr 2002 im Fall Schnyder unterschieden habe. Es sei vielmehr notorisch, dass die Berichterstattung im “Blick” und im “Blick am Abend” in den Jahren 2014 und 2015 einen ähnlichen Stil aufgewiesen habe. Im Übrigen unterstreiche auch ein am 27. Januar 2025 veröffentlichter Kommentar von Ladina Heimgartner, CEO von Ringier Schweiz, dass der “Blick” in den Jahren 2014 und 2015 und insbesondere mit den streitgegenständlichen Artikeln einen Boulevardstil gepflegt habe. Heimgartner hatte die Art und Weise, wie vor zehn Jahren über die Ereignisse rund um die Landammannfeier berichtet worden war, als Ausdruck eines harten Boulevardstils bezeichnet, den der “Blick” längst nicht mehr praktiziere (E. 7.3.4 und 7.3.5).

3. Beweiserleichterung bezüglich Gewinn bejaht, “Mehrgewinn”-Methode verworfen

15

Die Beklagte machte vor Obergericht geltend, im Entscheid Schnyder habe das Bundesgericht nichts über den Bestand und die Berechnung eines Gewinns ausgesagt. Die Vorinstanz habe das von der Beklagten präsentierte Berechnungsmodell zu Unrecht verworfen. Der nach Art. 423 Abs. 1 OR herauszugebende Gewinn sei nichts anderes als der Betrag, welchen der Geschäftsführer durch die Führung eines fremden Geschäfts erwirtschafte. Für das Persönlichkeitsrecht bedeute dies, dass der Betrag, der durch persönlichkeitsverletzende Inhalte erwirtschaftet werde, in den Schranken des Bereicherungsverbots herauszugeben sei. Es müsse also ermittelt werden, welcher Betrag auf den rechtswidrigen Inhalt entfalle. Das könne nur durch eine Gegenüberstellung des Vermögensstands des Geschäftsführers mit und ohne den Eingriff in die Rechtssphäre des Dritten erfolgen. Folgerichtig habe die Beklagte jeweils berechnet, ob und inwiefern mit den streitgegenständlichen Artikeln überhaupt ein Mehrerlös bzw. Mehrgewinn hätte erzielt werden können (E. 7.4 und 7.4.1).

16

Gestützt auf die bundesgerichtliche Rechtsprechung hielt das Obergericht fest, dass für die Gewinnbestimmung bei Persönlichkeitsverletzungen durch die Sensationspresse entscheidend sei, inwieweit die verletzende Berichterstattung von der Ausrichtung und Aufmachung her geeignet sei, zur Gewinnerzielung beizutragen. Die Vorinstanz habe deshalb zu Recht erwogen, dass auch betreffend den Nachweis der Höhe des herauszugebenden Gewinns erleichterte Anforderungen gelten würden (E. 7.4.3 mit Hinweis auf BGer 4A_22/2008 E. 5, BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2 [Hirschmann II] und BGE 133 III 153 E. 3.3 [Entscheid Schnyder]). Die Erleichterung, dass die verletzte Person nur die Eignung einer bestimmten Berichterstattung zur Absatzförderung nachweisen müsse, würde sogleich wieder ausgehebelt, wenn sie die Höhe des damit erzielten Gewinns gleichwohl genau nachweisen müsse (E. 7.4.3).

17

Wie die Vorinstanz verwarf auch das Obergericht die von der Beklagten vertretene “Mehrgewinn”-Methode. Die Vorinstanz habe überzeugend dargelegt, weshalb sich diese Methode nicht mit dem Leitentscheid Schnyder vereinbaren lasse. Das Bundesgericht habe insbesondere betont, der Begriff Gewinn könne nicht so verstanden werden, dass die Tagesauflage erhöht und gewissermassen Tagesmehreinnahmen erzielt worden sein müssten, zumal sich der unmittelbare Zusammenhang zwischen einer Berichterstattung und der Gewinnerzielung aufgrund verschiedener Faktoren nicht strikt nachweisen lasse. Demzufolge sei der herauszugebende Gewinn nicht auf einen allfälligen Mehrbetrag beschränkt, um den die Einnahmen am Tag der Publikation eines bestimmten Artikels den Durchschnitt übertreffen würden; vielmehr habe die Klägerin Anspruch auf Herausgabe des mit den streitgegenständlichen Artikeln erzielten Nettoerlöses, wobei jeweils abzuwägen sei, inwiefern die Persönlichkeitsverletzung zum erzielten Gewinn beigetragen habe. Eine konkrete Methode habe das Bundesgericht hierfür nicht vorgegeben. Sachgerecht erscheine es jedoch, das Vermarktungsinteresse der Beklagten einzuschätzen, das sich unter anderem an der Grösse, Aufmachung und Positionierung der Berichterstattung ablesen lasse. Dieses Vermarktungsinteresse sei sodann in ein angemessenes Verhältnis zu den massgebenden Umsätzen aus Verkauf und Werbeinnahmen zu bringen (E. 7.4.4 mit Hinweisen).

18

Den von der Beklagten vorgebrachten Einwand des rechtmässigen Alternativverhaltens – der Schaden bzw. Gewinn wäre auch eingetreten bzw. erzielt worden, wenn sich der Schädiger bzw. Verletzer rechtmässig verhalten hätte – verwarf das Obergericht ebenfalls. Er sei im Zusammenhang mit Persönlichkeitsverletzungen nicht sachgerecht. Andernfalls müsste der Verletzer hinnehmen, dass ein widerrechtlicher Eingriff in seine Persönlichkeit zwar zur Gewinnerzielung betrage, er aber keinen Anteil daran abschöpfen könne, weil das Medienunternehmen hypothetisch auch mit anderen Mitteln einen ähnlichen Gewinn hätte erwirtschaften können (E. 7.4.7.3).

19

Auch mit ihrem Einwand, die im Entscheid Schnyder begründete Praxis sei im vorliegenden Fall nicht anwendbar, und eine gerichtliche Schätzung des Gewinns nach Art. 42 Abs. 2 OR sei unzulässig, drang die Beklagte nicht durch. Das Obergericht hob hervor, das Bundesgericht habe im genannten Entscheid erwogen, dass sich der unmittelbare Zusammenhang zwischen einer persönlichkeitsverletzenden Berichterstattung und der Gewinnerzielung aufgrund verschiedener Faktoren naturgemäss regelmässig nicht strikt nachweisen lasse. Deshalb sei in der Lehre unbestritten, dass der Gewinn in analoger Anwendung von Art. 42 Abs. 2 OR zu schätzen sei. Damit sei offenkundig, dass es im vorliegenden Fall – zumindest teilweise – einer gerichtlichen Schätzung des Gewinns bedürfe (E. 7.5.2 mit Hinweis auf BGE 133 III 153 E. 3.3 und 3.5 [Entscheid Schnyder]). Ein Ermessensentscheid sei insbesondere dort unerlässlich, wo neben den persönlichkeitsverletzenden Artikeln weitere Faktoren zur Gewinnerzielung der Beklagten beigetragen hätten. Das gelte namentlich für die verkauften Printausgaben und den damit erzielten Werbeerlös. Diesbezüglich lasse sich der erzielte Gewinn naturgemäss nicht strikt nachweisen (E. 7.5.3).

4. Berücksichtigung des gesamten Artikels bei Gewinnschätzung

20

Im Weiteren rügte die Beklagte, die Vorinstanz hätte den herauszugebenden Gewinn innerhalb des jeweiligen Artikels anteilsmässig berechnen müssen. Persönlichkeitsverletzende Passagen eines Artikels führten nicht dazu, dass der gesamte Artikel persönlichkeitsverletzend sei (E. 7.6.1). Wiederum berief sich das Obergericht auf die bundesgerichtliche Rechtsprechung, gemäss welcher bei Persönlichkeitsverletzungen durch die Sensationspresse namentlich zu prüfen sei, inwieweit Grösse, Aufmachung und Positionierung der Berichterstattung zur Absatzförderung geeignet seien. Das spreche dafür, dass im Grundsatz der gesamte persönlichkeitsverletzende Artikel für die Abschätzung des Gewinns berücksichtigt werde. Dies müsse jedenfalls für kurz gehaltene, effekthascherische Berichte, wie es die streitgegenständlichen Artikel seien, gelten. Insofern rechtfertige es sich, bei der Gewinnberechnung jeweils den gesamten Artikel – und nicht nur dessen widerrechtlichen Teil – zu berücksichtigen (E. 7.6.4 mit Hinweis auf BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2 [Hirschmann II] und BGE 133 III 153 E. 3.5 [Entscheid Schnyder].

5. Auch Erlös aus Werbung und Verkauf im Printbereich zu berücksichtigen

21

Die Beklagte machte geltend, dass der Erlös aus Werbung und dem Verkauf von Abonnementen bei der Berechnung des herauszugebenden Gewinns ausser Acht zu bleiben habe. Wenn Werbeflächen vorgängig und unabhängig von Artikeln verkauft würden, stelle der Werbeerlös keinen Gewinn aus einem rechtswidrigen Artikel dar, sondern Umsatz aus dem Anzeigengeschäft. Auch zwischen dem Erlös aus dem Verkauf von Abonnementen und den streitgegenständlichen Artikeln bestehe kein Zusammenhang, da Abonnemente vollständig unabhängig vom einzelnen Artikel veräussert würden (E. 7.7.1).

22

Dieser Auffassung hielt das Obergericht – gestützt auf den Entscheid Schnyder – (wiederum) entgegen, dass massgeblich sei, inwieweit die verletzende Berichterstattung zur Absatzförderung geeignet sei. Trage ein persönlichkeitsverletzender Artikel zur Absatzförderung bzw. zur Bindung der Leserschaft bei, leiste er auch einen Beitrag dazu, dass das Medium für die Platzierung von Werbung attraktiv bleibe und weiterhin Anzeigen geschaltet würden (E. 7.7.4 mit Hinweis auf BGE 133 III 153 E. 3.4 [Entscheid Schnyder]). Aus den gleichen Gründen sei auch nicht zu beanstanden, dass die Vorinstanz den Erlös aus dem Verkauf von Abonnementen berücksichtigt habe (E. 7.7.6).

6. Massgebende Page Impressions

23

Die Vorinstanz hatte erwogen, bei Onlinemedien werde der relevante Werbeerlös mit Seitenaufrufen (Page Impression, Anzahl der Abrufe einer einzelnen Website) generiert, wobei der Wert eines Seitenaufrufs unter anderem von der Anzahl Werbeeinblendungen und vom Preis der zur Verfügung gestellten Werbefläche abhänge (E. 8.1). Die von der Beklagten dagegen erhobenen Rügen bezeichnete das Obergericht als nicht nachvollziehbar. An der Berechnungsmethode der Vorinstanz sei festzuhalten, zumal die Beklagte nichts anderes aufzeige. Es sei deshalb von den festgestellten und unbestrittenen Page Impressions auszugehen (E. 8.3.4.)

7. Korrektur bei Ad Impressions

24

Die Beklagte rügte, die Vorinstanz habe die Anzahl Werbeeinblendungen (Ad Impressions, Anzahl Werbeanzeigen, die auf einer Website angezeigt werden) falsch festgelegt. Die Beklagte war im erstinstanzlichen Verfahren aufgefordert worden, den Durchschnittswert der Ad Impressions auf “Blick Online” ab 24. Dezember 2014 bis Ende 2015 offenzulegen und hatte diesen mit drei Werbeplatzierungen pro Artikel angegeben. Die Vorinstanz kam zu Schluss, dass dieser Wert mit Bezug auf die streitgegenständlichen Artikel nicht korrekt sein könne. Im Ergebnis sei – wie von der Klägerin vorgebracht – von sechs bzw. fünf Ad Impressions pro Artikelaufruf auszuggehen (E. 8.4.1).

25

In Anwendung prozessrechtlicher Grundsätze erachtete das Obergericht die Rügen der Beklagten als begründet. Bei der Anzahl Ad Impressions, die bei den streitgegenständlichen Artikeln geschaltet worden seien, handle es sich um öffentlich zugängliche Informationen, welche die Klägerin sich hätte beschaffen und durch Screenshots sichern können; sie habe dies aber unterlassen, auf der Auskunft über den Durchschnittswert bestanden und keine Auskunft über die bei den streitgegenständlichen Artikeln eingeblendeten Werbungen verlangt. Demzufolge sei die von der Vorinstanz angenommene Anzahl von fünf bzw. sechs Werbeeinblendungen pro Artikel zu hoch, und ihre Berechnung des über “Blick Online” erzielten Werbeerlöses sei entsprechend zu korrigieren. Dabei sei von dem von der Beklagten genannten Durchschnittswert von drei Ad Impressions pro Artikel auszugehen (E. 8.4.3 ff.).

8. TKP gemäss Werbetarif

26

Die Vorinstanz hatte es als sachgerecht qualifiziert, dass die Klägerin – gestützt auf den Anzeigetarif der Beklagten – von einem durchschnittlichen TKP von CHF 40.00 ausgegangen sei (E. 8.5.1. TKP: Tausendkontaktpreis; Geldbetrag, der bei einer Werbemassnahme eingesetzt werden muss, um 1000 Personen einer Zielgruppe per Sichtkontakt zu erreichen). Vergeblich machte die Beklagte vor Obergericht geltend, es handle sich um eine unbelegte Annahme, dass der Tarif am Markt auch erzielt werden könne. Sie habe im vorinstanzlichen Verfahren dargelegt, dass drei Ad Impressions pro Page Impression, ein effektiver TKP von CHF 4.00 und eine durchschnittliche Auslastung des Werbeinventars von 50 % bestmögliche Annäherungswerte seien (E. 8.5.2).

27

Das Obergericht erblickte in den Ausführungen der Beklagten keine hinreichende (qualifizierte) Bestreitung. Bereits aus diesem Grund habe die Vorinstanz auf den von der Klägerin unter Verweis auf den Werbetarif der Beklagten genannten TKP von CHF 40.00 abstellen dürfen. Ferner habe die Vorinstanz die bezüglich TKP gestellten Beweisanträge der Beklagten zu Recht nicht berücksichtigt (E. 8.5.3.3 ff.).

9. Klägerisches Gewichtungsmodell geschützt

28

Die Vorinstanz hatte bei der Berechnung des Gewinns pro streitgegenständlichem Print-Artikel weitgehend auf das von der Klägerin und ihren Experten vorgetragene Gewichtungsmodell abgestellt. Mit diesem hatte die Klägerin ermittelt, was die “Wertigkeit” eines Beitrags in einer gedruckten Zeitung sei und welchen Anteil am Gewinn der Tagesausgabe dem entsprechenden Beitrag zustehen würde. Massgebend waren dabei insbesondere die Platzierung und Aufmachung, die Präsentation der Frontseite, die Anrisse auf der oberen Hälfte der Titelseite sowie die entsprechenden Artikel im ersten Bund (E. 9.2.1.1 – 9.2.1.3). Im Ergebnis erhielten die streitgegenständlichen Artikel Gewichtungswerte zwischen drei und acht Punkten (vgl. Entscheid des Kantonsgerichts Zug vom 22. Januar 2025, E. 7.2.9.1, 7.2.10.1, 7.2.11.1 und 7.2.12.1).

29

Die Beklagte wandte vor Obergericht ein, die klägerische Gewichtung sei unsubstantiiert, unbewiesen, willkürlich und nicht praxistauglich. Die Gewichtung der einzelnen Elemente scheine subjektiv vorgenommen worden zu sein, was sich beispielsweise beim Thema Sport zeige. Würde die Gewichtung der Klägerin der Realität entsprechen, müsste die “Blick”- Gruppe die Sportberichterstattung aus kommerziellen Gründen einstellen, weil die Sportinhalte zu wenig Aufmerksamkeit und Werbeerlöse generieren würden (E. 9.2.4.1).

30

Das Obergericht befand, es sei nicht zu beanstanden, dass die Vorinstanz bei der Aufteilung des Umsatzes auf die unterschiedlichen Beiträge innerhalb einer Ausgabe dem Gewichtungsmodell der Klägerin gefolgt sei. Es erscheine sachgerecht, das Vermarktungsinteresse der Beklagten an den unterschiedlichen Artikeln innerhalb einer Ausgabe einzuschätzen und mit den massgebenden Umsätzen aus Verkauf und Werbeeinnahmen ins Verhältnis zu setzen. Das Vermarkungsinteresse lasse sich namentliche an Grösse, Aufmachung und Positionierung der Berichterstattung ablesen. Deshalb sei es folgerichtig, Artikel, die prominent oder sogar auf der Titelseite präsentiert würden, stärker zu gewichten als wenig auffällig und weiter hinten platzierte Beiträge. (E. 9.2.5.2). Zwar sei eine andere als die von der Klägerin vorgeschlagene Gewichtung der Beiträge durchaus denkbar, allerdings wäre zu erwarten gewesen, dass die Beklagte eine nachvollziehbare eigene Gewichtung präsentiert hätte (E. 9.2.5.4).

10. Werbeerlöse der Printausgaben korrigiert

31

Die Vorinstanz hatte auf die von der Klägerin geltend gemachten Werbeerlöse der Printausgaben abgestellt mit der Begründung, die Beklagte habe diese nicht substantiiert bestritten. Auf eine entsprechende Rüge der Beklagten brachte das Obergericht eine Korrektur nach unten an, denn die Vorinstanz hatte übersehen, dass die Beklagte die jeweiligen Werbeerlöse genannt hatte und diese von der Klägerin nicht bestritten worden waren (E. 9.3.1 ff.).

11. Gewinn trotz Defizit

32

Die Vorinstanz hatte auch in Bezug auf zwei streitgegenständliche Artikel im “Blick am Abend” einen Gewinn festgestellt, obwohl der “Blick am Abend” unbestrittenermassen ein Verlustgeschäft dargestellt habe und im Jahr 2018 aus wirtschaftlichen Gründen eingestellt worden sei (E. 14.1).

33

Dem hielt die Beklagte entgegen, man könne nicht gleichzeitig einen Gewinn und ein Defizit erwirtschaften. Es sei weder eine Verlustminderung behauptet noch bewiesen worden. Demnach seien die defizitären Artikel im “Blick am Abend” bei der Gewinnherausgabe nicht zu berücksichtigen (E. 14.2).

34

Das Obergericht war hingegen der Auffassung, dass sich die Frage der Verlustersparnis nur gestellt hätte, wenn die abzugsfähigen Kosten den relevanten Umsatz überstiegen hätte. Es habe sich jedoch ergeben, dass auch mit zwei Artikeln im “Blick am Abend” ein (positiver) Gewinn von CHF 854.00 bzw. von CHF 5’941.00 erzielt worden sei. Es sei unerheblich, ob der “Blick am Abend” über einen längeren Zeitraum betrachtet defizitär gewesen und einige Jahre nach der Veröffentlichung der streitgegenständlichen Artikel eingestellt worden sei (E. 14.3.2).

12. Plausibilitätsrechnungen unbehelflich

35

Schliesslich hatte die Beklagte mit verschiedenen Plausibilitätsrechnungen aufzuzeigen versucht, dass die von der Klägerin angenommenen Zahlen nicht der Realität entsprechen würden. Bei einer Hochrechnung des von der Klägerin angenommenen TKP hätte ein Online-Werbeerlös von CHF 400 Mio. resultiert. Der Werbeerlös aus “Blick Online” habe in den Jahren 2014 und 2015 jedoch etwa CHF 18,4 Mio. betragen und der geprüfte Jahresgewinn nach Steuern der Ringier-Gruppe im Jahr 2014 CHF 21,4 Mio. Der von der Vorinstanz berücksichtigte Gewinn des “Blick” sei demnach zehnmal höher als der gesamthaft von der Ringier-Gruppe mit sämtlichen Geschäftstätigkeiten erzielte Gewinn. Der von der Vorinstanz festgelegte Nettogewinn der streitgegenständlichen Artikel käme einer Gewinnmarge von 92,2 % gleich; tatsächlich habe die Ringier-Gruppe im Jahr 2014 jedoch eine Gewinnmarge von 2,2 % und im Jahr 2015 eine solche von 1,2 % ausgewiesen (E. 15.2.1 f.).

36

Das Obergericht befand, die Beklagte habe nicht aufgezeigt, dass und wo sie im vorinstanzlichen Verfahren auf den Jahresgewinn 2014 der Ringier-Gruppe verwiesen habe oder inwiefern es sich dabei um zulässige Noven handle. Ohnehin sei nicht verständlich, weshalb der von der Vorinstanz berücksichtigte Gewinn diesen Jahresgewinn um das Zehnfache übersteigen solle. Davon abgesehen lege die Beklagte nicht nachvollziehbar dar, inwiefern der ermittelte Gewinnherausgabeanspruch aufgrund der von ihr vorgelegten Zahlen konkret zu begrenzen sei (E. 15.3.2).

13. Prozesskosten

37

Gestützt auf die von ihm vorgenommene Reduktion des Gewinnherausgabeanspruchs von CHF 309’531 auf CHF 139’228 auferlegte das Obergericht die Gerichtskosten sowohl des erstinstanzlichen als auch des Berufungsverfahren (je CHF 30’000) den Parteien je zur Hälfte und entschied, dass in beiden Verfahren keine Parteientschädigungen zugesprochen werden (E. 17).

III. Anmerkungen

38

Dass auch das Obergericht des Kantons Zug den Gewinnherausgabeanspruch der Klägerin bejahte, erstaunt nicht. Zu sehr erfüllen die eingeklagten Artikel die Kriterien, die gemäss Bundesgericht Anspruch auf Gewinnherausgabe verleihen. Das liegt hauptsächlich daran, dass das Bundesgericht diese Kriterien weitreichend definiert hat. Die Voraussetzungen des Anspruchs auf Gewinnherausgabe bei Persönlichkeitsverletzung durch die Medien sind demnach gegeben,

– wenn das wirtschaftliche Fortkommen bzw. die Gewinnerzielung eines ökonomisch auf die Sparte Boulevard bzw. Sensationspresse ausgerichteten Mediums “nicht in erster Linie mit der einzelnen Berichterstattung, sondern mit einer längerfristig angelegten Befriedigung der spezifischen Erwartungen seiner Leserschaft” zusammenhängt,

– wenn diese Erwartungen dergestalt erfüllt werden, “dass eine scharf an der Persönlichkeitsverletzung entlangführende Linie gefahren wird, bei der es zur Überschreitung der Grenze des Zulässigen kommen kann” und

wenn und soweit die entsprechende Berichterstattung “von der Ausrichtung und Aufmachung her geeignet ist, zur Erhaltung der Auflage und damit zur Gewinnerzielung beizutragen” (BGE 133 III 153 E. 3.4 [Entscheid Schnyder]; vgl. auch BGer 5A_658/2014 E. 13.2.2 [Hirschmann I] und BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2 [Hirschmann II]).

39

Unter Boulevard bzw. Sensationspresse versteht das Bundesgericht u.a. das Schüren sowie das Befriedigen “der natürlichen Neugier des Publikums auf vermeintliche und echte Skandale, auf Berichte von Katastrophen und Ereignissen verschiedenster Art, insbesondere aber auch auf (Home-)Storys aus dem Privatleben oder gar der Intimsphäre bekannter Zeitgenossen aus Sport, Politik und Unterhaltung” (BGE 133 III 153 E. 3.4 [Entscheid Schnyder]) sowie die Berichterstattung “über das private Ungemach der Boulevardprominenz” (BGer 5A_658/2014 E. 13.2.2 [Hirschmann I]).

40

Zu Recht hat das Obergericht festgestellt, dass die vier eingeklagten Artikel in dieses Muster passen (vgl. Rn. 13 oben). Bei der Frage, ob es sich bei “Blick” und “Blick am Abend” in der fraglichen Zeit um Boulevardmedien gehandelt habe, hat es die Beklagte dem Obergericht allerdings leicht gemacht, konnte dieses sich doch auf ein Statement von Ladina Heimgartner, Head Media & CEO Ringier Medien Schweiz, berufen, gemäss dem der “Blick” mit den streitgegenständlichen Artikeln einen harten Boulevardstil gepflegt habe, der längst nicht mehr praktiziert werde (vgl. Rn. 14 oben).

41

Somit konnte, durfte bzw. musste das Obergericht gestützt auf die Entscheide Schnyder und Hirschmann feststellen, dass die streitgegenständliche Berichterstattung von der Ausrichtung und Aufmachung her geeignet war, zur Erhaltung der Auflage und damit zur Gewinnerzielung beizutragen – womit es nicht nur den Anspruch der Klägerin auf Gewinnherausgabe sondern auch ohne weitere Prüfung die Kausalität zwischen der unrechtmässigen Persönlichkeitsverletzung in den eingeklagten Artikeln und einer Gewinnerzielung bejahen konnte (vgl. Rn. 9 ff. oben).

42

Auch bezüglich des Gewinns konnte das Obergericht angesichts der unmissverständlichen Erwägungen im Entscheid Schnyder (BGE 133 III 153 E. 3.5, bestätigt in den Entscheiden Hirschmann I [BGer 5A_658/2014 E. 13.2.1] und Hirschmann II [BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2]) nicht anders, als festzuhalten, es sei offenkundig, dass es im vorliegenden Fall – zumindest teilweise – einer gerichtlichen Schätzung des Gewinns bedürfe. Das gelte namentlich für die verkauften Printausgaben und den damit erzielten Werbeerlös (vgl. dazu Rn. 19 oben).

43

Wie das Obergericht richtig feststellte, hat das Bundesgericht keine konkrete Methode vorgegeben, wie bei der Schätzung des Nettoerlöses abzuwägen ist, inwiefern die Persönlichkeitsverletzung zum erzielten Gewinn beigetragen hat (vgl. Rn. 17 oben). Das Bundesgericht hat lediglich erwogen, dass im Rahmen der Gewinnschätzung “Eckdaten wie Umsatz-, Auflage- und Leserzahlen”, insbesondere aber auch “Grösse, Aufmachung und Positionierung der Berichterstattung” eine Rolle spielen können (BGE 133 III 153 E. 3.5 [Entscheid Schnyder] und BGE 143 III 297 E. 8.2.5.2 [Hirschmann II]). Es ist deshalb im Ansatz richtig, dass die Klägerin ihrem Gewichtungsmodell u.a. die drei zuletzt genannten Kriterien zu Grunde gelegt hat (vgl. Rn. 28 ff. oben). Auch die Gewichtung nach Frontanrissen, Seiten-Aufmachungen und Platzierungen (vgl. E. 9.2.1.2 und E. 9.2.1.3 des Obergerichtsurteils) machen Sinn. Allerdings geht aus den Erwägungen des Obergerichts (wie auch aus denjenigen der Vorinstanz) nicht hervor, wie die Klägerin zu den einzelnen Gewichtungswerten bzw. -punkten gelangt ist.

44

Die ganze Problematik, die der Gewinnschätzung inhärent ist, kommt in der Feststellung des Obergerichts zum Ausdruck, wonach eine andere als die von der Klägerin vorgeschlagene Gewichtung der Beiträge “durchaus denkbar” sei. Eine solche musste das Gericht jedoch nicht beurteilen, da die Beklagte “eine nachvollziehbar eigene Gewichtung” nicht präsentiert hatte (E. 9.2.5.4). Damit verliert das vom Obergericht geschützte Gewichtungsmodell der Klägerin erheblich an Gewicht; seine präjudizielle Bedeutung für weitere Fälle bleibt gering.

45

Eine andere Problematik bei der komplexen Gewinnbestimmung ergibt sich aus dem bundesgerichtlichen Grundsatz, wonach es nicht erforderlich sei, dass das verletzende Medium schwarze Zahlen schreibe. Der abzuschöpfende “Gewinn” könne auch in einer “Verlustminimierung” bestehen (BGE 133 III 153 E. 3.5 [Entscheid Schnyder]). Offenbar hatten das Kantonsgericht und das Obergericht ihre liebe Mühe mit dieser Erwägung. So errechnete das Kantonsgericht bezüglich zweier Artikel, die im defizitären “Blick am Abend” erschienen waren, zwar einen (positiven) Gewinn, bezeichnete den betreffenden Betrag aber als “Verlustersparnis”. Das Obergericht wiederum erblickte keine “Verlustersparnis”, sondern ging von einem “erwiesenermassen geschätzten Gewinn” aus, den die Klägerin der Beklagten herauszugeben habe (Urteil Obergericht, E. 14.3, vgl. Rn. 32 ff. oben).

46

Die Begründung des Obergerichts, weshalb jeweils der gesamte Artikel für die Abschätzung des Gewinns berücksichtigt werden müsse und nicht nur dessen widerrechtliche Teil (vgl. Rn. 20 oben), überzeugt nicht. Hier hat das Obergericht m.E. die Erwägungen des Bundesgerichts in den Entscheiden Schnyder und Hirschmann II überstrapaziert, denn es zieht zu wenig in Betracht, dass die Gewinnabschöpfung eine widerrechtliche Persönlichkeitsverletzung voraussetzt (Art. 28a Abs. 3 ZGB). Das Obergericht scheint die Problematik erkannt zu haben, denn es führte aus, dass jedenfalls bei kurz gehaltenen, effekthascherischen Berichten, wie es die streitgegenständlichen Artikel seien, der gesamte Artikel zu berücksichtigen sei. Diese Einschränkung ist zu begrüssen. Allerdings darf es nicht allein von der Länge eines Artikels abhängen, ob der gesamte Beitrag oder nur der widerrechtliche Teil für die Abschätzung des Gewinns zu berücksichtigen ist. Vielmehr muss anhand des Inhalts eines Artikels bestimmt werden, welche Bedeutung dem widerrechtlichen Teil im Gesamtkontext und im Verhältnis zum rechtskonformen Teil aus der Sicht der Durchschnittsleserschaft zukommt.

47

Dass das Obergericht den Gewinnanspruch der Klägerin von CHF 309’531 auf CHF 139’228 reduziert hat, ist materiell nicht von Bedeutung, denn es waren rein prozessrechtliche Gründe, die dazu geführt haben (vgl. Rn. 24 f. und 31 oben).

48

Zu bedauern ist, dass das Obergericht aus prozessrechtlichen Gründen nicht auf die Plausibilitätsrechnungen der Beklagten eingetreten ist, zumal diese Indizien enthielten, dass die vorgenommene Gewinnschätzung im Vergleich zur Realität generell zu hoch ausgefallen sein könnte (vgl. Rn. 35 f.).




Aktuelle Entscheide

 

1. Verfassungs- und Verwaltungsrecht – Droit constitutionnel et administratif

1.1 Allgemeines

Nichteintreten

1.1.2026.9 Besteht ein öffentliches Interesse an einem Entscheid, kann die UBI gemäss
auf eine fristgerecht Beschwerde eintreten, selbst wenn sie nicht alle formellen Voraussetzungen erfüllt  sofern ein öffentliches Interesse an der materiellen Behandlung einer besteht. Zur hier aufgeworfenen Frage, was Satire darf und wo ihre Grenzen sind, besteht bereits eine reichhaltige Praxis bei der UBI. Neue oder grundsätzliche Rechtsfragen, welche ein öffentliches Interesse an einem Entscheid begründen könnten, bestehen daher nicht. 
Entscheid b.1111 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 13. Juli 2026
Stichworte: Beschwerdebefugnis, Öffentliches Interesse, neue und grundsätzliche Rechtsfragen, 
Bestimmungen: Art. 90 und 94 RTVG

Nichteintreten

1.1.2026.8 Da der Beschwerdeführer ist weder von der gerügten Berichterstattung selbst betroffen – es ging um Patrick Fischer -, noch hat er 20 unterstützende Unterschriften aufgelegt. Desdahlb fehlt es ihm an der Beschwerdelegitimation. Zudem macht er keine konkrete Publikation geltend, die er rügen möchte, sondern kritisiert den Bericht der Ombudsstelle sowie die Arbeit der Beschwerdegegnerin im Allgemeinen. 
Entscheid b.1117 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 25. Juni 2026
Stichworte: Zuständigkeit der UBI, Beschwerdebefugnis, Begründungspflicht
Bestimmungen: Art. 94 und 95 RTVG

Nichtveröffentlichung eines Kommentars als Verletzung der Meinungsfreiheit

1.1.2026.7 Im Kommentar einem SRF-Artikel betreffend Zootierhaltung wurde kritisiert, dass auf der gesamten SRF News Seite jenes Tages der bevorstehende Prozess gegen Julian Assange mit keinem Wort erwähnt worden sei. Das ist hinreichend klare und themenbezogene Kritik über die Auswahl der für die Publikumsdiskussion geöffneten Beiträge. Vor diesem Hintergrund hat die SRG mit der Nichtveröffentlichung des Kommentars die Meinungsäusserungsfreiheit verletzt. 
BGer 2C_123/2025  vom 4. Juni 2026: A. c. SRG 
Stichworte: Programmautonomie, Netiquette, Themenbezug. 
Bestimmungen: Art. 10 EMRK, Art. 16, 17, 36, 93 BV, Art. 2 und 6 RTVG

Nichtveröffetlichung eines abfällig formulierten Kommentars

1.1.2026.06  Es lag keine im Rahmen der Netiquette sachlich nicht begründbare Unterdrückung des Kommentars im Sinn einer eigentlichen Meinungszensur  vor. essen Nicht-Veröffentlichung erfolgte wegen des abwertenden Tonfalls (“Ausnahmetalente bei der Verbreitung von wichtigen Nachrichten”; “infantil”), Der mit der Nichtveröffentlichung des Kommentars verbundene Eingriff in die Meinungsäusserungsfreiheit des Beschwerdeführers war deshalb zulässig. 
BGer 2C_270/2024  vom 4. Juni 2026: A. c. SRG 
Stichworte: Programmautonomie, Netiquette, Themenbezug, abwertender Tonfall 
Bestimmungen: Art. 10 EMRK, Art. 16, 36, 93 BV, Art. 2 und 6 RTVG

Nichteintreten

1.1.2026.04/05 Zwei Beschwerdeführer rügten, dass sie in einem Fernsehbeitrag während einer Sequenz von sieben Sekunden klar erkennbar, aber ohne ihre Einwilligung gezeigt worden seien. Gemäss UBI fehlen der Beschwerde rundfunkrechtlich relevante Rügen. Damit ist sie nicht zuständig; für die Verfolgung von Verletzungen der Persönlichkeitsrechte sind die ordentlichen (Zivil-)Gericht anzurufen. 
Entscheide b.1100 und b.1104 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 11. und 19. Mai 2026
Stichworte: Zuständigkeit der UBI, Schutz der Privatsphäre
Bestimmungen: Art. 4 RTVG

Sachgerechtigkeitsgebot

1.1.2026.03 Das Durchschnittspublikum der Sendung «SRF Börse» ist börsenaffin und konnte einordnen, dass A.R. als Interessenvertreterin eine parteiische Rolle einnahm, zumal im beanstandeten Bericht der von ihr vertretene Verein mehrmals  genannt wurde. Das Wort „Anlegerschutz“ kam im knapp zweiminütigen Bericht viermal vor. Sogar für ein nicht börsenaffines Publikum wird transparent, dass A. R. die
geschädigten Aktionärinnen und Aktionäre vertritt und damit nicht neutral ist. 

Entscheid b.1064 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 19. März 2026

Stichworte: Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot, journalistische Sorgfaltspflichten,
Bestimmungen: Art. 4 und 6 RTVG

Nichteintreten

1.1.2026.2 Besteht ein öffentliches Interesse an einem Entscheid, kann die UBI auf eine fristgerecht eingereichte Beschwerde eintreten, selbst wenn sie wie hier nicht alle formellen Voraussetzungen erfüllt. Der Beschwerdeführer rügt eine unklar formulierte Information. Dazu besteht eine reichhaltige und etablierte Praxis. Neue oder grundsätzliche Rechtsfragen, welche ein öffentliches Interesse an einem Entscheid ohne die Einhaltung der üblichen Anforderungen begründen könnten, bestanden nicht. 
Entscheid b.1083 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 12.März 2026
Stichworte: Beschwerdevoraussetzungen, Öffentliches Interesse, Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot
Bestimmungen: Art. 4 und 96 RTVG

Nichteintreten

1.1.2026.1 Besteht ein öffentliches Interesse an einem Entscheid, kann die UBI auf eine fristgerecht eingereichte Beschwerde eintreten, selbst wenn sie wie hier nicht alle formellen Voraussetzungen erfüllt. Der Beschwerdeführer rügt die Vermittlung eines einseitig positiven Bildes von Impfungen mittels manipulativer Sprache und Bildauswahl. Neue oder grundsätzliche Rechtsfragen, welche ein öffentliches Interesse an einem Entscheid ohne die Einhaltung der üblichen Anforderungen begründen könnten, bestanden nicht. 
Entscheid b.1070 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 27. Januar 2026
Stichworte: Beschwerdevoraussetzungen, Öffentliches Interesse, Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot, Vielfaltsgebot
Bestimmungen: Art. 4 und 96 RTVG

2025  

Nichteintreten

1.1.2025.21 Besteht ein öffentliches Interesse an einem Entscheid, kann die UBI auf eine fristgerecht eingereichte Beschwerde eintreten, selbst wenn sie wie hier nicht alle formellen Voraussetzungen erfüllt. Der Beschwerdeführer rügt eine unzutreffende Information, welche geeignet ist, eine bevorstehende Volksabstimmung zur Abschaffung des Eigenmietwerts zu beeinflussen und zu verfälschen. Neue oder grundsätzliche Rechtsfragen, welche ein öffentliches Interesse an einem Entscheid ohne die Einhaltung der üblichen Anforderungen begründen könnten, bestanden nicht. 
Entscheid b.1068 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 19. Nov. 2025
Stichworte: Beschwerdevoraussetzungen, Öffentliches Interesse, Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot, Vielfaltsgebot
Bestimmungen: Art. 4 und 96 RTVG

Sachgerechtigkeitsgebot

1.1.2025.20 Der monierte Beitrag aus «Schweiz aktuell» über den Entscheid der Bündner Kantonsregierung, an den Whistleblower Adam Quadroni keine Entschädigungen zu zahlen, war sachgerecht. Er liess die Behauptung, dass der Umgang mit Quadroni quasi ein normales Vorkommnis im Polizeialltag sei und ihm dieser keinen aussergewöhnlichen Schaden zugefügt habe, nicht einfach stehen. Sowohl der Quadronis Rechtsanwalt als auch der Beschwerdeführer als Strafrechtsexperte konnten ihre Kritik deutlich platzieren. Dass die Regierung zu dieser harschen Kritik ihrerseits nochmals angehört werden musste, war juristisch geboten. Insbesondere der Abschluss des Beitrags mit der erhellenden Einordnung durch den Bündner Korrespondenten korrigierte zudem allfällige Versäumnisse in der Anmoderation, sodass die Meinungsbildung des Publikums insgesamt nicht beeinträchtigt war. 
Entscheid b.1044 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 19. Nov. 2025

Stichworte: Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot, öffentliches Interesse
Bestimmungen: Art. 4 und 6 RTVG

Sachgerechtigkeitsgebot

1.1.2025.19 Das Publikum konnte sich aufgrund der korrekt und transparent vermittelten Informationen eine eigene Meinung zu beiden Publikationen bilden. Der Fokus der Beiträge war erkennbar und die Fakten wurden korrekt wiedergegeben. Die Sichtweise von zahlreichen Beteiligten (betroffene Eltern, Schulleiter von Privatschulen, Volksschulamt, Bildungsdirektorin, Verband Inclusion Handicap) zur geschilderten Situation von Kindern mit Sonderschulbedarf kam zum Ausdruck. Das Sachgerechtigkeitsgebot wurde nicht verletzt.
Entscheid b.1049 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI vom 5. Sept. 2025

Stichworte: Programmautonomie, Sachgerechtigkeitsgebot, journalistische Sorgfaltspflichten, Diskriminierung
Bestimmungen: Art. 4 und 6 RTVG

Présentation fidèle des événement

1.1.2025.18 La Radio Télévision Suisse RTS 1 a diffusé dans le cadre de l’émission télévisée « A Bon Entendeur » le « flash conso ». On a présenté les faits de manière transparente et correcte. Le manquement constaté portant sur un point secondaire n’a pas manipulé le public qui a pu se forger librement sa propre opinion. Le principe de la présentation fidèle des événements n’a pas été violé
Décision b. 1045 de l’autorité indépendante d’examen de plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) du 4 septembre 2025
Mots-clefs: Autonomie des programmes, présentation fidèle des événements, principe de transparence, discrimination
Dispositions:  Art. 4, 94, 95 LRTV

1.2 Öffentlichkeitsprinzip 

Auflagen an Medienschaffende

1.2.2026.9 Eine vor der Hauptverhandlung an Medienschaffende vom urteilenden Gericht gerichtete Verpflichtung zur Anonymisierung des Namens eines bekannten Chirurgen hat das Berner Obergericht nicht als schweren Eingriff in die Medienfreiheit, aber als unverhältnismässig eingestuft.
Obergericht des Kantons Bern: BK-2026-8 vom 22. April 2026, i.S. A. c. Generalstaatsanwaltschaft des Kantons Bern

Siehe zu diesem Thema und zum Urteil die medialex-Beiträge Noureddine, “Kann das urteilende Gericht die Anonymisierung des Beschuldigten anordnen, wenn der Fall öffentlich verhandelt wird”, medialex 02/26 und Canonica, “Die Pflicht, den Beschuldigten zu anonymisieren, war unverhältnismässig”, medialex 04/26

Zugang zu Dokumenten bezüglich der Beschaffung der neuen Kampfflugzeuge

1.2.2026.8 Zugang zu den folgenden Dokumenten bezüglich der Beschaffung der neuen Kampfflugzeuge. Es bestehen keine Spezialbestimmungen im Sinne von Art. 4 BGÖ, die der Anwendung des BGÖ entgegenstehen. Dass die Ausnahmebestimmungen von Art. 7 Abs. 1 Bst. a ­d, g und h BGÖ dem ersuchten Zugang zu den verlangten Dokumenten entgegenstehen, ist nicht ersichtlich. In einige Dokumente ist vollumfänglich Einsicht zu gewähren, in andere teilweise.
BVGer A-2022/2025 vom 12. Mai 2026 i.S. A. c. armasuisse 
Stichworte: Geltungsbereich, Verhältnis Vertraulichkeitsregeln und Transparenzgebot, freie Meinungsbilfung, Gefährdung der Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen, der Sicherheit und der aussenpolitischen und internationalen Beziehungen, Ausnahmefall Rüstungsgeschäfte 
Bestimmungen: Art. 5 und 190 BV, Art. 4, 5, 6, 7 Abs. 1, 8 BGÖ, Art. 33 MG, Art. 77, 86 und 106 MStG

Zugang zu Evalutationsbericht neues Kampfflugzeug

1.2.2026.7 Betreffend den Abschlussbericht «Evaluation neues Kampfflugzeug ­ Messtechnische Ermittlung akustischer Kenngrössen und Auswirkungsanalyse vom 30. November 2021» der EMPA bestehen keine Spezialbestimmungen im Sinne von Art. 4 BGÖ, die der Anwendung des BGÖ entgegenstehen. Die Zugangsverweigerungsgründe von Art. 7 Abs. 1 Bst. c und d BGÖ sind im konkreten Fall zwar im Grundsatz erfüllt, da die uneingeschränkte Gewährung des Zugangs zum Bericht mit einer Gefährdung der Sicherheit der Schweiz einherginge und die aussenpolitischen und internationalen Beziehungen gefährden könnte. Der Zugang zum Bericht kann daher nicht vollumfänglich gewährt werden.
BVGer A-2044/2025 vom 12. Mai 2026 i.S. A. c. EMPA 
Stichworte: Geltungsbereich, Verhältnis Vertraulichkeitsregeln und Transparenzgebot, freie Meinungsbilfung, Gefährdung der Durchführung konkreter behördlicher Massnahmen, der Sicherheit und der aussenpolitischen und internationalen Beziehungen, Ausnahmefall Rüstungsgeschäfte, Schwärzungen 
Bestimmungen: Art. 5 und 190 BV, Art. 4, 5, 6, 7 Abs. 1, 8, BGÖ, Art. 77, 86 und 106 MStG

Zugang zu Dokumenten des Nachrichtendienstes 

1.2.2026.6 Die meisten Angaben der Rechtsgrundlagenanalyse fallen in den sachlichen Geltungsbereich des Öffentlichkeitsgesetzes. Die ablehnende Verfügung des Nachrichtendienstes des Bundes (NDB) wird daher aufgehoben, soweit der Beschwerdeführerin der Zugang zum Dokument «Rechtliche Beurteilung zur Informationsbeschaffung und -bearbeitung im Zusammenhang mit Cyberangriffen» vom 29. November 2021 verweigert worden ist. 
BVGer A-4884/2023 vom 20. April 2026 i.S. Fiona Endres, SRF c. Nachrichtendienst des Bundes (NDB) 
Stichworte: Bedeutung des Ausnahmetatbestands gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ im Verhältnis zu Art. 67 NDG, Begriff “Dokument”, zielkonforme Durchführung von behördlichen Massnahmen, innere oder äussere Sicherheit der Schweiz, 
Bestimmungen: Art. 3, 4, 5, 6, 7 Abs. 1 Bst. b, c, 9, 10, 16 BGÖ, Art. 6, 67, 70 NDG, Art. 5 und 70 DSG

Zugang zu Dokumenten des Nachrichtendienstes 

1.2.2026.5 Dem Anspruch der Beschwerdeführerin auf einen teilweisen Zugang zur «Rahmenvereinbarung zwischen den Nachrichtendiensten des VBS (ND VBS) und dem Zentrum für elektronische Operationen und Cyber (FUB ZEO) vom 15. November 2018» und zur «Vereinbarung zwischen dem Nachrichtendienst des Bundes (NDB) und dem Zentrum für elektronische Operationen (FUB ZEO) über die Teil B: Zusammenarbeit im Bereich Schutz der Schweiz vor Cyberrisiken ­ Joint Cyber Technical Analysis Center (JCTAC) vom 21. Oktober 2020» steht kein Ausnahmegrund im Sinne von Art. 7 Abs. 1 BGÖ entgegen. Auch andere Gründe für eine weitergehende Einschränkung sind auch nicht ersichtlich. 
BVGer A-1318/2023 vom 20. April 2026 i.S. Fiona Endres, SRF c. Nachrichtendienst des Bundes (NDB) 
Stichworte: Schlichtung als  obligatorischer Verfahrensschritt, Informationsbeschaffung,  zielkonforme Durchführung von behördlichen Massnahmen, innere oder äussere Sicherheit der Schweiz, Begriff “Dokument”, Bedeutung des Ausnahmetatbestands gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ im Verhältnis zu Art. 67 NDG 
Bestimmungen: Art. 4 lit. b., 5, 6, 7 Abs. 1 Bst. b, c, 9, 10, 13 BGÖ, Art. 6, 67, 70 NDG

Zugang zu Dokumenten des Nachrichtendienstes 

1.2.2026.4 Die ablehnende Verfügung des Nachrichtendienstes des Bundes (NDB) wird aufgehoben, soweit der Beschwerdeführerin der Zugang zur Rechtsgrundlagenanalyse vom 11. September 2019 (Ziffn. 2­7) verweigert worden ist. 
BVGer A-4286/2022 vom 20. April 2026 i.S. Digitale Gesellschaft c. Nachrichtendienst des Bundes (NDB) 

Stichworte: Bedeutung des Ausnahmetatbestands gemäss Art. 7 Abs. 1 Bst. b BGÖ im Verhältnis zu Art. 67 NDG, Begriff “Dokument”, zielkonforme Durchführung von behördlichen Massnahmen, innere oder äussere Sicherheit der Schweiz, 
Bestimmungen: Art. 3,4, 5, 6, 7 Abs. 1 Bst. b, c, 9, 10, 16 BGÖ, Art. 6, 35, 67 NDG

Zugang zu Verträgen und Korrespondenzen 

1.2.2026.1-3 Das Gesuch um Zugang zu Verträgen zwischen dem Bund und Lieferanten von (Corona-)Impfstoffen sowie damit im Zusammenhang stehende Korrespondenz zwischen den Unternehmen und dem Bundesamt für Gesundheit (BAG) verweigerte das BAG zu Unrecht. Weder standen die zielkonforme Durchführung von behördlichen Massnahmen, aussenpolitische Interessen, Geschäftsgeheinisse noch Haftungsregelungen dem Zugang zu den Dokumenten entegegen.
BVGer A-514/2024, A-488,/2024, A-619/2024, je vom 10. Februar 2026 i.S. X. c. div. Firmen
Stichworte: Hinreichende Begründung, Schwärzungen, zielkonforme Durchführung von behördlichen Massnahmen, aussenpolitische Interessen, Geschäftsgeheinisse, Vertraulichkeitsklausel, Preis- und Zahlungsinformationen, Haftungsregelungen, Schadloshaltung
Bestimmungen: Art. 5, 6, 7 Abs. 1 Bst. b, d und g, 9, 11, 15 BGÖ

Diese Urteile haben für «medialex» RA Anna Katharina Burri und Zara Fetanat-El Tawil,  im Beitrag “Keine geheimen Covid-19-Impfstoffverträge: BAG zu weitgehender Offenlegung verpflichtet”, medialex 03/26, besprochen

2. Privatrecht – Droit privé

Gegendarstellung

2.2026.6  Einzelne Voraussetzungen für eine Gegendarstellung – direkte Betroffenheit, Tatsachendarstellung versus Werturteil, Knappheitsgebot, keine Verweigerungsgründe – waren in 23 von 24 Punkten nicht gegeben.
Urteil des Handelsgerichts Zürich vom 4. Juni 2026 i.S. Palantir Technologies Inc. und Palantir Technologies Switzerland GmbH c. Republik AG. Das Urteil ist auf der Website www.republik.ch aufgeschaltet und hier abrufbar.
Stichworte: Voraussetzungen des Gegendarstellungsanspruchs, Übereinstimmung der bei der Redaktion eingereichten Gegendarstellung und der Klage, direkte Betroffenheit, Tatsachendarstellung versus Werturteil, Knappheitsgebot, keine Verweigerungsgründe
Bestimmungen: Art.  28g ff. ZGB

Eine «medialex»-Besprechung dieses Urteils durch RA Matthias Schwaibold ist unter dem Titel “Ein Schuss in den Ofen” in medialex 06/26 abrufbar. 

Zulässige kritische Berichterstattung

2.2026.5 Das Kantonsgericht Waadt hat eine Klage des früheren Finanzdirektors Pascal Broulis abgewiesen, mit der dieser gegen den früheren Tamedia-Westschweiz-Korrespondenten vorging. Dieser hatte 2018/19 neben steuerlichen Vorgängen in erster Linie Russlandreisen Broulis’ mit einem in der Waadt pauschalbesteuerten Unternehmer kritisiert. Das Kantonsgericht fand, die Berichterstattung sei von einem überwiegenden öffentlichen Interesse gedeckt gewesen. Bekannte Persönlichkeiten müssten gegenüber Medienpublikationen mehr Toleranz zeigen als andere Personen.
Arrêt du Court d’appell civile, Tribunal cantonale Vaud, du 30 avril 2026 (PT 19.044126-250357, PT 19.044126-250359 4007)
Stichworte: Persönlichkeitsverletzung, öffentliches Interesse, Wertungen und Kommentare, journalistische Ungenauigkeiten 
Bestimmungen: Art. 28 und 28a ZGB

Eine «medialex»-Besprechung dieses Urteils durch ist unter dem Titel “Kritische Berichterstattung war rechtens“, in medialex 06/26 abrufbar.

Relative Person der Zeitgeschichte

2.2026.2-4. Einer von sieben Angeklagten im Raiffeisen-Strafprozess verlangte, dass in Artikeln, die im Vorfeld der Verhandlung vor dem Bezirksgericht Zürich im Januar 2022 erschienen waren, sämtliche Angaben über seine Person zu löschen seien. Das Bundesgericht schützte die Entscheide der Vorinstanzen, die keinen Verstoss gegen die Unschuldsvermutung erkannt und den Kläger als relative Person der Zeitgeschichte qualifiziert hatten. Es präzisierte es, dass es bei der Person der relativen Zeitgeschichte in erster Linie auf die «Aussergewöhnlichkeit des Ereignisses» ankomme und nicht auf die Rolle, welche die betroffene Person dabei spielt.
BGer 5A_405/2025 i.S. vom 13. März 2026 i.S. B.-M. c. Ringier AG ,
BGer 5A_452/2025 vom 30. März 2026 i.S. B.-M. c. CH Regionalmedien AG
BGer 5A_193/2025 vom 30. März 2026 i.S. B.-M. c. NZZ AG

Stichworte: Persönlichkeitsverletzung, Textverständnis als Rechtsfrage, Durchschnittsleser, Gesamtzusammenhang
Bestimmungen: Art.  16, 17 BV, Art. 10 EMRK, 28 und 28a ZGB

Für «medialex» hat RA Christoph Born das Urteil BGer 5A_405/2025 besprochen unter dem Titel «Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte».

Bedeutung des Gesamtzusammenhangs

2.2026.1 Haupttitel, Vorspann, Zwischentitel, Strukturierung und Leserführung einer Publikation prägen das Verständnis der Leserschaft in Bezug auf eingeklagte Passagen. Dies kann dazu führen, dass auch Passagen zu löschen sind, die an sich nicht persönlichkeitsverletzend wären.   
BGer 5A_732/2024 vom 15. Januar 2026 i.S. SRG SSR c. Läderach
Stichworte: Persönlichkeitsverletzung, Textverständnis als Rechtsfrage, Durchschnittsleser, Gesamtzusammenhang
Bestimmungen: Art.  16, 17 BV, Art. 10 EMRK, 28 und 28a ZGB

Eine «medialex»-Besprechung dieses Urteils durch RA Christoph Born ist unter dem Titel “Die Dominanz des Gesamtzusammenhangs” in medialex 02/26 abrufbar 

3. Strafrecht – Droit pénal

 

Einstellung, Recthfertigungsgründe

3.2026.2 Die Zürcher Staatsanwaltschaft stellte das Strafverfahren gegen Lukas Hässig wegen Verletzung des Bankgeheimnisses ein. Die von ihm veröffentlichten Informationen führten zur Anklage gegen Pierin Vincenz und Mitbeteiligte. Auf Beschwerde eines der Mitbeschuldigten in diesem Prozess hob das Zürcher Obergericht die Einstellungsverfügung auf und wies die Staatsanwaltschaft an, Anklage zu erheben. Bei einem Folgedelikt (Weiterverbreitung) seien an den Nachweis der Vortat (Bankgeheimnisverletzung) keine strengen Voraussetzungen geknüpft, es genüge die «Gewissheit», dass die Vortat begangen worden sei. Das Obergericht lehnte aus prozessualen Gründen ab, die Frage von Rechtfertigungsgründen zu prüfen. 
Entscheid des Obergerichts des Kt. Zürich vom 7.4.2026 (UE250539) i.S. S. c. Unbekannt, Hässig und Staatsanwaltschaft des Kt. Zürich
Stichworte: Verletzung des Bankgeheinisses, anklagegenügender bzw. hinreichender Tatverdacht, Nachweis der Vortat, Rechtfertigungsgründe
Bestimmungen: Art. 10 EMRK, Art. 47 BankG, Art. 14 StGB, Art. 319 StPO

Besprechung dieses Urteils durch RA Matthias Schwaibold im Beitrag “Hau’ den Lukas!, medialex 04/26

Quellenschutz: Entsiegelung und Durchsuchung

3.2026.1 Eine Journalistin war im Zeitpunkt des Erlasses der angefochtenen Verfügung im Zusammenhang mit einem begleiteten Suizid Beschuldigte. Die Sicherstellung der Geräte, welche sie mit sich führte, war rechtens. Sie konnte sich als beschuldigte Person nicht auf den Quellenschutz berufen.
BGer 7B_1261/2024 von 31. März 2026  i.S. A. c. Staatsanwaltschaft Schaffhausen 
Stichworte: Beschuldigte Person, Tatverdacht, Zwangsmassnahme, Quellenschutz, Beschlagnahme, Beschlagnahmehindernisse, Entsiegelung, Verhältnsimässigkeitsgebot
Bestimmungen: Art. 10 EMRK, Art. 17 BV, Art. 111, 172, 197, 246, 248, 264 StPO

Besprechung dieses Urteils durch RA David Zollinger im Beitrag “Quellenschutz auf Abruf? – Wenn der Beschuldigtenstatus zum Einfallstor für Beweiserhebungen wird, medialex 05/26

 

4. Urheberrecht – Droit d’auteur

Tarifgenehmigung

4.2025.1 Das Bundesverwaltungsgericht hat die Beschwerde gegen die Genehmigung des Gemeinsamen Tarifs K (Konzerte, konzertähnliche Darbietungen, Shows, Ballett,
Theater) durch die Eidgenössische Schiedskommission für die Verwertung von Urheberrechten und verwandten Schutzrechten (ESchK) abgewiesen. Die gesetzlichen Kriterien habe die ESchK richtig ausgelegt; ihr Entscheid erscheine angemessen. Auch ein unter Wettbewerbsbedingungen vereinbarter Tarif würde nicht erheblich von der vorliegenden Regelung abweichen.

BVGer B-5328-2024 vom 15. Juli 2025 i.S. Swiss Music Promoters Association c. Suisa und Swissperform
Stichworte: Kognition, Anspruch auf rechtliches Gehör, relevante Angemessenheiteskriterien, Vermittlungsabzug, Mitwirkungspflichten, Intensität der Werknutzung, Gleichbehandlungsgebot, Verfahrenskosten, Entschädigung
Bestimmungen: Art. 45, 51, 55, 59 f., 63 URG, Art. 12 VwVG

5. Wettbewerbsrecht – Droit de la concurrence

 

6. Weitere Rechtsgebiete – Domaines juridiques divers

7. Ethik/Selbstregulierung – Ethique/autorégulation

Besonderheiten von Interviews

7.2026.20 Die Äusserung «pointierter persönlicher Standpunkte» ist ein wesentliches Merkmal von Interviews und die Abbildung «verschiedener Interpretationen von Fakten» ein «notwendiger Teil der demokratischen Meinungsbildung». 
Stellungnahme 20/2026 des Schweizer Presserates (X. c Tages-Anzeiger)
Stichworte: Wahrheit, Besonderheiten von Interviews, Menschenwürde, Diskriminierung
Bestimmungen: Ziff. 1 und 8 «Erklärung»

Kommentarfreiheit, Diskriminierung

7.2026.19 Die Aussage «Aber wer Israel vorwirft, in Gaza einen ‹Genozid› zu begehen, verdreht die Tatsachen auf groteske Weise» stellt keine Verletzung des Ansehens des Berufs oder der medienethischen Sorgfaltspflichten dar. Die Infragestellung des Genozidvorwurfs an Israel enthält keine  diskriminierenden Anspielungen gegenüber Palästinenserinnen und Palästinensern. 
Stellungnahme 19/2026 des Schweizer Presserates (X. c «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Freiheit der Information, Kommentarfreiheit, Entstellung von Tatsachen, Diskriminierung
Bestimmungen: Art. 11 Geschäftsreglement, Ziff. 2, 3 und 8 «Erklärung»

Unabhängigkeit

7.2026.18 Die «SonntagsZeitung» hat mit dem Artikel «Die Staatsanwaltschaft spricht von ‹Rechtsverweigerung›» vom 4. August 2024 die Ziffer 2 (Unabhängigkeit und des Ansehens des Berufs) nicht verletzt.  
Stellungnahme 18/2026 des Schweizer Presserates (Barbier-Mueller c. «SonntagsZeitung»)
Stichworte:Eintretenm Parallelverfahren,  Unabhängigkeit des Journalistenberufs, Trennung von Fakten und Kommentar, Öffentliche Funktionen
Bestimmungen: Ziff. 2 «Erklärung», Richtlinien 2.3, 2.4

Wahrheit

7.2026.17 Der beanstandete Artikel thematisierte nicht den wirtschaftlichen Erfolg verschiedener Maurmer Kulturangebote, sondern die Frage, welche davon verschiedene Generationen nutzen. Die kritisierte Passage behandelt die Bemühungen, die Jugend mit Kulturangeboten im Dorf zu halten, und bewertet Angebote als letztlich «erfolglos». Im Kontext des Artikels muss die Passage so verstanden werden, dass die erwähnten Kulturangebote es nicht geschafft haben, die Jugend vermehrt im Dorf zu halten. Diese Lesart stellt keine überprüfbare Tatsachenbehauptung dar, sondern ist als persönliche Einschätzung des Autors zu werten.  
Stellungnahme 17/2026 des Schweizer Presserates (X. c. «Maurmer Zeitung»)
Stichworte: Wahrheit, Stossrichtung eines Artikels, Fakten und Wertungen
Bestimmungen: Ziff. 1 «Erklärung»

Recherche de la vérité, discrimination


7.2026.16  En organisant un débat sur les élections valaisannes sans inviter un représentant du parti Vert’libéral, non représenté au parlement cantonal, l’émission Forum de la RTS n’a pas violé la «Déclaration». 

Prise de position 16/2026 du Conseil suisse de la presse (Parti Vert’libéral valaisan c. RTS)

Mots-clefs: Recherche de la vérité, liberté d’information. pluralisme des points de vue, discrimination

Dispositions: Chiffre 1, 2 et 8 de la «Déclaration», Directive 1.1, 2.2, 8.2

Vérité, pluralisme des points de vue


7.2026.15 Dans son article «Mobilisation pour Gaza. La police dévie une manif s’approchant de la synagogue de Lausanne», le quotidien «24 heures» a failli à la recherche de la vérité telle qu’exigée dans le chiffre 1 de la «Déclaration». 

Prise de position 15/2026 du Conseil suisse de la presse (X. c. «24 heures»)

Mots-clefs: Recherche de la vérité, pluralisme des points de vue, distinction entre l’information et le commentaire, illustrations

Dispositions: Chiffre 1, 2 et 8 de la «Déclaration», Directive 1.1, 2.2, 2.3, 3.4

Dignité humaine, Respect de la vie privée


7.2026.14 En publiant l’article intitulé «La situation s’aggrave à la rue de Genève» et en l’illustrant, notamment, par une photo en petit format d’une personne allongée sur le sol d’un immeuble dans une situation de détresse, «Lausanne Cités» n’a violé la «Déclaration». 

Prise de position 14/2026 du Conseil suisse de la presse (X. c. «Lausanne Cités»)

Mots-clefs: Respect de la vie privée, protection des victimes, situations de détresse, maladie, guerre et conflits, dignité humaine

Dispositions: Chiffre 7 et 8 de la «Déclaration», Directive 7.1, 7.8, 8.3

 

Anhörung bei schweren Vorwürfen

7.2026.13 Einem Pfarrer wurde unterstellt, er unterstütze zumindest indirekt Terrorsymbole und trage zu Judenhass bei. Diese Behauptungen sind zweifelsfrei schwere Vorwürfe. Der Autor hat zwar die Pressestelle der Kirche kontaktiert, doch das reicht nicht. Bei schweren Vorwürfen ist es zwingend, dass sich Journalistinnen und Journalisten darum bemühen, die direkt betroffene Person zu kontaktieren, nicht nur beispielsweise ihren Arbeitgeber.
Stellungnahme 13/2026 des Schweizer Presserates (X. c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Wahrheit, Trennung von Fakten und Kommentar, Anhören bei schweren Vorwürfen
Bestimmungen: Ziff. 1, 2 und 3 «Erklärung», Richtlinien 2.3 und 3.8

Wahrheit, Berichtigungspflicht

7.2026.12 Ein Artikel über die Hamburger Vergewaltigungsfälle enthielt mehrere Unwahrheiten. Der journalistische Umgang mit Justizfällen erfordert eine besondere Sorgfalt, weil durch fehlerhafte Berichterstattung das Vertrauen in den Rechtsstaat erschüttert werden kann.  
Stellungnahme 12/2026 des Schweizer Presserates (Y. c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Wahrheit, Fokus eines Artikels, Berichtigungspflicht, Zeitpunkt der Berichtigung
Bestimmungen: Ziff. 1 und 5 «Erklärung», Richtlinie  5.1

Wahrheit, Quellen

7.2026.11 Im beanstandeten kritischen Bericht über Missbildungen oder Gendefekte bei Hunden als Folge von Züchtungen wurden Begriffe von einer Fachperson verwendet und von der Journalistin übernommen. Selbst wenn es sich nicht um in wissenschaftlichen Publikationen verwendete Begriffe handeln sollte, liegt kein Verstoss gegen die Wahrheitspflicht vor. 
Stellungnahme 11/2026 des Schweizer Presserates (X. c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Wahrheitssuche, Berichtigungspflicht.
Bestimmungen: Ziff. 1 und 5 «Erklärung», Richtlinien 1.1 und  5.1

Berichtigungspflicht

7.2026.10 Die NZZ hat zwar in ihrem Kommentar zam Tage nach Erscheinen des Artikels «Zuerst sollte es geheim bleiben, jetzt ist klar: Die Beraterin der Bundesrätin Viola Amherd verdient mehr als der US-Präsident» die von ihr veröffentlichten Zahlen relativiert, jedoch die dahinter stehende Grundproblematik (Gleichsetzung von Kostendach mit bezahltem Lohn) nicht korrigiert. Und sie hat es insbesondere versäumt, den eindeutig falschen Titel klar als falsch zu bezeichnen. 
Stellungnahme 10/2026 des Schweizer Presserates (Eidgenössisches Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport VBS c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Wahrheitssuche, Berichtigungspflicht.
Bestimmungen: Ziff. 1 und 5 «Erklärung», Richtlinien 1.1 und  5.1

Courrier des lecteurs

7.2026.09 En modifiant une lettre de lecteur pour la mettre en conformité avec les règles de la rédaction, «La Liberté» n’a pas contrevenu au chiffre 5 de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste». 

Prise de position 09/2026 du Conseil suisse de la presse (X. c. «La Liberté»)

Mots-clefs: Courrier des lecteurs

Dispositions: Chiffre 5 de la «Déclaration», Directive 5.2

 

Anhörung und Wahrheitssuche

7.2026.08 Wenn zwischen zwei Publikationen mehr als 14 Monate vergangen sind, ist das ein Zeitraum, der die Journalistin jedenfalls hätte veranlassen müssen, zu prüfen, ob sich die Sachlage oder der Standpunkt der kritisierten Partei in Bezug auf die beanstandeten Punkte inzwischen möglicherweise geändert haben. Die Journalistin wäre zumindest verpflichtet gewesen, die damalige Stellungnahme des HEKS im Artikel der «NZZ am Sonntag» wiederzugeben.
Stellungnahme 08/2026 des Schweizer Presserates (HEKS c. «bz Basel»)
Stichworte: Anhörung  bei schweren Vorwürfen, Ausnahmen von der Anhörungspflicht
Bestimmungen: Ziff. 1, 3  und 5 «Erklärung», Richtlinie 1.1, 3.8, 3.9 

Recherche de la vérité

7.2026.07 Dans son article «Dans la rue Al-Rashid de Gaza, la défaite d’Israël», le quotidien «Le Temps» n’a pas violé le chiffre 1 (recherche de la vérité) de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste».

Prise de position 07/2026 du Conseil suisse de la presse (X. c. «Le Temps»)
Mots-clefs: Recherche de la vérité

Dispositions: Chiffre 1 de la «Déclaration», Directive 1.1

 

Wahrheitspflicht

7.2026.06 Die Bezeichnungen «Putin-Versteher» und «Sowjet-General» in den Titeln des Artikels bzw. Podcasts sind als Zuspitzung zu verstehen, die im Zusammenhang mit den kontroversen Aussagen des deutschen Generals a. D. Harald Kujat stehen. Aus dem Text wird klar, dass «Sowjet-General» ein Zitat eines US-Botschafters ist. Zudem ist festzuhalten, dass Kujat durch seine Rollen in der Vergangenheit und Gegenwart in die Öffentlichkeit getreten ist und sich öffentliche Kritik gefallen lassen muss. 
Stellungnahme 06/2026 des Schweizer Presserates (Kujat c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Wahrheit, Unterschlagen wichtiger Informationselemente, Entstellen von Tatsachen, sachlich nicht gerechtfertigte Anschuldigungen.
Bestimmungen: Ziff. 1, 3 und 7 «Erklärung»

Suppression d’informations essentielles

7.2026.05 En publiant l’article «Dans le monde actuel, on est une cible», «La Liberté» n’a pas violé les chiffres 1 (recherche de la vérité), 2 (distinction entre l’information et les appréciations), 4 (entretiens aux fins d’enquête), 5 (rectification) et 7 (accusations gratuites) de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste». 
Prise de position 05/2026 du Conseil suisse de la presse (CROP c. «La Liberté»)
Mots-clefs: recherche de la vérité, distinction entre l’information et les appréciations, entretiens aux fins d’enquête, rectification, acusations gratuites

Dispositions: Chiffre 1, 2, 3, 5 et 7 de la «Déclaration», Directives 1.1,  2.3, 4.6

Illustrationen


7.2026.04 Im vorliegenden Fall erschloss es sich für das Publikum nicht, in welchem Zusammenhang das von der Redaktion gewählte Bild zum Artikel steht, der die Auswirkungen russischer Desinformation auf die Schweiz thematisiert. Daher dürfte es mehrheitlich als Symbolbild wahrgenommen worden sein. Dennoch wäre es zu begrüssen gewesen, wenn das Bild explizit als Symbolbild gekennzeichnet worden wäre, um allfälligen Missverständnissen vorzubeugen.
 
Stellungnahme 04/2026 des Schweizer Presserates (Frank und Patrik Riklin c. «Neue Zürcher Zeitung»)
Stichworte: Illustrationen, Zusammenhang zwischen Text und Bild,  Kennzeichnung als Symbolbild
Bestimmungen: Ziff. 3 «Erklärung», Richtlinien 3.4

Wahrheitspflicht

7.2026.03 Die Kombination von «Hormonexpertin im Dienst der Industrie», «Fachleute kritisieren Verharmlosung von Risiken» und «Pikant: erweckt den Eindruck, die Ärztin tue gegen Bezahlung, was der Industrie nützt. Angesichts von 13’100 Franken, die die Ärztin in acht Jahren für ihre vermutet fragwürdige Arbeit von Pharmafirmen erhalten hat, ist die Behauptung der Käuflichkeit nicht genügend begründet. Der Vorwurf, finanzielle Motivation bestimme Teile ihrer Arbeit, wiegt schwer. Der auf den so formulierten Titel folgende Artikel belegt die Kritik nicht ausreichend.
Stellungnahme 03/2026 des Schweizer Presserates (Insel Gruppe c. «Gesundheitstipp»)
Stichworte: Wahrheit, Belegen von erweckten Eindrücken, Unterschlagung wichtiger Informationselemente 
Bestimmungen: Ziff. 1 und 3 «Erklärung»

Anhörungspflicht

7.2026.02  Den von den schweren Vorwürfen Betroffenen sind die zur Publikation vorgesehenen Kritikpunkte präzise zu benennen. Falls es sich um Jahre zurückliegende Vorwürfe handelt, ist eine erneute Möglichkeit zur Stellungnahme nötig. Sind  Vorwürfe aktuell und allgemein bekannt, so ist zumindest darauf hinzuweisen, falls der Betroffene es bisher immer abgelehnt hatte, zu den Vorwürfen Stellung zu nehmen.
Stellungnahme 02/2026 des Schweizer Presserates (Regierung des Kantons Graubünden c. «Südostschweiz»)
Stichworte: Anhörung  bei schweren Vorwürfen, präzisie Benennung von Vorwüürfen,  zurückliegende Vorwürfe.
Bestimmungen: Ziff. 3 «Erklärung», Richtlinie 3.8

Anhörungspflicht

7.2026.01  Auch wenn schwere Vorwürfe zutreffen und ausreichend belegt sind, sind die Redaktionen dazu verpflichtet, die Adressaten der Vorwürfe anzuhören und ihnen die Möglichkeit zu geben, sich dazu zu äussern. Die berufsethischen Pflichten entfallen nicht, weil eine Organisation allenfalls umstritten ist.
Stellungnahme 01/2026 des Schweizer Presserates (Verein AMQG/AUFG c. «Republik»)
Stichworte: Anhörung  bei schweren Vorwürfen, Ausnahmen von der Anhörungspflicht, Rufschädigung
Bestimmungen: Ziff. 3 «Erklärung», Richtlinie 3.8

 

 




Neue Literatur

Born, Christoph. – Gewinnschätzung: Gewichtungsmodell mit geringer präjudizieller Bedeutung, medialex 07/26, 29. August 2026

Born, Christoph. – Erhellendes zur Unschuldsvermutung und zur relativen Person der Zeitgeschichte, medialex 04/26, 11. Mai 2026

Born Christoph.Die Dominanz des ‘Gesamtzusammenhangs’, in: medialex 02/26, 10. März 2026

Brogle Jean. – Wie wird die Medienvielfalt bei sportlichen Grossanlässen gewährleistet, in: medialex 02/26, 10.März 2026

Burri, Anna Katharina, Fetanat-El Tawil, Zara. – Keine geheimen Covid-19-Impfstoffverträge: BAG zu weitgehender Offenlegung verpflichtet, in: medialex 03/26, 10. April 2026

Canonica Simon, Kritische Berichterstattung war rechtensEx-Staatsrat Broulis blitzte mit einer Klage beim Kantonsgericht Waadt deutlich ab, in: medialex 06/26, 2. Juli 2026

Canonica, Simon.Fehlkonstruktion Art. 47 Abs. 1 lit.c BankG: Hilfe kommt derzeit von unerwarteter Seite, in: medialex 02/26, 6. Februar 2026

Classen, Jörn und Plum-Schneider, Isabel. Das Recht auf Vergessen in der äusserungsrechtlichen Praxis, in NJW, Jg. 2025, Nr. 78

Dumermuth, Martin. –  Von den journalistischen Medien zu den sozialen Plattformen : rechtliche Herausforderungen, in: Zeitschrift des Bernischen Juristenvereins, ZbJV, 2026, Nr. 162

Huber. Roger. –  Die Jagd nach Whistleblowern: Was bleibt vom Schweizer Quellenschutz? in: medialex 10/25, 8. Dezember 2025

Keune, Thea und Jeker, Konrad. – Tendenziöse Berichterstattung und Vorverurteilung im Strafprozess, in: Anwaltsrevue, Nr. 29, 2026

Kübler, Philip. ABC der Bildrechte: ein Leitfaden von Autorschaft bis Zusammenarbeit, in: medialex 08/25, 8. Oktober 2025

Ladanie-Kämpfer, Daniel. – Überblick über praxisrelevante Entscheide des Jahres 2025 zum Öffentlichkeitsgesetz BGÖ, in: medialex 03/26, 10. April 2026

Mazou, Miriam, Besse, Marie.Morceaux choisis de jurisprudence pénale rendue durant l’année 2025 en lien avec les médias, medialex 05/26, 5 juin 2026

Meer, Michael A. (Hrsg.). – Urheberrecht und verwandte Schutzrechteaus der Reihe Schweizerisches Immaterialgüter- und Wettbewerbsrecht (SIWR), Basel, Helbing Lichtenhahn, 4. Auflage, 2025

Menn, Annatina. – Kopie, Aneignung und Referenz in der (digitalen) Kunst : eine Analyse aus urheberrechtlicher Sicht, in Sic! ; Nr. 29, 2025

Noureddine, Hussein. – Kann das urteilende Gericht die Anonymisierung des Beschuldigten anordnen, wenn der Fall öffentlich verhandelt wird, in: medialex 02/26, 10. März 2026

Poulikakos, George Darvish und Groth, Stephan. –  Hausdurchsuchung im Medienhaus: wie vorgehen? In Forum poenale, 2025, Nr. 18

Prazeller, Markus und Walker, Simon. Der «fliegende Gerichtsstand» bei Persönlichkeitsverletzung, in: medialex 06/25, 9. Juli 2025

Rieder, Peter. Paradigmenwechsel beim VielfaltsgebotRechtsprechungsübersicht 2025 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI, in: medialex 06/26, 2. Juli 2026 

Salvadé, Vincent. –  Intelligence artificielle et droit d’auteur : de l’input à l’output, en passant par le droit international privé et la motion Gössi, in Sic !, Nr. 30, 2026

Schwaibold, Matthias. – “Hau ‘ den Lukas”, Anmerkungen zum jüngsten Beschluss des Zürcher Obergerichts zum Strafverfahren gegen Lukas Hässig wegen Verletzung des Bankgeheimnisses, in: medialex 04/26, 11. Mai 2026

Schwaibold, Matthias. – Ein Schuss in den Ofen, Das Handelsgericht Zürich wies eine Gegendarstellungsklage der Firma Palentir gegen die «Republik» fast vollständig ab, in: medialex 06/26, 2. Juli 2026

Schweizer, Michael, Hofer, Matthias. – Übersicht zur Praxis des Schweizer Presserats der Jahre 2024-2025, in: medialex 04/26, 11. Mai 2026

Stoll, Martin.Verwaltungstransparenz zwischen Rechtsanspruch und Verwaltungspraxis, Wie finanzielle, strukturelle und politische Hürden das Öffentlichkeitsprinzip begrenzen, in: medialex 05/26, 5. Juni 2026

Teichmann, Fabian. – Deepfake-Imitation und Betrug durch KI-generierte Medien, in Kriminalistik, Nr. 80, 2026.

Welser, Marcus. – KI-Verordnung und Urheberrecht, in: Sic! Jg.  2025,  Nr. 29

Wéry Louis, Dupraz, Jonas. –  Vaine croisade d un prévenu contre des comptes rendus de procès, medialex 07/26, 29 août 2026

Vinzenz Wyss und Louis Schäfer. – Im Kampf um Medienfreiheit SLAPPs entlarven in: medialex 01/26, 6. Februar 2026,

Zeller, Franz.Schutz der journalistischen Wächterrolle ist mehr als ein blosses LippenbekenntnisEntscheidübersicht Verfassungsrecht und EMRK: Medienrelevante Rechtsprechung 2024, in: medialex 10/25, 8. Dezember 2025 

Zollinger, David.Quellenschutz auf Abruf? – Wenn der Beschuldigtenstatus zum Einfallstor für Beweiserhebungen wird, in: medialex 05/26, 5. Juni 2026

 




newsletter 06/26

Übersicht 2025 zur Praxis der UBI und wenig erfolgreiche Klagen von Palantir und Ex-Staatsrat Broulis

Liebe Leserin, lieber Leser

Am meisten Diskussionsstoff bot im Juni das Urteil des Obergerichts des Kantons Zug in Sachen Spiess-Hegglin c. Ringier. Die Oberinstanz reduzierte die vom Kantonsgericht Zug letztes Jahr zugesprochene Gewinnherausgabe von rund 310’000 CHF auf 140’000 CHF, also um etwas mehr als die Hälfte. Die Gerichtskosten wurden neu zu gleichen Teilen auferlegt, und es gab keine Parteientschädigung für die Klägerin. Das Urteil ist auf der Website von Steiger Legal zu finden. Rechtsanwalt Christoph Born wird den Entscheid für «Medialex» zeitnah besprechen.

Neu finden Sie bei uns die Jahresübersicht 2025 zur Praxis der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI. Dr. Pierre Rieder stellt unter dem Titel «Paradigmenwechsel beim Vielfaltsgebot» fest, dass die UBI im Berichtsjahr ihre Praxis zum Vielfaltsgebot ausgeweitet und verschärft hat. Sie hiess eine Beschwerde gegen die fehlende Berichterstattung über die Protokolle des Krisenstabs des Robert Koch-Instituts bei SRF gut, denn das Vielfaltsgebot werde verletzt, wenn ein konzessionierter Veranstalter im zu beurteilenden Zeitraum nicht über ein relevantes Ereignis wie die Veröffentlichung dieser Protokolle informiere. Zahlreiche das Sachgerechtigkeitsgebot betreffende Fälle hatten der UBI zudem ermöglicht, ihre schon bisher reichhaltige Rechtsprechung zu dieser zentralen Bestimmung des Programmrechts weiter zu verdeutlichen.

«Ein Schuss in den Ofen» lautet die Überschrift der Besprechung eines aktuellen Urteils des Zürcher Handelsgerichts durch Rechtsanwalt Matthias Schwaibold. Strittig waren zwei umfangreiche Gegendarstellungsgesuche der Softwarefirma Palantir, dies nach zwei kritischen Berichten im Magazin «Republik». Vor Gericht drang Palantir nur bei einer von insgesamt 23 beanstandeten Textstellen durch. Der Autor der Urteilsanalyse hätte sogar auch die gutgeheissene Passage abgewiesen, da es dieser an der erforderlichen Betroffenheit und Knappheit gefehlt habe. Ganz generell zieht er das Fazit, dass das Verfahren Palantir nichts gebracht habe – ein Schuss in den Ofen eben.

Der dritte Beitrag setzt sich mit einem 261-seitigen (!) Urteil des Kantonsgerichts Waadt auseinander, mit dem eine Klage des früheren Finanzdirektors und heutigen Ständerats Pascal Broulis abgewiesen wurde, die sich gegen neun Artikel eines Tamedia-Journalisten und ein Interview mit diesem im Westschweizer Fernsehen gerichtet hatte. Der Journalist hatte harte Kritik am damaligen Finanzdirektor geübt, in erster Linie weil dieser gemeinsam mit einem in der Waadt pauschalbesteuerten Unternehmer Russland bereist hatte, aber auch wegen ungewöhnlichen steuerlichen Vorgängen. Im Entscheid, den ich im Beitrag  «Kritische Berichterstattung war rechtens» bespreche, gelangt das Kantonsgericht – teils im Gegensatz zur Vorinstanz – zum Ergebnis, der Journalist habe die Grenzen des von der Meinungs- und Medienfreiheit geschützten Informationsauftrags nicht überschritten. Bekannte Persönlichkeiten müssten gegenüber Medienpublikationen mehr Toleranz zeigen als andere Personen. «Medialex» verfolgt den Fall weiter, falls Broulis Beschwerde beim Bundesgericht erhebt, womit wohl zu rechnen ist.

Unter «Aktuelle Entscheide» finden Sie die Liste mit neu publizierten medienrechtlich relevanten Urteilen der Bundesgerichte, UBI-Entscheiden und Stellungnahmen des Presserats. «Neue Literatur» bietet Ihnen einen Überblick über neu erschienene wissenschaftliche Publikationen zum Medienrecht.

Ich wünsche Ihnen einen schönen, aber nicht zu heissen Sommer. Der nächste Newsletter erscheint Ende August.

Simon Canonica
Redaktor «Medialex»

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Paradigmenwechsel beim Vielfaltsgebot

Rechtsprechungsübersicht 2025 der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen UBI

Pierre Rieder, Dr. iur., Bern

Résumé: En admettant la plainte contre la non-couverture de la radio télévision suisse alémanique SRF sur les procès-verbaux de la cellule de crise Corona de l’Institut allemand Robert Koch (RKI), l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a élargi et renforcé sa pratique en matière du principe de pluralité. Selon cette décision, le fait qu’un diffuseur bénéficiant d’une concession n’ait pas rendu compte, au cours de la période considérée, d’un événement pertinent tel que la publication des procès-verbaux du RKI constitue une violation de l’art. 4, al. 4 LRTV. Les nombreux cas relatifs au principe de présentation fidèle des événements ont en outre permis à l’AIEP de préciser davantage sa jurisprudence, déjà très riche, concernant cette disposition centrale du droit des programmes. Elle a ainsi constaté que le principe de présentation fidèle des événements n’implique pas un droit d’autorisation pour les personnes interviewées quant aux déclarations diffusées.

Zusammenfassung: Mit der Gutheissung der Beschwerde gegen die fehlende Berichterstattung über die Protokolle des Krisenstabs des Robert Koch-Instituts (RKI-Protokolle) bei SRF hat die UBI ihre Praxis zum Vielfaltsgebot ausgeweitet und verschärft.  Wenn ein konzessionierter Veranstalter im zu beurteilenden Zeitraum nicht über ein relevantes Ereignis wie die Veröffentlichung der RKI-Protokolle informiert, stellt dies gemäss diesem Entscheid eine Verletzung von Art. 4 Abs. 4 RTVG dar. Die vielen das Sachgerechtigkeitsgebot betreffenden Fälle ermöglichten der UBI zudem, ihre schon bisher reichhaltige Rechtsprechung zu dieser zentralen Bestimmung des Programmrechts weiter zu verdeutlichen. So stellte sie fest, dass das Sachgerechtigkeitsgebot kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen hinsichtlich der ausgestrahlten Aussagen beinhaltet.

Inhaltsverzeichnis:

I. Überblick  Rn. 1

II. Sachgerechtigkeitsgebot
    1. Anwaltschaftlicher Journalismus     2     
    2. Stellungnahme zu Vorwürfen     3
    3. Gesamteindruck     5
    4. Kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen     6
    5. Spezielle Formate     7
    6. Nahostkonflikt     10
    7. Weitere Entscheide     11 
    8. Fazit      13

III. Vielfaltsgebot
      1. Änderung der Rechtsprechung     14
      2. Zeitraumbeschwerde zur Berichterstattung über den Nahostkonflikt     17
      3. Beiträge zu Volksabstimmungen     18

IV. Übrige Programmbestimmungen     19

V. Nicht veröffentlichte Online-Kommentare – Meinungsäusserungsfreiheit     22

VI. Verfahren     24


 

I. Überblick

1

Bei der Unabhängigen Beschwerdeinstanz für Radio und Fernsehen (UBI) setzte sich die steigende Tendenz an eingehenden Beschwerden 2025 fort. Sie eröffnete 53 neue Beschwerdeverfahren. Diese richteten sich in der grossen Mehrheit gegen Publikationen der Schweizerischen Radio- und Fernsehgesellschaft (SRG) mit Informationsgehalt. Im Zentrum der UBI-Rechtsprechung standen denn auch die rundfunkrechtlichen Informationsgrundsätze mit dem Sachgerechtigkeitsgebot (Art. 4 Abs. 2 RTVG) und dem Vielfaltsgebot (Art. 4 Abs. 4 RTVG). Einen nicht unerheblichen Aufwand verursachten der UBI wie im Vorjahr Beschwerden gegen nicht veröffentlichte Kommentare in SRF-Foren.

II. Sachgerechtigkeitsgebot

1. Anwaltschaftlicher Journalismus

2

Ein beträchtliches Echo löste ein längerer Beitrag des Politmagazins «Rundschau» von Fernsehen SRF über eine mit Videoaufnahmen dokumentierte Prügelattacke von vier Männern gegen eine Frau in Schaffhausen aus. Im Fokus der Publikation standen die Ermittlungen der Schaffhauser Strafverfolgungsbehörden zu diesem Vorfall, die kritisch beleuchtet wurden. Ein Strafrechtsexperte äusserte sich dazu betont negativ («Job nicht gemacht», «nicht state of the art»). Aufgrund der Reaktionen auf den Beitrag mit namentlich einer Solidaritätskundgebung für die betroffene Frau strahlte die «Rundschau» eine Woche später einen weiteren Bericht aus. Anhand dieses Schaffhauser Falls wurde darin die Problematik geschlechterspezifischer Gewalt thematisiert. Gegen beide «Rundschau»-Beiträge erhob der Kanton Schaffhausen eine Betroffenenbeschwerde bei der UBI. Diese musste jeweils beurteilen, ob die Redaktion die bei anwaltschaftlichem Journalismus praxisgemäss geltenden erhöhten Sorgfaltspflichten eingehalten hat. Beim ersten Beitrag stellte die UBI mehrere Mängel fest, die bei einer Gesamtwürdigung eine freie Meinungsbildung des Publikums zu den vermittelten Informationen verunmöglichten. Zu verweisen ist namentlich auf die Darstellung zu einem möglichen Eingriff in die sexuelle Integrität der Frau, bei welcher bestehende entlastende Argumente der Männer unerwähnt blieben. Drei der vier Männer wurden zudem von der Redaktion nicht mit den gegen sie erhobenen Vorwürfen konfrontiert. Die Staatsanwaltschaft ihrerseits hatte zwar Gelegenheit, zu den einzelnen thematisierten Kritikpunkten gegen ihre Ermittlungen Stellung zu nehmen. Die Redaktion unterliess es aber, die Tätigkeit der Strafverfolgungsbehörden umfassend darzustellen und bekannte entlastende Elemente aufzuzeigen. Diese Mängel des Beitrags betrafen nicht nur Nebenpunkte, sondern waren geeignet, die Meinungsbildung des Publikums zum Beitrag insgesamt in rechtserheblicher Weise zu beeinflussen. Die UBI hat aus diesen Gründen eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots bejaht und die Beschwerde deshalb gutgeheissen. Anders beurteilte sie die Beschwerde zum zweiten Beitrag. Zwar stellte die UBI auch diesbezüglich Unvollkommenheiten fest, soweit darin der Schaffhauser Fall thematisiert wurde. Dieser diente aber primär dazu, die Problematik von geschlechterspezifischer Gewalt und der strafrechtlichen Aufarbeitung aus Sicht eines Opfers in allgemeiner Weise aufzuzeigen. Dieser Fokus des Beitrags war für das Publikum ebenso erkennbar wie die anwaltschaftliche Position der Redaktion. Die festgestellten Unvollkommenheiten begründeten daher keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots. Die Beschlüsse zu beiden Beiträgen erfolgten jeweils mit fünf zu drei Stimmen, zum ersten gutgeheissenen Beitrag verfassten die drei unterlegenen Mitglieder eine abweichende Meinung (b. 1013).

2. Stellungnahme zu Vorwürfen

3

Ebenfalls Gegenstand einer Betroffenenbeschwerde bildete ein Nachrichtenbeitrag von Fernsehen RTS über das «Théâtre du Jura» in Delsberg und dessen Suche nach einem neuen Direktor. Darin ging es um den schon designierten neuen Leiter, der aufgrund des Vorwurfs von sexueller Belästigung die Stelle nicht antreten durfte. Die schriftliche Stellungnahme des namentlich erwähnten Leiters wurde von der Redaktion im Filmbericht in verkürzter meinungsverfälschender Weise zusammengefasst und wiedergegeben. Die UBI erachtete aus diesem Grund das Sachgerechtigkeitsgebot als verletzt und hat die Beschwerde mit sechs zu zwei Stimmen gutgeheissen (b. 1033).

4

Anders entschied sie im Zusammenhang mit einer Beschwerde gegen einen kritischen Beitrag des Konsumentenmagazins «A Bon Entendeur» von Fernsehen RTS über eine «boîte à miracles». Zum Vorwurf, der Erfinder sei der zu einer längeren Gefängnisstrafe verurteilte Chef einer russischen Sekte, konnte weder dieser noch das betroffene Unternehmen Stellung beziehen. Da sich aber der Vertreter des Unternehmens angemessen zu allen Kritikpunkten am präsentierten Produkt äussern konnte, verunmöglichte der erwähnte Mangel nicht die freie Meinungsbildung des Publikums zum Beitrag (b. 1045).

3. Gesamteindruck

5

Wiederholt betont die UBI in ihren Erwägungen, dass für die Beurteilung einer Publikation im Lichte von Art. 4 Abs. 2 RTVG letztlich die Gesamtwürdigung entscheidend ist. Einzelne Fehler, Mängel oder Unvollkommenheiten begründen alleine nicht schon eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots. So wies die UBI Popularbeschwerden gegen zwei Publikationen von SRF über die Zulassung eines neuen Wirkstoffs gegen den RS-Virus trotz mehreren missverständlichen Formulierungen ab, weil die wesentlichen Fakten korrekt vermittelt wurden (b. 1023). Ebenfalls abgewiesen hat die UBI eine Popularbeschwerde gegen einen Beitrag des Gesundheitsmagazins «Puls» von Fernsehen SRF zu mehreren gängigen Vorsorgeuntersuchungen (b. 1027). Gerügt wurde einzig der Beitragsteil über die Mammografie. Dieser enthielt tatsächlich einen Mangel, indem es die Redaktion unterlassen hat, auf die Empfehlungen von verschiedenen Behörden zu dieser Brustkrebsvorsorge und damit auf die herrschende Meinung hinzuweisen. Im Rahmen einer Gesamtwürdigung des kritischen Beitrags zu Vorsorgeuntersuchungen betraf dieser Mangel aber einen Nebenpunkt. Auch eine unzutreffende Aussage im Rahmen eines mehr als 50 Minuten dauernden «DOK»-Films von Fernsehen SRF mit dem Titel «Alles für die Füchse – ein Wildtier, geliebt und gejagt» beeinflusste den Gesamteindruck nicht (b. 1025). Eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots hätte ohnehin nicht vorgelegen, weil sich die «DOK»-Redaktion bei der nicht korrekten Information auf eine behördliche Auskunft verlassen durfte. Art. 4 Abs. 2 RTVG ist erst dann verletzt, wenn die Missachtung von journalistischen Sorgfaltspflichten die freie Meinungsbildung des Publikums verunmöglicht.

4. Kein Autorisierungsrecht für interviewte Personen

6

Eine im Rahmen eines längeren Radiobeitrags von SRF über Friedhöfe interviewte Person rügte in einer Betroffenenbeschwerde, dass sie die von ihr ausgestrahlten Aussagen vorgängig nicht kontrollieren konnte. In ihren Erwägungen weist die UBI aber darauf hin, dass aus dem Programmrecht kein entsprechendes Autorisierungsrecht abgeleitet werden kann. Die UBI hat zu beurteilen, ob die ausgestrahlte Sendung die Mindestanforderungen an den Programminhalt (Art. 4, 5 und 5a RTVG) eingehalten hat. Die interviewte Person hat denn auch keinen generellen Anspruch darauf, dass ihr der ganze Beitrag oder Teile davon vorab zur Autorisierung präsentiert werden. Hat die interviewte Person mit der Redaktion vereinbart, dass ihr die sie betreffenden Aussagen vor der Ausstrahlung noch vorgelegt werden, oder verlangt sie dies ausdrücklich, gebieten die journalistischen Sorgfaltspflichten zwar ein entsprechendes Vorgehen. Doch auch in einem solchen Fall bleibt die Redaktion bei der Auswahl der ausgestrahlten Aussagen aufgrund der den Veranstaltern gewährleisteten Programmautonomie (Art. 6 Abs. 2 RTVG) grundsätzlich frei. Die betroffene Person hätte aber die Möglichkeit, ihre Aussagen bzw. ihre Mitwirkung an der Sendung zu widerrufen. Eine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots lag in casu auch deshalb nicht vor, weil die beiden Aussagen, welche die beschwerdeführende Person bei einer Möglichkeit zur Autorisierung berichtigt hätte, offensichtlich Nebenpunkte betrafen, welche die Meinungsbildung des Publikums zur Sendung insgesamt nicht rechtserheblich beeinflussen konnten (b. 1036). 

5. Spezielle Formate

7

Eine Beschwerde richtete sich gegen die Sendung «Wort zum Sonntag» von Fernsehen SRF, die einen christlichen Kommentar zum Zeitgeschehen beinhaltet. Der Theologe kritisierte in der beanstandeten Ausgabe Sparvorhaben des Bundesrats und des Parlaments bei der Entwicklungszusammenarbeit. Der Beschwerdeführer machte geltend, die Sendung sei für politische Zwecke instrumentalisiert worden. Die UBI weist in ihrer Würdigung aber darauf hin, dass der Theologe die Vorhaben von Bundesrat und Parlament korrekt zusammengefasst und auch die Argumente der Sparbefürworter erwähnt habe. Mit einem Bibelzitat aus dem Markus-Evangelium begründete er seine Kritik aus christlicher Sicht. Da der Kommentar als solcher erkennbar war (Art. 4 Abs. 2 Satz 2 RTVG), eine christliche fundierte Perspektive aufwies, die Fakten darin korrekt und transparent vermittelt wurden, lag keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots vor. Die UBI bemerkt im Entscheid, dass eine strikte Trennung von Religion und Politik, wie vom Beschwerdeführer gefordert, ohnehin kaum möglich sei. Problematisch wäre ein Kommentar mit politischem Inhalt in der Sendung aus programmrechtlicher Sicht dann, wenn er sich auf einen bevorstehenden Urnengang beziehen würde (b. 1032).

8

Das neue Faktencheck-Format «Vraiment» von RTS, das sich an ein jüngeres Publikum richtet, provozierte Beschwerden gegen zwei Ausgaben. Es ging in beiden Publikationen um Ärzte, deren Positionen zu Gesundheitsfragen bzw. angewendeten Praktiken umstritten sind. Da die Betroffenen aber Gelegenheit erhielten, sich zu den Kritikpunkten angemessen und mit ihren besten Argumenten zu äussern, und aufgrund der transparenten und nachvollziehbaren Umsetzung der Faktenchecks wies die UBI alle Beschwerden ab (b. 1009/1010/1011/1012/1016 und b. 1028).

9

Unbegründet war ebenfalls eine Popularbeschwerde gegen einen Online-Artikel von SRF mit zehn Bildern zur Amtseinführung von Donald Trump. Gerügt wurde der Text zu einem Bild mit einer Armbewegung von Elon Musk (««Manche erkennen einen Hitlergruss. Oder ist es der Start einer Rakete?»). Entgegen den Behauptungen in der Beschwerde bestanden tatsächlich unterschiedliche Interpretationen zu der strittigen Armbewegung und es stand nicht zweifelsfrei fest, dass es sich dabei um den Hitlergruss gehandelt hat. Die UBI führte zudem aus, dass es sich beim beanstandeten Artikel offensichtlich um keine tiefgründige politische Analyse gehandelt hat, sondern um Bilder mit optischen Auffälligkeiten von dieser Amtseinführung. Das Sachgerechtigkeitsgebot wurde daher nicht verletzt (b. 1042).

6. Nahostkonflikt

10

Ein thematischer Schwerpunkt bei den behandelten Beschwerden bildete einmal mehr der Nahostkonflikt. Eine Popularbeschwerde gegen den Online-Artikel «Waffenruheabkommen für Gaza – Ein bitterer Deal nach 471 Tagen der Hölle» enthielt gleich 296 Unterschriften. Die in der Beschwerde gerügten Aussagen und verwendeten Begriffe (z.B. «Geiseln» und «Häftlinge») stufte die UBI aber als sachgerecht ein. Auch der monierte Umstand, dass SRF darauf verzichtet habe, Israel als «Apartheid»-Staat zu bezeichnen, erachtete die UBI als nachvollziehbar, da bei solchen Zuschreibungen aus journalistischer Sicht Vorsicht geboten sei. Die UBI wies in ihren Erwägungen schliesslich auch auf das grosse Vorwissen des Publikums über den Nahostkonflikt hin (b. 1040). Beschwerden gegen mehrere Online-Publikationen von RTS im Zusammenhang mit Vorgängen im Nahen Osten hat die UBI ebenfalls abgewiesen. Darin wurde insbesondere gerügt, dass jeweils die Position der israelischen Regierung bzw. Armee zu stark hervorgehoben werde und Gegenargumente nicht oder nicht ausreichend erwähnt worden seien. Aufgrund der jeweils korrekten und transparenten Vermittlung der Informationen befand die UBI aber alle Beiträge als sachgerecht (b. 1039). Mit der gleichen Argumentation hat sie eine Beschwerde gegen einen Beitrag der Nachrichtensendung von Fernsehen RTS über die Auswirkungen des Nahostkonflikts in der Schweiz und insbesondere den zunehmenden Antisemitismus abgewiesen (b. 1035). Bemerkenswert ist, dass in den Beschwerden zu Nahostbeiträgen von SRF und RTS im Berichtsjahr überwiegend gerügt wurde, die offizielle Sicht Israels werde bevorzugt. Lange Zeit, insbesondere bis zum Terrorangriff der Hamas auf Israel im Oktober 2023, wurde in entsprechenden Beschwerden gegen SRF-Publikationen praktisch ausschliesslich eine tendenziöse Berichterstattung zu Lasten Israels geltend gemacht.

7. Weitere Entscheide

11

Sachgerecht befand die UBI einen Beitrag der Sendung «Schweiz Aktuell» von Fernsehen SRF über den Entscheid der Bündner Kantonsregierung, dem Whistleblower Adam Quadroni keine Entschädigung zu entrichten. Die Fakten und auch kritische Meinungen dazu seien korrekt und transparent vermittelt worden. Hervorgehoben hat die UBI zudem die weiterführenden Ausführungen der Korrespondentin am Ende des Beitrags, welche dem Publikum einen umfassenden Überblick über die verschiedenen abgeschlossenen und noch hängigen Verfahren zum Fall Quadroni verschafft habe (b. 1044).

12

Keine Verletzung des Sachgerechtigkeitsgebots stellte die UBI schliesslich auch bei einem «Rundschau»-Beitrag über Kinder mit Sonderschulbedarf fest. Es ging darin um den Umstand, dass schulpflichtige Kinder mit Sonderschulbedarf in gewissen Kantonen in Privatschulen statt, wie eigentlich vorgesehen, in speziellen Klassen unterrichtet werden. Anhand von mehreren Beispielen stellte die Redaktion den Sachverhalt zutreffend dar. Dabei kam auch die Sichtweise von zahlreichen Beteiligten zum Ausdruck, was dem Publikum eine freie Meinungsbildung ermöglichte (b. 1049).

8. Fazit

13

Auch 2025 betraf die grosse Mehrheit der von der UBI materiell behandelten Beschwerdefälle das Sachgerechtigkeitsgebot. Die UBI stützte sich dabei auf ihre bereits reichhaltige und etablierte Rechtsprechung zu dieser zentralen Bestimmung des Programmrechts. Änderungen vollzog sie keine, verdeutlichte aber in einigen Bereichen ihre Praxis. Das betrifft namentlich das fehlende Autorisierungsrecht für interviewte Personen im Entscheid b. 1036 oder die grundsätzliche Zulässigkeit von politischen Kommentaren in der Sendung «Wort zum Sonntag» (b. 1032). Die vorgestellten Entscheide sind mit zwei Ausnahmen, die abgewiesene Beschwerden gegen RTS-Beiträge betreffen (b. 1028 und b. 1045), in Rechtskraft getreten.

III. Vielfaltsgebot

1. Änderung der Rechtsprechung

14

Das Vielfaltsgebot von Art. 4 Abs. 4 RTVG galt lange Zeit, abgesehen von Publikationen mit Bezug zu Urnengängen (Abstimmungen und Wahlen), als nur bedingt justiziabel. Eine entsprechende Rechtsverletzung lag erst vor,  wenn in einem konzessionierten Radio- oder Fernsehprogramm ohne sachlichen Grund in qualifizierter Weise einseitig über ein Thema oder Ereignis berichtet wurde. Bereits 2024 hat die UBI aber mit der Gutheissung einer Zeitraumbeschwerde gegen die Berichterstattung von SRF über die Proteste an amerikanischen und schweizerischen Universitäten im Zusammenhang mit dem Gaza-Konflikt ihre Rechtsprechung bezüglich der Anforderungen an die Ausgewogenheit erheblich verschärft (b. 1002).

15

Mit dem vielbeachteten Entscheid zur Popularbeschwerde gegen die Nichtberichterstattung von SRF über die Protokolle des Krisenstabs des Robert Koch-Instituts (RKI-Protokolle) während der Corona-Pandemie setzte die UBI den Paradigmenwechsel beim Vielfaltsgebot nun fort (b. 1014). Beschwerden gegen die Nichtausstrahlung von Ereignissen oder Themen behandelte die UBI bis vor kurzem ausschliesslich als Beschwerden gegen den verweigerten Zugang zum Programm (Zugangsbeschwerde). Im Gegensatz dazu betraf das eigentliche Programmrecht (Art. 4 und 5 RTVG) mit dem Vielfaltsgebot ausschliesslich Beschwerden gegen Inhalte von veröffentlichen Publikationen. Die Beurteilung der fehlenden Berichterstattung von SRF über die RKI-Protokolle als Zugangsbeschwerde war allerdings nicht möglich, da diese nur Betroffenen offensteht. Im Grundsatzentscheid b. 1014 führt die UBI nun aus, dass das Ausbleiben von Informationen über wichtige Ereignisse oder Themen eine Verletzung von Art. 4 Abs. 4 RTVG begründen kann, indem im Sinne des Gesetzestextes «die Vielfalt der Ereignisse und Ansichten nicht angemessen zum Ausdruck» kommt. Die freie Themenwahl, welche die Programmautonomie von Art. 6 Abs. 2 RTVG gewährleistet, gilt demnach nicht unbeschränkt. Das Vielfaltsgebot beinhaltet laut diesem Entscheid auch positive Verpflichtungen für konzessionierte Veranstalter bei für eine funktionierende Demokratie relevanten Ereignissen, Themen oder Ansichten. Die UBI behandelte die Beschwerde deshalb als Programmbeschwerde und prüfte im Rahmen des Vielfaltsgebots, ob es sich bei der Veröffentlichung der RKI-Protokolle um ein relevantes Ereignis gehandelt hat, über welches SRF im fraglichen Zeitraum zwingend hätte berichten müssen. Sie bejahte dies aufgrund des «News-Werts» dieser Dokumente (Einschränkung der Unabhängigkeit der Wissenschaft durch die Politik) und ist zum Schluss gekommen, dass die daraus gewonnenen Erkenntnisse auch für ein Schweizer Publikum im Rahmen der Aufarbeitung der Corona-Pandemie von Relevanz waren. Grosse Tageszeitungen wie Neue Zürcher Zeitung, Tagesanzeiger, Weltwoche und 20 Minuten hätten alle, teilweise mehrfach, Artikel über die RKI-Protokolle veröffentlicht. Da eine entsprechende Information bei Radio und Fernsehen SRF im zu beurteilenden Zeitraum jedoch gänzlich ausblieb, erachtete die UBI mit fünf zu drei Stimmen das Vielfaltsgebot als verletzt und hat die Beschwerde deshalb gutgeheissen.

16

Wie der Entscheid b. 1002 i.S. Berichterstattung über die Proteste an Universitäten im Zusammenhang mit dem Gaza-Konflikt ist aber auch derjenige i.S. Nichtberichterstattung über RKI-Protokolle noch nicht rechtskräftig. Beide Entscheide sind vor Bundesgericht hängig, nachdem die SRG dagegen Beschwerde in öffentlich-rechtlichen Angelegenheiten erhoben hat. Die bundesgerichtlichen Urteile dürften für die zukünftige Anwendung und Tragweite des Vielfaltsgebots bei Zeitraumbeschwerden gegen das gesamte Programm eines konzessionierten Veranstalters wegweisend sein.

2. Zeitraumbeschwerde zur Berichterstattung über den Nahostkonflikt

17

Gegenstand von Beschwerden bilden seit Jahren regelmässig einzelne Beiträge zum Nahostkonflikt. Eine Zeitraumbeschwerde ermöglichte nun zum ersten Mal der UBI, die entsprechende Berichterstattung von SRF im Rahmen der maximal möglichen Periode von drei Monaten gesamthaft auf ihre Ausgewogenheit im Sinne des Vielfaltsgebots zu prüfen. In der Beschwerde wurde moniert, SRF berichte einseitig zu Gunsten der israelischen Seite über den Konflikt. Eine rechtserhebliche Einseitigkeit stellte die UBI aber weder anhand der fünf in der Beschwerde explizit genannten Sendungen noch anhand der weiteren im fraglichen Zeitraum ausgestrahlten Beiträge fest. Sie verweist in den Erwägungen insbesondere auf mehrere israelkritische Informationen und Ansichten, welche Radio und Fernsehen SRF verbreitet haben, sowie auf die transparente Darstellung der verwendeten Quellen. Die umfangreiche Berichterstattung von SRF zum Nahostkonflikt im relevanten Zeitraum hat deshalb das Vielfaltsgebot nicht verletzt (b. 1020).

3. Beiträge zu Volksabstimmungen

18

Die aus dem Vielfaltsgebot abgeleiteten erhöhten Anforderungen an Sendungen mit einem Bezug zu einer bevorstehenden Volksabstimmung in der sensiblen Periode vor dem Urnengang standen im Zentrum einer Beschwerde gegen einen dreiteiligen Beitrag einer Nachrichtensendung von Fernsehen RTS zur Volksinitiative “Für Freiheit und körperliche Unversehrtheit”. Die UBI ist zum Schluss gekommen, dass der Beitrag, der zwei Wochen vor der Abstimmung ausgestrahlt wurde, diese Anforderungen nicht eingehalten hat. Der Initiant sei zwar vorgestellt worden, allerdings in einem persönlich gehaltenen Porträt und ohne eigentliche Vorstellung der Argumente der Befürworter. Zudem habe RTS den Inhalt der Initiative unvollständig präsentiert. Im Gegensatz dazu sei der Gegnerschaft der Initiative unverhältnismässig viel Platz eingeräumt worden, um ihren Standpunkt darzulegen. Die UBI hat daher die Beschwerde wegen der Verletzung des Vielfaltsgebots mit sechs zu drei Stimmen gutgeheissen (b. 1007). Der Entscheid stellt eine logische Fortsetzung der strengen UBI-Rechtsprechung in diesem Bereich dar, die zum Ziel hat, dass die Sichtweise und Argumente der sich gegenüberstehenden Lager in entsprechenden Beiträgen gleichwertig präsentiert werden, um die Chancengleichheit vor Volksabstimmungen zu gewährleisten.

IV. Übrige Programmbestimmungen

19

Weit weniger als das Sachgerechtigkeits- und das Vielfaltsgebot kamen die übrigen Programmbestimmungen in der Rechtsprechung zur Anwendung. Die Beachtung der Grundrechte mit u.a. dem Diskriminierungsverbot und der Achtung der Menschenwürde (Art. 4 Abs. 1 RTVG) oder der Schutz Minderjähriger (Art. 5 RTVG) wurden zwar in mehreren Beschwerden zusätzlich zum Sachgerechtigkeitsgebot erwähnt, spielten aber bei der Beurteilung der einzelnen Fälle eine untergeordnete Rolle.

20

Im bereits erwähnten Schaffhauser Fall b. 1013 prüfte die UBI die beiden Beiträge auch auf die Einhaltung des Schutzes der Menschenwürde (Art. 4 Abs. 1 RTVG). Im Vordergrund stand dabei die Darstellung der geprügelten Frau, welche im Gegensatz zu den Männern nicht unkenntlich gemacht wurde und im ersten Beitrag persönliche intime Erfahrungen preisgab. Die ausdrückliche Zustimmung der Frau zu den Aufnahmen stellte laut dem UBI-Entscheid zwar keine generelle Rechtfertigung dar, weil beim Schutz der Menschenwürde ein objektiver Massstab anzuwenden ist. Da es aber bei den Beiträgen nicht um ein Blossstellen von Menschen, sondern um das Veranschaulichen einer aktuellen politischen und gesellschaftlichen Debatte ging, erachtete die UBI die Achtung der Menschenwürde als gewahrt.

21

Eine Popularbeschwerde richtete sich gegen drei SRF-Publikationen zu den «Schmuddel-Songs» am Eurovision Song Contest (ESC), in welchen Präsentationen mit sexuellen Inhalten humoristisch aufgearbeitet wurden. Die Beiträge mit vielen doppeldeutigen Wortspielen verletzten aber offenkundig weder Bestimmungen von Art. 4 Abs. 1 RTVG wie das Diskriminierungsverbot, die Sittlichkeit oder die gebotene Achtung der Menschenwürde noch den rundfunkrechtlichen Schutz Minderjähriger gemäss Art. 5 RTVG. Fragen des Stils und des Geschmacks von Rundfunkbeiträgen fallen nicht in die Zuständigkeit der UBI (b. 1052).

V. Nicht veröffentlichte Online-Kommentare – Meinungsäusserungsfreiheit

22

Wie bereits in den beiden Vorjahren stellten auch 2025 Beschwerden gegen die Löschung bzw. Nichtaufschaltung von Online-Kommentaren bei SRF einen signifikanten Teil der behandelten Verfahren dar. Die UBI prüft bei entsprechenden Beschwerden jeweils, ob die Voraussetzungen für die mit der Nichtveröffentlichung eines Online-Kommentars verbundene Einschränkung der Meinungsäusserungsfreiheit im Sinne von Art. 36 BV vorliegen. Sie muss dabei im Rahmen von Art. 36 Abs. 1 BV (gesetzliche Grundlage) auch die Einhaltung bzw. die Verletzung von Bestimmungen prüfen, die nicht Teil des Programmrechts bilden, wie beispielsweise Art. 28 ZGB. Bei der Beurteilung der konkreten Fälle stellte sich für die UBI regelmässig die Grundsatzfrage, ob die Veranstalterin alle Kommentare aufzuschalten hat, die nicht rechtswidrig sind, oder ob die Programmautonomie (Art. 6 Abs. 2 RTVG) der Redaktion die Möglichkeit einräumt, ebenfalls die Veröffentlichung von Kommentaren abzulehnen, die nicht einer konstruktiven, sach- und zielorientierten Debattenkultur im Sinne der SRF-Netiquette entsprechen. Beispielhaft kann auf einen nicht veröffentlichten Kommentar zum Online-Artikel «Broschüren für den Ernstfall – Schweden bereitet seine Bevölkerung auf Ernstfall vor» hingewiesen werden, welcher sich nicht auf den Textinhalt bezog, sondern die Moderation der Spalte kritisierte («Weiss jemand, wer heute auf Augenhöhe den öffentlichen Diskurs moderiert?»). Die Beschwerdegegnerin hatte die Aufschaltung des Kommentars abgelehnt, weil es sich um einen persönlichen Angriff gehandelt und der Kommentar keinen Bezug zum Thema des Online-Artikels aufgewiesen habe. Nach Ansicht der UBI bestanden aber keine relevanten Gründe im Sinne von Art. 36 BV für eine Ablehnung. Sie hiess die Beschwerde deshalb mit sechs zu zwei Stimmen gut (b. 1026).

23

Die seit BGE 149 I 2 eingegangenen Beschwerden im Zusammenhang mit der Handhabung von Kommentarspalten bei SRF stammen alle von zwei Nutzern, die beide schon seit mehreren Jahren unabhängig voneinander mit der Community-Redaktion von SRF im Streit sind. Vermittlungsbemühungen zwischen diesen beiden regelmässigen Kommentarschreibern und der Veranstalterin auf Stufe Ombudsstelle scheiterten in beiden Fällen. Allerdings könnte sich diese für die Ombudsstelle und die UBI aufgrund des unverhältnismässigen Arbeitsaufwands unbefriedigende Situation durch eine von SRF getroffene einschneidende Massnahme entspannen. SRF hat nämlich am 7. Juli 2025 die Kommentarspalten zu Online-Beiträgen zu Gunsten der mehrsprachigen «dialog»-Plattform von SRG eingestellt.

VI. Verfahren

24

Auf mehrere Beschwerden ist die UBI nicht eingetreten. Der Grund lag bei drei Verfahren in der fehlenden Beschwerdelegitimation. Den Personen, die fälschlicherweise annahmen, sie seien zu einer Betroffenenbeschwerde (Art. 94 Abs. 1 RTVG) befugt, räumte die UBI zwar jeweils eine Nachbesserungsfrist ein, um die notwendigen 20 Unterschriften für eine Popularbeschwerde (Art. 94 Abs. 2 und 3 RTVG) beizubringen. Soweit aber keine entsprechende Reaktion erfolgte, trat die UBI auch mangels eines öffentlichen Interesses an einem Entscheid auf diese Beschwerden nicht ein (b. 1046, b. 1053, b. 1068).

25

Eine fehlende hinreichende Begründung (Art. 95 Abs. 3 RTVG) bei einigen Beschwerden gegen die Nichtaufschaltung von Kommentaren bewirkte weitere Nichteintretensentscheide. Die UBI führte an, dass den beschwerdeführenden Personen Mitwirkungspflichten im Sinne von Art. 13 VwVG obliegen. In den Erwägungen listet sie im Detail alle Sachverhaltselemente auf, welche entsprechende Beschwerdeschriften enthalten müssen. Dazu gehören beispielsweise auch relevante Kontextinformationen, wie beispielsweise Kopien veröffentlichter Kommentare von anderen Nutzerinnen und Nutzern, auf welche im nicht frei geschalteten Kommentar Bezug genommen wird (b. 1018/1019, b. 1048).

26

Im Verfahren i.S. Nichtberichterstattung über RKI-Protokolle stellte der Beschwerdeführer den Antrag, die Veranstalterin sei zu verpflichten, nach der festgestellten Rechtsverletzung Sendungen mit bestimmten Inhalten auszustrahlen, um den Mangel zu beheben. Die UBI ist jedoch nicht darauf eingetreten, weil eine solche Massnahme im Verfahren gemäss Art. 89 Abs. 1 RTVG nach einer festgestellten Rechtsverletzung bei Programmbeschwerden im Gegensatz zu Zugangsbeschwerden nicht möglich ist (b. 1014).

27

Im Fall i.S. Sendung «Wort zum Sonntag» erachtete sich die beschwerdeführende Person zur Betroffenenbeschwerde gemäss Art. 94 Abs. 1 RTVG befugt. Sie wies darauf hin, dass sie im Nationalrat den Kürzungsbeschlüssen bei der Entwicklungszusammenarbeit zugestimmt habe. Für die UBI genügte dies aber nicht für die Annahme einer Betroffenenbeschwerde, weil keine Namensnennung in der Sendung erfolgte und das Publikum die thematisierten Sparbeschlüsse bei der Entwicklungszusammenarbeit auch nicht mit dem betreffenden Mitglied des Nationalrats verband. Da dieses aber die Voraussetzungen für eine Popularbeschwerde erfüllte, konnte die UBI gleichwohl auf die Eingabe eintreten (b. 1032).

28

Den wichtigsten Entscheid zum Beschwerdeverfahren fällte das Bundesgericht in einem Urteil vom 3. Dezember 2025 i.S. Parteientschädigung (2C_127/2023; BGE-Publikation vorgesehen). Entgegen der Auffassung der UBI ist es zum Schluss gekommen, dass Art. 64 VwVG, wonach die Beschwerdeinstanz der obsiegenden Partei eine Parteientschädigung zusprechen kann, auf das Beschwerdeverfahren vor der UBI Anwendung findet. Es begründet dies damit, dass Art. 98 RTVG (Kostenlosigkeit des Verfahrens) keine genügende spezialgesetzliche Grundlage für das generelle Ausschliessen von Parteientschädigungen darstellt. Deshalb kommt das VwVG gemäss Art. 86 Abs. 3 RTVG subsidiär zur Anwendung. In seinen Erwägungen trägt das Bundesgericht aber den Besonderheiten des Beschwerdeverfahrens vor der UBI Rechnung, welches «so wenig wie möglich durch Kostenrisiken beschränkt werden» soll (E. 7.3). In der Regel dürfte es laut Bundesgericht nicht notwendig sein, eine Parteientschädigung im Verfahren vor der UBI zuzusprechen. Ausnahmen bestehen bei komplexen Sach- und Rechtsfragen, bei welchen eine Rechtsvertretung unerlässlich erscheint. Im zu beurteilenden Fall, in welchem es um den Beschwerdeweg bei der Löschung eines Kommentars auf Instagram ging (BGE 149 I 2), erachtete das Bundesgericht eine rechtliche Vertretung aber als notwendig und damit das Zusprechen einer Parteientschädigung im Sinne von Art. 64 VwVG als gerechtfertigt.


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Ein Schuss in den Ofen

Das Handelsgericht Zürich wies eine Gegendarstellungsklage der Firma Palantir gegen die «Republik» fast vollständig ab

Matthias Schwaibold, Dr. iur., Rechtsanwalt, Zürich

Résumé: Après deux articles critiques publiés par un collectif de journalistes d’investigation sur le magazine en ligne «Republik», la société de logiciels Palantir et sa filiale suisse, visées par les articles, avaient exigé deux droits de réponse détaillés. «Republik» ayant refusé de les publier, Palantir a intenté une action en droit de réponse devant le Tribunal de commerce de Zurich, mais n’a obtenu gain de cause que sur un seul des 23 points soulevés. L’auteur de la présente analyse approuve en grande partie la décision du tribunal de commerce. Il aurait même rejeté le passage retenu, car il estime que celui-ci ne remplissait pas les critères requis en matière d’intérêt direct et de concision. Il déplore aussi la répartition des frais et des indemnités, et conclut de manière générale que la procédure n’a rien apporté aux deux sociétés plaignantes et qu’il s’agit donc d’un coup d’épée dans l’eau.

Zusammenfassung: Nach zwei kritischen Berichten im Magazin «Republik» über sie verlangte die Softwarefirma Palantir zwei umfangreiche Gegendarstellungen. Nach deren Ablehnung durch die «Republik» reichte Palantir beim Zürcher Handelsgericht Gegendarstellungsklage ein, drang damit aber nur in einem von 23 Punkten durch. Der Autor stimmt dem Entscheid des Handelsgerichts überwiegend zu. Er hätte sogar auch die gutgeheissene Passage abgewiesen, weil es seines Erachtens dafür an der erforderlichen Betroffenheit sowie an der Knappheit gefehlt hat. Er stört sich auch an der Aufteilung der Kosten- und Entschädigungsfolgen, und ganz allgemein zieht er das Fazit, dass das Verfahren den Klägerinnen nichts gebracht habe, also ein Schuss in den Ofen gewesen sei.

Das Urteil des Handelsgerichts Zürich vom 4. Juni 2026 i.S. Palantir Technologies Inc. und Palantir Technologies Switzerland GmbH c. Republik AG ist auf der Website www.republik.ch aufgeschaltet und hier abrufbar.

I. Einleitung

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Dass die Software-Firma Palantir keine Freude an zwei durchwegs kritischen Berichten der «REPUBLIK» hatte, ist nachvollziehbar. Aber sie hat, so meine ich, zuerst den falschen Weg eingeschlagen und sich anschliessend auch noch auf diesem völlig verirrt. Denn umfangreiche Gegendarstellungsbegehren tragen den Keim des eigenen Verderbens in sich, und das hat sich wieder einmal gezeigt. Für den genauen Wortlaut dessen, was von den beiden Palantir-Gesellschaften eingeklagt worden ist, sei auf das Urteil verwiesen (dort Seiten 2-6). Dem ist, es sei vorweggenommen, ganz überwiegend zuzustimmen. Nicht zustimmen kann ich dem Urteil bezüglich der einzigen Passage, bezüglich welcher das Klagebegehren geschützt wurde.

II. Grundsätzliche Gesichtspunkte

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Das Urteil gäbe noch unter zumindest drei weiteren Gesichtspunkten Anlass zu kritischem Nachdenken, aber ich beschränke mich darauf, diese nicht weiter behandelten Themen nur zu benennen: So halte ich es im Grundsatz für verkehrt, dass das Handelsgericht überhaupt für Gegendarstellungsbegehren zuständig sein kann. Selbst wenn man dies anders sieht, erscheint es mir keineswegs zwingend, dass dann auch noch eine vollbesetzte Fünferkammer sich mit diesem, von Gesetzes wegen summarischen Verfahren befasst. Schliesslich meine ich, dass es im Gegendarstellungsverfahren keine Ergebnisse von 95 zu 5 Prozent Sieg und Niederlage geben kann, und dass entsprechend auch die Kosten nicht nach diesem Schlüssel verlegt werden dürfen. Zu alle dem unterbleiben nachfolgend weitere Bemerkungen, und es ist festzuhalten, dass bezüglich dieser drei Punkte das Handelsgericht es genau anders sieht. Dass es sich bei der Berechnung der 5%-Niederlage der Beklagten auch noch verrechnet hat, werde ich allerdings kurz zu belegen versuchen (siehe Rn. 21).

III. Zum streitgegenständlichen Verfahren

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Nun also zu dem, was materiell entschieden worden ist. Am 8. und 9. Dezember 2025 publizierte das Onlinemedium «REPUBLIK» zwei Artikel über die amerikanische Unternehmung Palantir. Diese verlangte in der Folge eine Gegendarstellung zu 24 Behauptungen; nach Ablehnung klagte sie noch 23 ein. Es handelt sich um zwei Gegendarstellungstexte, also je einen pro Artikel, mit 11 bzw. 12 Passagen. Als Klägerinnen traten die amerikanische Gesellschaft und ihre Zürcher Tochtergesellschaft auf. Dass allein der an sich dem summarischen Verfahren widersprechende, hin und herwogende Schriftenwechsel bis 27. April 2026 dauerte, ist Beweis, dass ein schriftliches Verfahren dem Prozessgegenstand nicht angemessen ist; entsprechend datiert das Urteil vom 4. Juni 2026 und erging damit fast 5 Monate nach Einreichung des Gesuchs. Das ist alles mit dem an sich eiligen Charakter einer Gegendarstellung unvereinbar.

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Bezüglich der sonstigen Voraussetzungen für ein Gegendarstellungsverfahren (Fristwahrung, vorgängiges, aussergerichtliches Begehren, periodisch erscheinendes Medium, etc. ) sowie des anwendbaren Rechts (allein schweizerisches Recht) stellten sich keine Fragen. Hingegen gaben minime Differenzen zwischen vorgerichtlichem Gesuch und dem eingeklagtem Text zu Diskussionen in den Eingaben Anlass. Das Handelsgericht hat diese zurecht als unwesentlich erachtet (S. 15 -18 des Urteils); es ist fraglos zulässig, weniger einzuklagen als vorgerichtlich zu verlangen (23 statt 24) und wenige, einzelne Wörter völlig untergeordneter Bedeutung zu ändern.

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Dass in textbausteinartiger Weise sodann die weiteren Themen Tatsachendarstellung versus Werturteil, Knappheitsgebot und Verweigerungsgründe abgearbeitet werden, ist nachvollziehbar; bei der Betroffenheit wird es dann etwas dünn, und wenn dazu der Basler-Kommentar des Rezensenten auch an dieser Stelle (S. 20) mit Hinweis auf eine Randnote angeführt wird, so bleiben doch zwei weitere, entscheidende unerwähnt: Die unmittelbare Betroffenheit in der Persönlichkeit wird von mir und meinem Mitautor Meng sehr viel strenger umschrieben als dem Urteil zu entnehmen ist. So wird die massgebliche N 7 aus unserem Kommentar erstmals auf S. 28 bei Passage 4 erwähnt, und wird auch später mehr zufällig als systematisch angeführt.

IV. Zur ersten Gegendarstellung

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In der Folge untersucht das Handelsgericht die 11 Passagen, die als Gegendarstellung bezüglich des ersten Artikels eingeklagt wurden. Es wiederholt zunächst den Wortlaut des entsprechenden Klagebegehrens, prüft sodann die Frage, ob es sich um eine Tatsachenbehauptung handelt, geht der Frage nach, ob die unmittelbare Betroffenheit vorliegt und beurteilt dann den «Inhalt» der Gegendarstellung. Sodann zieht es ein Fazit. Dieses besteht bezüglich der ersten Gegendarstellung in einer vollumfänglichen Abweisung. Es ist bemerkenswert, dass sich das Urteil hier um sprachliche Varianten bemüht: So heisst es abwechselnd: «Die Gegendarstellung ist…. zu verweigern», oder «… ist ein Gegendarstellungsanspruch zu verweigern», oder «Der beantragten Gegendarstellung … ist nicht stattzugeben», oder «… ist der geltend gemachte Anspruch … abzuweisen», oder «Die beanstandete Passage … ist somit der Gegendarstellung nicht zugänglich», u.a.m.

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Dass das Gericht auch dann, wenn es richtigerweise vom Fehlen einer Tatsachenbehauptung ausgeht, auch noch die Betroffenheit prüft, halte ich für unnötig (so z.B. betreffend die Passage 5 auf den Seiten 29-32). Dass «Eindrücke» oder «Vermutungen» nicht gegendarstellungsfähig sind, ist ebenfalls richtig und hätte erlaubt, mit viel weniger Aufwand dieselbe Passage 5 abzuweisen.

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Ebenso richtig ist, dass in einer Gegendarstellung nicht zusätzliche Umstände dargelegt werden dürfen (S. 41 zu Passage 9). Vermutlich dienen aber die redundanten Ablehnungsgründe vor allem einmal dazu, einer Beschwerde möglichst jede Grundlage zu entziehen und die Rüge eines angeblichen Verstosses gegen Bundesrecht ins Leere laufen zu lassen. Dem Ergebnis ist bezüglich des ersten Teils des Urteils zuzustimmen, wenn auch der Rezensent viele Begründungen gekürzt hätte.

V. Zur zweiten Gegendarstellung

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So fährt das Gericht auch bei der Beurteilung der 12 Passagen der zweiten Gegendarstellung fort. Es werden 11 mit wechselnden Begründungen abgewiesen (Verstoss gegen den Trenngrundsatz oder das Knappheitsgebot, fehlende Betroffenheit, u.a.m.). Auch diesbezüglich ist dem Urteil jedenfalls im Ergebnis zuzustimmen.

VI. Zur einzigen gutgeheissenen Passage

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Nur eine einzige Passage wird geschützt – meines Erachtens zu Unrecht, und vor allem in eklatantem Widerspruch zu anderen Abschnitten in der langen Urteilsbegründung. Zum besseren Verständnis meiner Kritik sei der eingeklagte Text zitiert:

 «Im Artikel heisst es ausserdem, dass Foundry ursprünglich für die USA für Aufstandsbekämpfungsmassnahmen in Afghanistan und im Irak entwickelt wurde. Dies ist falsch. Wie öffentlich berichtet wurde, wurde Foundry ursprünglich als Allzweckprodukt für kommerzielle Kunden von Palantir entwickelt, darunter Unternehmen aus den Bereichen Energie, Transport, Gesundheit und Pharmazie».

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Es scheint mir, über den Urteilstext hinaus, zum Verständnis meiner nachfolgenden Kritik auch wichtig, die einschlägige Passage aus dem 2. Artikel vom 9. Dezember 2025 wiederzugeben: Unter dem als Frage formulierten Zwischentitel «Woran arbeitet Palantir in der Schweiz?» lesen wir:

«(….) Die Führungskräfte betonen jedoch, dass in Zürich nicht an der umstrittenen Gotham-Plattform gearbeitet werde, die vor allem in der Strafverfolgung und bei militärischen Einsätzen zum Zuge kommt. Stattdessen arbeiteten die Mitarbeiter an der Weiterentwicklung von Foundry mit, das überwiegend im zivilen Bereich zum Einsatz kommt.

Doch tatsächlich nutzen immer mehr staatliche Stellen Foundry. Bowman und McShane räumen ein, dass die Software auch im militärischen Umfeld genutzt werden kann. Sie wurde ursprünglich auch für die USA entwickelt (Unterstreichung auch im Original), für die «Aufstandsbekämpfung» in Afghanistan und im Irak.

Daraus ergibt sich die Frage: Unterliegen die Tätigkeiten der Zürcher Palantir-Entwickler den Schweizer Exportkontrollvorschriften? (…)»
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Schauen wir deshalb zunächst, und unabhängig vom Urteil an, was in der Ausgangsmeldung über die Software «Foundry» gesagt wird: Es geht, vom Artikelkontext her gesehen, darum, was in Zürich (und nicht in den USA oder sonst in der Welt) gemacht wird; gearbeitet wird an einer Weiterentwicklung eines – vorausgesetzt: schon bestehenden – Programms (eben «Foundry»), und dieses werde überwiegend im zivilen Bereich eingesetzt. Dann wird der Gegensatz hervorgehoben: Andere, sprich staatliche Stellen, also das Gegenteil von «zivilen», setzen «Foundry» ein. Und im nächsten Satz räumen zwei befragte Gewährspersonen – es handelt sich um die Palantir-Vertreter, mit denen die «REPUBLIK» gesprochen hatte – ein, dass die Software auch militärisch genutzt werden kann. Dann kommt der Satz über die ursprüngliche Entwicklung, der zwei Aussagen enthält: Zum einen sei das Programm ursprünglich für die USA entwickelt worden (also gerade nicht für Europa oder die Schweiz), und es habe bestimmten Zwecken («Aufstandsbekämpfung») gedient. Daraus wiederum leitet die «REPUBLIK» die Frage ab, ob diese Entwicklungstätigkeit nicht doch den schweizerischen Exportkontrollvorschriften unterliege.

Es handelt sich beim fraglichen Abschnitt im Original also um 8 aufeinanderfolgende Tatsachenbehauptungen: Keine Arbeit an «Gotham» (1), welches in zwei (abgekürzt: sensiblen) Bereichen zum Einsatz kommt (2); Weiterentwicklung von «Foundry» (3), welches zivil eingesetzt wird (4); tatsächlich auch Nutzung von «Foundry» durch staatliches Stellen (5); militärische Nutzung von «Foundry» ist möglich (6); Entwicklungsursprung USA (7) und doppelter Zweck («Aufstandsbekämpfung») (8).

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Was macht die Gegendarstellung? Sie blendet – insoweit zulässig – den oben beschriebenen Kontext vollkommen aus. Sie wiederholt einfach mit eigenen Worten die Tatsachenbehauptungen 7 und 8 und sagt, sie seien falsch. Und dann folgt unter Hinweis auf ungenannte öffentliche Berichte die Behauptung, dass «Foundry» als Allzweckprodukt für kommerzielle Kunden entwickelt wurde, und es werden vier (zivile) Sparten genannt, in denen die Software zumindest eingesetzt wurde.

Die Gegendarstellung bestreitet nicht, dass die USA das Programm für die genannten Zwecke eingesetzt haben; sie bestreitet lediglich den, wenn man so will «militärischen» Ursprung der Software und ersetzt ihn durch einen «zivilen». Es gibt aber keinen Anlass, diese zivilen Ursprünge auch noch näher zu konkretisieren (nämlich durch Nennung der Bereiche Energie, Transport, Gesundheit und Pharmazie), und noch weniger ist es zulässig, auf ungenannte Berichte dazu zu verweisen. Also wäre nur folgende Gegendarstellung überhaupt zulässig gewesen:

«Im Artikel heisst es ausserdem, dass Foundry ursprünglich für die USA für Aufstandsbekämpfungsmassnahmen in Afghanistan und im Irak entwickelt wurde. Dies ist falsch. Foundry wurde ursprünglich als Allzweckprodukt für kommerzielle Kunden von Palantir entwickelt.»
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Mit dieser Reduktion ist aber noch nicht entschieden, ob die Gegendarstellung zulässig sei: Denn selbst wenn man die vorstehende Kürzung für nicht geboten hält, bleibt die Kernfrage der unmittelbaren Betroffenheit bzw. Herabsetzung zu prüfen. Entgegen dem Handelsgericht – es wird darauf zurückzukommen sein – ist es weit weg von jeder gegendarstellungsrechtlichen Betroffenheit einer Software-Firma, wenn man sagt, ein Programm sei ursprünglich für militärische Zwecke entwickelt und nachträglich zivil eingesetzt worden, selbst wenn dies falsch ist und die Genese des Produkts umgekehrt eine zivile war. Da lediglich die Ursprungsfrage abgehandelt wird und nicht der Kontext, in dem sie steht (nämlich: Tätigkeit der Palantir in Zürich), ist es m.E. völlig unzulässig, aus einer ununterbrochenen Folge von 8 Tatsachenbehauptungen nur gerade zwei herauszugreifen und isoliert zu bestreiten. Es wäre anders, wenn sich der Artikel schwergewichtig um die Geschichte und den Verwendungszweck von «Foundry» drehen würde; das Programm kommt aber im ganzen, langen Artikel nur gerade an der von mir oben zitierten Stelle im von mir umschriebenen Zusammenhang vor. Die Gegendarstellung hätte also in diesem Punkt wegen Verstosses gegen das Knappheitsgebot und das Trennprinzip jedenfalls gekürzt, aber wegen fehlender Betroffenheit ganz abgelehnt werden müssen.

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Das Handelsgericht sieht es, wie erwähnt, anders. Seine Begründung auf den Seiten 65 bis 68 halte ich für in entscheidenden Teilen und im Ergebnis unzutreffend. Ihm ist zwar zuzustimmen, dass es sich bei (7) und (8) um Tatsachenbehauptungen handelt. Die unmittelbare persönliche Betroffenheit kann man aber nicht auf S. 65 unten mit lediglich 8 Zeilen deshalb bejahen, weil es sich um ein Produkt der Klägerin handelt und es um dessen ursprüngliche Zweckbestimmung geht; dass diese die Wahrnehmung des Unternehmens in der Öffentlichkeit wesentlich zu beeinflussen vermag, ist weder nachvollziehbar noch ist zu sehen, warum eines von vielen Programmen und dessen Ursprung für das Bild der Klägerinnen entscheidend sein könnte. Es fehlt auch, im Gegensatz zu anderen Teilen des Urteils, an einer Darlegung dazu, warum die zweite, schweizerische Klägerin durch die Ursprungsaussage überhaupt betroffen sei; wenn überhaupt, wäre dieser Teil nur als Gegendarstellung der amerikanischen Muttergesellschaft zulässig.

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Der Textabschnitt, welcher Anlass zur Gegendarstellungspassage 9 gibt, steht im Gesamtzusammenhang von zwei Artikeln, die sich durchgehend kritisch mit den Klägerinnen befassen, ohne dass das Programm «Foundry», dessen Ursprung und dessen Zwecksetzung eine weitere Rolle spielen würden. Nur dann, wenn es wenigstens im zweiten Artikel schwergewichtig um «Foundry», dessen Zwecke und Ursprünge ginge, könnte man die Brücke zur Betroffenheit allenfalls schlagen, nicht aber, wenn das Programm eine erstens untergeordnete Rolle spielt und die zweitens einzig bei der Frage, woran Palantir in Zürich arbeitet; weil aber jede militärische Zwecksetzung der Arbeiten in Zürich ausdrücklich und unbestritten ausgeschlossen ist, kann die Angabe über den angeblichen Ursprung die zweite Klägerin keinesfalls betreffen. Die erste Klägerin kann durch die Umkehrung der Genese (militärisch statt zivil) auch nicht, jedenfalls nicht in rechtlich genügender Weise betroffen sein. Die Betroffenheit beider Klägerinnen wird also zu Unrecht bejaht.

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Was bezüglich der Passage 9 zum Thema Betroffenheit ausgeführt wird, steht überdies geradezu in offensichtlichem Widerspruch zu anderen Stellen im Urteil. Es heisst z.B. bei Passage 8: «Ohnehin setzt eine unmittelbar rechtlich relevante persönliche Betroffenheit voraus, dass der Artikel eine konkrete, den Gesuchstellerinnen direkt zuordenbare Tatsachenbehauptung enthält, die sie in ihrem Ansehen oder in rechtlich relevanter Weise trifft»; und die unmittelbare Betroffenheit wird dann gerade unter Hinweis auf die von mir oben zitierte Passage aus dem Artikel («Die Führungskräfte….») verneint (S. 63 f.). Weiter vorne lesen wir bezüglich der Passage 3: «Es ist ohnehin nicht ersichtlich, inwiefern die Verwendung der Software zur Überwachung per se negativ oder herabsetzend wäre bzw. die Zweckverfolgung der juristischen Person unmittelbar zwielichtig erscheinen liesse (und wenn wie), zumal…..» (S. 51; ähnlich schon auf S. 31 f.).

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Zur Passage 2 lesen wir: «In Bezug auf die unmittelbare persönliche Betroffenheit führen die Gesuchstellerinnen aus, dass das Produkt ihrer Firma in ein negatives Licht gerückt werde, was ihr Ansehen beeinträchtige (act. 1 Rz 70). Jedoch bleibt unklar, in welchem spezifischen Ausmass und in welcher Form wessen Ansehen betroffen ist. Die blosse pauschale Behauptung einer Beeinträchtigung reicht nicht aus, um eine tatsächliche und unmittelbare Betroffenheit nachzuweisen. Es fehlt an einer schlüssigen Darlegung, wie genau das Ansehen der Gesuchstellerinnen in rechtlich relevantem Sinne beeinträchtigt wird.» (S. 49, ähnlich schon S. 26 f., 36, 45 und 48). An anderer Stelle des Urteils lesen wir, ebenfalls völlig richtig: «Denn nicht jede unrichtige Tatsachenbehauptung führt automatisch zu einer unmittelbaren persönlichen Betroffenheit im Sinne des Gegendarstellungsrechts.» (S. 43). Dann ist aber auch nicht zu sehen, warum es bei Passage 9 anders sein soll: Die Unrichtigkeit der Genese des Programms hat nichts mit der unmittelbaren, persönlichen Betroffenheit der Klägerinnen zu tun.

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Schliesslich fehlt es auch klarerweise an der Herabsetzung, die das Gericht zurecht u.a. bei Beurteilung der Passage 2 als wesentliches Kriterium für eine Gegendarstellung erkannt (und dort verneint) hatte (S. 25).

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Nach (fehlerhafter) Bejahung der Betroffenheit geht es im Urteil um den beklagtischen Einwand, ob die Gegendarstellung offensichtlich unrichtig sei; aufgrund der strengen Beweisvorschriften werden erst nach der Gesuchsantwort eingereichte Unterlagen nicht berücksichtigt und scheitert die Beklagte jedenfalls mit dem Beweis der «offensichtlichen Unrichtigkeit» (S. 66 f.). Also wird die Gegendarstellung in diesem Punkt gutgeheissen. Dass im Dispositiv dann ohne jede Erklärung das kleine, fünfte Wort «ausserdem» fehlt, ist zwar nachvollziehbar, aber stellt eine richterliche Kürzung dar; das «ausserdem» hatte im Kontext des grösseren Gegendarstellungsbegehrens seine stilistische Berechtigung, die durch den Verlust dieses Umfelds verloren ging.

VII. Zu den Kosten- und Entschädigungsfolgen und Fazit

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Wie eingangs erwähnt, hält das Handelsgericht dafür, die Klägerin hätte zu 5% gewonnen und verteilt die Kosten- und Entschädigungsfolgen nach diesem Schlüssel (S. 77 ff.). Abgesehen davon, dass es im Prozess nur um 23 (und nicht 24 Passagen, wie das Gericht sagt) geht, halte ich es für falsch, so zu überlegen. Rein mathematisch ist eine von 23 Passagen auch nicht 5%, sondern nur 4,34%; bei der falschen Zahl von 24 wären es sogar nur 4,16%, also müsste man in jedem Fall von 96:4 ausgehen. Sodann bleibt bei dieser Zählweise völlig ausser Acht, in welchem Textumfangverhältnis Sieg und Niederlage stehen: 5 Zeilen Text stehen ursprünglich praktisch 5 Seiten mit über 150 Zeilen reinem Gegendarstellungstext gegenüber; das ist bestenfalls noch ein Sieg im Umfang von 3% Text. Aber dieser Rest-Text ist inhaltlich, verglichen mit allen übrigen Texten, mit denen die Klägerinnen gescheitert sind, von einer völlig untergeordneten Bedeutung. Auch in anderen Zusammenhängen lässt man ein Obsiegen in einem Nebenpunkt bei der Verlegung der Kosten unberücksichtigt. Deshalb liegt im Lichte des Klagebegehrens und des Begründungsaufwands eine ganz offensichtliche Niederlage der Klägerinnen vor, was die entsprechenden vollumfänglichen finanziellen Folgen hätte haben müssen, ohne dass der geschützte Restbestand daran etwas hätte ändern dürfen.

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Aber auch sonst gelange ich zur Wertung gemäss meinem Artikeltitel: Dieses Verfahren war ein Schuss in den Ofen und hat den Klägerinnen nun wirklich gar nichts gebracht.


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Kritische Berichterstattung war rechtens

Ex-Staatsrat Broulis blitzte mit einer Klage beim Kantonsgericht Waadt deutlich ab

Simon Canonica, lic.iur., Rechtsanwalt, Redaktor «medialex»

Résumé: Saisi d’un recours, le Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejeté une action intentée par Pascal Broulis, ancien conseiller d’Etat, chef des finances cantonales, dans laquelle l’actuel conseiller aux États contestait au total neuf articles d’ un journaliste de Tamedia et une interview accordée par lui à la télévision RTS. Outre des affaires fiscales, le sujet des publications portait principalement sur les voyages du politicien en Russie avec un entrepreneur soumis à l’imposition forfaitaire. Contrairement à l’instance précédente, qui avait estimé que le journaliste avait, à plusieurs égards, dépassé les limites admissibles, le Tribunal cantonal a conclu que les articles contestés étaient certes critiques, mais relevaient d’un intérêt public prépondérant. Le journaliste n’aurait pas outrepassé les limites de sa mission d’information, qui est protégée par la liberté d’expression et par la liberté de la presse. Face à des publications médiatiques les concernant, les personnalités connues devraient faire preuve d’une tolérance plus marquée que les autres personnes. Quant aux imprécisions bien réelles de certains passages, elles n’ont pas porté atteinte de manière significative à la réputation du plaignant, a estimé le Tribunal cantonal. La question de savoir si Pascal Broulis formera un recours devant le Tribunal fédéral reste en suspens.

Zusammenfassung: Das Kantonsgericht Waadt hat als Oberinstanz eine Klage des früheren Finanzdirektors Pascal Broulis abgewiesen, mit der der heutige Ständerat gegen insgesamt neun Artikel des früheren Tamedia-Westschweiz-Korrespondenten und ein Interview mit ihm im Westschweizer Fernsehen RTS in den Jahren 2018/19 vorging. Darin kritisierte der Journalist neben steuerlichen Vorgängen in erster Linie Russlandreisen Broulis’ mit einem pauschalbesteuerten Unternehmer. Im Gegensatz zur Vorinstanz, die fand, der Journalist habe an mehreren Orten den Bogen überspannt, gelangte das Kantonsgericht zum Ergebnis, die eingeklagten Artikel seien zwar sehr kritisch, jedoch von einem überwiegenden öffentlichen Interesse gedeckt gewesen. Der Journalist habe die Grenzen des von der Meinungs- und Medienfreiheit geschützten Informationsauftrags nicht überschritten. Bekannte Persönlichkeiten müssten gegenüber Medienpublikationen, die sie betreffen, mehr Toleranz zeigen als andere Personen. Und wo der Journalist nicht ganz präzise gewesen sei, habe es sich um Ungenauigkeiten gehandelt, die den Kläger nicht wesentlich herabgesetzt hätten. Ob Broulis Beschwerde beim Bundesgericht erhebt, ist noch offen.

Urteil Kantonsgericht Waadt vom 30. April 2026 i.S. Broulis c. Reichen und Tx Group AG: Teil I, S. 1 – 123

Urteil Kantonsgericht Waadt vom 30. April 2026 i.S. Broulis c. Reichen und Tx Group AG: Teil II, S. 124 – 261

I. Einleitung

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Das Verfahren vor dem Kantonsgericht Waadt geht auf die Berichterstattung des Westschweiz-Korrespondenten der Tamedia-Redaktionen in den Jahren 2018 und 2019 zurück. Sie befasste sich intensiv mit dem damaligen Regierungsrat und heutigen Ständerat Pascal Broulis und dem im Waadtland lebenden schwedischen Pharmaunternehmer Frederik Paulsen.

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Broulis, der Kläger im Prozess, der zum hier besprochenen Urteil führte, war damals Waadtländer Finanzdirektor. Er hatte neun Artikel in Tamedia-Zeitungen sowie ein Interview mit dem Autor dieser Artikel in der Sendung «Infrarouge» von RTS als persönlichkeitsverletzend eingeklagt.

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Schwerpunkt der Berichte waren Russlandreisen, die Broulis mit Frederik Paulsen unternommen hatte. Der Journalist hatte Fragen zur Finanzierung der Reisen gestellt und mögliche Interessenkonflikte angesprochen, insbesondere weil Paulsen in der Waadt von einer Pauschalbesteuerung profitierte. Weiter ging es in den Berichten um die Einschulung von Broulis’ Sohn in Lausanne, bei der der Journalist die Frage nach einer möglichen Vorzugsbehandlung des Finanzdirektors aufwarf, dann um mögliche steuerliche Vorteile, die Broulis seiner Parteikollegin Isabelle Moret verschafft haben könnte, und um einen nahen Verwandten des Finanzdirektors, der die Steuerbehörden an der Nase herumgeführt hatte.

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Vor Broulis hatte schon Paulsen gegen eine Vielzahl von Artikeln zu den Russlandreisen, teilweise gegen die gleichen wie Broulis, beim Bezirksgericht Zürich geklagt – erfolglos (siehe das Urteil des Bezirksgericht Zürich vom 23. September 2021 und den “medialex”-Artikel von Christoph Born, ‘Medienkampagne’: Problematische Ausdehnung des Persönlichkeitsschutzes, medialex 10/2021, Rn. 55 ff.).

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Vor dem Tribunal civil de l’arrondissement de Lausanne (Vorinstanz) hatte Broulis im Februar 2025 teilweise Recht bekommen. Von den neun eingeklagten Artikeln wurden vom Zivilgericht des Bezirks Lausanne fünf als persönlichkeitsverletzend eingestuft, ebenso Aussagen, die der Journalist im Interview in der RTS-Sendung «Infrarouge» gemacht hatte. Die Vorinstanz sprach Broulis eine symbolische Genugtuung von einem Franken zu und ordnete eine Gewinnherausgabe im Betrag von 4’274 CHF an.

 

II. Das Urteil des Waadtländer Kantonsgerichts

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Beide Seiten legten beim Kantonsgericht Berufung gegen das Urteil des Zivilgerichts Lausanne ein. Broulis beantragte die Gutheissung aller 10 Klagepunkte, der Autor der Berichte und seine Arbeitgeberin die vollständige Abweisung der Klage.

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Die folgende Urteilsbesprechung beschränkt sich weitgehend auf den medienrechtlich ergiebigsten Aspekt des Prozesses, die Frage, ob einer oder mehrere der eingeklagten Berichte den damaligen Finanzdirektor widerrechtlich in seiner Persönlichkeit verletzt hatten, und wenn ja, inwiefern (Urteil Erw. 7).

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Die zweite Instanz, so viel sei hier vorweggenommen, kam zum Schluss, dass weder einer der neun Artikel und noch die Aussagen des Autors im RTS-Interview eine widerrechtliche Persönlichkeitsverletzung darstellten, weshalb sie auch weder eine Genugtuung noch eine Gewinnherausgabe zusprach.

1. Allgemeine Erwägungen

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In einer einleitenden Erwägung (7.2) erinnerte das Kantonsgericht an die in medienrechtlichen Prozessen anwendbaren Grundsätze. Speziell hob es hervor, dass bekannte Persönlichkeiten gegenüber Medienpublikationen, die sie betreffen, mehr Toleranz zeigen müssten als andere Personen, auch wenn der Grundsatz der Verhältnismässigkeit auch für sie gewahrt und beachtet werden müsse (BGer 5A_562/2018 vom 22.07.2019, E. 4.1.1; BGer 5A_100/2015 vom 29.10.2015 E. 5.3.1).

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Bei Wertungen und Kommentaren müsse auch eine scharfe Kritik hingenommen werden (BGE 138 III 641 E. 4.1.3; BGer 5A_612/2019 vom 10.09.2021), namentlich im Kontext des investigativen Journalismus.

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Weiter betonte es, dass nicht jede Ungenauigkeit, Verallgemeinerung oder Vereinfachung als Persönlichkeitsverletzung einzustufen sei. Es müsse sich um Unrichtigkeiten handeln, welche die Person unter einem so falschen Blickwinkel darstellten, dass ein verzerrtes Bild von ihr entworfen werde, das sie in der Achtung ihrer Mitmenschen erheblich herabsetze (Erw. 7.2).

2. Zu den einzelnen eingeklagten Publikationen

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Die nachfolgend in lit. a – f behandelten Klagepunkte hatte die Vorinstanz gutgeheissen, die anderen (lit. g – j) abgewiesen. Wie die folgenden Ausführungen zu Aspekten der einzelnen Artikel zeigen werden, bestehen erhebliche Meinungsunterschiede zwischen den beiden Instanzen, was die Anwendung der oben erläuterten Grundsätze bei medienrechtlichen Auseinandersetzungen angeht.

a) Steuerregime des Finanzdirektors

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Im Artikel «Der Finanzdirektor darf, was anderen untersagt ist» vom 14. Februar 2018 ging es um das Steuerregime von Broulis, der im steuergünstigen Sainte-Croix seine Steuern bezahlte, den Sohn aber in einer Lausanner Krippe und später in einer Lausanner Schule platziert hatte, was einer anderen Familie in einer ähnlichen Konstellation nicht erlaubt wurde. Das Kantonsgericht liess den angriffigen Titel im Gegensatz zur Vorinstanz durch. Dieser enthalte nicht den Vorwurf, dass die allfällige Vorzugsbehandlung auf verwerflichen Handlungen des Finanzdirektors beruhe, wie die Vorinstanz gefunden hatte, sondern er bezwecke, die Neugier des Lesers zu wecken und zwinge nicht zur Schlussfolgerung fehlender Integrität von Broulis.

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Die im Artikel gegenübergestellten Situationen einer gewöhnlichen Familie und jener des Finanzdirektors seien zwar nicht identisch, doch seien die Unterschiede dargelegt worden, weshalb der Vergleich nach Auffassung der Oberinstanz zulässig gewesen ist, ebenso wie die Frage aufzuwerfen, ob die unterschiedliche Behandlung gerecht sei.

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Eine festgestellte Ungenauigkeit im Artikel hielt das Kantonsgericht im Gegensatz zur Vorinstanz nicht für genügend gravierend, um den Bericht insgesamt als unrichtig erscheinen zu lassen und stufte die Ungenauigkeit, gestützt auf insbesondere BGer 5A_562/2018 vom 22.07.2019, E. 4.1.1 und BGE 126 III 305 E. 4b/aa, nicht als Persönlichkeitsverletzung ein (Erw. 7.4).

b) Steuerfall Moret

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Der Artikel «Der grosszügige Fiskus» und «Isabelle Moret erhält seit 10 Jahren keine Steuerrechnung» im Tages-Anzeiger vom 8. Februar 2018 und auf dessen Internetseite warf die Frage auf, warum die FDP-Nationalrätin, frühere Bundesratskandidatin und Parteikollegin von Broulis während 10 Jahren keine Steuerrechnung erhalten habe, ob Broulis davon gewusst und ob er sogar interveniert habe. Während die Vorinstanz dem Journalisten vorwarf, die Tatsachen unter einem völlig persönlichen und von einer gewissen Böswilligkeit geprägten Blickwinkel dargestellt zu haben, womit das Image von Broulis beeinträchtigt worden sei, gelangte das Kantonsgericht zum Ergebnis, dass der Text des Artikels keine Intervention des Finanzdirektors zugunsten von Moret unterstelle. Die im Artikel beschriebenen Umstände würden zudem Moret und nicht Broulis herabsetzen, weshalb keine Persönlichkeitsverletzung von letzterem ersichtlich sei (Erw. 7.5).

c) Russlandreisen mit Frederik Paulsen I

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Der am 26. Juni 2018 im Tages-Anzeiger und im Bund erschienene Artikel «Alles ganz privat» kritisierte Broulis schon im Untertitel, er habe sich von seinem besten Steuerzahler auf Russlandreisen mitnehmen lassen und Korruptionsexperten würden vor Interessenkonflikten warnen.

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Nach Auffassung der ersten Instanz liess der Untertitel vermuten, Broulis habe sich im strafrechtlichen Sinne potenziell verwerflicher als andere verhalten. Das Kantonsgericht jedoch fand dies nicht. Dass Broulis, während er Chef des Finanzdepartements des Kantons Waadt war, mit einem seiner besten Steuerzahler an Russlandreisen teilnahm, könne Fragen zu möglichen Interessenkonflikten aufwerfen, und für das Thematisieren dieser Reisen habe ein grösseres öffentliches Interesse bestanden, als wenn es sich um Reisen einer beliebigen Person gehandelt hätte.

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Es sei auch nicht zu beanstanden, dass in diesem Artikel Äusserungen von Mark Pieth übernommen worden seien, wonach die Vorteile, wie sie Broulis wahrscheinlich erhalten habe, einen erheblichen Einfluss auf die Ausübung seiner Funktionen haben könnten, zumal die betreffenden Äusserungen klar als diejenigen eines Strafrechtsprofessors und Korruptionsexperten ausgewiesen gewesen seien. Das Kantonsgericht sah darin keine Verletzung der Unschuldsvermutung.

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Auch ein kleiner Irrtum bezüglich das Datum eines Steuerrullings für die Firma des «besten Steuerzahlers» würde nicht ausreichen, um den Inhalt des Artikels als unrichtig erscheinen zu lassen und Broulis in ein falsches Licht zu rücken (Erw. 7.6).

d) Steuerregime eines nahen Verwandten

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Am 5. November 2018 erschien in Tages-Anzeiger, Bund und Berner Zeitung ein Artikel mit dem Titel «Ein “unerklärlicher” Steuerfall», worin beschrieben wird, dass ein naher Verwandter des Finanzdirektors, der in Frankreich wohnte, die Waadtländer Steuerbehörden betreffend seinen Wohnsitz zum Narren gehalten hatte, um der kostspieligen Quellensteuer zu entgehen.

22

Die Vorinstanz hatte eine Persönlichkeitsverletzung bejaht, weil der Artikel klar den Eindruck erweckt habe, dass «dieser unerklärliche Fall» nur durch die Intervention von Broulis habe entstehen können. Das Kantonsgericht hielt dem entgegen, dass der Journalist lediglich Fragen gestellt habe wie «Wie war das möglich?», «Wusste Pascal Broulis von dem Steuerdossier?», «Hat er diesen Mann beraten?» oder «Hat er direkt oder indirekt Zugang zu dem Steuerdossier seines Verwandten?». Und im Artikel seien die Antworten des Finanzdirektors wiedergegeben worden, in denen dieser jede persönliche Beteiligung an diesem Steuerdossier bestritt, sich über diese Fragen empört zeigte und erklären konnte, dass er den Mann in Steuerangelegenheiten niemals beraten habe, ja, dass ihm auch keinerlei Kompetenz zugekommen wäre, bei der Steuerverwaltung zu intervenieren. Auch der Verwandte sei im Artikel zu Wort gekommen und habe bekräftigt, Pascal Broulis niemals um Rat gebeten zu haben.

23

Schliesslich sah das Kantonsgericht auch darin keine Persönlichkeitsverletzung, dass es in der Bildlegende hiess, Broulis sei als Finanzdirektor für die Steuerverwaltung verantwortlich, denn damit werde nur eine wahre Tatsache in Erinnerung gerufen (Erw. 7.7).

e) Ständerätin Savarys Nähe zu Paulsen

24

Am 7. November 2018 berichteten Tages-Anzeiger, Bund und Berner Zeitung unter dem Titel «Über den Klassenfeind gestolpert» über das Ende der politischen Karriere von Ständerätin Géraldine Savary, die ebenfalls mit dem Unternehmer Frederik Paulsen durch Russland reiste und sich von diesem zu einem Festival nach Granada einladen liess.

25

Der Artikel handelt nur am Rande von Pascal Boulis. Zum einen hatte der Journalist festgehalten, dass die Medien jedes Mal, wenn sie über die Exzesse von Pierre Maudet, Pascal Broulis und Guillaume Barazzone berichteten, auch Géraldine Savary zitierten. Diesen Hinweis (Exzesse) hatte die Vorinstanz betreffend Broulis als unwahr und daher persönlichkeitsverletzend qualifiziert. Das Kantonsgericht Waadt hingegen hielt diese Einordnung für zulässig, da Broulis wie die anderen beiden Politiker in der Kritik stand, wegen Handelns, das Fragen zu Interessenkollisionen und zur Steuergerechtigkeit zugelassen habe.

26

Auch den Vergleich des Falles Savary «mit den Affären der Exekutivpolitiker Broulis, Maudet und Barrazone», mit dem der damalige Präsident der SP Schweiz, Christian Levrat, im Artikel zitiert wurde, hielt das Kantonsgericht im Gegensatz zur Vorinstanz für zulässig. Es sei dabei nicht um Tatsachen, sondern um eine Meinung gegangen, und nicht einmal um jene des Artikelautors, sondern um jene von Levrat.

27

Daran ändere nichts, erwog das Kantonsgericht, dass der Artikel wenige Tage nach der Mitteilung der Nichtanhandnahmeverfügung durch den Generalstaatsanwalt zu den Ermittlungen gegen Broulis und Savarys wegen der Russlandreisen mit Paulsen publiziert worden sei. Wenn laut dieser Verfügung die Ermittlungen zu keinem genügenden Tatverdacht auf Begehung von Straftaten geführt habe, verbiete dies nicht, Kritik von Politikern am Handeln der betroffenen Personen zu üben bzw. wiederzugeben (Erw. 7.8).

f) Das «Infrarouge»-Interview

28

Mehrere Äusserungen des Journalisten in einem Interview in der Sendung «Infrarouge» von RTS vom 9. September 2018 hielt die Vorinstanz für persönlichkeitsverletzend. Dem widersprach das Waadtländer Kantonsgericht. Die betreffenden Aussagen seien in ihrem Kontext zu verorten. Der Journalist sei in der Sendung als Westschweiz-Korrespondent des Tages-Anzeigers vorgestellt worden, der Fragen aufgeworfen habe, unter anderem zur Finanzierung einer Russlandreise von Broulis. So sagte er z.B., es mangle der politischen Klasse an Sensibilität für diese Dinge, und wenn die Mitarbeiter am Büro von Herrn Broulis vorbeigingen, stellten sie aufgrund eines in Broulis Büro aufgehängten Bildes fest, dass es eine Art Freundschaft zwischen dem Steuerpflichtigen und Herrn Broulis gebe, was auf einen möglichen Interessenkonflikt hindeute. Laut Kantonsgericht konnte den Zuschauern nicht entgehen, dass in der Sendung der Journalist seine persönliche Meinung geäussert und nicht unrichtige Tatsachen vorgebracht habe. Ähnliches galt für andere Äusserungen des Korrespondenten (Erw. 7.9).

g) Russlandreisen mit Frederik Paulsen II

29

Am 17. Juli 2018 erschien im Tages-Anzeiger ein Artikel mit dem Titel «Waren die Russland-Reisen der Westschweizer Politiker wirklich privat?». Darin ging es erneut um die Russlandreisen, die der Finanzdirektor mit Frederik Paulsen unternommen und deren privaten Charakter der Autor anzweifelt hatte. Es war von Umständen die Rede, die darauf hindeuteten, dass Broulis von Paulsen Vorteile angenommen haben könnte. Für die Vorinstanz bedeutete dies eine Verletzung der Persönlichkeit von Broulis. Sie kam aber zum Ergebnis, dass ein überwiegendes öffentliches Interesse daran bestehe, über ein allfällig korruptes Verhalten einer politischen Persönlichkeit zu berichten.

30

Nach Auffassung des Kantonsgerichts wurde im Artikel Broulis nicht unterstellt, von Paulsen ungebührliche Vorteile erhalten zu haben, sondern es seien lediglich diesbezügliche Verdachtsmomente aufgeführt worden. Deshalb und weil das im Artikel behandelte Thema offensichtlich von öffentlichem Interesse gewesen war, folgte das Kantonsgericht der Vorinstanz nicht, die auf eine Verletzung der Persönlichkeit Broulis erkannt hatte (Erw. 7.10).

h) Kritik an der Nichtanhandnahmeverfügung

31

Im Tages-Anzeiger erschien am 31. Oktober 2018 der Artikel «Wer spartanisch reist, muss nichts befürchten». Der Autor setzte sich dort mit der Nichtanhandnahmeverfügung der Generalstaatsanwaltschaft betreffend die Politikerreisen (siehe oben lit. c, Rn. 17 ff. und lit. g, Rn. 29 f.) auseinander und kritisierte, dass die Russlandreisen nicht zu einer Strafuntersuchung geführt hätten.

32

Die Vorinstanz qualifizierte den fraglichen Artikel als nicht ehrverletzend, da er keinen Einfluss auf die Achtung habe, die der Durchschnittsleser gegenüber Finanzdirektor Broulis haben könne. Die Presse habe ein Recht auf kritische Analyse und Überwachung der Behördentätigkeit. Es handle sich um eine zulässige Kritik an der Arbeit des Generalstaatsanwalts.

33

Das Kantonsgericht bezeichnete die Begründung der Vorinstanz als überzeugend und folgte ihr. Auch die Bildlegende «Finanzdirektor Pascal Broulis reiste mit einem Milliardär durch Russland», welche Broulis beanstandet hatte, sei keine unnötig verletzende Darstellung, denn es handle sich dabei um eine wahre Tatsache (Erw. 7.11).

i) Nochmals zur Nichtanhandnahmeverfügung

34

In einem Anfang 2019 im Tages-Anzeiger erschienenen Artikel mit dem Titel «Die Politikerreisen bleiben diffus» kritisiert der Journalist nochmals die Nichtanhandnahmeverfügung – die Unterlagen der Staatsanwaltschaft enthielten seines Erachtend Ungereimtheiten.

35

Die erstinstanzlichen Richter hielten fest, dass sich der Artikel auf die am 25. Oktober 2018 ergangene Nichtanhandnahmeverfügung konzentriere und Broulis nicht Zielscheibe dieses Beitrags sei, weshalb er nicht aktivlegitimiert sei.

36

Das Kantonsgericht widersprach zwar in diesem Punkt der Vorinstanz, fand jedoch, dass Broulis vom fraglichen Artikel nicht besonders ins Visier genommen werde. Der Journalist habe Fragen von öffentlichem Interesse zur Finanzierung der Reisekosten der Teilnehmer gestellt und nicht nur Broulis, sondern auch andere politische Persönlichkeiten wie Géraldine Savary oder Pascal Couchepin erwähnt (Erw. 7.12).

j) Vom Staatsrat angeordnete Telefonkontrolle

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Am 7. April 2018 berichtete der Tages-Anzeiger und dessen Internetseite unter den Titeln «Die Handys der Regierungsräte werden durchleuchtet» und «Weil Broulis’ Tränen öffentlich wurden» darüber, dass der Waadtländer Staatsrat beschlossen hatte, die Informatikabteilung solle an Hand der Telefonrechnungen der Regierungsmitglieder herausfinden, mit welchen Medienschaffenden diese im Vorjahr in telefonischem Kontakt gestanden hatten. Der Journalist kritisierte dies als Überwachungsregime. Über das titelgebende Ereignis hatten zuvor nicht die Tamedia-Zeitungen, sondern Westschweizer Medien berichtet.

38

Schon die Vorinstanz hatte den Artikel des eingeklagten Journalisten nicht als persönlichkeitsverletzend eingestuft, da darin nicht Broulis, sondern die Waadtländer Regierung kritisiert worden sei. Weiter argumentierte sie, auf die Tränen von Pascal Broulis zu verweisen zeige, dass auch Persönlichkeiten der Politik Menschen seien, für die bestimmte Situationen emotional schwierig zu bewältigen seien. Und wenn der Journalist zutreffenderweise geschrieben habe, dass das steuerpflichtige Einkommen von Broulis um mehrere Zehntausend Franken unter jenem seiner Kollegen liege, so sei dies zulässig, denn an der Steuersituation des Finanzdirektors bestehe sehr wohl ein öffentliches Interesse.

39

Das Kantonsgericht bestätigte die Beurteilung der Vorinstanz zu diesem Artikel und fügte hinzu, dass Broulis auch nicht dargelegt habe, auf welche Weise seine Persönlichkeit durch den Inhalt dieses Artikels verletzt worden sei (Erw. 7.13).

3. Medienkampagne, Genugtuung, Gewinnherausgabe

40

Die Vorinstanz hatte das Vorliegen einer Medienkampagne abgelehnt, weil Broulis kein ausdrückliches Begehren auf Feststellung einer widerrechtlichen Persönlichkeitsverletzung durch die Führung einer Medienkampagne gestellt habe. Broulis hatte dagegen eingewendet, dass er dies im Zusammenhang mit dem gestellten Antrag auf Gewinnherausgabe getan habe, wo er sich auf die bundesgerichtliche Rechtsprechung zum Thema Medienkampagne im Fall Hirschmann (BGE 143 III 297) gestützt habe.

41

Das Kantonsgericht befand, es bestehe ohnehin kein Anlass, eine widerrechtliche Medienkampagne im Sinne der bundesgerichtlichen Rechtsprechung anzunehmen, da in keinem der beanstandeten Artikel eine Äusserung als widerrechtliche Persönlichkeitsverletzung qualifiziert worden sei (Erw. 7.14). Aus dem gleichen Grund fielen auch die zugesprochene Genugtuung und die Gewinnherausgabe dahin.

 

III. Anmerkungen

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Zweifellos musste sich der heutige Ständerat vom Tamedia-Westschweiz-Korrespondenten viele unangenehme Fragen und teils auch harte Kritik gefallen lassen. Doch das Zivilrecht verlangt von Medienschaffenden keine ausgewogene Berichterstattung, sondern lässt Platz für anwaltschaftlichen, investigativen Journalismus, soweit dieser sich im gesetzlichen Rahmen bewegt.

43

Offenbar gehört der Kläger der Generation von Amtsträgern an, die es sich nicht gewohnt sind, in Frage gestellt zu werden, weshalb sie Kritik oder gar Verdächtigungen als ungerecht und unrechtmässig empfinden. Vor der ersten Instanz ging diese Rechnung für den früheren Finanzdirektor teilweise auf. Zwar hielt auch die Vorinstanz in den meisten Fällen ein grundsätzliches öffentliches Informationsinteresse an den jeweiligen Publikationen für gegeben, fand aber mehrmals, der Journalist habe den Bogen überspannt. Zum Artikel über Broulis’ Steuerregime fand sie z.B., dass schon ein kurzer Blick auf den eingeklagten Artikel im Geist des Lesers ein wenig schmeichelhaftes Bild des Finanzdirektors entstehen lasse, denn schon in den Titeln und Untertiteln werde klar und in affirmativer Weise hervorgehoben, dass dieser von einer Vorzugsbehandlung profitiert habe (Erw. 7.4.2, siehe vorne lit. a, Rn. 13 ff.). An anderer Stelle stiess sie sich daran, dass im Artikel gestellte Fragen nicht geklärt würden, sondern dass mittels Aneinanderreihen von Verdachtsmomenten Broulis mögliche Beteiligung an einer Situation nahegelegt werde, die als solche kein Problem darstelle (Erw. 7.5.1.1, siehe dazu vorne lit. b, Rn. 16). Und auch im Zusammenhang mit den Russlandreisen, die Broulis mit einem seiner besten Steuerzahler unternommen hatte, fand die Vorinstanz, der Artikel zähle Verdachtsmomente bezüglich einer allfälligen Annahme eines Vorteils durch Broulis so auf, dass beim Durchschnittsleser der Eindruck entstehe, dieser handle im strafrechtlichen Sinne verwerflich (Erw. 7.6.1, siehe dazu vorne lit. c, Rn. 17 ff.).

44

Die Oberinstanz widerstand der Versuchung, einen im eigenen Kanton wirkenden Staatsrat mit Samthandschuhen anzufassen und so der Kritik an ihm, die es in keinem Punkt als haltlos und unvertretbar einstufte, den Riegel zu schieben. Wenn es sich bei einem Betroffenen wie hier um ein Mitglied der Regierung und somit eine politische Führungspersönlichkeit gehe, bestehe ein überwiegendes Interesse der Öffentlichkeit daran, über das Handeln der Person, der sie ihr Vertrauen schenkt, informiert zu werden, und es verwies auf BGE 111 II 209 E. 3c a.E. und BGer 5A_639/2014 vom 8. September 2015 E. 10.3. Die journalistische Freiheit umfasse nach der Rechtsprechung des Europäischen Gerichtshofes für Menschenrechte auch gewisse Übertreibungen, ja sogar Provokationen (Erw. 7.2).

45

Weitere Beispiele zum unterschiedlichen Massstab, den die Vorinstanz und das Kantonsgericht im Einzelnen jeweils anlegten, finden sich oben bei den Ausführungen zu den eingeklagten Artikeln unter II., lit. a – e (Rn. 13 ff.) und zum Infrarouge-Interview (lit. f, Rn. 28).

46

An einzelnen Stellen der eingeklagten Berichte liessen sich inhaltlich nicht ganz präzise Darstellungen ausmachen. Im Gegensatz zur Vorinstanz stufte das Kantonsgericht diese aber angesichts ihrer Geringfügigkeit als blosse Ungenauigkeit ein, die nichts an der Beurteilung ändere, die der Durchschnittsleser aufgrund des Artikels vornehme, so z.B. zum Artikel betreffend das Steuerregime (Erw. 7.4.2, siehe vorne lit. a, Rn. 13 ff.) oder zu einer Darstellung im ersten Artikel über die Russlandreisen (lit. c., Rn. 17 ff.), der hinsichtlich der Steuerbefreiung der von Paulsen geführten Firma Ferring eine falsche Jahreszahl enthielt (Erw. 7.6.2).

47

Andernorts stufte das Kantonsgericht unerwähnt gebliebene Tatsachenelemente im Einzelnen nicht als Persönlichkeitsverletzung ein, wie z.B. die fehlende Erwähnung, dass Broulis den Unternehmer Paulsen erst 2009, nach der Gewährung des Steuerrullings zugunsten der Gesellschaft Ferring, kennengelernt habe, da es sich dabei um Informationen gehandelt habe, die weder das Verständnis des Artikels noch seine Wahrnehmung durch die Leserschaft beeinflusst hätten (Erw. 7.10.2).

48

Schliesslich war da und dort strittig, ob Inhalte der Artikel Tatsachendarstellungen oder Meinungen bzw. Wertungen waren, z.B. beim Artikel «Über den Klassenfeind gestolpert» (Erw. 7.8.2, siehe vorne lit. e, Rn. 24 f.) oder beim RTS-Interview (siehe vorne lit. f, Rn. 28), bei dem Aussagen des Journalisten laut Vorinstanz auf zweideutigen, ja unrichtigen Indizien beruht hätten (7.9.1.1), was das Kantonsgericht aber anders beurteilte (Erw. 7.9.2).

49

Fazit: Das Urteil des Kantonsgerichts Waadt hielt die Medien- und Meinungsfreiheit hoch und zog die Grenzlinie zwischen zulässiger und widerrechtlich persönlichkeitsverletzender Kritik anders als die Vorinstanz. Es wendete die in Erw. 7.2 erläuterten Grundsätze im Sinne eines möglichst grossen Freiraums für die Medienberichterstattung an, der insbesondere bei der kritischen Berichterstattung über eine politische Führungspersönlichkeit wie den Kläger grösser sein müsse als bei einer Berichterstattung über andere Personen. Immer wieder liess die Oberinstanz durchblicken, dass es für eine widerrechtliche Persönlichkeitsverletzung nicht reiche, wenn vom Journalisten aufgezählte Verdachtsmomente Zweifel an der Integrität des Klägers nahelege oder Formulierungen pointiert daherkämen, soweit die Darstellungen von einem öffentlichen Interesse gedeckt waren, im Wesentlichen zutrafen, die Unschuldsvermutung einhielten und geäusserte Meinungen zumindest vertretbar waren.

50

Ständerat Broulis hat angekündigt, das Urteil des Kantonsgerichts Waadt ans Bundesgericht weiterzuziehen. Auf dessen Entscheid darf man gespannt sein. Angesichts der jüngsten von «medialex» besprochenen Urteile des Bundesgerichts zur Zulässigkeit von Medienkritik (BGer 5A_56/2024 vo 14.01.2025, BGer 5A_519/2024 vom 4.7.2025 und BGer 5A_405/2025 vom 13.03.2026) würde es mich erstaunen, wenn es in wesentlichen Punkten zu anderen Schlüssen als die Waadtländer Oberinstanz gelangen würde.

51

Falls Broulis’ Beschwerde beim Bundesgericht scheitert, wird es interessant zu erfahren sein, wer die Kosten des Prozesses, die mit Gerichts- und Anwaltskosten sowie Parteientschädigungen zweifellos in den oberen fünfstelligen Bereich zu liegen kommen, tragen wird: der Verlierer, die Steuerzahlenden oder beide? Und falls beide: Wer trägt welchen Anteil?

52

Ganz generell stellt sich die Frage, wie viel Sinn es macht, wenn politische Spitzenleute mit kostspieligen privatrechtlichen Prozessen gegen unliebsame Medienberichte vorgehen. Kaum je bringen Urteile Betroffenen mehr als vernünftige, gütliche Einigungen. Meine langjährige Praxis hat mich gelehrt, dass gerade in klaren Fällen sowohl für Betroffene als auch und erst recht für Medienunternehmen eine einvernehmliche und zeitnahe Lösung (Berichtigung, Online-Korrektur und in Extremfällen eventuell eine Entschuldigung) deutlich vorteilhafter und zudem kostengünstiger sind als späte Urteile. Verliert die prominente Klägerschaft, so mag sie vielleicht die hohen Kosten dank vorhandener guter Situierung stemmen, aber ihr Ansehen nimmt Schaden, nicht zuletzt durch das ständige und nicht verhinderbare Aufpoppen der unangenehmen Thematik durch die Berichterstattung über Prozesszwischenschritte. Solche Überlegungen anzustellen könnten sich auch für Ständerat Broulis lohnen.

 


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newsletter 05/26

Quellenschutz und Verwaltungstransparenz im Fokus

Liebe Leserin, lieber Leser

Der Quellenschutz ist derzeit ein vieldiskutiertes Thema, nicht nur im Zusammenhang mit der Publikation von potenziell bankgeheimen Daten. Im Strafverfahren zum Einsatz einer Suizidkapsel im Kanton Schaffhausen wurden Geräte einer Journalistin, die den Vorgang vor Ort dokumentierten wollte, beschlagnahmt. Im anschliessenden Entsiegelungsverfahren war strittig, ob auf die Daten der Journalistin zugegriffen werden darf oder ob der Quellenschutz dies verbiete. Das Bundesgericht kam im Urteil 7B_1261/2024 zum Schluss, dass der Quellenschutz in diesem Fall nicht greife, weil die Journalistin im gleichen Sachzusammenhang beschuldigte Person sei.

Rechtsanwalt David Zollinger bemängelt in seiner Analyse «Quellenschutz auf Abruf? Wenn der Beschuldigtenstatus zur Eintrittskarte wird», dass das Bundesgericht damit den Quellenschutz von einer Vorfrage abhängig mache, die im Strafverfahren sehr früh und auf vergleichsweise dünner Tatsachengrundlage beantwortet werde. Der Quellenschutz erweise sich so als sehr fragil, denn er könne faktisch dadurch ausgeschaltet werden, dass Medienschaffende in den Beschuldigtenstatus versetzt würden. Der Autor mahnt Medienschaffende, die nahe an einem Geschehen arbeiten, jede Form von Mitwirkung zu vermeiden, die als Unterstützung oder Beteiligung an einer Straftat interpretiert werden könnte.
 
Der Quellenschutz steht auch im Fokus der Jahresübersicht 2025 zum Medienstraf-  und -strafprozessrecht. Die Rechtsanwältinnen Miriam Mazou und Marie Besse sind unter dem Titel «Protection des sources journalistiques et liberté de la presse et des médias comme fait justificatif au sens de l’art. 14 CP» auf wichtige Urteile des Bundesgerichts zur Tätigkeit der Presse und deren Schnittstellen zum Strafrecht gestossen.
So entschied das Bundesgericht, dass ein potenzieller Verstoss gegen das Amtsgeheimnis kein Abweichen vom Quellenschutz rechtfertige und dass sich Medienschaffende zur Rechtfertigung eines an sich gesetzeswidrigen Verhaltens in Anwendung von Art. 14 StGB auf die nach Art. 10 EMRK (Presse- und Medienfreiheit) geschützte Berufspflicht stützen könnten. Darüber hinaus befand es, dass „Scheinkinderpornografie“ („Deep Fakes“ mit kinderpornografischem Charakter) strafbar sei, ebenso wie die Verbindung der LGBTQIA+-Flagge mit dem Hakenkreuz, was einen Aufruf zu Hass darstelle.
Auf kantonaler Ebene hielt die Berufungs- und Revisionskammer des Kantons Genf es für rechtens, wenn zum Schutz der Pressefreiheit der Staat die Verteidigungskosten freigesprochener Journalisten übernehme. Bestätigt wurde dagegen im gleichen Kanton die Verurteilung eines Journalisten wegen eines diffamierenden YouTube-Videos.
 
Finanzielle, strukturelle und politische Hürden begrenzen die praktische Wirksamkeit des Öffentlichkeitsprinzips bis heute erheblich. Dies stellt Martin Stoll, Geschäftsführer von Öffentlichkeitsgesetz.ch, in seinem Beitrag «Verwaltungstransparenz zwischen Rechtsanspruch und Verwaltungspraxis» fest.
Anhand zahlreicher Beispiele zeigt er auf, wie trotz gesetzlicher Grundlagen Behörden immer wieder versuchten, Transparenz durch hohe Gebühren, langwierige Verfahren oder restriktive Auslegung des Rechts einzuschränken. Besonders deutlich habe sich dies bei politisch sensiblen Verfahren wie dem jahrelangen Streit um Dokumente der Konferenz der kantonalen Gesundheitsdirektorinnen und -direktoren (GDK) oder bei den aktuellen Konflikten um Unterlagen zur Credit-Suisse-Krise und zum Zollstreit mit den USA gezeigt. Die Durchsetzung von Transparenz hänge damit stark von verfügbaren Ressourcen ab; Gerichtsverfahren könnten oft nur von grossen Medienhäusern getragen werden.
Der Verein Öffentlichkeitsgesetz.ch versucht deshalb, den Zugang zu Informationen nicht nur über Gerichtsverfahren, sondern auch über parlamentarische Reformen, Schlichtungsverfahren, praxistaugliche Leitlinien und den Aufbau von Vertrauen zwischen Verwaltung, Medien und Öffentlichkeit zu stärken.
 
 
Unter «Aktuelle Entscheide» finden Sie die Liste mit neu publizierten medienrechtlich relevanten Urteilen der Bundesgerichte, UBI-Entscheiden und Stellungnahmen des Presserats. «Neue Literatur» bietet Ihnen einen Überblick über neu erschienene wissenschaftliche Publikationen zum Medienrecht.
 
Und: Reservieren Sie bereits heute den Termin für den traditionellen «medialex»-Apéro. Dieser findet dieses Jahr am Donnerstag, 29. Oktober, ab 17.00 Uhr in Zürich statt. Der genaue Ort wird noch bekanntgegeben.
 
Der nächste Newsletter erscheint Anfang Juli.
 
 
Simon Canonica
Redaktor «Medialex»

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